Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana…

L'édito de la lettre d'avril

Un article de La Guilde


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Toute odyssée trouve son origine dans la guerre, toute odyssée est l’histoire d’un exil, toute odyssée se dilue dans le temps et la géographie. La Guilde, depuis sa fondation le sait. Autre savoir désolant : la résolution des grandes errances n’est pas toujours un retour rapide au pays. Pour plus de 60 000 Ukrainiens, cet exil les conduit en France, terre d’accueil et fin — ou étape — d’une longue route.

Leur voyage s’interrompt avec un goût amer : il a fallu quitter le pays abandonné à la ruine de la guerre dans l’espoir de trouver ailleurs un peu de paix. Cet espoir est le fruit de l’engagement des bénévoles de notre association Care 4 Ukraine, soutenue depuis le premier jour par La Guilde. Grâce aux efforts conjugués de nos deux organisations, près de 200 personnes sont déjà prises en charge par Care 4 Ukraine dans le cadre d’un programme de protection. Leurs noms : Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana et tant d’autres. Des vies normales brisées parmi les plus de cinq millions de naufragés.

Depuis un mois et le premier convoi à Przemysl en Pologne, d’autres ont suivi. Dans la ville de Przemysl, au centre humanitaire Tesco, où nous opérons, ils sont toujours 1300, en grande majorité enfants, femmes et vieillards, à passer chaque jour. Dans leur maigre bagage, les restes d’une vie emportée et l’espoir — car il demeure toujours — de revenir un jour sur les terres d’Ukraine.

Après deux mois de guerre, après l’élan des premiers jours, il faut permettre désormais le second souffle : celui d’une vie où nouvel habitat et nouvelles habitudes se rencontrent. C’est là que nos bénévoles et les familles françaises prennent soin de chacun, aident à construire un futur imprévu, loin des leurs, restés au combat ou mobilisés.

Comme eux, en nous aidant à votre mesure, vous pouvez faire vraiment la différence, redonner confiance, défaire la peur et, en somme, agir en fraternité.

Antoine KOWALSKI
Fondateur – Care 4 Ukraine

TANDEM, épisode 6 : accompagner

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Sixième épisode : accompagner.

Un article de Service civique


Depuis sa création vers le milieu des années 70, Fondacio a toujours accordé une grande importance à l’accompagnement des jeunes : les aider à se découvrir, à comprendre comment donner le meilleur d’eux-mêmes, à trouver leur vocation au sein de la société. Partenaire du programme TANDEM, Fondacio partage son expérience en tant que structure d’envoi.

« Depuis près de 20 ans, nous avons la chance de proposer des missions de volontariat à de nombreux jeunes, au sein de nos projets sociaux développés par nos associations locales en Afrique, Asie et Amérique latine. Mais, il faut bien l’avouer, ces jeunes présentent toujours un peu le même profil : un parcours scolaire réussi, bac +3, bac +4 ou plus, une première connaissance du monde de l’entreprise à travers des stages ou l’apprentissage, des expériences à l’étranger, … Un certain confort donc, à la fois pour nous qui les envoyons depuis la France et pour nos responsables de projets sur le terrain.

Mais tout cela ne correspond pas toujours avec l’esprit qui nous anime chez Fondacio – être des révélateurs de talents ! Alors, quand La Guilde, grâce Vanessa Gilles et Lucie Prédinas, nous a présenté le projet TANDEM, nous avons tout de suite eu envie d’y participer. Donner une chance de partir à un jeune au profil plus éloigné de la mobilité, proposer une expérience interculturelle forte, ouvrir de nouveaux horizons, découvrir ses richesses personnelles… Cela avait tout son sens pour nous. Nous avons donc accueilli un jeune homme, tout juste bachelier, doté d’un appétit de vivre immense, désireux de tout connaitre, de tout voir, de tout comprendre…

Soyons honnêtes, cela nous a demandé de mettre un place un accompagnement un peu plus prononcé que celui des autres volontaires, ce dès la semaine de formation au départ à Paris, avant de s’envoler pour Lomé, Togo.  Car les procédures administratives lourdes en temps de Covid, les relations avec la famille restée en France, la compréhension du mode de fonctionnement de notre service volontariat, la conscience des attentes « professionnelles » de la part du projet, la logistique et l’anticipation… tout cela a nécessité un apprentissage particulier pour notre jeune Tandem ; et de l’écoute, de la patience, des efforts d’ajustement et de compréhension de la part de son tuteur local.

Les autres volontaires au sein du projet, et particulièrement le deuxième volontaire du Tandem, son binôme, ont facilité certaines prises de conscience de part et d’autre – la spontanéité de notre jeune Tandem, peut-être liée à sa jeunesse, nous a parfois déroutés ! Mais cela nous a aussi remis en question, en nous faisant prendre conscience que ce que nous jugions acquis ne l’était pas toujours tant que ça.

Cette expérience nous a montré que la qualité des échanges avant départ entre le volontaire, le projet d’accueil et notre service d’envoi devait être travaillée, car ces échanges sont primordiaux pour que le volontaire se sente bien à sa place et efficace dans sa mission. Pendant ces huit mois, nous avons appris et grandi ensemble… et nous sommes aujourd’hui prêts à retenter l’aventure avec un autre Tandem !

Nous renforcerons alors le temps de dialogue avant le départ, afin de mieux cerner le caractère des jeunes volontaires, ce qui les motive profondément, pour leur proposer une mission la plus adaptée. Ce temps de dialogue sera aussi l’occasion de poser ensemble les bases de la collaboration, qui implique d’accepter un suivi mensuel de la mission et le respect « d’un code de conduite » en lien avec le mode de vie africain. Nous avons conscience du caractère contraignant de ces deux derniers points, mais nous pensons que c’est aussi une opportunité pour faire grandir la confiance en soi et la maturité des jeunes qui se lancent dans l’aventure du volontariat. Le développement passe aussi par là. »


À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 1 : Partir


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Le terrain, unité de mesure

L'édito de la lettre de février

Un article de La Guilde


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La Guilde revient de mission en Arménie, frêle voisin de la grande Russie, encore sous le choc du conflit perdu contre l’Azerbaïdjan : voilà une terre de civilisation, une histoire de souffrances, mais aussi un vivier de talents et un élan de fraternité à renforcer. Nous nous y engageons.

La Guilde est aussi en mission au Népal, entre rencontres de jeunes volontaires français et évaluation de microprojets postés dans les hautes vallées, pour les besoins fondamentaux : éducation, santé, action sociale et protection de l’environnement. L’occasion aussi de constater le travail de trois jeunes boursiers de l’aventure 2021, qui ont aidé un village à se doter d’un incinérateur pour limiter la pollution grandissante.

Quatre autres de nos permanents s’envolent cet hiver vers le Bénin, le Congo-Brazzaville, la Guinée et le Sénégal. Il s’agit d’y rencontrer les volontaires sur place, de nous assurer du bon déroulement des projets, d’évaluer plus largement l’efficacité des actions et d’en anticiper de nouvelles. A contrario, notre unique volontaire en Ukraine a été rapatriée et un prochain départ de volontaire pour la Russie a été ajourné. Tristes ajustements à la réalité actuelle.

Mais le monde de demain sera à l’image de ses bâtisseurs : nous voulons en être.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

TANDEM, épisode 4 : Vivre à deux

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Quatrième épisode : Vivre à deux.

Un article de Service civique


C’est un principe fort du projet. Si fort qu’il tient dans le mot qui le nomme : TANDEM. Partir en binôme, se mettre en selle à deux pour se découvrir, se soutenir et, au bout, se connaître. Bruno et Sophia, Félicia et Sébastien, Julie et Salomé, Justine et Marcia, Maurice et Morgane se sont engagés dans leurs missions de Service civique, direction le Togo, la Belgique, la Roumanie, l’Italie et le Bénin. Ils sont partis, ont découvert un nouvel environnement, pris conscience de l’ampleur de l’expérience à vivre. Alors qu’ils approchent la moitié de leur aventure sur place, ils reviennent aujourd’hui sur cette particularité, ce Tandem qu’ils forment avec un autre, au parcours jusqu’ici si différent.

« Partage »

À Bruxelles, Félicia et Sébastien semblent se connaître depuis toujours – ils se sont rencontrés il y a cinq mois seulement. Les rires fusent lorsqu’ils évoquent leur mission auprès des personnes en situation de handicap suivies par L’Arche. La résumer en deux mots? « Amour » lance Félicia ; « partage » enchaîne Sébastien : « c’est le slogan, ici ! » « Ça se voit réellement, précise Félicia, ce sont deux bons mots pour représenter leur action ». Et leur relation ? « J’aurais pu y aller toute seule, mais en vrai c’est bien d’avoir ce truc à mes côtés ! » Rires. Sérieux : « on apprend tous les jours, note Sébastien. Vu qu’on loge sur place, quand on ne travaille pas, on peut regarder sous un autre angle ce qui se fait. Ça, c’est intéressant ».

Dans des environnements bien différents, Morgane et Salomé – respectivement parties avec Maurice au Bénin et avec Julie en Roumanie – apprécient d’avoir pu voyager accompagnées. Salomé, en mission chez STEA, « serait partie même seule, pour la prise de risque. Mais avoir un binôme m’a confortée, surtout au début. Quand on a atterri à Cluj, il y avait encore trois heures de route de montagne à faire. Il fallait trouver un taxi, aller à la gare routière, prendre le bus… J’étais contente d’être avec quelqu’un à ce moment-là ». Une présence qui rassure pour être mieux en capacité de s’ouvrir à l’extérieur ? Depuis le Togo avec l’association Sichem, Morgane acquiesce : « si j’étais arrivée toute seule, je ne suis pas sûre que je l’aurais bien vécu ». Aujourd’hui, Maurice est cloué au lit, touché par le palu, alors Morgane est allée lui chercher des médicaments. De quoi repartir de l’avant… même si l’autre peut tempérer les ardeurs, note la téméraire Salomé : « être à deux me fait prendre moins de risques. Ça peut m’empêcher de faire certaines choses ». Lesquelles ? Mystère.

« Échange »

Pour définir sa mission à l’Alliance française de Turin, Justine retient elle « l’échange » : « on est dans la culture, l’enseignement et l’animation. Il y a toujours un échange avec différents publics, adultes, adolescents, enfants, que ce soit pour apprendre le français, découvrir des films ou conseiller des livres. Donc oui, échange ». Et avec Marcia, sa binôme ? « Le Tandem marche très bien, on est très complémentaires. Comme on est différentes, qu’on appréhende les choses différemment, on peut se soutenir et se remonter le moral si besoin. Parfois, on manque d’activités à faire dans notre mission. Alors on se motive à proposer des initiatives, on va chercher des livres qu’on a lu pour en parler, Marcia a fait un tuto pour faire des cloches de Noël aux enfants… » Voilà la force du Tandem. S’il n’est pas fluide, il pousse à se questionner. Lorsque la mission ou son environnement ne sont pas épanouissants, il peut être un refuge. En deux mots, Justine résume : « la force du Tandem, c’est de pouvoir parler ».


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Mission : autonomisation

Louis est VSI depuis un an aux Comores, avec pour mission d'accompagner les partenaires de la Fondation SADEV dans leur autonomisation. Un objectif fondamental.

Un article de Volontariat


Tu es en VSI avec La Guilde et la Fondation Sadev depuis un an. Comment définir ta mission ?

J’occupe un poste transverse, visant notamment à développer les actions de formation professionnelle menées par la Fondation Sadev en lien avec la CADF, une association de la diaspora. L’objectif à long terme est de parvenir à l’autonomisation des structures appuyées par la Fondation. Cela passe par des missions diverses. Citons le renforcement du programme d’insertion professionnelle mené à Djomani, qui propose des formations techniques diplômantes sur l’île de Ngazidja pour lutter contre le chômage des jeunes ; l’accompagnement du projet d’extension du réseau d’eau de Chamlé-Mitsamiouli ; ou la mise en œuvre du programme Facilité Emploi, pour le développement de l’écotourisme à travers la valorisation du patrimoine architectural et naturel de la Grande Comore.

La Fondation est récemment devenue partenaire de La Guilde pour l’envoi de VSI. Pourquoi ce projet d’envoi de volontaires est-il pertinent, d’après toi ?

La présence d’un représentant d’une organisation extérieure permet de faciliter les liens entre les acteurs locaux mobilisés autour des projets. Une présence longue durée sur le terrain (les missions de VSI durent de un à six ans, ndlr) offre par ailleurs un dialogue direct et continu avec les acteurs locaux, favorisant une meilleure compréhension des besoins, donc une meilleure adaptation des réponses. Je suis pour cela bien appuyé par l’équipe siège de la Fondation Sadev, composée d’Antoine Huart, délégué général, et de Soiny Duval, chargée de mission.

Lancement de projet avec la gouverneur de l'île de Grande Comore

C’est une expérience professionnelle… et familiale, puisque tu n’es pas parti seul.

Au départ, après avoir travaillé trois ans au siège d’une association et malgré les missions régulières effectuées en République du Congo, mon souhait était d’apporter une dimension plus terrain à mon travail. Le fait de pouvoir partager cette expérience de VSI avec ma compagne m’offre un certain équilibre personnel, que je pense indispensable dans le bon déroulement d’une mission VSI. Je la remercie pour ses efforts d’adaptation et le soutien qu’elle m’apporte chaque jour !

L’Union des Comores est un pays insulaire à la culture très marquée. Comment s’est passée ton intégration ?

J’ai été très bien intégré, que ce soit de la part des partenaires, des autorités ou de la population. L’accueil y est formidable et la bienveillance règne. La taille humaine de Ngazidja, l’île de Grande Comore, et de sa capitale Moroni fait que tout le monde se connaît et se reconnaît dans la rue, créant une ambiance très agréable. La volonté des gens de partager leur culture à travers de longues discussions ou d’évènements facilite également l’intégration. Et puis cet archipel de l’océan Indien possède presque tous les atouts naturels de ses voisines – Seychelles, Maurice, Réunion – avec des plages et des fonds marins magnifiques, et des randonnées à couper le souffle dans ce paysage volcanique. On ne peut rêver mieux pour une expérience de VSI !

©L.Rosas

Propos recueillis par Lucille Caron


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L’édito de la lettre de décembre

Rester en mouvement

Un article de La Guilde


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En 2021, La Guilde a sélectionné, accompagné et apporté un financement à 147 projets répartis dans 41 pays : un record absolu dans l’engagement international de La Guilde depuis quatre décennies. Nous les qualifions certes de « microprojets » pour rappeler leur ancrage très local, pour signifier que leur portage est presque individuel, et leurs besoins financiers modestes. Ils sont les contrepoints des annonces en milliards propres à toutes les grandes institutions et tamisées cent fois avant de toucher le sol. Ce sont toutefois de véritables projets, qui ont représenté un travail titanesque pour l’équipe des microprojets qui collabore à la fois avec les porteurs de ces actions, douze réseaux régionaux et une centaine d’experts bénévoles pour les sélectionner et les bonifier. Notre mission est de faire émerger des pépites de l’esprit d’initiative, de l’engagement désintéressé, de l’audace géographique et de l’innovation sociale. Du développement scolaire à l’extrême nord du Togo au déploiement du vélo en Tunisie, en passant par l’accès des femmes africaines au sport ou l’aide humanitaire de crise au Liban, c’est un foisonnement incroyable qui nous rend plein d’espoir, un hommage à la fraternité humaine. Dès le début de l’année qui s’annonce, les équipes bondiront sur le terrain pour suivre l’avancement des chantiers, évaluer les réalisations, encourager de nouvelles initiatives.

Tout cela manifeste le choix de l’action qui caractérise La Guilde.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

TANDEM, épisode 3 : Prendre conscience

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Troisième épisode : Prendre conscience.

Un article de Service civique


Prendre conscience…

Réaliser l’ampleur de la tâche, la fragilité de son action, s’interroger sur soi-même et son rapport au monde : lorsque l’on part en volontariat, cette période de questionnement surgit inévitablement. Le moment est documenté, les volontaires prévenus. Il s’agit alors de ne pas se laisser emporter par les vagues du doute. Mais bien d’en profiter pour prendre de la hauteur. Pour repartir de l’avant, après s’être joyeusement jeté à l’eau puis avoir essuyé les premières éclaboussures.

Cueillir le jour

Cette prise de conscience, Salomé l’expérimente et la verbalise. Elle est en Roumanie depuis trois mois, où elle forme un Tandem avec Julie au sein de l’association STEA. Depuis Satu Mare, Transylvanie, Salomé l’avoue : « le travail est différent de ce que j’imaginais ». Bien sûr, il s’agit d’accompagner enfants et jeunes des rues. Bien sûr, « ils sont ouverts, ils ont envie d’apprendre et c’est gratifiant de voir les progrès qu’ils font avec nous ». Sauf que Salomé a réalisé une chose : ce n’est que répété jour après jour pendant des semaines, des mois et des années, que le suivi portera ses fruits. « On fait du social, rappelle-t-elle, les résultats arrivent sur du long terme. Nous, on ne les verra pas ». Sans compter que l’envie de tout donner à l’arrivée est rapidement tempérée par la réalité : « Tout est en place, on n’est là que pour huit mois, donc il faut très vite trouver des idées pour pouvoir les amener. Mais souvent, on ne comprend pas bien comment les choses marchent. Donc ce n’est pas facile ».

Salomé et Julie à Satu Mare, Roumanie

Alors, que faire ? Pour Salomé, une partie de la réponse tient de la philosophie de vie : « je me dis juste que le matin, je vais voir les jeunes, parler avec eux, on va travailler ensemble… On parle de la journée et ça suffit. On fait avec ce qu’on reçoit, quoi ». Apprécier ce que le quotidien propose. Et savoir déclencher l’échange ! C’est une des forces des missions de volontariat, a fortiori dans le cadre d’un Tandem : la rencontre avec d’autres vies, différentes de la sienne. Rencontre qui amène son lot de bonnes surprises. Salomé : « je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi facile. Les gens sont toujours curieux de rencontrer des étrangers ». « Mais, précise Salomé, il faut prendre le temps de sortir ». Alors vient la récompense : « on apprend assez vite, les gens nous poussent à le faire, ils aident. C’est super encourageant ».

Le ciel est rose

Encourageants, aussi, les mots de Sébastien. Lui est parti avec Félicia auprès des personnes en situation de handicap suivies par la communauté de L’Arche, à Bruxelles. Il démarre avec des mots heureux : « ce que je peux dire, c’est que clairement je passe la meilleure année de ma vie ». Sa prise de conscience, Sébastien la situe au regard de sa vie d’avant, sa vie d’il n’y a pas si longtemps : « un nouveau contexte aide à se poser de nouvelles questions, écrit-il. Et à remettre en question l’utilité des anciennes ». Avec déjà un début de réponse qui semble lui convenir : « quand on est confronté à moins de choses en même temps, ça nous permet d’être plus fort, d’avoir plus de temps à y consacrer pour les résoudre ». À la clé, « l’impression que mon évolution mentale a été démultipliée ». Et ces mots qui touchent au cœur : « c’est très loin d’être tout rose, c’est juste qu’il est vrai aussi qu’il n’y a jamais eu autant de rose dans ma vie ».

Sourires de Marcia et Justine, en mission à l'Alliance française de Turin

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L’édito de la lettre de mars

Que vive l'aventure !

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Que vive l’aventure !

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Depuis 1992, La Guilde organise le festival des Écrans de l’aventure avec la ville de Dijon. En 2021, pour fêter les 30 ans d’une collaboration incroyablement riche et porteuse de sens, toute l’équipe de La Guilde est mobilisée pour vous proposer une édition exceptionnelle.

Ce festival vous fera revivre des moments forts de trois décennies d’aventures. Il proposera également les meilleurs films et livres de l’année, ainsi que des échanges uniques avec des aventuriers audacieux et engagés, curieux des autres et soucieux de nous faire découvrir la beauté fragile de notre planète.

En octobre 2020, l’édition était passée entre les gouttes des restrictions sanitaires, réunissant près de 10 000 spectateurs. En 2021, les Écrans comptent bien voir le soleil se lever sur des mondes inconnus !

Nous vous donnons rendez-vous régulièrement, dans cette lettre et sur les canaux de communication des Écrans de l’aventure (siteFacebookInstagramTwitter), pour ne rien rater de la mise en place de cette édition anniversaire.

Les 30 ans du festival Écrans de l’aventure auront lieu la semaine du 11 au 17 octobre 2021 à Dijon.

A bientôt, tous ensemble,

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe des Écrans de l’aventure

L’édito de la lettre de janvier

Fixer la lanterne

Un article de Vincent Rattez


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La Guilde, en 2021, demeure et se réinvente, avec la sagesse de ses cinquante ans et la curiosité des guetteurs d’horizon. Notre ambition est tout entière contenue dans le trait de René Char choisi pour accompagner nos vœux : « L’impossible, nous ne l’atteignons pas mais il nous sert de lanterne ».

La Guilde se réinvente par ses forces rassemblées, dressées contre l’habitude, celles des ouvreurs de route – ces Compagnons de La Guilde éparpillés autour du globe, ces jeunes Volontaires de solidarité internationale ou du Service civique qui s’engagent sous toutes les latitudes pour incarner le donner et le recevoir, ces centaines de porteurs de projets animés parfois de leur seule volonté de hisser l’avenir au-dessus du présent, ces arpenteurs d’océans, de forêts, de sommets, de déserts, jamais assoiffés. Les voici, nos lanternes ! Elles éclairent d’immenses paysages, territoires de la conquête du sens, ce saut qui transforme l’expérience en conscience. Ces lanternes s’éclairent aussi les unes les autres, et forment un ciel étoilé.

Les traversées 2021 de La Guilde, comme toutes celles du demi-siècle passé, ne peuvent s’envisager que dans la puissance du collectif. Nous aurons à cœur de partager les valeurs qui fondent la solidarité, à l’international comme en France, et déclenchent l’aventure humaine. Déjà un an, un an d’effroi pandémique, de frontières redessinées, de peuples repliés, d’échanges sociaux profondément modifiés : beaucoup de choses à réinventer. De notre côté, nous rechercherons la preuve par l’action, et pourquoi pas l’échec quelquefois, par la force du témoignage, l’enseignement des rapports d’activité décrivant succès et difficultés, les récits écrits et filmés qui seront proposés à notre festival, à l’automne d’une année 2021 qui marque ses trente ans.

Tout cela avec vous, membres de l’association, amis et donateurs, avec tous ceux qui tressent un peu de leur avenir à travers mille initiatives, avec de nouveaux partenaires appelés à nous rejoindre.

A bientôt. Avec vous.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde