Témoignages : ils se sont engagés face à la pandémie

Ils et elles sont engagé(e)s de Service Civique, volontaires de Solidarité Internationale ou permanent(e)s au sein de La Guilde. Ils ont en commun d'avoir choisi l'action pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Un article de Eric Carpentier


Comment continuent les missions de La Guilde durant cette période de pandémie, et quelles sont les modifications de l’activité des volontaires ?

Retrouvez les portraits croisés de plusieurs permanents, VSI et Services Civiques de La Guilde, et découvrez la façon dont ils/elles continuent de s’impliquer pour la collectivité et pour la poursuite des activités de leur association, malgré le Covid.


Brune, VSI en Malaisie avec les Missions étrangères de Paris depuis janvier 2020.

Elle nous parle de son retour précipité en France, de son sentiment de culpabilité, et de sa volonté de poursuivre son engagement en rejoignant la « première ligne » contre le Covid-19, en tant qu’infirmière.


Golvine Chadaud, volontaire en Service Civique auprès du Service d’Éducation et de la Formation et de l’Institut français d’Ho Chi Minh Ville, Viet Nam, depuis septembre 2019.

« Ma mission était d’enseigner le français dans des établissements primaires. Mais avec l’arrivée du Covid-19, la fermeture des écoles a été décrétée dès la fin des vacances scolaires du Têt (le Nouvel An vietnamien, cette année les deux dernières semaines de janvier). »
« Ma mission a été suspendue, mais le Consulat français du Vietnam recherchait des volontaires pour soutenir leur cellule de crise et répondre aux appels téléphoniques des ressortissants français. L’un de mes référents à l’Institut français m’a parlé de cette opportunité, j’ai tout de suite accepté. »
« Il s’agissait surtout de répondre aux questions des voyageurs et expatriés français concernant les conditions de renouvellement de visas, de donner des informations sur les vols disponibles pour rentrer en France, ou encore d’indiquer la marche à suivre en cas de maladie et/ou mis en quarantaine. »
« Cette expérience d’une dizaine de jours m’a permis de me mettre au service des citoyens français à l’étranger. J’en suis très reconnaissante au Consulat général de France et à l’Institut français du Vietnam. »

Golvine à l’Institut Français (gauche) et durant un de ses cours (droite). © G.Chadaud

Irène Bonnand, 29 ans, VSI à l’Alliance française de Bethléem, Palestine, depuis un an et trois mois.

« En Palestine, nous sommes en confinement depuis le 5 mars. Bethléem a été la première ville touchée. Nous avons instauré des cours en ligne, puis nous mis en place une nouvelle offre de cours « solidaires » : des cours gratuits en échange de bénévolat de la part des étudiant.e.s (des cours de cuisine, du tutorat en informatique, etc). Nous avons réussi à maintenir 65 % de notre activité pédagogique. »
« Afin de maintenir le lien avec nos étudiants et membres, nous avons mis en place un planning de confinement pour notre communication. Un jour nous partageons une chanson, un autre une recette, un autre le témoignage d’un.e étudiant.e etc. Les « Bonjour Béethléem », des mini concerts d’artistes passés par l’Alliance, arrivent. Une rencontre virtuelle, qui a normalement lieu dans nos locaux, a également été organisée entre professeur.e.s de français de Bethléem. Les enseignant.e.s ont apprécié cet échange professionnel et convivial. »

Irène lors de ses cours en ligne. © AF Bethléem

« Poursuivre nos activités malgré le confinement est très important pour nous. La vie continue ! Plusieurs points positifs ont émergé de cette situation : notre équipe a pu se former à l’offre numérique, de nouveaux étudiants se sont inscrits, ce qui est une vraie réussite pour nous. Par ailleurs, une réelle entraide s’est formée au sein de notre équipe. »
« En tant que professeure, nous sentons une grande solidarité entre enseignant.e.s de FLE du monde entier, notamment grâce aux webinaires IFprofs « spécial CoronaFLE » que nous suivons chaque semaine et qui nous permettent de nous former et de partager nos expériences. L’activité de l’Alliance est aussi importante pour nos étudiant.e.s. C’est ce qu’ils manifestent à chaque début de cours, quand ils expriment leurs sentiments sur la situation. »


Pierre Locatelli, 18 ans, en mission de volontariat à l’Arche « Il Chicco » de Rome, Italie.

« Je suis arrivé à l’Arche le 15 septembre 2019, mais j’ai du partir après six mois de mission en raison du coronavirus. Ma mission se terminant le 12 juin, j’espère pouvoir y retourner. »
« J’ai voulu aider une fois rentré en France. La ville d’Avignon proposait des missions pour aider les personnes seules en faisant leurs les courses et satisfaire d’autres besoins : je n’ai pas pu participer à cette mission, n’ayant pas le permis de conduire. Puis j’ai postulé pour des missions en lien téléphonique avec des personnes isolées : deux missions sur trois ont été annulées, et la troisième était complète ! »
« Aujourd’hui, le confinement m’a permis de commencer le mémoire que je dois écrire sur ma mission en Italie. Je m’occupe aussi des inscriptions pour les écoles d’infirmier en Italie. L’année prochaine, j’aimerais intégrer des écoles à Bologne ou à Milan pour l’année prochaine. »


Laure Machon, chargée de mission au pôle VSI de La Guilde.

« Au lancement de la plateforme Réserve Civique, au début du confinement, j’ai voulu apporter mon soutien à nos concitoyens en situation de précarité. Je me suis rapidement inscrite et j’ai eu le plaisir de retrouver l’antenne des Alpes-Maritimes du Secours Populaire Français.
« Ils m’ont partagés une liste de bénéficiaires dont j’assure le suivi au moins une fois par semaine. Concrètement, je maintiens le lien et je leur rappelle leurs droits à l’aide alimentaire. »
« Il me semblait naturel de contribuer à l’effort collectif, en soutenant les plus fragiles face à cette crise sanitaire. C’est pour moi le moyen le plus accessible de le faire en période de confinement. »

Laure confinée (gauche) et en mission terrain avec La Guilde© (droite)

Belinda Huau, chargée de mission au pôle Service Civique de la Guilde

« Dans un premier temps, le travail à la Guilde a complètement évolué. Une soixantaine de volontaires ont été rapatriés en France. Tous les cas étaient spécifiques et nous avons jonglé entre les besoins des volontaires, souvent urgents, et les décisions de l’Agence du Service Civique, des ambassades sur place, du MEAE, etc. Désormais, nous devons réfléchir à réinventer notre pôle en fonction des décisions réglementaires. »
« Sur mon temps personnel, je suis directrice locale de l’action sociale à la Croix Rouge, unité de Châtillon 92. Nos principales activités sont l’aide aux personnes vulnérables, en particulier aux sans-abris (maraudes sociales, permanences d’accueil, distributions alimentaire vestimentaire et hygiène etc.). »
« Presque toutes les actions habituelles ont été suspendues. Mais nous avons vite créé de nouvelles actions sociales, comme les maraudes de pré-dépistage auprès des sans-abris, la conciergerie pour personnes âgées ou les appels de réconfort auprès des personnes isolées. »
« Mon engagement à la Croix Rouge devait continuer et s’intensifier dans ce moment de crise. Étant enceinte, j’ai l’interdiction de me rendre sur le terrain, mais j’opère en tant qu’organisatrice des actions. Cette crise est un moment de réflexion sur son engagement. Pour mon mari, également bénévole Croix Rouge, cela a été très difficile de quitter le terrain. Mais on peut se rendre utile en respectant les contraintes sanitaires, il y a toujours à faire pour organiser de nouvelles actions. »

Bélinda durant sa mission Croix-Rouge© (gauche) et en mission terrain avec La Guilde© (droite)

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