L’édito de la lettre de mars

Que vive l'aventure !

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Que vive l’aventure !

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Depuis 1992, La Guilde organise le festival des Écrans de l’aventure avec la ville de Dijon. En 2021, pour fêter les 30 ans d’une collaboration incroyablement riche et porteuse de sens, toute l’équipe de La Guilde est mobilisée pour vous proposer une édition exceptionnelle.

Ce festival vous fera revivre des moments forts de trois décennies d’aventures. Il proposera également les meilleurs films et livres de l’année, ainsi que des échanges uniques avec des aventuriers audacieux et engagés, curieux des autres et soucieux de nous faire découvrir la beauté fragile de notre planète.

En octobre 2020, l’édition était passée entre les gouttes des restrictions sanitaires, réunissant près de 10 000 spectateurs. En 2021, les Écrans comptent bien voir le soleil se lever sur des mondes inconnus !

Nous vous donnons rendez-vous régulièrement, dans cette lettre et sur les canaux de communication des Écrans de l’aventure (siteFacebookInstagramTwitter), pour ne rien rater de la mise en place de cette édition anniversaire.

Les 30 ans du festival Écrans de l’aventure auront lieu la semaine du 11 au 17 octobre 2021 à Dijon.

A bientôt, tous ensemble,

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe des Écrans de l’aventure

Alexandra David-Néel aux Écrans de l’aventure 2021

Pour les 30 ans du festival Écrans de l'aventure, Dijon accueille Alexandra David-Néel. Sous la forme d'une exposition immersive et ludique, l'exploratrice plongera les visiteurs dans le bain de ses grands voyages.

Un article de Eric Carpentier


Alexandra David-Néel, La femme aux semelles de vent,
une exposition scénographiée et contée de Céline Moulys,
du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021 au cellier de Clairvaux,
dans le cadre des 30 ans des Écrans de l’aventure de Dijon.


« Imaginez… Vous êtes à Samten Dzong, la maison où Alexandra David-Néel a rassemblé tous ses souvenirs et où, 22 années durant, après son dernier voyage, elle a travaillé d’arrache-pied pour rédiger, d’après ses notes et expériences, la plupart des nombreux ouvrages de sa bibliographie. Nous sommes en 1969, la dernière année de sa vie. Elle a 101 ans… »

Voilà comment Céline Moulys présente l’installation documentaire qu’elle consacre à Alexandra David-Néel et qui sera installée au Cellier de Clairvaux du 11 au 13 octobre 2021, dans le cadre de la 30e édition des Écrans de l’aventure de Dijon. Une exposition immersive et ludique, pour plonger dans la vie de ce « monument de l’exploration, libre-penseur, anarchiste et révolutionnaire, une orientaliste passionnée et, avant tout, une femme indépendante », introduit la scénographe.

Au menu, la reconstitution des 2 pièces qui ont accueilli Alexandra David-Néel lors des dernières années de sa vie. Un bureau et une chambre, envahis d’objets évoquant ses décennies de voyages. Moulin à prière, lampes à beurre, masques tibétains, bijoux de l’Himalaya, photos, cartes et bibliothèque… Un ensemble accessible sous forme de visite libre ou d’escape game accompagné, à destination des plus jeunes. L’important, pour Céline Moulys, réside dans l’expérience. Car « que ce soit en voyage, dans une installation ou en festival, c’est l’expérience qui imprime des souvenirs ».

Barons perchés et standing ovations

Céline Moulys connaît bien les Écrans de l’aventure. En 2010, pour les 20 ans du festival à Dijon, elle reçoit le prix du public du Festival Off pour son film Föllmi’s Destiny, sur les 30 ans de vie en Himalaya du photographe Olivier Föllmi et de sa femme, l’éditrice Danielle Föllmi. Membre du jury l’année suivante, puis festivalière régulière, elle retient avant tout du festival l’enthousiasme de son public : « il est exceptionnel, se lève sans hésiter, offre de beaux moments de communion », loue-t-elle. « Une standing ovation, c’est toujours un moment très particulier. »

Et un film en particulier ? Peut-être Treeverse, « ce film réalisé comme un documentaire d’aventure au bout du monde, alors que l’histoire se passe dans un parc local ». Dans ce film, les deux protagonistes décident de parcourir un kilomètre dans les arbres sans jamais toucher le sol. Un voyage de cinq jours qui n’est pas sans rappeler la vie du Baron perché, ce personnage d’Italo Calvino qui, un jour, décida de vivre dans les houppiers.

Alors, après les trois jours de son exposition, Céline Moulys retrouvera avec plaisir les journées consacrées aux films, « ces journées hors du temps, plongées dans le noir, huis-clos paradoxal qui t’emmène aux confins du monde, propice à la réflexion et au voyage intérieur ». Un programme que n’aurait pas renié Alexandra David-Néel.


Alexandra David-Néel, la femme aux semelles de vent, installation documentaire du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021, au cellier de Clairvaux.

Visite libre. Escape game commenté ouvert aux groupes.

À cœur vaillant rien d’impossible !

Vincent Grison est lauréat de la Bourse de l'Aventure Maritime 2019 pour son projet Rennes - pôle Nord. Une aventure ambitieuse soumise aux aléas de la période, qui l'oblige à se réinventer avant même de pouvoir partir. Il donne les dernières nouvelles de son expédition, avec un maître-mot : adaptation.

Un article de Vincent Grison


Dans la vie il est rare que tout se passe comme prévu : En raison du contexte sanitaire européen, nous avons décidé de modifier l’itinéraire et le calendrier de l’expédition Rennes – Pôle Nord.

Pour maintenir l’objectif inébranlable d’atteindre la banquise le 1er juin afin de réaliser les programmes éducatifs et scientifiques, nous ne pouvons hélas pas traverser les six pays du parcours terrestre initial, qui ont mis en place des mesures de confinement et de quarantaine pour la sécurité de leurs habitants. 

En attendant les glaces du Nord, Vincent s’entraîne sur la Vilaine.

Afin de garder le cap vers le Pôle Nord, nous avons construit une réponse alternative : remplacer la traversée aller et retour de l’Europe à vélo, par une navigation en voilier et en équipage depuis la France vers la banquise. Celui-ci partira fin avril de Saint-Malo, afin de porter Vincent et son Breizh Glace (nom donné au canot par les enfants de la ville de Rennes) sur la banquise au Nord-Est de l’Islande.

Une fois sur place, les interactions avec les classes du programme éducatif s’intensifieront avec la production de podcasts, de photos et vidéos à destination des enfants. L’université Rennes 2 aura aussi besoin d’informations de première main afin de calibrer les images satellites prise de la banquise. Un programme intense qu’il faudra organiser dans des journées déjà bien remplies par la progression entre eau et glaces !

Depuis quelques semaines, Vincent visite les classes de la métropole rennaise. Des rencontres inoubliables avec plus de 800 enfants, premiers supporters du projet et très curieux de voir ce petit bateau jaune partir sur la banquise.

La suite, très prochainement.

Bien à vous,

Vincent & l’équipe de Rennes – Pôle Nord


Toutes les informations sur la Bourse de l’Aventure Maritime de La Guilde.

Pour suivre l’expédition de Vincent Grison et de son Breizh Glace, rendez-vous ici.

L’édito de la lettre de janvier

Fixer la lanterne

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Fixer la lanterne

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La Guilde, en 2021, demeure et se réinvente, avec la sagesse de ses cinquante ans et la curiosité des guetteurs d’horizon. Notre ambition est tout entière contenue dans le trait de René Char choisi pour accompagner nos vœux : « L’impossible, nous ne l’atteignons pas mais il nous sert de lanterne ».

La Guilde se réinvente par ses forces rassemblées, dressées contre l’habitude, celles des ouvreurs de route – ces Compagnons de La Guilde éparpillés autour du globe, ces jeunes Volontaires de solidarité internationale ou du Service civique qui s’engagent sous toutes les latitudes pour incarner le donner et le recevoir, ces centaines de porteurs de projets animés parfois de leur seule volonté de hisser l’avenir au-dessus du présent, ces arpenteurs d’océans, de forêts, de sommets, de déserts, jamais assoiffés. Les voici, nos lanternes ! Elles éclairent d’immenses paysages, territoires de la conquête du sens, ce saut qui transforme l’expérience en conscience. Ces lanternes s’éclairent aussi les unes les autres, et forment un ciel étoilé.

Les traversées 2021 de La Guilde, comme toutes celles du demi-siècle passé, ne peuvent s’envisager que dans la puissance du collectif. Nous aurons à cœur de partager les valeurs qui fondent la solidarité, à l’international comme en France, et déclenchent l’aventure humaine. Déjà un an, un an d’effroi pandémique, de frontières redessinées, de peuples repliés, d’échanges sociaux profondément modifiés : beaucoup de choses à réinventer. De notre côté, nous rechercherons la preuve par l’action, et pourquoi pas l’échec quelquefois, par la force du témoignage, l’enseignement des rapports d’activité décrivant succès et difficultés, les récits écrits et filmés qui seront proposés à notre festival, à l’automne d’une année 2021 qui marque ses trente ans.

Tout cela avec vous, membres de l’association, amis et donateurs, avec tous ceux qui tressent un peu de leur avenir à travers mille initiatives, avec de nouveaux partenaires appelés à nous rejoindre.

A bientôt. Avec vous.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

« Tanks abandonnés, barbelés et obus jonchent les flancs de cette montagne »

Marie Poulain et Jean Miczka sont lauréats des Bourses de l'Aventure 2020. Au programme : une traversée en stop de la France au Pakistan pour aller explorer les frontières par le biais des sports de montagne, avec l’ascension de quatorze sommets transfrontaliers. Ils partagent les dernières nouvelles d'un projet forcément chamboulé par le contexte.

Un article de Cléo POUSSIER-COTTEL


« Nous avons réalisé la première partie du projet – à savoir la traversée des Alpes françaises à pieds (le GR5) pendant trois semaines – ce qui nous a permis de réaliser l’un des sommets de The Cross-Border Mountain Trip : le Grand Mont / Gramondo, sur la frontière franco-italienne. C’est un sommet intéressant, puisqu’il permet de mettre en lumière l’histoire commune à la France et l’Italie, la Savoie et le Comté de Nice faisant partie du Royaume de Sardaigne jusqu’à la fin du XIXe siècle. »


A LIRE AUSSI : Marche, bushcraft et canoë : une histoire brute et sauvage


« Mi-octobre, nous avons quitté la France en bus, direction la Croatie. La problématique des tests et quarantaines en Suisse, Italie et Autriche rendaient l’auto-stop impossible. Nous avons gravi le Dinara, plus haut sommet de Croatie, jouxtant la frontière bosnienne. Il se trouve dans la région de Knin, lieu d’intenses combats durant la dislocation de la Yougoslavie. Après la proclamation de l’indépendance croate, les forces serbes de l’Armée populaire yougoslave envahirent les territoires où les Serbes représentaient une forte minorité. Ils créent ainsi la République serbe de Krajina, territoire autoproclamé dont la capitale est Knin. Celui-ci sera par la suite reconquis par la Croatie en 1995, provoquant l’exode de nombreux Serbes. Les vestiges de ces guerres sont visibles tout le long de la randonnée vers le Dinara : tanks abandonnés, barbelés et obus jonchent les flancs de cette montagne. »

Au sommet du Dinara

« Ensuite, la Covid a fortement remonté en Europe et les frontières terrestres dans les Balkans ont fermé, nous empêchant de continuer l’aventure dans la région. Nous avions peur de devoir être soumis à un confinement, chose évidemment impossible en étant nomades et sous la tente ! Nous avons alors réussi à nouer un partenariat avec un institut de recherches à Istanbul, pour accéder à leur centre. Pendant un mois, nous avons pu faire des recherches sur les frontières turques avec les pays du Caucase du Sud et l’Iran, notamment aux confins du Mont Ararat, sommet prévu de The CBMT. »

Au sommet du mont Halgurd

« Nous avons décidé d’intégrer une région qui n’était pas prévue dans le projet. Nous sommes actuellement au Kurdistan irakien, région autonome de l’Irak, ce qui en fait un objet d’analyse passionnant. Nous avons exploré la frontière irako-iranienne, et surtout nous avons gravi le plus haut sommet d’Irak à ski de randonnée, le mont Halgurd, 3607m d’altitude, qui est à la frontière avec l’Iran. Nous sommes très heureux d’avoir pu réaliser son ascension, car il posait de gros problèmes en termes de logistique : de nombreuses mines sur la montagne depuis la guerre Iran-Irak, de nombreux checkpoints militaires où les étrangers ne sont pas les bienvenus, des opérations militaires qui bloquent l’accès… Mais l’ascension était vraiment magnifique ! »

Jean et Marie

Plus de nouvelles et d’images sur la page Instagram @the_cbmt.

Tous les lauréats des Bourses de l’Aventure 2020 sont à retrouver ici.

Les Bourses de l’Aventure 2021 sont lancées ! Envoi des dossiers jusqu’au 31 mars.

L’édito de la lettre d’octobre

Des Ecrans au terrain, et inversement

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Des Ecrans au terrain, et inversement

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription

Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur mal-voyant et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un rêve sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.

Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie des films de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.

Bonne séance !

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe
Ecrans de l’aventure

Les lettres de l’année :
Octobre 2020 : Des Ecrans au terrain, et inversement
Septembre 2020 : A l’aventure dans un monde incertain
Juillet-août 2020 : Hors-série spécial été : l’appel de l’Aventure
Juin 2020 : Conjuguer le temps présent
Mai 2020 – Deuil et résilience
Avril 2020 – L’action, mère de la solidarité
Mars 2020 – Panser un monde confiné
Février 2020 – S’engager malgré tout
Janvier 2020 – 2020, année du lien

Festival Ecrans de l’aventure : le palmarès et les films à revoir en ligne

Du 15 au 18 octobre à Dijon et du 19 au 25 octobre en replay, le festival Ecrans de l'aventure diffuse le meilleur des documentaires d'aventure

Molly et Jesse Dufton, aventuriers de l'année aux Ecrans de l'aventure 2020

Un article de La Guilde


Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Trombinoscope Ecrans de l'aventure Dijon 2020

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur aveugle et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un homme sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.


Tous les films et livres primés sont à découvrir ici :
Palmarès des Ecrans de l’aventure 2020


Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.


Rendez-vous sur la plateforme VOD du festival :
Les Ecrans de l’aventure en ligne


affiche VOD Ecrans aventure Dijon 2020

Raconter l’aventure – le récit

La question taraude souvent ceux qui décident d'aller voir le monde de leurs propres yeux : comment partager ce que l'on a vécu ? Alors que le festival Ecrans de l'aventure de Dijon s'apprête à ouvrir ses portes, écrivains et réalisatrices nous racontent leurs processus de (re)création.

Crédits Linda Bortoletto

Un article de Eric Carpentier


Pour l’une, c’est « parce qu’il y a un élan » ; pour l’autre, ça peut être « pour le vert de l’herbe sur une photo ». Elle part « pour vivre », lui s’échappe « pour se libérer ». Quelles que soient les raisons – parfois même sans raison précise – ils plient bagages régulièrement. Elles marchent des milliers de kilomètres ou enfourchent des motos, ils vont trainer avec les nomades d’Asie centrale ou dans les méandres du fleuve Congo. Liste non exhaustive ! Chaque année, des dizaines et des dizaines d’hommes et de femmes partent goûter le monde, sans arômes artificiels ni personne pour leur servir sur un plat. Leur sel, c’est « l’aventure », souvent (pompeusement ?) écrite avec un grand A.

À leur retour, quand il y en a un, on peut croiser ces voyageurs / aventuriers / explorateurs / esprits libres / regards curieux (aucune mention inutile) aux hasards de conférences, de dédicaces ou de festivals : ils viennent raconter leur aventure, on les écoute – avec plus ou moins d’intérêt, soyons honnêtes. Souvent tout de même, leur talent et la qualité de leurs productions nous attrapent. Dessins, sons, textes ou images emportent vers un ailleurs. Avec un grand A ?

Alors que va s’ouvrir la 29e édition des Ecrans de l’aventure (du 15 au 18 octobre à Dijon, puis du 19 au 25 octobre en ligne), nous avons demandé à quelques voyageurs-conteurs pourquoi et comment ils partagent leurs histoires. Linda Bortoletto (Là où je continuerai d’être, Toison d’or du livre d’aventure 2016), Guillaume Jan (Samouraïs dans la brousse, Toison d’or du livre d’aventure 2018), Mélusine Mallender (Les voies de la liberté, prix du public des Ecrans de l’aventure 2019) et Louis Meunier (7000 mètres au-dessus de la guerre, prix Alain Bombard 2011 ; Les cavaliers afghans, Toison d’or du livre d’aventure 2014 ; Les cavaliers afghans, sur les traces de Joseph Kessel en Afghanistan, prix Alain Bombard 2017) nous racontent ainsi leur processus de création, d’une étincelle à l’autre.


PREMIERE PARTIE – LE VOYAGE

DEUXIEME PARTIE – LE RECIT

Comment raconter le vécu ? Quels messages transmettre ? Et comment s’astreindre à l’immobilité quand on a des fourmis dans les jambes ? Dans toutes les bouches, un refrain : la création n’est pas aisée, mais elle est nécessaire. Quand Linda Bortoletto se met à l’écriture, « c’est une aventure à part entière (rires) ! Dans mes récits, à chaque fois, il y a un conflit à résoudre. Il faut plonger en soi, accepter de revivre des émotions même les plus difficiles, et en même temps avoir du recul, trouver les bons mots, faire le travail technique de l’écriture. » Louis Meunier ne dit pas autre chose, qui aimerait vivre « des montées dans l’éther », mais reconnaît que le travail est davantage de l’ordre de la besogne « qui fait transpirer ». Quant à Mélusine Mallender, elle le concède : la salle de montage, « c’est un peu pénible au bout d’un moment. À la fin, je n’en peux plus de revoir les images (rires) ! » Sauf que l’un « aime avoir écrit », et l’autre « est heureuse de faire que ce voyage ne soit pas que le mien. »


À LIRE AUSSI : ZEPHALTO, L’ELAN VERS LA BEAUTE


Et puis il y a une autre constante. Pour toutes et tous, si l’aventure vaut toujours d’être vécue, elle ne vaut d’être partagée que s’il y a quelque chose de plus grand à raconter, quelque chose qui dépasse sa propre personne. Guillaume Jan : « je me suis toujours dit que ce que j’avais vécu risquait de ne pas intéresser grand monde. C’est pour ça que je mets toujours une histoire en parallèle : Stanley, Livingstone, Kano… Raconter juste ses petites expériences, ça fait un peu trop carte postale envoyée aux copains. » Si elle s’aventure sur des chemins plus intimes, en témoigne son récit en Patagonie à paraître, Linda Bortoletto s’aperçoit que « des expériences individuelles peuvent avoir une portée universelle. Elles peuvent apporter un éclairage à des personnes qui n’ont pas forcément les outils, la distance ou le temps de faire ce travail d’introspection. Il y a une envie de guider ces personnes-là, comme un guide de montagne qui aurait découvert un sentier. »


À LIRE AUSSI : MARCHE, BUSHCRAFT ET CANOE : UNE HISTOIRE BRUTE ET SAUVAGE


Alors le temps est pris. Pour monter un film (un mois ou deux minimum, souvent à temps plein) ou pour écrire un livre (quatre à cinq heures par jour, plutôt tôt le matin ou tard le soir). Mais aussi pour récolter l’essence de son voyage. Certains parlent de décantation, d’autres de sédimentation ; tous s’accordent sur le fait qu’il faut laisser un espace entre le retour et le récit, « comme quand tu es dans la brume en montagne, métaphorise Linda Bortoletto. Tu la laisses se dissiper pour voir les sommets. » Alors, seulement, l’aventure peut être décrite au plus près de ce qu’il en reste. Au plus fidèle de cette lueur qui irradie dans le regard de ceux qui ont été voir. « Il faut aller voir », disait Ella Maillart ? Il faut également raconter. Parce qu’un jour, un mot ou une image les a poussés sur les chemins, il ne faut pas oublier que « nous sommes tous des vecteurs », dit Louis Meunier, à moins que ce soit Linda Bortoletto, Guillaume Jan, Mélusine Mallender ou bien encore un(e) autre. Qui aurait conclu : « en fait, la création, c’est une passation. »


À LIRE : Linda Bortoletto, Le chemin des anges – Ma traversée d’Israël à pied (Payot, 2019)

À LIRE : Guillaume Jan, Samouraïs dans la brousse (Paulsen, 2018)

À VOIR ET À LIRE : Mélusine Mallender, Les voies de la liberté (Darwin Production, 2018, et Robert Laffont, 2020)

À VOIR : Louis Meunier, Nomades d’Iran, l’instituteur des Monts Zagros (ZED pour ARTE France, 2019)


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020

Affiche Ecrans Aventure Dijon 2020

Raconter l’aventure – le voyage

La question taraude souvent ceux qui décident d'aller voir le monde de leurs propres yeux : comment partager ce que l'on a vécu ? Alors que le festival Ecrans de l'aventure de Dijon s'apprête à ouvrir ses portes, aventurières et explorateurs nous racontent leurs processus de (re)création.

Crédits Louis Meunier

Un article de Eric Carpentier


Pour l’une, c’est « parce qu’il y a un élan » ; pour l’autre, ça peut être « pour le vert de l’herbe sur une photo ». Elle part « pour vivre », lui s’échappe « pour se libérer ». Quelles que soient les raisons – parfois même sans raison précise – ils plient bagages régulièrement. Elles marchent des milliers de kilomètres ou enfourchent des motos, ils vont trainer avec les nomades d’Asie centrale ou dans les méandres du fleuve Congo. Liste non exhaustive ! Chaque année, des dizaines et des dizaines d’hommes et de femmes partent goûter le monde, sans arômes artificiels ni personne pour leur servir sur un plat. Leur sel, c’est « l’aventure », souvent (pompeusement ?) écrite avec un grand A.

À leur retour, quand il y en a un, on peut croiser ces voyageurs / aventuriers / explorateurs / esprits libres / regards curieux (aucune mention inutile) aux hasards de conférences, de dédicaces ou de festivals : ils viennent raconter leur aventure, on les écoute – avec plus ou moins d’intérêt, soyons honnêtes. Souvent tout de même, leur talent et la qualité de leurs productions nous attrapent. Dessins, sons, textes ou images emportent vers un ailleurs. Avec un grand A ?

Alors que va s’ouvrir la 29e édition des Ecrans de l’aventure (du 15 au 18 octobre à Dijon, puis du 19 au 25 octobre en ligne), nous avons demandé à quelques voyageurs-conteurs pourquoi et comment ils partagent leurs histoires. Linda Bortoletto (Là où je continuerai d’être, Toison d’or du livre d’aventure 2016), Guillaume Jan (Samouraïs dans la brousse, Toison d’or du livre d’aventure 2018), Mélusine Mallender (Les voies de la liberté, prix du public des Ecrans de l’aventure 2019) et Louis Meunier (7000 mètres au-dessus de la guerre, prix Alain Bombard 2011 ; Les cavaliers afghans, Toison d’or du livre d’aventure 2014 ; Les cavaliers afghans, sur les traces de Joseph Kessel en Afghanistan, prix Alain Bombard 2017) nous racontent ainsi leur processus de création, d’une étincelle à l’autre.

PREMIERE PARTIE : LE VOYAGE

Mais avant de raconter, « il faut aller voir », disait Ella Maillart. Et plus en avant encore, il y a les préparatifs. Pour Louis Meunier, c’est « une ouverture d’esprit, des recherches, des discussions, des livres, des projections… » Alors, doucement, l’aventure prend forme. Parfois, il est écrit qu’elle sera racontée. Quand elle part guidon entre les mains et caméra au poing (si, si, c’est possible), Mélusine Mallender « sait un peu où (elle) va. C’est plus ou moins écrit… Bon, ça prend la taille d’une page ! » Linda Bortoletto, elle, ignore si elle va produire quelque chose. Sa jauge, c’est « une transformation intérieure. C’est là que je trouve de l’intérêt à l’écriture ». Elle part, écoute sa petite voix rythmée par ses pas, puis ressent le besoin d’écrire (en Alaska et en Sibérie, en Israël, en Patagonie), ou non (en Himalaya).


À LIRE AUSSI : VAGABOND, LA FORME DE L’EAU


La question de savoir au préalable s’il y aura production (écrite, filmée, dessinée, photographiée, enregistrée…) est importante. Guillaume Jan a écrit trois livres ayant le Congo pour décor. Le Baobab de Stanley et Traîne-Savane n’étaient pas prévus, au contraire de Samouraïs dans la brousse, une commande des éditions Paulsen dans le cadre de la collection Démarches. Et même si l’auteur a toujours eu son carnet de notes dans la poche, « réflexe de journaliste », sa façon de marcher dans les pas du primatologue japonais Takayoshi Kano s’en est trouvée modifiée. « Je n’irais pas jusqu’à dire que je cherchais les galères, on n’est pas là pour se faire du mal. Mais quand elles arrivaient, je me disais “ça me donnera de la matière”, distingue Guillaume Jan. J’ai fait une partie du voyage à moto. Plusieurs fois par jour, je m’arrêtais pour noter des choses sur mon carnet, à chaud. Après, on a tendance à lisser les évènements. Là, je voulais qu’ils restent bien saillants. »


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Reste qu’entre vivre le voyage hic et nunc, et penser à ce qui va être raconté au retour, l’équilibre peut être parfois acrobatique. Mélusine Mallender a réalisé 15 films sur ses différentes expéditions à moto. Depuis la première fois où elle a tenu la caméra et s’est rendue compte que « faire un film, c’est un travail (rires) » jusqu’à sa dernière expédition entre Santiago de Chile et Los Angeles, son approche a évolué. « Je vais penser aux spectateurs, réfléchir aux plans, au message qui va passer. Mais je vais aussi apprendre à laisser la caméra. Il n’y a pas besoin de tout filmer, certains moment seront pour moi. Je pars d’abord pour vivre quelque chose, ça ne doit pas être entaché par une sorte de poids. » Y aurait-il un paradoxe entre le vécu et le récit, dès lors que celui-ci est programmé à l’avance ? Non, répondent en choeur Mélusine Mallender et Louis Meunier. Lors de sa récente traversée des monts Zagros avec des nomades bakhtiaris, ce dernier a « passé un mois à leurs côtés, à boire le lait sous la brebis le matin, à user mes souliers sur les pistes. Ça, je le fais pour moi, de manière presque égoïste. Mais il se trouve que l’histoire mérite d’être partagée, que ce sont des gens qui ont des choses à nous apprendre. Des choses plus spontanées, plus belles d’un certain côté. »

DEUXIEME PARTIE – LE RECIT


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020

Affiche Ecrans Aventure Dijon 2020

Festival Ecrans de l’aventure de Dijon : la bande-annonce et le programme

Du 15 au 18 octobre, Dijon devient la capitale de l'aventure avec le festival international du film d'aventure organisé par La Guilde.

Un article de La Guilde


L’aventure des Écrans devrait être conjuguée au pluriel : entre les équipées racontées dans les films projetés, l’acrobatique sélection du meilleur de la production documentaire, et la gageure de rassembler, dans la ville aux cent clochers, aventuriers, réalisateurs et écrivains, le festival est le fruit d’aventures toujours renouvelées.

Et pour sa 29e édition, l’année 2020 lui a posé le plus grand des défis : celui d’exister. Les Écrans de l’aventure seront donc particulièrement heureux de vous accueillir du 15 au 18 octobre à Dijon, pour quatre jours riches de rencontres.

18 films diffusés, dont 14 en compétition officielle, réunissant le meilleur de la production documentaire en matière de nature, d’exploration, d’alpinisme, de voile, de surf, d’escalade et même de Flyboard Air. Demandez le programme !


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020


Pour la première fois, il sera également possible de poursuivre le rêve en ligne jusqu’au 25 octobre, avec la majeure partie des films de la sélection officielle disponible en replay sur www.lesecransdelaventure.com.

La porte est ouverte, soyez les bienvenus.

Compte tenu du contexte actuel, le programme est susceptible de modifications.