Passer du siège au terrain et partir en mission de VSI en famille

Développement professionnel, aventure familiale, envie d’ailleurs… Après sept ans au siège d'Inter Aide-ATIA, Vincent Griffaton s’est engagé en 2018 pour un VSI en Inde. Tout juste rentré, il participe à une session d’accompagnement au retour organisée par La Guilde ; l’occasion pour lui de revenir sur son expérience de volontariat en famille.

Un article de Volontariat de solidarité internationale


Comment a été définie ta mission, et ta bascule de la supervision depuis le siège à un lancement de projet sur le terrain ?

La bascule s’est faite assez naturellement, suite à un parcours professionnel très riche avec ATIA. Avant mon départ en Inde, j’avais déjà fait une mission à Madagascar de 4 ans avec Inter Aide, puis travaillé sept ans en France au siège d’Inter Aide-ATIA en tant que chef du secteur « Développement Social », dont les programmes étaient réalisés en Inde et à Madagascar. Quand j’ai proposé l’extension de notre stratégie à Jaipur, j’avais une idée bien précise de ce qu’il fallait y faire. On m’a demandé de développer moi-même ce projet et j’en étais ravi ! Ça faisait longtemps que je voulais repartir sur le terrain. Cette fois, j’y suis parti en famille.

Awareness meeting sur l’éducation © V.Griffaton

Cette arrivée à quatre, en famille, demande-t-elle plus d’anticipation ?

Je connaissais un peu l’Inde pour avoir supervisé les projets d’ATIA à Bombay et Pune, mais le Rajasthan restait à découvrir. Nous avions prévu ce départ un an à l’avance. Mais l’arrivée a été beaucoup moins anticipée ! A Jaipur, la logistique du début était assez chaotique pour ma femme et moi, nos deux enfants et nos 7 valises. Depuis notre chambre d’hôtel, ma femme gérait notre installation (logement, documents administratifs) pendant que je contractualisais avec les partenaires associatifs indiens pour faire commencer le projet. L’enregistrement au Foreign Office nous a aussi pris beaucoup de temps et d’énergie.

Comment avez-vous géré cette transition ? L’équilibre a t’il rapidement été trouvé ?

Finalement, les enfants ont été scolarisés assez rapidement et ma femme m’a épaulé sur plusieurs aspects du programme ATIA. Nous avions déjà travaillé ensemble et nous nous sommes bien complétés. Notre force a été d’être deux à gérer tout ça sans trop inquiéter les enfants et freiner leur intégration. On a pu rapidement se stabiliser et poursuivre notre périple administratif pour obtenir les documents de base, ouvrir un compte en banque, etc. Les enfants se sont vite acclimatés dans leur école malgré leurs difficultés pour communiquer, les longs transports en bus… et une cantine très pimentée !

Quel était l’objectif de ta mission ?

Le programme que nous avons mis en place propose un accompagnement social aux familles vulnérables vivant dans plusieurs bidonvilles des agglomérations indiennes, et rencontrant des difficultés pour obtenir des documents administratifs, trouver un emploi, accéder à un moyen de contraception, vacciner leurs enfants, les inscrire ou les maintenir à l’école. Plutôt que d’apporter des services de manière ponctuelle, le programme renforce l’accès aux services existants et efficaces, publics ou privés. Au moyen d’un accompagnement à domicile de six mois, il s’agit surtout d’aider les familles à reprendre confiance durablement en leurs capacités à améliorer leurs conditions de vie.

Aujourd’hui, le programme tourne sans toi. C’est une satisfaction ?

Tout à fait. Cette mission avait pour objectif d’essayer un modèle de programme de développement socio-économique pour les familles très pauvres. J’ai pu lancer la phase sociale, qui a très bien marché. L’équipe locale a aujourd’hui les capacités d’en poursuivre le développement. Je suis confiant car cette équipe est très stable et motivée. Mon adjointe est devenue cheffe de programme, et on a recruté une nouvelle adjointe pour la seconder. Il y a sur place une équipe indienne de 13 personnes qui vont continuer à travailler sur ce projet durant trois ans au moins, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de besoins au sens où on l’entend. Dans deux ans, ATIA réévaluera les besoins pour décider si le programme doit se maintenir, et sous quelle forme.

Formation d’équipe à Mumbai © V.Griffaton

Sais-tu déjà ce que tu souhaites faire maintenant que tu es rentré en France ? Le VSI t’a-t-il aidé en cela ?

Depuis mon retour, Inter Aide-ATIA m’a proposé quelques postes à l’étranger, soit en brousse – désormais difficile avec des ados – soit en ville – mais à un poste très administratif et à mon sens assez pénible, que je n’ai plus envie de faire ! Je me dirige donc à nouveau vers un poste de chef de secteur, ou même de capitalisation. J’aimerais participer à identifier de nouvelles méthodes efficaces pour le développement des plus pauvres et inspirer de nouveaux projets. J’ai aussi l’opportunité d’aller découvrir d’autres approches dans d’autres structures. Je veux continuer à apprendre et essayer de nouvelles choses !

© V.Griffaton

Propos recueillis par Lucille Caron


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