Mesmin, VSI béninois en Guinée Conakry: un engagement au service de la santé


Un témoignage de Meson,
Chef de projet pour ESSENTIEL en Guinée Conakry


Mesmin est de nationalité béninoise et réalise une mission de VSI en Guinée Conakry depuis le 1er octobre 2018 avec l’association ESSENTIEL.
Il est le premier VSI de La Guilde issu de ce partenariat avec ESSENTIEL, et fait partie des 9% de volontaires de La Guilde engagés sous statut VSI et de nationalité autre que française.

Le statut de VSI est ouvert à toutes les nationalités sauf celle du pays de mission, et cela afin de favoriser les échanges interculturels et le transfert de compétences.

En janvier dernier ESSENTIEL a lancé le programme CAP CSU* (Coordination des acteurs pour la promotion de la couverture sanitaire universelle) sur deux territoires : au Bénin et en Guinée, où moins de 10% de la population bénéficie d’une protection sociale.

Mesmin, peux-tu nous présenter ton parcours et ta mission ?

J’ai aujourd’hui une longue et solide expérience (25 années) d’intervention terrain sur des projets qui visent à faciliter l’accès des populations démunies et/ou marginalisées aux services de base (santé et éducation) dans plusieurs pays d’Afrique Occidentale et Centrale.

Je suis marié et père de deux enfants, né en 1967, de nationalité béninoise, titulaire d’un DU en Santé Publique et Communautaire (UHP Nancy) avec des connaissances et compétences avérées en gestion de projet, ingénierie de formation, relation d’aide et renforcement institutionnel.

 

J’ai commencé mon VSI en tant qu’Assistant Technique et Coordinateur auprès d’ESSENTIEL, puis ma mission a évolué et m’a permis de devenir Chef de projet CAP CSU en août 2020.

Mon engagement avec ESSENTIEL se fonde essentiellement sur la logique d’intervention que porte l’association : ESSENTIEL favorise à la fois la responsabilisation des communautés par rapport à leur santé (au sens large du terme), mais aussi le transfert de compétences aux acteurs locaux. Ces principaux éléments constituent pour moi un gage d’efficacité pour un véritable développement local.

 

D’après toi, quelles sont les différences de contexte entre le Bénin et la Guinée ?

On ne saurait parler de différence de contexte étant donné qu’à ce jour, l’accès à la santé est un enjeu majeur pour la population de ces deux pays et les barrières financières qu’elles rencontrent dans l’accès aux soins sont nombreuses.

En Guinée comme au Bénin, le financement de la santé reste caractérisé par la faible contribution des ressources publiques aux dépenses de santé. Les ménages constituent ainsi la principale source de financement de la santé sous forme de paiement direct. Or, aucun mécanisme de protection sociale n’existe pour les acteurs du secteur informel qui représentent plus de 90% de la population active dans ces deux pays.

Et d’un point de vue plus personnel, peux-tu nous parler de ton intégration en Guinée, et ce qui t’a plu dans cette culture nouvelle ?

Mes séjours et expériences de travail antérieurs en Guinée, notamment un poste avec l’ONG française SOLTHIS (ndlr : également partenaire de La Guilde pour l’envoi de VSI) et diverses missions de consultations avec Expertise France et PSI Guinée, m’ont permis une intégration rapide sur ma mission.

L’intégration est d’autant plus agréable pour moi que la Guinée est un pays officiellement laïc malgré une population majoritairement musulmane. La coexistence entre cette dernière et la communauté chrétienne est remarquable. En d’autres termes Chrétiens et Musulmans vivent ensemble dans la paix, et dans un respect mutuel qui résistent aux rivalités politiques. Cela constitue un point important pour moi.

De plus, la Guinée reste un pays ouvert à l’expertise étrangère, ce qui y justifie la présence de cadres provenant de multiples pays et exerçant dans divers secteurs d’activités.

Mon intégration n’a donc pas vraiment été un problème.

Que retiens-tu de ta mission à ce stade ?

Toute nouvelle expérience est source d’apprentissage ; je gagne donc beaucoup au plan personnel dans cette mission, d’autant plus qu’elle concerne une nouvelle thématique dans laquelle j’avais très peu d’expérience : la protection sociale en générale, la mutualité en santé en particulier.

Sur le plan professionnel, le bilan reste aussi globalement positif car je suis fier d’apporter une contribution significative et appréciée par ESSENTIEL et ses partenaires, pour l’organisation de l’équipe terrain et la réorientation des stratégies. Tous mes savoirs, savoir-faire et savoir-être ont été mis au service de l’action au-delà de ceux sollicités au moment de mon arrivée sur le terrain.

Depuis août 2020, tu as changé de poste, en pleine épidémie de Covid-19. Comment la pandémie a-t-elle affecté ce lancement ?

La survenance du Covid-19 a énormément perturbé les activités prévues dans le cadre du démarrage du projet, notamment celles nécessitant des rencontres sur le terrain avec les partenaires.

Toutefois, c’est pour moi une note de satisfaction de pouvoir vous affirmer qu’aujourd’hui, malgré le contexte sanitaire, le dispositif de coordination du projet a été mis en place dans chaque pays et les premières actions de soutien aux Unions Communales des Mutuelles de Santé (UCMS) et aux Mutuelles de Santé Préfectorales (MSP) ont été engagées respectivement au Bénin et en Guinée.

Et enfin, as-tu des conseils pour les futurs volontaires ? 

Une phrase que j’ai tirée des échanges avec un ami pour résumer mon message à l’endroit des futurs volontaires : « Connaître les autres pays fait changer de paradigmes et ouvre l’esprit…Cela devrait rendre les Hommes plus cultivés, plus ouverts, plus intelligents, plus tolérants et moins guindés».

Mesmin Emmanuel DOSSOU-YOVO – VSI en Guinée Conakry avec l’association ESSENTIEL

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Article issu du témoignage de Mesmin Dossou-Yovo et de la newsletter de ESSENTIEL du 16/09/2020.