TANDEM, épisode 7 : le bilan

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés en Service civique au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Septième épisode pour la première promotion de Tandems, à l'heure où la suivante est en préparation : le temps du bilan.

Un article de Volontariat


« Promouvoir le départ de jeunes sur des séjours longs à l’étranger, c’est un rêve que nous cultivons depuis longtemps. Quelques parcours de jeunes nous avaient, s’il en était besoin, prouvé l’extraordinaire apport de ces  expériences.

Sébastien et Bruno sont revenus transformés, c’est certain, et cela restera à jamais gravé dans leur mémoire. Un grand merci à La Guilde et à ses équipes du Service civique ; nous avons hâte d’accompagner les prochains départs. »

Olivier BRUGIAL, éducateur, Espace CESAME Sauvegarde du Val d’Oise


À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 6 : accompagner


« Ce volontariat a été une découverte de la vie hors de l’Europe.  Il y a des moments difficiles, qui font des histoires à raconter. Mais ce qui m’a vraiment marqué, c’est la vie dans la rue. Tout se passe dehors, c’est animé, de tôt le matin à tard le soir. Tu as un problème, les gens viennent t’aider, sont accueillants, ils font confiance. Quand on rentre, c’est un peu triste. L’ouverture que j’ai ramenée de là-bas, je vais la garder. »

Bruno FALCAO, volontaire TANDEM chez Gbobètô, Bénin

Bruno

« Il faut vraiment partir avec une grande ouverture d’esprit, à la découverte, savoir que ça peut être compliqué mais qu’il y aura toujours des points positifs. Découvrir et profiter de l’expérience. Le but, c’est changer de quotidien. Apprendre de nouvelles choses. Expérimenter des difficultés. Trouver des ouvertures. »

Sébastien MASDIER, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

« Notre quotidien, c’était le vivre-ensemble. Chacun est venu avec ce qu’il est, a apporté de ce qu’il savait. On s’est transformés. On encore plein de choses à découvrir ! »

Félicia DIALLO, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

Sébastien et Félicia

À LIRE AUSSI : « Je n’avais jamais autant avancé »


« S’engager à l’international a été une excellente décision. En première année de master, j’ai souhaité faire une année de césure pour réfléchir à mon avenir. Et c’est une introspection à laquelle je me suis livrée lors de ce Service civique de huit mois. Cette immersion a changé mon rapport au monde, et tout particulièrement mon rapport à autrui.

L’enjeu de cet engagement à l’Alliance française de Turin était d’apprendre à vivre autrement, de s’adapter à un nouvel univers, de se découvrir et surtout de découvrir mon tandem : Marcia, une personne pétillante et inspirante, qui a été mon premier repère fiable dans ce nouvel environnement. Notre complémentarité a été notre force tout au long de cet engagement. Cette rencontre n’aurait pas eu lieu sans le dispositif du programme TANDEM proposé par La Guilde ; alors à ceux qui ont soif d’aventure, de rencontres, d’actions utiles : lancez-vous et plongez au cœur de cette belle initiative ! »

Justine TOURTE, volontaire TANDEM à l’Alliance française de Turin, Italie

Marcia et Justine

À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 4 : vivre à deux


« Officiellement, ma mission était d’aider à monter des projets de biodiversité et de protection de l’environnement – concrètement, c’était du travail d’ouvrier agricole. Mais c’est très bien de se retrouver les mains dans la terre ! Apprendre le cycle de production et de transformation, de la graine d’Artemisia au sachet de tisane ou à la liqueur.

Avec Maurice, mon binôme, on s’est bien entendus. C’était rassurant d’être avec lui en arrivant. Après, comme on n’avait pas exactement la même mission, chacun vivait sa vie de son côté. Donc quand on se retrouvait, on pouvait partager sans que ce soit pesant. Il y a bien eu quelques tensions, mais qui s’apparentent à une relation entre frère et sœur.

C’est une expérience qui va compter dans mon cursus d’ingénieur agronome, très utile pour ma vie professionnelle future. Cette opportunité qu’on nous donne, il faut savoir la saisir. Quand tu es jeune, c’est le bon moment. Donc si on a la chance de pouvoir le faire, il faut y aller ! »

Morgane ROQUIER, volontaire TANDEM à la ferme de Sichem, Togo

« C’était une expérience hors du commun ! Merci La Guilde ! »

Maurice DUPUICH, volontaire TANDEM à la bibliothèque de Sichem, Togo

Morgane et Maurice

À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 1 : partir


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TANDEM, épisode 6 : accompagner

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Sixième épisode : accompagner.

Un article de Service civique


Depuis sa création vers le milieu des années 70, Fondacio a toujours accordé une grande importance à l’accompagnement des jeunes : les aider à se découvrir, à comprendre comment donner le meilleur d’eux-mêmes, à trouver leur vocation au sein de la société. Partenaire du programme TANDEM, Fondacio partage son expérience en tant que structure d’envoi.

« Depuis près de 20 ans, nous avons la chance de proposer des missions de volontariat à de nombreux jeunes, au sein de nos projets sociaux développés par nos associations locales en Afrique, Asie et Amérique latine. Mais, il faut bien l’avouer, ces jeunes présentent toujours un peu le même profil : un parcours scolaire réussi, bac +3, bac +4 ou plus, une première connaissance du monde de l’entreprise à travers des stages ou l’apprentissage, des expériences à l’étranger, … Un certain confort donc, à la fois pour nous qui les envoyons depuis la France et pour nos responsables de projets sur le terrain.

Mais tout cela ne correspond pas toujours avec l’esprit qui nous anime chez Fondacio – être des révélateurs de talents ! Alors, quand La Guilde, grâce Vanessa Gilles et Lucie Prédinas, nous a présenté le projet TANDEM, nous avons tout de suite eu envie d’y participer. Donner une chance de partir à un jeune au profil plus éloigné de la mobilité, proposer une expérience interculturelle forte, ouvrir de nouveaux horizons, découvrir ses richesses personnelles… Cela avait tout son sens pour nous. Nous avons donc accueilli un jeune homme, tout juste bachelier, doté d’un appétit de vivre immense, désireux de tout connaitre, de tout voir, de tout comprendre…

Soyons honnêtes, cela nous a demandé de mettre un place un accompagnement un peu plus prononcé que celui des autres volontaires, ce dès la semaine de formation au départ à Paris, avant de s’envoler pour Lomé, Togo.  Car les procédures administratives lourdes en temps de Covid, les relations avec la famille restée en France, la compréhension du mode de fonctionnement de notre service volontariat, la conscience des attentes « professionnelles » de la part du projet, la logistique et l’anticipation… tout cela a nécessité un apprentissage particulier pour notre jeune Tandem ; et de l’écoute, de la patience, des efforts d’ajustement et de compréhension de la part de son tuteur local.

Les autres volontaires au sein du projet, et particulièrement le deuxième volontaire du Tandem, son binôme, ont facilité certaines prises de conscience de part et d’autre – la spontanéité de notre jeune Tandem, peut-être liée à sa jeunesse, nous a parfois déroutés ! Mais cela nous a aussi remis en question, en nous faisant prendre conscience que ce que nous jugions acquis ne l’était pas toujours tant que ça.

Cette expérience nous a montré que la qualité des échanges avant départ entre le volontaire, le projet d’accueil et notre service d’envoi devait être travaillée, car ces échanges sont primordiaux pour que le volontaire se sente bien à sa place et efficace dans sa mission. Pendant ces huit mois, nous avons appris et grandi ensemble… et nous sommes aujourd’hui prêts à retenter l’aventure avec un autre Tandem !

Nous renforcerons alors le temps de dialogue avant le départ, afin de mieux cerner le caractère des jeunes volontaires, ce qui les motive profondément, pour leur proposer une mission la plus adaptée. Ce temps de dialogue sera aussi l’occasion de poser ensemble les bases de la collaboration, qui implique d’accepter un suivi mensuel de la mission et le respect « d’un code de conduite » en lien avec le mode de vie africain. Nous avons conscience du caractère contraignant de ces deux derniers points, mais nous pensons que c’est aussi une opportunité pour faire grandir la confiance en soi et la maturité des jeunes qui se lancent dans l’aventure du volontariat. Le développement passe aussi par là. »


À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 1 : Partir


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« Je n’avais jamais autant avancé »

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Cinquième épisode avec Sébastien, engagé auprès de L'Arche à Bruxelles.

Un article de Service civique


En septembre, au moment de te lancer dans ta mission de Service civique à Bruxelles, tu évoquais l’envie d’accomplir quelque chose d’utile. As-tu le sentiment de remplir cet objectif ?

Oui, je me sens nécessaire dans mon foyer de L’Arche. On est 12 dans la maison : sept personnes handicapées et cinq volontaires, plus trois salariés qui nous aident la journée. On fait les choses du quotidien, réveil, accompagnement pour le travail ou le centre de jour, cuisine… Et puis du relationnel, des jeux, parler des états d’âmes, résoudre des conflits – vivre, quoi. En me sentant utile pour le quotidien des personnes avec lesquelles j’habite, j’ai pris de la valeur envers moi-même.

Comment cela se traduit-il ?

Aujourd’hui, je suis dans l’entraide et je sens que je peux y chercher mon avenir. Avant, quand je me réveillais le matin, j’étais ennuyé. Maintenant je vois plein de possibilités pour remplir mes journées. Et puis il y a une forme de rééquilibrage du fait d’être en contact permanent avec les autres : paradoxalement, ça permet de se recentrer sur soi, de s’écouter.

Tu es sorti du sytème scolaire juste avant le bac. Quel est ton chemin jusqu’à cette mission de Service civique ?

Juste avant mes 18 ans, en Terminale S, je me suis hospitalisé pour une dépression. J’arrive à en parler aujourd’hui, mais je n’étais vraiment pas bien à l’époque. Je suis sorti du système scolaire, puis je suis allé voir la mission locale de ma ville, parce que j’en avais entendu parler comme d’une structure qui peut t’aider à trouver des solutions auxquelles on ne pense pas forcément. Ils m’ont dirigé vers l’Espace Césame, un centre de formation. Là, un partenariat a été monté avec La Guilde, pour permettre des départs à l’étranger en binôme.

Et te voilà embarqué dans le programme TANDEM. Sans hésitation ?

La première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que je ne pouvais pas le faire. J’avais trop d’attaches autour de moi. Mais quand j’ai remis en question ces attaches, alors j’ai pensé que je pouvais voir au-delà, j’ai réalisé que ça ne pouvait pas être un moins, mais forcément du plus. Je m’étais déjà renseigné sur le Service civique, et les retours n’étaient pas toujours incroyables : on s’attend à des choses et la routine peut en être éloignée. Mais l’aspect positif d’avoir essayé ressortait toujours. Donc j’ai finalement accepté la mission avec L’Arche proposée par La Guilde et l’Espace Césame.

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Cinquième épisode avec Sébastien, engagé auprès de L'Arche à Bruxelles.
À droite, Félicia et Sébastien avec les autres volontaires de L’Arche (crédits Facebook L’Arche Bruxelles)

On sent que ton binôme apporte une vraie plus-value à la mission.

Oui, clairement. Je m’entends très bien avec Félicia, ça compte beaucoup. Dès le début, on a senti qu’on n’était pas là pour se juger. Juste… on était là. Et puis à force de se côtoyer, on s’est rapprochés pour devenir vraiment des amis. On est très différents mais… comme on se rejoint sur quelques valeurs essentielles – être bienveillants, vouloir que les gens se sentent bien autour de nous –, en fait on est surtout complémentaires. Félicia, c’est la meilleure rencontre que j’ai faite cette année.

Tu considères ton engagement comme une étape dans ton processus de guérison ?

Le processus était engagé depuis un petit moment, mais je n’avais jamais autant avancé. Le côté changement de contexte fait se poser de nouvelles questions et alors les anciennes paraissent moins importantes. Quand ça fait un temps qu’on tournait sur les mêmes, ce renouvellement fait avancer plus vite. Et puis il y a un ensemble de choses qui s’assemblent bien au bon moment, la découverte du handicap, celle d’un monde professionnel intéressant, les personnes en tant que telles, qui sont uniques…

Et demain, as-tu une idée de la direction que tu souhaites suivre ?

D’abord, je compte rester trois mois de plus avec L’Arche pour aller jusqu’en septembre. Ensuite, il n’y a rien de concret à ce stade, mais j’aimerais travailler dans l’associatif. Pas forcément dans le handicap, ça peut être auprès d’autres problématiques. L’important est de commencer par se bouger, de faire quelque chose. Commencer, avancer, et puis voir ce qu’il se passe ensuite.

Propos recueillis par Eric Carpentier


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Le terrain, unité de mesure

L'édito de la lettre de février

Un article de La Guilde


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La Guilde revient de mission en Arménie, frêle voisin de la grande Russie, encore sous le choc du conflit perdu contre l’Azerbaïdjan : voilà une terre de civilisation, une histoire de souffrances, mais aussi un vivier de talents et un élan de fraternité à renforcer. Nous nous y engageons.

La Guilde est aussi en mission au Népal, entre rencontres de jeunes volontaires français et évaluation de microprojets postés dans les hautes vallées, pour les besoins fondamentaux : éducation, santé, action sociale et protection de l’environnement. L’occasion aussi de constater le travail de trois jeunes boursiers de l’aventure 2021, qui ont aidé un village à se doter d’un incinérateur pour limiter la pollution grandissante.

Quatre autres de nos permanents s’envolent cet hiver vers le Bénin, le Congo-Brazzaville, la Guinée et le Sénégal. Il s’agit d’y rencontrer les volontaires sur place, de nous assurer du bon déroulement des projets, d’évaluer plus largement l’efficacité des actions et d’en anticiper de nouvelles. A contrario, notre unique volontaire en Ukraine a été rapatriée et un prochain départ de volontaire pour la Russie a été ajourné. Tristes ajustements à la réalité actuelle.

Mais le monde de demain sera à l’image de ses bâtisseurs : nous voulons en être.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

TANDEM, épisode 4 : Vivre à deux

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Quatrième épisode : Vivre à deux.

Un article de Service civique


C’est un principe fort du projet. Si fort qu’il tient dans le mot qui le nomme : TANDEM. Partir en binôme, se mettre en selle à deux pour se découvrir, se soutenir et, au bout, se connaître. Bruno et Sophia, Félicia et Sébastien, Julie et Salomé, Justine et Marcia, Maurice et Morgane se sont engagés dans leurs missions de Service civique, direction le Togo, la Belgique, la Roumanie, l’Italie et le Bénin. Ils sont partis, ont découvert un nouvel environnement, pris conscience de l’ampleur de l’expérience à vivre. Alors qu’ils approchent la moitié de leur aventure sur place, ils reviennent aujourd’hui sur cette particularité, ce Tandem qu’ils forment avec un autre, au parcours jusqu’ici si différent.

« Partage »

À Bruxelles, Félicia et Sébastien semblent se connaître depuis toujours – ils se sont rencontrés il y a cinq mois seulement. Les rires fusent lorsqu’ils évoquent leur mission auprès des personnes en situation de handicap suivies par L’Arche. La résumer en deux mots? « Amour » lance Félicia ; « partage » enchaîne Sébastien : « c’est le slogan, ici ! » « Ça se voit réellement, précise Félicia, ce sont deux bons mots pour représenter leur action ». Et leur relation ? « J’aurais pu y aller toute seule, mais en vrai c’est bien d’avoir ce truc à mes côtés ! » Rires. Sérieux : « on apprend tous les jours, note Sébastien. Vu qu’on loge sur place, quand on ne travaille pas, on peut regarder sous un autre angle ce qui se fait. Ça, c’est intéressant ».

Dans des environnements bien différents, Morgane et Salomé – respectivement parties avec Maurice au Bénin et avec Julie en Roumanie – apprécient d’avoir pu voyager accompagnées. Salomé, en mission chez STEA, « serait partie même seule, pour la prise de risque. Mais avoir un binôme m’a confortée, surtout au début. Quand on a atterri à Cluj, il y avait encore trois heures de route de montagne à faire. Il fallait trouver un taxi, aller à la gare routière, prendre le bus… J’étais contente d’être avec quelqu’un à ce moment-là ». Une présence qui rassure pour être mieux en capacité de s’ouvrir à l’extérieur ? Depuis le Togo avec l’association Sichem, Morgane acquiesce : « si j’étais arrivée toute seule, je ne suis pas sûre que je l’aurais bien vécu ». Aujourd’hui, Maurice est cloué au lit, touché par le palu, alors Morgane est allée lui chercher des médicaments. De quoi repartir de l’avant… même si l’autre peut tempérer les ardeurs, note la téméraire Salomé : « être à deux me fait prendre moins de risques. Ça peut m’empêcher de faire certaines choses ». Lesquelles ? Mystère.

« Échange »

Pour définir sa mission à l’Alliance française de Turin, Justine retient elle « l’échange » : « on est dans la culture, l’enseignement et l’animation. Il y a toujours un échange avec différents publics, adultes, adolescents, enfants, que ce soit pour apprendre le français, découvrir des films ou conseiller des livres. Donc oui, échange ». Et avec Marcia, sa binôme ? « Le Tandem marche très bien, on est très complémentaires. Comme on est différentes, qu’on appréhende les choses différemment, on peut se soutenir et se remonter le moral si besoin. Parfois, on manque d’activités à faire dans notre mission. Alors on se motive à proposer des initiatives, on va chercher des livres qu’on a lu pour en parler, Marcia a fait un tuto pour faire des cloches de Noël aux enfants… » Voilà la force du Tandem. S’il n’est pas fluide, il pousse à se questionner. Lorsque la mission ou son environnement ne sont pas épanouissants, il peut être un refuge. En deux mots, Justine résume : « la force du Tandem, c’est de pouvoir parler ».


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Mission : autonomisation

Louis est VSI depuis un an aux Comores, avec pour mission d'accompagner les partenaires de la Fondation SADEV dans leur autonomisation. Un objectif fondamental.

Un article de Volontariat


Tu es en VSI avec La Guilde et la Fondation Sadev depuis un an. Comment définir ta mission ?

J’occupe un poste transverse, visant notamment à développer les actions de formation professionnelle menées par la Fondation Sadev en lien avec la CADF, une association de la diaspora. L’objectif à long terme est de parvenir à l’autonomisation des structures appuyées par la Fondation. Cela passe par des missions diverses. Citons le renforcement du programme d’insertion professionnelle mené à Djomani, qui propose des formations techniques diplômantes sur l’île de Ngazidja pour lutter contre le chômage des jeunes ; l’accompagnement du projet d’extension du réseau d’eau de Chamlé-Mitsamiouli ; ou la mise en œuvre du programme Facilité Emploi, pour le développement de l’écotourisme à travers la valorisation du patrimoine architectural et naturel de la Grande Comore.

La Fondation est récemment devenue partenaire de La Guilde pour l’envoi de VSI. Pourquoi ce projet d’envoi de volontaires est-il pertinent, d’après toi ?

La présence d’un représentant d’une organisation extérieure permet de faciliter les liens entre les acteurs locaux mobilisés autour des projets. Une présence longue durée sur le terrain (les missions de VSI durent de un à six ans, ndlr) offre par ailleurs un dialogue direct et continu avec les acteurs locaux, favorisant une meilleure compréhension des besoins, donc une meilleure adaptation des réponses. Je suis pour cela bien appuyé par l’équipe siège de la Fondation Sadev, composée d’Antoine Huart, délégué général, et de Soiny Duval, chargée de mission.

Lancement de projet avec la gouverneur de l'île de Grande Comore

C’est une expérience professionnelle… et familiale, puisque tu n’es pas parti seul.

Au départ, après avoir travaillé trois ans au siège d’une association et malgré les missions régulières effectuées en République du Congo, mon souhait était d’apporter une dimension plus terrain à mon travail. Le fait de pouvoir partager cette expérience de VSI avec ma compagne m’offre un certain équilibre personnel, que je pense indispensable dans le bon déroulement d’une mission VSI. Je la remercie pour ses efforts d’adaptation et le soutien qu’elle m’apporte chaque jour !

L’Union des Comores est un pays insulaire à la culture très marquée. Comment s’est passée ton intégration ?

J’ai été très bien intégré, que ce soit de la part des partenaires, des autorités ou de la population. L’accueil y est formidable et la bienveillance règne. La taille humaine de Ngazidja, l’île de Grande Comore, et de sa capitale Moroni fait que tout le monde se connaît et se reconnaît dans la rue, créant une ambiance très agréable. La volonté des gens de partager leur culture à travers de longues discussions ou d’évènements facilite également l’intégration. Et puis cet archipel de l’océan Indien possède presque tous les atouts naturels de ses voisines – Seychelles, Maurice, Réunion – avec des plages et des fonds marins magnifiques, et des randonnées à couper le souffle dans ce paysage volcanique. On ne peut rêver mieux pour une expérience de VSI !

©L.Rosas

Propos recueillis par Lucille Caron


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TANDEM, épisode 3 : Prendre conscience

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Troisième épisode : Prendre conscience.

Un article de Service civique


Prendre conscience…

Réaliser l’ampleur de la tâche, la fragilité de son action, s’interroger sur soi-même et son rapport au monde : lorsque l’on part en volontariat, cette période de questionnement surgit inévitablement. Le moment est documenté, les volontaires prévenus. Il s’agit alors de ne pas se laisser emporter par les vagues du doute. Mais bien d’en profiter pour prendre de la hauteur. Pour repartir de l’avant, après s’être joyeusement jeté à l’eau puis avoir essuyé les premières éclaboussures.

Cueillir le jour

Cette prise de conscience, Salomé l’expérimente et la verbalise. Elle est en Roumanie depuis trois mois, où elle forme un Tandem avec Julie au sein de l’association STEA. Depuis Satu Mare, Transylvanie, Salomé l’avoue : « le travail est différent de ce que j’imaginais ». Bien sûr, il s’agit d’accompagner enfants et jeunes des rues. Bien sûr, « ils sont ouverts, ils ont envie d’apprendre et c’est gratifiant de voir les progrès qu’ils font avec nous ». Sauf que Salomé a réalisé une chose : ce n’est que répété jour après jour pendant des semaines, des mois et des années, que le suivi portera ses fruits. « On fait du social, rappelle-t-elle, les résultats arrivent sur du long terme. Nous, on ne les verra pas ». Sans compter que l’envie de tout donner à l’arrivée est rapidement tempérée par la réalité : « Tout est en place, on n’est là que pour huit mois, donc il faut très vite trouver des idées pour pouvoir les amener. Mais souvent, on ne comprend pas bien comment les choses marchent. Donc ce n’est pas facile ».

Salomé et Julie à Satu Mare, Roumanie

Alors, que faire ? Pour Salomé, une partie de la réponse tient de la philosophie de vie : « je me dis juste que le matin, je vais voir les jeunes, parler avec eux, on va travailler ensemble… On parle de la journée et ça suffit. On fait avec ce qu’on reçoit, quoi ». Apprécier ce que le quotidien propose. Et savoir déclencher l’échange ! C’est une des forces des missions de volontariat, a fortiori dans le cadre d’un Tandem : la rencontre avec d’autres vies, différentes de la sienne. Rencontre qui amène son lot de bonnes surprises. Salomé : « je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi facile. Les gens sont toujours curieux de rencontrer des étrangers ». « Mais, précise Salomé, il faut prendre le temps de sortir ». Alors vient la récompense : « on apprend assez vite, les gens nous poussent à le faire, ils aident. C’est super encourageant ».

Le ciel est rose

Encourageants, aussi, les mots de Sébastien. Lui est parti avec Félicia auprès des personnes en situation de handicap suivies par la communauté de L’Arche, à Bruxelles. Il démarre avec des mots heureux : « ce que je peux dire, c’est que clairement je passe la meilleure année de ma vie ». Sa prise de conscience, Sébastien la situe au regard de sa vie d’avant, sa vie d’il n’y a pas si longtemps : « un nouveau contexte aide à se poser de nouvelles questions, écrit-il. Et à remettre en question l’utilité des anciennes ». Avec déjà un début de réponse qui semble lui convenir : « quand on est confronté à moins de choses en même temps, ça nous permet d’être plus fort, d’avoir plus de temps à y consacrer pour les résoudre ». À la clé, « l’impression que mon évolution mentale a été démultipliée ». Et ces mots qui touchent au cœur : « c’est très loin d’être tout rose, c’est juste qu’il est vrai aussi qu’il n’y a jamais eu autant de rose dans ma vie ».

Sourires de Marcia et Justine, en mission à l'Alliance française de Turin

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En VSI, au service des politiques nationales de développement

Focus sur la mission de Louis, VSI en fonction support depuis octobre 2020 sur une mission dirigée par le gouvernement libérien et mise en oeuvre par l’IECD au Libéria.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Après plus de huit ans d’expérience professionnelle sur des projets allant de l’urgence au développement en Asie, en Afrique et en France, Louis s’est engagé avec La Guilde en tant que VSI pour accompagner l’IECD (Institut européen de coopération et de développement) dans l’ouverture d’un nouveau bureau à Monrovia. Il nous parle des challenges de sa mission et des spécificités d’un engagement au Libéria, pays qui s’ouvre petit à petit aux volontaires.

Tu travailles avec l’IECD sur le projet STRIVE. En quoi consiste-t-il ?

Le projet STRIVE (Strengthening Integration through Vocational Education) dispose du soutien du gouvernement français via l’Agence française de développement, mais il est dirigé par le gouvernement libérien et mis en œuvre par l’IECD depuis 2020. Il vise à permettre un meilleur accès à l’emploi et à favoriser les opportunités économiques des jeunes grâce à la formation professionnelle. Je suis l’adjoint du Directeur Pays IECD Libéria, responsable des fonctions supports : comptabilité, finances, ressources humaines, logistique des programmes. Mon équipe est composée d’un comptable (Austin), d’un chargé RH (Roosevelt) et d’un logisticien-acheteur (Nelson). Le projet est très récent. L’ouverture d’une nouvelle mission constitue autant de challenges et d’expériences qui, d’un point de vue purement « support », sont très enrichissants !

 ©IECD

Qu’est-ce qui a motivé ton arrivée sur ce projet ?

En travaillant plusieurs années dans différentes organisations, principalement en Afrique, j’ai mûri ma vision sur le développement. L’économie et la formation sont deux domaines essentiels pour le développement d’un pays, voilà pourquoi la mission avec l’IECD a retenu mon attention. D’autant que ce Libéria post-crise se trouve dans un moment stratégique pour travailler sur ces secteurs. Les activités de l’IECD entrent pleinement dans le cadre des politiques nationales menées par le gouvernement libérien, qui est en lead sur le projet STRIVE.

Le Libéria accueille d’ordinaire peu de volontaires ou d’ONG. Cela n’a pas dû simplifier ton installation…

En effet, quand nous avons ouvert le bureau au Libéria, nous avions un soutien limité. Le pays n’héberge pas d’antenne de France Volontaires et les (rares) autres volontaires présents sur le territoire n’étaient pas à Monrovia (la capitale). Nous avons dû rapidement nous rapprocher d’ONG partenaires et des autorités locales pour avoir toutes les informations utiles à l’ouverture de la mission. Aujourd’hui encore, nous continuons d’apprendre !

 ©IECD

Quels sont les principales satisfactions dans une mission support telle que la tienne ?

D’une part, le fait de participer à l’ouverture d’une mission et d’exercer une fonction aussi transversale me permet de travailler sur des dossiers très variés durant des étapes uniques dans la vie d’une organisation. Bien qu’il faille faire preuve de patience dans un contexte de développement, c’est très motivant de voir un programme prendre forme progressivement. D’autre part, la dynamique de travail avec mes collègues, aussi bien libériens qu’internationaux, est très satisfaisante. Nous avons tous quelque chose à apporter pour l’atteinte des objectifs du programme STRIVE, et chacun agit avec un grand professionnalisme. J’en profite pour remercier en particulier Roosevelt, Austin et Nelson qui doivent me supporter au quotidien !

Sais-tu déjà ce que tu souhaites faire à l’issue de ton VSI ?

Il me reste encore du temps pour réfléchir à mes projets. Je saurai me rapprocher de La Guilde en temps voulu pour bénéficier d’un accompagnement au retour !

Propos recueillis par Lucille Caron


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L’édito de la lettre de novembre

Aider, agir, saluer

Un article de La Guilde


Lire la lettre dans son intégralité : Aider, agir, saluer

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Dans une note que je partage avec vous, Irène Beucler, représentante de La Guilde au Liban, résume la situation sur place :

« « Kifak ? Ça va ? » Cette salutation libanaise prévaut toujours dans les cafés, les universités ou dans la rue ; mais elle a perdu de sa chaleur, qui faisait le charme des Libanais. Peut-on leur en vouloir ? À un peuple dont on vante les mérites dans l’art de rebondir et de renaître de ses cendres, on doit aussi reconnaître le droit d’être épuisé, las de devoir encaisser trop de coups. La crise sanitaire au Liban est venue s’ajouter à une crise politique, économique et sociale émergente depuis 2019 et qui, avec la terrible explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, a fait sombrer le pays dans l’apocalypse. L’inflation galopante de la livre libanaise, les pénuries d’électricité, le rationnement des médicaments, du lait infantile et de certains produits alimentaires plongent la majorité des foyers libanais dans la précarité. La faim tenaille les pauvres, et la pauvreté gagne un terrain impensable encore il y a deux ans. Des tensions intercommunautaires resurgissent. Ceux qui peuvent fuient. L’unique signe d’espérance actuellement, c’est la solidarité de l’appui international et la générosité de nombreux Libanais et étrangers qui aident les habitants à surnager. Avec eux, nous devons tenir plus que jamais. »

C’est dans ce Liban que La Guilde plonge tête la première, en continuité de ses engagements en cours en Irak et en Syrie. Depuis l’explosion du port de Beyrouth, nous avons soutenu une douzaine de projets de terrain mis en œuvre par les Libanais eux-mêmes. Avec l’aide de l’Agence française de développement et de la Fondation de France, nous élargissons notre action pour une deuxième phase avec six d’entre eux. Nous voulons aussi multiplier les opportunités de volontariat au Liban pour de jeunes Français : les Libanais demandent ce soutien moral et cette présence au quotidien dans le drame que traverse leur pays.

Alors que Noël approche, votre don sera la manifestation de notre amitié vers un pays unique. Les Libanais ne baissent pas les bras ; avec votre aide, nous non plus.

Je donne pour soutenir l’action de La Guilde au Liban

D’avance merci,

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

Appel à dons : aider le Liban, avec vous

La Guilde lance un appel aux dons pour soutenir les actions de reconstruction et de développement lancées par et pour les Libanais.

Un article de La Guilde


Redonner l’espoir, construire l’avenir

Suite à l’explosion du 4 août 2020, et face à la crise épouvantable que traverse le Liban depuis 2019, La Guilde s’est mobilisée avec plusieurs structures locales œuvrant au plus près de la population.

En 2021, La Guilde soutient onze projets locaux et envoie, avec ses partenaires, des volontaires au Liban depuis que les contraintes Covid le permettent. Plus de 3 000 personnes dans six secteurs (santé, formation professionnelle, enfance, éducation, culture, environnement) bénéficient de ces actions.

En 2022, La Guilde souhaite amplifier, avec vous, son engagement aux côtés d’un ami historique de la France.

Ensemble, affichons notre solidarité avec le peuple libanais.

Une présence historique

Dès la fin de la guerre civile, La Guilde initiait un projet agricole pionnier au sud du Liban. D’autres ont suivi, et nombre de jeunes Français ont découvert le Liban par des missions humanitaires de La Guilde. Trente ans plus tard, les Libanais ont de nouveau besoin d’aide ; nous répondons à l’appel.

La Guilde en janvier 2021 a reçu le soutien de l’Agence française de développement et de la Fondation de France pour agir. Avec une monnaie dévaluée à plus de 90% et des services publics en faillite, les besoins sont partout. Nous devons diversifier notre action vers l’aide alimentaire, l’accès aux soins et aux biens de première nécessité. Non seulement à Beyrouth, mais aussi dans les régions rurales.

Forte de son expérience du terrain, La Guilde renforce de petites organisations locales et aide les Libanais entreprenants à développer de nouvelles initiatives.

Encouragez l’élan collectif !

Parmi les projets soutenus

Zoom sur 3 projets accompagnés :

  • Beirut Awiyée (« Beyrouth la forte ») : formation rémunérée à la menuiserie de 40 femmes en situation de précarité, incluant la réalisation d’un kit d’urgence de mobilier modulaire à destination des ménages ayant subi des dommages post explosion.
  • Cercle de la Jeunesse Catholique : distribution de 250 repas quotidiens et de 750 caisses hebdomadaires contenant des denrées alimentaires et des biens de première nécessité. Accès gratuit aux soins pour 300 patients touchés par la précarité à cause de la crise.
  • Urban Trees : initiative étudiante pour la plantation de 500 arbres dans des jardins de Beyrouth affectés par l’explosion, symboles de résilience et d’espoirs dans le lendemain.

Nous pouvons toujours faire plus.