Le sport pour changer le monde ?

Ça n’a pas toujours été le cas : le sport est aujourd’hui considéré comme un outil majeur pour l’atteinte des Objectifs de développement durable. À la veille de la journée mondiale du sport pour le développement et la paix, retour sur une émergence teintée d’évidence avec Auriane Buridard, en charge du programme Sport & Développement à La Guilde.

Un article de Sport & Développement


« Plus vite, plus haut, plus fort – ensemble » : depuis juillet 2021, le triptyque formant la devise des Jeux olympiques (Citius, Altius, Fortius) a officiellement été complété d’une quatrième notion (Communiter). Une valeur évoquant davantage la coopération que la compétition, et un ajout marqueur d’une époque. Car si le Comité international olympique souhaite voir les sportifs avancer ensemble – au point de l’affirmer au fronton de ses Jeux historiques –, c’est aussi pour accompagner une tendance forte depuis deux décennies.

Ainsi le 25 septembre 2015 : ce jour-là, les 193 États membres des Nations Unies adoptent la résolution 70/1. Son titre ? « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ». Ce sont les 17 Objectifs de développement durable (ODD) devant orienter la marche du monde, à la suite des Objectifs du millénaire pour le développement de 2000. Ces derniers avaient légitimé le sport comme « un outil économique et souple » d’un « immense potentiel », selon l’onusien Wilfried Lemke. En 2015, la place du sport est consacrée dans la résolution 70/1 : « Le sport est lui aussi un élément important du développement durable, est-il écrit. Nous apprécions sa contribution croissante au développement et à la paix par la tolérance et le respect qu’il préconise ; à l’autonomisation des femmes et des jeunes, de l’individu et de la collectivité ; et à la réalisation des objectifs de santé, d’éducation et d’inclusion sociale. » Reste à embrayer.

© Watoto Wasoka

Lire France Football, agir en profondeur

« Après les annonces de 2015, le plan Kazan de l’UNESCO en 2017 a dressé une feuille de route, retrace Auriane Buridard, en charge du programme Sport & Développement à La Guilde. En France, cela s’est traduit en 2018 par l’annonce du Président Macron, avec le Président du Libéria et ancien Ballon d’or George Weah, de travailler sur le sport pour le développement en Afrique. La dynamique a ensuite été appliquée par l’Agence française de développementavec différents partenaires impliqués sur différents domaines et la création de la plateforme Sport en Commun. Le domaine de La Guilde, à travers son pôle Microprojets, est le sport de proximité. »

En 2018, pendant qu’Emmanuel Macron fustige les « gens qui pensent que (le sport) c’est anecdotique (…) c’est pour regarder Téléfoot et lire France Football », Auriane est en mission de Service civique au Vietnam, auprès de Poussières de Vie. Là-bas, elle lance des programmes sportifs à destination d’enfants issus de minorités ethniques et défavorisés. Et confirme ses intuitions : « tu peux tout de suite voir les effets du sport sur les pratiquants ! Mais il faut du temps pour une action en profondeur ». À son retour de mission en 2019, le lancement du programme Sport & Développement tombe comme une évidence. Actions, temps, effets : tout est réuni.

© Terres en Mêlées

Fleurets mouchetés et graines germées

Trois ans plus tard, les mondes du sport et du développement apprennent à toujours mieux se connaître. La Guilde et ses partenaires ont financé 87 associations entre 2019 et 2021, à travers les différents appels à projets lancés. « Chaque projet doit identifier les ODD ciblés », précise Auriane Buridard. En 2020, un projet répond en moyenne à quatre ODD. Bonne santé et bien-être (ODD 3), égalité entre les sexes (ODD 5), éducation de qualité (ODD 4) et inégalités réduites (ODD 10) sont les objectifs les plus poursuivis. Tout juste de retour de mission au Sénégal, Auriane rapporte avec elle des illustrations rafraichissantes.

« Pour le Sourire d’un Enfant est un bel exemple. Cela fait 30 ans qu’ils sont sur le terrain, ils ont développé des méthodologies novatrices et efficaces. Comme le programme « escrime et justice réparatrice », dans les prisons de Thiès ou Diourbel, pour préparer la réinsertion des jeunes en détention ». À l’horizon, les Objectifs 3 (santé et bien-être), 10 (inégalités réduites) et 5 (égalité entre les sexes) sont en vue. « L’escrime est un outil particulièrement adapté : c’est physique mais le fleuret est souple et non agressif, on est habillé d’une tenue blanche, couleur symbolique au Sénégal, le masque permet de passer au-delà de la personne, la main levée pour signaler une touche implique une maîtrise des émotions… » Alors, répétées, encadrées et valorisées, ces touches pourront faire émerger des lendemains plus sereins, pour une jeunesse jusque-là mal embarquée.

© Pour le Sourire d’un Enfant

Autre exemple ? « Mediaquart’ et Seed RISE ! » Soit l’accès à des entraînements de basket qui se poursuivent avec des ateliers et des débats, mais aussi la gestion d’un jardin permacole à Kalolack. Là, entre jeu et expression collective, entre maraichage et gestion des récoltes, des pas vers les Objectifs 4 (éducation de qualité), 12 (consommation et production responsables) et 15 (vie terrestre) sont esquissés. « Le basket, le sport constituent une belle porte d’entrée, c’est flagrant, souligne Auriane, des tonnes d’exemple dans les yeux. Le terrain de sport et le jardin sont ouverts à tous, écoliers et jeunes du quartier. L’école devient le lieu d’une éducation accessible, différente. Sur le terrain, tout le monde doit respecter les règles et l’autre ; dans le jardin, le travail de chacun et chacune va permettre la récolte. Les ponts symboliques et pratiques sont nombreux. C’est vraiment le pouvoir du sport : proposer un langage universel, fédérateur et égalitaire ».

Encadrer, compter, durer

Reste que les médailles ont leur revers et que, mal utilisé, le sport peut faire des dégâts. « Le sport reste le reflet d’une société. Tu peux y retrouver tout ce qui ce qui abîme, les violences, les discriminations, la triche. Le sport ne se suffit pas forcément en lui-même. Il faut l’utiliser avec méthode ». Soit précisément un enjeu des années à venir. Car si voir les sourires naître est immédiat, le risque est qu’ils ne soient qu’éphémères. Et les impacts à long terme sont plus difficiles à appréhender : « comment mesurer des notions comme la hausse de l’estime de soi, le leadership, le développement de la mixité ou l’insertion professionnelle en lien avec le sport ? s’interroge Auriane. Aujourd’hui, c’est un travail. Après trois ans d’expérience, on peut lancer ce chantier de capitalisation. Pour, à terme, mettre en place des outils de mesure ».

Pour mener à bien cette ambition, les acteurs du développement par le sport pourront peut-être s’appuyer sur les professionnels du sport qui cherchent, eux, à intégrer du développement dans leur activité. C’est l’autre jambe de l’attelage sport et développement : que les locomotives – champions et grands évènements – soient moteurs dans la réalisation des Objectifs de développement durable. Avec des moyens d’action considérables, les résultats peuvent être spectaculaires. En France, les Jeux de Paris 2024 s’engagent ainsi à « léguer un héritage durable », pour que les Jeux puissent bénéficier à l’ensemble de la société. Transformer les annonces en actions, voilà désormais le défi des équipes de Tony Estanguet, au Comité d’organisation des JO de Paris 2024. Pour que la capacité à faire savoir des uns s’accompagne du savoir-faire des autres et que raison soit finalement donnée à Nelson Mandela, qui le clamait en 2000 : « le sport a le pouvoir de changer le monde ».

Propos d’AB recueillis par Eric Carpentier


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VIDEO – Au Ghana, l’autre PSG

« Play for fun, learn for life »* : plus qu’une baseline, c’est un véritable principe de vie posé par Play Soccer Ghana, association lauréate Sport & Santé 2020. Présentation en images de son action, avec des filets de but en plastique recyclé dedans.

Un article de Sport & Développement


Parler, jouer, réfléchir et, au bout, contribuer au développement des enfants en acteurs autonomes et positifs pour la communauté.

Plus que mettre le ballon au fond des filets, voilà le but principal des actions de Play Soccer Ghana, association lauréate de l’appel à projets Sport & Santé 2020. Kweku Andoh Awotwi, son fondateur, l’affirme avec une foi contagieuse : le sport est un formidable moyen de progresser dans la vie. Notamment lorsque l’apprentissage par le football est doublé de soutiens à l’éducation et d’actions de préservation de l’environnement. Sur ce dernier point, Jersey Adjei en est convaincu : « cela va impacter les prochaines générations et les inciter à garder la communauté propre ». Jersey est volontaire dans un projet de réduction des déchets par la réutilisation de sachets d’eau usés pour en faire des filets. Où l’on apprend qu’il en faut 3 500 pour équiper un but complet.

Evoluer en trois dimensions

Pour assurer l’efficacité de son action, Play Soccer Ghana utilise une méthodologie ayant fait ses preuves : le football3, promu par le réseau Street Football World. Au-delà du ballon, cette pratique du foot sans arbitre vise à atteindre les objectifs de développement durables. Basée sur l’égalité, le travail d’équipe et le franc-jeu, son nom prend ses origines dans un jeu en trois étapes :

  • une discussion d’avant-match pour définir les règles de manière collective ;
  • un match de football géré par les joueurs eux-mêmes ;
  • un débat d’après-match pour réfléchir ensemble au comportement de chacune des équipes sur le terrain – et comprendre comment cela se transpose à la vie quotidienne.

Cette pratique alternative du football, ouverte à toutes et à tous, responsabilise les jeunes en leur inculquant des compétences qui leur permettront de résoudre les conflits par le dialogue et le compromis.

Dans le détail

Play Soccer Ghana accompagne, chaque année, 1 500 enfants à travers ses programmes présents dans 6 des 16 régions du Ghana. L’ONG agit avec et pour les jeunes en leur assurant un accès à la santé, au développement de compétences de vie, à l’éducation, à la sensibilisation de l’importance des villes durables – ainsi les déchets plastiques, qui constituent 14% du flux de déchets au Ghana.

Objectifs :

  • Améliorer l’activité physique et les compétences de vie de 300 enfants dans 8 communautés sur une période donnée ;
  • Réutiliser 900 kg de sachets d’eaux usées dans 6 communautés pour en faire 140 filets de but ;
  • Améliorer les attitudes positives de sauvegarde parmi 50 parents et 25 jeunes dans 8 communautés ;
  • Assurer la participation de 145 femmes, jeunes et groupes de personnes handicapées dans la prise de décision au sein de 11 communautés.

Activités :

  • « Play for fun, learn for life » sessions : utiliser le football pour enseigner aux enfants et aux jeunes des compétences de vie, notamment sur les attitudes positives mais aussi sur l’hygiène, la santé, etc. ;
  • Tournois réguliers avec la méthode football3 ;
  • Tricotage de filets de but à partir de sachets d’eau avec des écoles et les familles ;
  • Réunions parentales trimestrielles pour la protection de l’enfance.

Bénéficiaires

  • 500 bénéficiaires dont des filles et garçons de 5 à 25 ans et leurs parents ou tuteurs. La majorité des bénéficiaires sont issus de foyers défavorisés, notamment de foyers monoparentaux, vivant principalement de la pêche ou de l’agriculture.

* »Jouer pour le plaisir, apprendre pour la vie »


Sport & Développement est un programme de La Guilde en partenariat avec l’Agence française de développement, qui soutient la réalisation de micro-projets de sport au service du développement durable en Afrique.


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VOD : le palmarès des Écrans 2021 en ligne

Du 22 septembre au 2 janvier, les films primés aux 30es Écrans de l'aventure sont accessibles en ligne. L'occasion de plonger dans ce que l'aventure produit de meilleur.

Un article de Festival Écrans de l'aventure


Alpinisme, plongée, Amazonie, quête familiale, migrations, low-techs : c’est peu dire que les thématiques couvertes par les films primés aux Écrans de l’aventure 2021 est vaste. Le jury présidé par Elisabeth Revol a offert à la trentième édition du festival un palmarès témoin de son époque, dans toute sa diversité.

Bonne nouvelle : du 22 décembre au 2 janvier, 6 des 7 films du palmarès sont à (re)voir en VOD !

>>> films.lesecransdelaventure.com <<<

Out of Frame, Toison d'or
Lost At Sea, Prix spécial du jury
L'Aventure, Prix Alain Bombard
Les Harmonies invisibles, Prix Ushuaïa TV
Dark Green, Prix du public
4 mois sur ma biosphère, Prix des jeunes de la ville de Dijon
https://twitter.com/EcransAventure/status/1473680398752403473

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L’édito de la lettre de novembre

Aider, agir, saluer

Un article de La Guilde


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Dans une note que je partage avec vous, Irène Beucler, représentante de La Guilde au Liban, résume la situation sur place :

« « Kifak ? Ça va ? » Cette salutation libanaise prévaut toujours dans les cafés, les universités ou dans la rue ; mais elle a perdu de sa chaleur, qui faisait le charme des Libanais. Peut-on leur en vouloir ? À un peuple dont on vante les mérites dans l’art de rebondir et de renaître de ses cendres, on doit aussi reconnaître le droit d’être épuisé, las de devoir encaisser trop de coups. La crise sanitaire au Liban est venue s’ajouter à une crise politique, économique et sociale émergente depuis 2019 et qui, avec la terrible explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, a fait sombrer le pays dans l’apocalypse. L’inflation galopante de la livre libanaise, les pénuries d’électricité, le rationnement des médicaments, du lait infantile et de certains produits alimentaires plongent la majorité des foyers libanais dans la précarité. La faim tenaille les pauvres, et la pauvreté gagne un terrain impensable encore il y a deux ans. Des tensions intercommunautaires resurgissent. Ceux qui peuvent fuient. L’unique signe d’espérance actuellement, c’est la solidarité de l’appui international et la générosité de nombreux Libanais et étrangers qui aident les habitants à surnager. Avec eux, nous devons tenir plus que jamais. »

C’est dans ce Liban que La Guilde plonge tête la première, en continuité de ses engagements en cours en Irak et en Syrie. Depuis l’explosion du port de Beyrouth, nous avons soutenu une douzaine de projets de terrain mis en œuvre par les Libanais eux-mêmes. Avec l’aide de l’Agence française de développement et de la Fondation de France, nous élargissons notre action pour une deuxième phase avec six d’entre eux. Nous voulons aussi multiplier les opportunités de volontariat au Liban pour de jeunes Français : les Libanais demandent ce soutien moral et cette présence au quotidien dans le drame que traverse leur pays.

Alors que Noël approche, votre don sera la manifestation de notre amitié vers un pays unique. Les Libanais ne baissent pas les bras ; avec votre aide, nous non plus.

Je donne pour soutenir l’action de La Guilde au Liban

D’avance merci,

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

VIDEO – S’émanciper, avec Boxgirls Kenya

Boxgirls Kenya est lauréate 2020 de l'appel à projets Sport & Santé. Présentation de son action, en images et en version originale.

Un article de Sport & Développement


Elles s’appellent Sharon, AnnZowi ou Stacy. Elles parlent anglais ou swahili. Et comme plus de 1 000 filles de 8 à 23 ans, elles mettent des coups au service de leurs corps – de leurs vies. Elles sont membres de Boxgirls Kenya. Une organisation qui, des bidonvilles de Nairobi aux zones rurales les plus isolées du pays, « a un impact », affirme AnnZowi. « Moi, j’ai vu son impact sur ma vie ». Boxgirls Kenya est lauréate 2020 de l’appel à projets Sport & Santé. Présentation de son action, en images et en version originale.

Lauréate Sport & Santé 2020

Boxgirls Kenya agit dans Nairobi et des communes rurales. Le financement Sport & Santé concerne l’ensemble des localités mais plus particulièrement la zone du comté de Kakamega – village d’Ekambuli (Ouest du pays).

Avec ses programmes tournés autour de la sécurité intégrée à travers 5 éléments – physique, émotionnel, relationnel, spirituel et mental – Boxgirls Kenya veut permettre aux filles et aux jeunes femmes de comprendre leur pouvoir et de savoir l’utiliser pour se défendre contre la violence, mais aussi renforcer leurs capacités de leadership et d’organisation à la maison, à l’école et dans la communauté.

Objectifs :

  • Créer des espaces sûrs ;
  • Continuer à établir des liens entre les familles, les communautés et les écoles afin de renforcer la sécurité des filles et leur protection contre la violence.

Bénéficiaires :

  • 1060 filles et jeunes femmes de 8 à 23 ans issues de communautés marginalisées au Kenya : bidonvilles de Nairobi et zones rurales isolées Les programmes se déroulent au sein d’écoles.

Activités :

  • Séances hebdomadaires de boxe et d’éducation à la santé sexuelle : au sein de 12 écoles avec lesquelles Boxgirls collabore ;
  • Tournois de boxe communautaires : participation des parents et des membres de la communauté à deux tournois de boxe par an afin de sensibiliser ;
  • Activité mensuelle de cartographie corporelle (prendre soin de son corps, avoir une relation positive avec son corps, éducation à la santé sexuelle, connaître ses droits) ;
  • Echange trimestriel avec les parents ;
  • Sommet sport pour les femmes qui réunira plus de 400 filles et jeunes femmes. Mise en avant de celles qui ont un impact sur leur communauté, de projets, récompense des projets les plus innovants .
  • Formation en leadership/entreprenariat.


Pour aller plus loin


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Histoire de sport, rapport d’espoir

Le rapport annuel 2020 du programme Sport & Développement vient d'être publié. L'occasion de suivre le parcours-type d'une association suivie et financée, avec l'exemple de Denro.

Un article de Sport & Développement


Moment fort de l’année, le rapport annuel 2020 de Sport & Développement, sorti il y a quelques jours, permet de « se rendre compte de tout ce qui a été mis en place durant l’année par le programme, avec les partenaires et avec les associations» pose Auriane Buridard, chargée de mission pour l’incubateur de microprojets sportifs en Afrique et en Haïti. « Il met du concret, des images et des chiffres sur ce qu’on fait, et les partage avec tous ceux qui gravitent autour du programme. Cela montre finalement son impact ». Cet impact, l’association Denro en est un parfait exemple.

Sport-étude, sport féminin

Fondée en 2012 par Denise Fernandez et Romuald Yameogo, l’association franco-burkinabaise Denro a construit une école sport-étude à Koudougou pour les enfants défavorisés de la ville. « Romuald est un ancien joueur de football, introduit Denise Fernandez, président de Denro France. Il tenait à associer sport et éducation, convaincu que l’un est moteur de l’autre ».

En 2019, Denro a été accompagnée dans le projet visant à aménager un plateau omnisport pour l’école. Un travail accompagné d’une promotion du sport féminin, à travers l’organisation d’un tournoi. « On a invité une vingtaine d’écoles, sachant qu’à Koudougou, jusqu’à maintenant, les rencontres inter-scolaires n’étaient que masculines, explique Denise. Cela a eu un succès au-delà de nos espérances ! Le public était très animé pour encourager les filles. Nous avons profité de l’engouement pour créer une équipe féminine ». Lauréate de Sport & Développement en 2019 et 2020, « Denro représente une une belle dynamique de partenariat entre les structures française et burkinabaise, loue Auriane. Ce qui est super avec cette association, c’est qu’elle suit vraiment le parcours Sport & Développement avec l’accompagnement et les formations, à la fois en France et au Burkina Faso » .

Des bailleurs au terrain

Fort du succès de 2019, Denro a souhaité en 2020 pousser le rêve encore plus loin : construire deux dortoirs, féminin et masculin, pour leurs élèves. Après une sélection par un jury indépendant composé d’experts issus des mondes sportifs, médiatiques, associatifs et du développement, Denro a pu bénéficier d’un accompagnement personnalisé, technique et pédagogique, mis en place par Sport & Développement : « Par exemple, il y avait des choses que je pensais évidentes, mais Auriane m’a montré qu’il fallait les justifier et les développer. Ce sont ces éléments-là qui font le poids d’un dossier, explique Denise. Sport & Développement nous a apporté une aide financière que l’on n’aurait pas pu avoir sans eux. Ils ont été un réel moteur ».

En plus de l’accompagnement personnalisé, l’association Denro a pu assister à des formations en ligne (COVID-19 oblige) sur l’égalité des sexes, la mixité et le montage de projet. « Comme c’est une association qui a été lauréate plusieurs fois, cela nous permet de voir les projets grandir » se réjouit Auriane. Un suivi continu qui apporte une vision réaliste du terrain et permet de faire le lien avec les bailleurs de fonds : « Ça nous touche de voir que les bailleurs s’intéressent à ce qui est fait » apprécie Denise, en évoquant la visite de Denro par Julie Baron, directrice adjointe de l’Agence française de développement (AFD) au Burkina Faso. « Cela nous ouvre d’autres horizons ».

À LIRE : LE RAPPORT 2020 DU PROGRAMME SPORT & DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis par Athénaïs Paret


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VIDEO – Dans les skateparks d’Accra, avec Surf Ghana

Skater pour mieux grandir : voilà le credo de Surf Ghana, association lauréate du programme Sport & Développement. Caméra en main, Antoine et Thomas sont allés les rencontrer. Moteur... action !

Un article de Sport & Développement


« Dès que je skate, tout devient parfait » affirme Daniel. Après lui vient un hip-hop suave, quelques pas de danse, et des tricks, évidemment. Puis c’est au tour de Sandy Alibo de prendre la parole. Sandy est la fondatrice de Surf Ghana, en 2016, « pour autonomiser les jeunes à travers la pratique des sports de glisse ». Les bases sont posées. Une histoire va pouvoir être déroulée pendant cinq minutes, illustrée par les images léchées d’Antoine et Thomas. Le fruit d’une collaboration réussie.

Comme sur des roulettes

À l’origine de la vidéo, il y a une association : Horizon Sport, fondée en 2013 par deux étudiantes de l’ESSEC. Leur but, promouvoir l’éducation par le sport en produisant des outils de communication pour les associations sur le terrain. Car « une vidéo de qualité coûte cher », rappelle Antoine, « et les images sont un super vecteur pour promouvoir ses actions auprès de sponsors ou de bénévoles ». Antoine et Thomas constituent la promotion 2020-2021 d’Horizon Sport. Tout juste sortis de leurs études respectives dans le management du sport et dans l’innovation sociale, ils ont repris le flambeau et les caméras. Après une formation, des films en Colombie et au Brésil, et une longue interruption due au Covid-19, ils ont atterri en Afrique, accompagnés par La Guilde.

Antoine salue ainsi le partenariat noué : « grâce au programme Sport & Développement, on est mis en relation avec des associations sérieuses, qui ont un vrai impact ». Ces association sont lauréates des appels à projets lancés par Sport & Développement. Une fois les structures sélectionnées par Horizon Sport, le contact est établi. Et ? « C’est indispensable ! » assure Antoine. « Quand on ne connait pas le terrain, il faut absolument pouvoir tomber sur un interlocuteur fiable. Là, il y a une relation de confiance qui s’instaure très rapidement entre tous les acteurs. » Un lien qui permet de jouer juste.

Échouer, recommencer, progresser

Une fois sur place, les reporters d’Horizon Sport vont vivre trois semaines avec l’association – qui, dans le cas de Surf Ghana, se présente avant tout comme un collectif. « L’idée est de ne pas être simple prestataire, mais de s’impliquer dans la vie de la structure », prolonge Antoine. Une manière de donner du relief à l’échange. Une façon, aussi, de cerner au mieux les ressorts d’une action : « la symbolique du skate est d’échouer et de recommencer, jusqu’à réussir. Pour les filles, c’est aussi un moyen de prendre des risques dans la rue. Et puis le skate est utilisé pour responsabiliser, donner des opportunités professionnelles à travers des shootings photos ou des skate camps, par exemple. » Un écosystème complet, qui demande une compréhension globale pour pouvoir être valorisé à sa juste mesure.

Que reste-t-il après trois semaines ? Des images évidemment, et avec elles le plaisir d’avoir filmé « un sport magnifique ». Des rencontres, comme celle de Sarah, interviewée dans la vidéo, « qui parle super bien de l’échec ». Des histoires enfin, à raconter, à partager, à diffuser. Pour montrer que, comme en Afrique du sud, la scène skate émergente au Ghana draine avec elle son lot de valeurs positives. Pour montrer que le foot, prochaine ligne d’Horizon Sport, a des vertus éducatives parfois insoupçonnées – ou oubliées. Et pour montrer la puissance de la créativité : au Brésil, c’est le ballet qui est utilisé pour aider les filles prises dans l’enfer de Cracolândia.

Propos recueillis par Eric Carpentier

MISE À JOUR : Antoine et Thomas continuent leur route à la rencontre des acteurs du sport et du développement. Ils sont récemment passés par Cape Coast, Accra, Ashaiman Jericho, Asiakwa village et Elmina pour mettre en images le travail de Play Soccer Ghana.


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L’édito de la lettre d’avril

Découvrir. Comprendre. Explorer.

Un article de Vincent GARRIGUES


Lire la lettre dans son intégralité : Découvrir. Comprendre. Explorer.

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Culture du dialogue

La Guilde aime les grands chantiers. Elle ose, par tradition. Née de l’histoire du 20e s., notre maison doit faire son chemin entre les balises de la post-modernité, en acceptant de confronter son goût fondamental de l’action en profondeur au nouvel acteur orwellien du débat public, cette conversation globalisée qui commente en mode flash beaucoup plus qu’elle n’agit.

La communication, il s’agit bien d’elle, c’est un peu l’affaire de tous : chacun se sent fondé d’exister à travers elle, tant le reflet de l’ensemble embarque les facettes de chacun.

Notre communication doit donc porter le témoignage de ce que j’appellerais notre « mission », ou notre « fonction sociale » : oser la permanence têtue de l’engagement par l’action, aller vers les autres pour bâtir un patrimoine de l’en-commun et inscrire les actes dans la geste la plus sensée qui soit. Nous savons, avec Hannah Arendt, qu’être isolé, c’est être privé de la capacité d’agir.

Les outils digitaux – ces fascinants sillages qui produisent autant d’étincelles que d’effroi – aiguillonnent un désir mimétique, et forgent une emprise plus qu’une empreinte ; notre défi apparaît donc d’abord culturel. Les femmes et les hommes de La Guilde, dans chacune de leurs actions sur la terre humaine, donnent et reçoivent. Cet échange symbolique, et bien réel, se tisse volontiers dans les ailleurs, lesquels n’existent que parce qu’il y a un ici. Sur ce chemin, notre récit se dresse contre les entreprises de séparation, affirmant sa vocation à fortifier le dialogue, à jeter des ponts, à tendre des livres.

Lorsque tout se bouscule, que tant d’inquiétudes virevoltent entre charivari du net et doxa propagandiste, notre ambition de communiquer nous propulse comme bâtisseurs enthousiastes de mémoires et d’innovations.

En partageant sa bibliothèque, en organisant un grand festival de films, en animant ses canaux sociaux, à travers sites et plate-formes, avec ses nouvelles visio-sessions aventurières, La Guilde veut explorer tous les territoires de la rencontre.

Vincent GARRIGUES
Responsable de la communication institutionnelle

L’édito de la lettre de mars

Que vive l'aventure !

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Que vive l’aventure !

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Depuis 1992, La Guilde organise le festival des Écrans de l’aventure avec la ville de Dijon. En 2021, pour fêter les 30 ans d’une collaboration incroyablement riche et porteuse de sens, toute l’équipe de La Guilde est mobilisée pour vous proposer une édition exceptionnelle.

Ce festival vous fera revivre des moments forts de trois décennies d’aventures. Il proposera également les meilleurs films et livres de l’année, ainsi que des échanges uniques avec des aventuriers audacieux et engagés, curieux des autres et soucieux de nous faire découvrir la beauté fragile de notre planète.

En octobre 2020, l’édition était passée entre les gouttes des restrictions sanitaires, réunissant près de 10 000 spectateurs. En 2021, les Écrans comptent bien voir le soleil se lever sur des mondes inconnus !

Nous vous donnons rendez-vous régulièrement, dans cette lettre et sur les canaux de communication des Écrans de l’aventure (siteFacebookInstagramTwitter), pour ne rien rater de la mise en place de cette édition anniversaire.

Les 30 ans du festival Écrans de l’aventure auront lieu la semaine du 11 au 17 octobre 2021 à Dijon.

A bientôt, tous ensemble,

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe des Écrans de l’aventure

L’édito de la lettre de janvier

Fixer la lanterne

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Fixer la lanterne

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La Guilde, en 2021, demeure et se réinvente, avec la sagesse de ses cinquante ans et la curiosité des guetteurs d’horizon. Notre ambition est tout entière contenue dans le trait de René Char choisi pour accompagner nos vœux : « L’impossible, nous ne l’atteignons pas mais il nous sert de lanterne ».

La Guilde se réinvente par ses forces rassemblées, dressées contre l’habitude, celles des ouvreurs de route – ces Compagnons de La Guilde éparpillés autour du globe, ces jeunes Volontaires de solidarité internationale ou du Service civique qui s’engagent sous toutes les latitudes pour incarner le donner et le recevoir, ces centaines de porteurs de projets animés parfois de leur seule volonté de hisser l’avenir au-dessus du présent, ces arpenteurs d’océans, de forêts, de sommets, de déserts, jamais assoiffés. Les voici, nos lanternes ! Elles éclairent d’immenses paysages, territoires de la conquête du sens, ce saut qui transforme l’expérience en conscience. Ces lanternes s’éclairent aussi les unes les autres, et forment un ciel étoilé.

Les traversées 2021 de La Guilde, comme toutes celles du demi-siècle passé, ne peuvent s’envisager que dans la puissance du collectif. Nous aurons à cœur de partager les valeurs qui fondent la solidarité, à l’international comme en France, et déclenchent l’aventure humaine. Déjà un an, un an d’effroi pandémique, de frontières redessinées, de peuples repliés, d’échanges sociaux profondément modifiés : beaucoup de choses à réinventer. De notre côté, nous rechercherons la preuve par l’action, et pourquoi pas l’échec quelquefois, par la force du témoignage, l’enseignement des rapports d’activité décrivant succès et difficultés, les récits écrits et filmés qui seront proposés à notre festival, à l’automne d’une année 2021 qui marque ses trente ans.

Tout cela avec vous, membres de l’association, amis et donateurs, avec tous ceux qui tressent un peu de leur avenir à travers mille initiatives, avec de nouveaux partenaires appelés à nous rejoindre.

A bientôt. Avec vous.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde