Histoire de sport, rapport d’espoir

Le rapport annuel 2020 du programme Sport & Développement vient d'être publié. L'occasion de suivre le parcours-type d'une association suivie et financée, avec l'exemple de Denro.

Un article de Sport & Développement


Moment fort de l’année, le rapport annuel 2020 de Sport & Développement, sorti il y a quelques jours, permet de « se rendre compte de tout ce qui a été mis en place durant l’année par le programme, avec les partenaires et avec les associations» pose Auriane Buridard, chargée de mission pour l’incubateur de microprojets sportifs en Afrique et en Haïti. « Il met du concret, des images et des chiffres sur ce qu’on fait, et les partage avec tous ceux qui gravitent autour du programme. Cela montre finalement son impact ». Cet impact, l’association Denro en est un parfait exemple.

Sport-étude, sport féminin

Fondée en 2012 par Denise Fernandez et Romuald Yameogo, l’association franco-burkinabaise Denro a construit une école sport-étude à Koudougou pour les enfants défavorisés de la ville. « Romuald est un ancien joueur de football, introduit Denise Fernandez, président de Denro France. Il tenait à associer sport et éducation, convaincu que l’un est moteur de l’autre ».

En 2019, Denro a été accompagnée dans le projet visant à aménager un plateau omnisport pour l’école. Un travail accompagné d’une promotion du sport féminin, à travers l’organisation d’un tournoi. « On a invité une vingtaine d’écoles, sachant qu’à Koudougou, jusqu’à maintenant, les rencontres inter-scolaires n’étaient que masculines, explique Denise. Cela a eu un succès au-delà de nos espérances ! Le public était très animé pour encourager les filles. Nous avons profité de l’engouement pour créer une équipe féminine ». Lauréate de Sport & Développement en 2019 et 2020, « Denro représente une une belle dynamique de partenariat entre les structures française et burkinabaise, loue Auriane. Ce qui est super avec cette association, c’est qu’elle suit vraiment le parcours Sport & Développement avec l’accompagnement et les formations, à la fois en France et au Burkina Faso » .

Des bailleurs au terrain

Fort du succès de 2019, Denro a souhaité en 2020 pousser le rêve encore plus loin : construire deux dortoirs, féminin et masculin, pour leurs élèves. Après une sélection par un jury indépendant composé d’experts issus des mondes sportifs, médiatiques, associatifs et du développement, Denro a pu bénéficier d’un accompagnement personnalisé, technique et pédagogique, mis en place par Sport & Développement : « Par exemple, il y avait des choses que je pensais évidentes, mais Auriane m’a montré qu’il fallait les justifier et les développer. Ce sont ces éléments-là qui font le poids d’un dossier, explique Denise. Sport & Développement nous a apporté une aide financière que l’on n’aurait pas pu avoir sans eux. Ils ont été un réel moteur ».

En plus de l’accompagnement personnalisé, l’association Denro a pu assister à des formations en ligne (COVID-19 oblige) sur l’égalité des sexes, la mixité et le montage de projet. « Comme c’est une association qui a été lauréate plusieurs fois, cela nous permet de voir les projets grandir » se réjouit Auriane. Un suivi continu qui apporte une vision réaliste du terrain et permet de faire le lien avec les bailleurs de fonds : « Ça nous touche de voir que les bailleurs s’intéressent à ce qui est fait » apprécie Denise, en évoquant la visite de Denro par Julie Baron, directrice adjointe de l’Agence française de développement (AFD) au Burkina Faso. « Cela nous ouvre d’autres horizons ».

À LIRE : LE RAPPORT 2020 DU PROGRAMME SPORT & DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis par Athénaïs Paret


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L’édito de la lettre de mai

Cultiver ses racines.

Un article de Vincent RATTEZ


Lire la lettre dans son intégralité : Cultiver ses racines.

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[ Culture_G ]

« Dans une démocratie, chaque génération est un nouveau peuple »* : la conviction presque bicentenaire d’Alexis de Tocqueville demeure à la fois une promesse et un défi. La promesse est intacte, et La Guilde entend y contribuer à sa mesure depuis 50 ans en soutenant des itinéraires de vie et des projets qu’elle se réjouit de voir grandir, mûrir et prospérer.

Le défi est toutefois d’une ampleur inédite, et pas seulement parce que chancellent les démocraties. La puissance de feu des réseaux sociaux et de l’internet, la remise en cause presqu’illimitée des constructions sociales reçues, égarent au moins aussi souvent qu’elles n’éclairent. La part de voix des héritages, qu’on les nomme « classiques » en littérature, Histoire en politique ou documentaires en géostratégie, n’a jamais été aussi couverte par le brouhaha incessant qui entoure la jeunesse connectée au monde, au risque d’être déconnectée de ses fondements.

Amin Maalouf nous alerte ainsi : « nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait “verticalement”, d’une génération à la suivante ; alors que la transmission est de plus en plus “horizontale”, entre contemporains ».**

Pour un plus juste équilibre entre la verticalité qui construit et l’horizontalité qui élargit, La Guilde structure sa participation aux débats culturels et à la connaissance scientifique. Elle va proposer des écrivains, des reporters, des universitaires pointus, des expositions muséographiques et des aventuriers qui ne finissent jamais d’écrire et de filmer et d’explorer le monde, dans le sillage des grands anciens avant eux.

[ Culture_G ] sera à la jonction des humanités et des expériences individuelles, dont pourra se nourrir la communauté réunie au sein de La Guilde, volontaires dans les Alliances Françaises ou dans les réserves écologiques, bâtisseurs d’écoles ou de passerelles, visiteurs d’hospices ou de villages ensablés, aventuriers de tout poil, porteurs de projets solidaires sur tous les continents. Avec [ Culture_G ], puisse La Guilde faire grandir chez vous l’amour du monde.

Un rendez-vous hebdomadaire à retrouver sur Facebook, Instagram et Linkedin.

Vincent RATTEZ
Délégué Général

* De la démocratie en Amérique, 1835
** Le Naufrage des Civilisations, 2019

VIDEO – Dans les skateparks d’Accra, avec Surf Ghana

Skater pour mieux grandir : voilà le credo de Surf Ghana, association lauréate du programme Sport & Développement. Caméra en main, Antoine et Thomas sont allés les rencontrer. Moteur... action !

Un article de Sport & Développement


« Dès que je skate, tout devient parfait » affirme Daniel. Après lui vient un hip-hop suave, quelques pas de danse, et des tricks, évidemment. Puis c’est au tour de Sandy Alibo de prendre la parole. Sandy est la fondatrice de Surf Ghana, en 2016, « pour autonomiser les jeunes à travers la pratique des sports de glisse ». Les bases sont posées. Une histoire va pouvoir être déroulée pendant cinq minutes, illustrée par les images léchées d’Antoine et Thomas. Le fruit d’une collaboration réussie.

Comme sur des roulettes

À l’origine de la vidéo, il y a une association : Horizon Sport, fondée en 2013 par deux étudiantes de l’ESSEC. Leur but, promouvoir l’éducation par le sport en produisant des outils de communication pour les associations sur le terrain. Car « une vidéo de qualité coûte cher », rappelle Antoine, « et les images sont un super vecteur pour promouvoir ses actions auprès de sponsors ou de bénévoles ». Antoine et Thomas constituent la promotion 2020-2021 d’Horizon Sport. Tout juste sortis de leurs études respectives dans le management du sport et dans l’innovation sociale, ils ont repris le flambeau et les caméras. Après une formation, des films en Colombie et au Brésil, et une longue interruption due au Covid-19, ils ont atterri en Afrique, accompagnés par La Guilde.

Antoine salue ainsi le partenariat noué : « grâce au programme Sport & Développement, on est mis en relation avec des associations sérieuses, qui ont un vrai impact ». Ces association sont lauréates des appels à projets lancés par Sport & Développement. Une fois les structures sélectionnées par Horizon Sport, le contact est établi. Et ? « C’est indispensable ! » assure Antoine. « Quand on ne connait pas le terrain, il faut absolument pouvoir tomber sur un interlocuteur fiable. Là, il y a une relation de confiance qui s’instaure très rapidement entre tous les acteurs. » Un lien qui permet de jouer juste.

Échouer, recommencer, progresser

Une fois sur place, les reporters d’Horizon Sport vont vivre trois semaines avec l’association – qui, dans le cas de Surf Ghana, se présente avant tout comme un collectif. « L’idée est de ne pas être simple prestataire, mais de s’impliquer dans la vie de la structure », prolonge Antoine. Une manière de donner du relief à l’échange. Une façon, aussi, de cerner au mieux les ressorts d’une action : « la symbolique du skate est d’échouer et de recommencer, jusqu’à réussir. Pour les filles, c’est aussi un moyen de prendre des risques dans la rue. Et puis le skate est utilisé pour responsabiliser, donner des opportunités professionnelles à travers des shootings photos ou des skate camps, par exemple. » Un écosystème complet, qui demande une compréhension globale pour pouvoir être valorisé à sa juste mesure.

Que reste-t-il après trois semaines ? Des images évidemment, et avec elles le plaisir d’avoir filmé « un sport magnifique ». Des rencontres, comme celle de Sarah, interviewée dans la vidéo, « qui parle super bien de l’échec ». Des histoires enfin, à raconter, à partager, à diffuser. Pour montrer que, comme en Afrique du sud, la scène skate émergente au Ghana draine avec elle son lot de valeurs positives. Pour montrer que le foot, prochaine ligne d’Horizon Sport, a des vertus éducatives parfois insoupçonnées – ou oubliées. Et pour montrer la puissance de la créativité : au Brésil, c’est le ballet qui est utilisé pour aider les filles prises dans l’enfer de Cracolândia.

Propos recueillis par Eric Carpentier

MISE À JOUR : Antoine et Thomas continuent leur route à la rencontre des acteurs du sport et du développement. Ils sont récemment passés par Cape Coast, Accra, Ashaiman Jericho, Asiakwa village et Elmina pour mettre en images le travail de Play Soccer Ghana.


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Au Rwanda, la preuve par trois

Des financements privés, une expertise associative, des acteurs locaux : en quelques mois, La Guilde et ses partenaires ont pu financer deux microprojets de développement rural au Rwanda. Un lien parmi d'autres pour tisser une relation durable.

Un article de Microprojets


Objet – La Guilde et Hydroneo s’associent pour cofinancer des microprojets de développement communautaire dans les villages de Rwaramba et Rugarama au Rwanda : 20 avril 2020, une convention de partenariat est signée avec Hydroneo, une entreprise qui « développe, finance, construit et exploite des petites et moyennes centrales d’énergies renouvelables » en Afrique, selon ses termes. Treize mois plus tard, l’Abbé Théogène Ngoboka, directeur local de Caritas Cyangugu, peut écrire au pôle Microprojets les lignes suivantes, reproduites ici avec son autorisation : « Hier, nous avons accueilli votre Président, M. Macron. Sa visite est bien saluée au Rwanda, son discours est bien accueilli. C’est un bon signe du réchauffement de nos relations, ce qui nous ouvrira beaucoup d’opportunités ». Des mots engageants pour traduire des faits : en un an et malgré un contexte compliqué par la situation sanitaire, le rythme a été soutenu – par toutes les parties.

Identification, évaluation

En mai 2021 donc, deux microprojets ont reçu les premiers versements qui doivent leur permettre de lancer une dynamique pour, in fine, gagner leur indépendance. Entre temps, chacun a mis en œuvre ses compétences. Pendant qu’Hydroneo développait deux petites centrales hydroélectriques (capacité totale 1,3MW) sur la zone rurale de Nyirahindwe, La Guilde activait la recherche de projets viables. Avec Caritas Cyangugu, son partenaire local, 28 projets sont dans un premier temps identifiés. Une analyse de terrain précieuse au-delà de cet appel à projets spécifique.

En novembre 2020, c’est au tour de Thierry Barbaut, responsable du numérique et spécialiste du Rwanda à La Guilde, de se rendre sur place. Alors qu’il est en mission d’évaluation des six microprojets soutenus avec l’Agence française de développement (5) ou Sport en Commun (1), il parcourt les six heures de routes et de pistes séparant Kigali des villages de Rwaramba et Rugarama, à l’ouest du pays. Il peut rencontrer les porteurs de projets, évaluer leur viabilité et leur potentiel de développement. Il peut aussi éclaircir le rôle de chacun pour une meilleure compréhension entre tous. Les informations récoltées sont compilées puis traitées par le pôle Microprojets. Quatre actions sont retenues, chiffre finalement réduit à deux des suites de la pandémie de Covid-19.

Mise en oeuvre

Le but de ces projets, promouvoir des activités génératrices de revenus dans le district le plus pauvre du pays, Nyamasheke, avec un taux de pauvreté de 69,3 %, contre 38,2 % au niveau national (EICV5, 2016/17). « Les deux projets choisis sont l’embouche bovine et l’éducation financière et la formation entrepreneuriale aux membres des tontines dans les villages de Rwaramba et Rugarama » explique l’Abbé Théogène Ngoboka. Le premier axe de développement implique de constituer un noyau de taurillons à engraisser durant six mois, soit un taurillon pour deux bénéficiaires. « Pour renforcer la solidarité dans le noyau, deux bénéficiaires qui partagent un taurillon sont responsables des activités durant les six mois d’embouche, poursuit l’Abbé Ngoboka. Ainsi, les deux  bénéficiaires vont s’autocontrôler au regard du comité directeur du groupement, qui assurera l’arbitrage et la vente du taurillon ». Par ailleurs, « les bénéficiaires directs du projet sont en priorité des femmes, pour renforcer la position des femmes dans la prise de décision, aussi bien dans leurs ménages que dans la communauté. »

Quant au second projet retenu, il s’adresse aux tontines, ces groupes d’épargne et de crédit collectifs. L’éducation financière a pour but de permettre aux membres des tontines de « bien planifier les épargnes et les crédits, de bien gérer leur argent et de faire les bons choix financiers en ce qui concerne les revenus et les dépenses ». Mais cela ne s’arrête pas là, assure l’Abbé Ngoboka : « la Caritas Cyangugu  va faciliter les relations entre les tontines et les institutions de microfinance pour l’accès aux crédits externes. Et grâce à la formation à l’entrepreneuriat rural, les tontines auront acquis les compétences nécessaires pour continuer leurs activités de manière autonome à la fin du projet ». Alors seulement, les parties prenantes auront atteint leur objectif initial.

Propos recueillis par Eric Carpentier


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