TANDEM, épisode 7 : le bilan

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés en Service civique au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Septième épisode pour la première promotion de Tandems, à l'heure où la suivante est en préparation : le temps du bilan.

Un article de Volontariat


« Promouvoir le départ de jeunes sur des séjours longs à l’étranger, c’est un rêve que nous cultivons depuis longtemps. Quelques parcours de jeunes nous avaient, s’il en était besoin, prouvé l’extraordinaire apport de ces  expériences.

Sébastien et Bruno sont revenus transformés, c’est certain, et cela restera à jamais gravé dans leur mémoire. Un grand merci à La Guilde et à ses équipes du Service civique ; nous avons hâte d’accompagner les prochains départs. »

Olivier BRUGIAL, éducateur, Espace CESAME Sauvegarde du Val d’Oise


À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 6 : accompagner


« Ce volontariat a été une découverte de la vie hors de l’Europe.  Il y a des moments difficiles, qui font des histoires à raconter. Mais ce qui m’a vraiment marqué, c’est la vie dans la rue. Tout se passe dehors, c’est animé, de tôt le matin à tard le soir. Tu as un problème, les gens viennent t’aider, sont accueillants, ils font confiance. Quand on rentre, c’est un peu triste. L’ouverture que j’ai ramenée de là-bas, je vais la garder. »

Bruno FALCAO, volontaire TANDEM chez Gbobètô, Bénin

Bruno

« Il faut vraiment partir avec une grande ouverture d’esprit, à la découverte, savoir que ça peut être compliqué mais qu’il y aura toujours des points positifs. Découvrir et profiter de l’expérience. Le but, c’est changer de quotidien. Apprendre de nouvelles choses. Expérimenter des difficultés. Trouver des ouvertures. »

Sébastien MASDIER, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

« Notre quotidien, c’était le vivre-ensemble. Chacun est venu avec ce qu’il est, a apporté de ce qu’il savait. On s’est transformés. On encore plein de choses à découvrir ! »

Félicia DIALLO, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

Sébastien et Félicia

À LIRE AUSSI : « Je n’avais jamais autant avancé »


« S’engager à l’international a été une excellente décision. En première année de master, j’ai souhaité faire une année de césure pour réfléchir à mon avenir. Et c’est une introspection à laquelle je me suis livrée lors de ce Service civique de huit mois. Cette immersion a changé mon rapport au monde, et tout particulièrement mon rapport à autrui.

L’enjeu de cet engagement à l’Alliance française de Turin était d’apprendre à vivre autrement, de s’adapter à un nouvel univers, de se découvrir et surtout de découvrir mon tandem : Marcia, une personne pétillante et inspirante, qui a été mon premier repère fiable dans ce nouvel environnement. Notre complémentarité a été notre force tout au long de cet engagement. Cette rencontre n’aurait pas eu lieu sans le dispositif du programme TANDEM proposé par La Guilde ; alors à ceux qui ont soif d’aventure, de rencontres, d’actions utiles : lancez-vous et plongez au cœur de cette belle initiative ! »

Justine TOURTE, volontaire TANDEM à l’Alliance française de Turin, Italie

Marcia et Justine

À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 4 : vivre à deux


« Officiellement, ma mission était d’aider à monter des projets de biodiversité et de protection de l’environnement – concrètement, c’était du travail d’ouvrier agricole. Mais c’est très bien de se retrouver les mains dans la terre ! Apprendre le cycle de production et de transformation, de la graine d’Artemisia au sachet de tisane ou à la liqueur.

Avec Maurice, mon binôme, on s’est bien entendus. C’était rassurant d’être avec lui en arrivant. Après, comme on n’avait pas exactement la même mission, chacun vivait sa vie de son côté. Donc quand on se retrouvait, on pouvait partager sans que ce soit pesant. Il y a bien eu quelques tensions, mais qui s’apparentent à une relation entre frère et sœur.

C’est une expérience qui va compter dans mon cursus d’ingénieur agronome, très utile pour ma vie professionnelle future. Cette opportunité qu’on nous donne, il faut savoir la saisir. Quand tu es jeune, c’est le bon moment. Donc si on a la chance de pouvoir le faire, il faut y aller ! »

Morgane ROQUIER, volontaire TANDEM à la ferme de Sichem, Togo

« C’était une expérience hors du commun ! Merci La Guilde ! »

Maurice DUPUICH, volontaire TANDEM à la bibliothèque de Sichem, Togo

Morgane et Maurice

À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 1 : partir


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TANDEM, épisode 6 : accompagner

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Sixième épisode : accompagner.

Un article de Service civique


Depuis sa création vers le milieu des années 70, Fondacio a toujours accordé une grande importance à l’accompagnement des jeunes : les aider à se découvrir, à comprendre comment donner le meilleur d’eux-mêmes, à trouver leur vocation au sein de la société. Partenaire du programme TANDEM, Fondacio partage son expérience en tant que structure d’envoi.

« Depuis près de 20 ans, nous avons la chance de proposer des missions de volontariat à de nombreux jeunes, au sein de nos projets sociaux développés par nos associations locales en Afrique, Asie et Amérique latine. Mais, il faut bien l’avouer, ces jeunes présentent toujours un peu le même profil : un parcours scolaire réussi, bac +3, bac +4 ou plus, une première connaissance du monde de l’entreprise à travers des stages ou l’apprentissage, des expériences à l’étranger, … Un certain confort donc, à la fois pour nous qui les envoyons depuis la France et pour nos responsables de projets sur le terrain.

Mais tout cela ne correspond pas toujours avec l’esprit qui nous anime chez Fondacio – être des révélateurs de talents ! Alors, quand La Guilde, grâce Vanessa Gilles et Lucie Prédinas, nous a présenté le projet TANDEM, nous avons tout de suite eu envie d’y participer. Donner une chance de partir à un jeune au profil plus éloigné de la mobilité, proposer une expérience interculturelle forte, ouvrir de nouveaux horizons, découvrir ses richesses personnelles… Cela avait tout son sens pour nous. Nous avons donc accueilli un jeune homme, tout juste bachelier, doté d’un appétit de vivre immense, désireux de tout connaitre, de tout voir, de tout comprendre…

Soyons honnêtes, cela nous a demandé de mettre un place un accompagnement un peu plus prononcé que celui des autres volontaires, ce dès la semaine de formation au départ à Paris, avant de s’envoler pour Lomé, Togo.  Car les procédures administratives lourdes en temps de Covid, les relations avec la famille restée en France, la compréhension du mode de fonctionnement de notre service volontariat, la conscience des attentes « professionnelles » de la part du projet, la logistique et l’anticipation… tout cela a nécessité un apprentissage particulier pour notre jeune Tandem ; et de l’écoute, de la patience, des efforts d’ajustement et de compréhension de la part de son tuteur local.

Les autres volontaires au sein du projet, et particulièrement le deuxième volontaire du Tandem, son binôme, ont facilité certaines prises de conscience de part et d’autre – la spontanéité de notre jeune Tandem, peut-être liée à sa jeunesse, nous a parfois déroutés ! Mais cela nous a aussi remis en question, en nous faisant prendre conscience que ce que nous jugions acquis ne l’était pas toujours tant que ça.

Cette expérience nous a montré que la qualité des échanges avant départ entre le volontaire, le projet d’accueil et notre service d’envoi devait être travaillée, car ces échanges sont primordiaux pour que le volontaire se sente bien à sa place et efficace dans sa mission. Pendant ces huit mois, nous avons appris et grandi ensemble… et nous sommes aujourd’hui prêts à retenter l’aventure avec un autre Tandem !

Nous renforcerons alors le temps de dialogue avant le départ, afin de mieux cerner le caractère des jeunes volontaires, ce qui les motive profondément, pour leur proposer une mission la plus adaptée. Ce temps de dialogue sera aussi l’occasion de poser ensemble les bases de la collaboration, qui implique d’accepter un suivi mensuel de la mission et le respect « d’un code de conduite » en lien avec le mode de vie africain. Nous avons conscience du caractère contraignant de ces deux derniers points, mais nous pensons que c’est aussi une opportunité pour faire grandir la confiance en soi et la maturité des jeunes qui se lancent dans l’aventure du volontariat. Le développement passe aussi par là. »


À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 1 : Partir


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« Je n’avais jamais autant avancé »

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Cinquième épisode avec Sébastien, engagé auprès de L'Arche à Bruxelles.

Un article de Service civique


En septembre, au moment de te lancer dans ta mission de Service civique à Bruxelles, tu évoquais l’envie d’accomplir quelque chose d’utile. As-tu le sentiment de remplir cet objectif ?

Oui, je me sens nécessaire dans mon foyer de L’Arche. On est 12 dans la maison : sept personnes handicapées et cinq volontaires, plus trois salariés qui nous aident la journée. On fait les choses du quotidien, réveil, accompagnement pour le travail ou le centre de jour, cuisine… Et puis du relationnel, des jeux, parler des états d’âmes, résoudre des conflits – vivre, quoi. En me sentant utile pour le quotidien des personnes avec lesquelles j’habite, j’ai pris de la valeur envers moi-même.

Comment cela se traduit-il ?

Aujourd’hui, je suis dans l’entraide et je sens que je peux y chercher mon avenir. Avant, quand je me réveillais le matin, j’étais ennuyé. Maintenant je vois plein de possibilités pour remplir mes journées. Et puis il y a une forme de rééquilibrage du fait d’être en contact permanent avec les autres : paradoxalement, ça permet de se recentrer sur soi, de s’écouter.

Tu es sorti du sytème scolaire juste avant le bac. Quel est ton chemin jusqu’à cette mission de Service civique ?

Juste avant mes 18 ans, en Terminale S, je me suis hospitalisé pour une dépression. J’arrive à en parler aujourd’hui, mais je n’étais vraiment pas bien à l’époque. Je suis sorti du système scolaire, puis je suis allé voir la mission locale de ma ville, parce que j’en avais entendu parler comme d’une structure qui peut t’aider à trouver des solutions auxquelles on ne pense pas forcément. Ils m’ont dirigé vers l’Espace Césame, un centre de formation. Là, un partenariat a été monté avec La Guilde, pour permettre des départs à l’étranger en binôme.

Et te voilà embarqué dans le programme TANDEM. Sans hésitation ?

La première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que je ne pouvais pas le faire. J’avais trop d’attaches autour de moi. Mais quand j’ai remis en question ces attaches, alors j’ai pensé que je pouvais voir au-delà, j’ai réalisé que ça ne pouvait pas être un moins, mais forcément du plus. Je m’étais déjà renseigné sur le Service civique, et les retours n’étaient pas toujours incroyables : on s’attend à des choses et la routine peut en être éloignée. Mais l’aspect positif d’avoir essayé ressortait toujours. Donc j’ai finalement accepté la mission avec L’Arche proposée par La Guilde et l’Espace Césame.

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Cinquième épisode avec Sébastien, engagé auprès de L'Arche à Bruxelles.
À droite, Félicia et Sébastien avec les autres volontaires de L’Arche (crédits Facebook L’Arche Bruxelles)

On sent que ton binôme apporte une vraie plus-value à la mission.

Oui, clairement. Je m’entends très bien avec Félicia, ça compte beaucoup. Dès le début, on a senti qu’on n’était pas là pour se juger. Juste… on était là. Et puis à force de se côtoyer, on s’est rapprochés pour devenir vraiment des amis. On est très différents mais… comme on se rejoint sur quelques valeurs essentielles – être bienveillants, vouloir que les gens se sentent bien autour de nous –, en fait on est surtout complémentaires. Félicia, c’est la meilleure rencontre que j’ai faite cette année.

Tu considères ton engagement comme une étape dans ton processus de guérison ?

Le processus était engagé depuis un petit moment, mais je n’avais jamais autant avancé. Le côté changement de contexte fait se poser de nouvelles questions et alors les anciennes paraissent moins importantes. Quand ça fait un temps qu’on tournait sur les mêmes, ce renouvellement fait avancer plus vite. Et puis il y a un ensemble de choses qui s’assemblent bien au bon moment, la découverte du handicap, celle d’un monde professionnel intéressant, les personnes en tant que telles, qui sont uniques…

Et demain, as-tu une idée de la direction que tu souhaites suivre ?

D’abord, je compte rester trois mois de plus avec L’Arche pour aller jusqu’en septembre. Ensuite, il n’y a rien de concret à ce stade, mais j’aimerais travailler dans l’associatif. Pas forcément dans le handicap, ça peut être auprès d’autres problématiques. L’important est de commencer par se bouger, de faire quelque chose. Commencer, avancer, et puis voir ce qu’il se passe ensuite.

Propos recueillis par Eric Carpentier


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Le terrain, unité de mesure

L'édito de la lettre de février

Un article de La Guilde


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La Guilde revient de mission en Arménie, frêle voisin de la grande Russie, encore sous le choc du conflit perdu contre l’Azerbaïdjan : voilà une terre de civilisation, une histoire de souffrances, mais aussi un vivier de talents et un élan de fraternité à renforcer. Nous nous y engageons.

La Guilde est aussi en mission au Népal, entre rencontres de jeunes volontaires français et évaluation de microprojets postés dans les hautes vallées, pour les besoins fondamentaux : éducation, santé, action sociale et protection de l’environnement. L’occasion aussi de constater le travail de trois jeunes boursiers de l’aventure 2021, qui ont aidé un village à se doter d’un incinérateur pour limiter la pollution grandissante.

Quatre autres de nos permanents s’envolent cet hiver vers le Bénin, le Congo-Brazzaville, la Guinée et le Sénégal. Il s’agit d’y rencontrer les volontaires sur place, de nous assurer du bon déroulement des projets, d’évaluer plus largement l’efficacité des actions et d’en anticiper de nouvelles. A contrario, notre unique volontaire en Ukraine a été rapatriée et un prochain départ de volontaire pour la Russie a été ajourné. Tristes ajustements à la réalité actuelle.

Mais le monde de demain sera à l’image de ses bâtisseurs : nous voulons en être.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

TANDEM, épisode 4 : Vivre à deux

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Quatrième épisode : Vivre à deux.

Un article de Service civique


C’est un principe fort du projet. Si fort qu’il tient dans le mot qui le nomme : TANDEM. Partir en binôme, se mettre en selle à deux pour se découvrir, se soutenir et, au bout, se connaître. Bruno et Sophia, Félicia et Sébastien, Julie et Salomé, Justine et Marcia, Maurice et Morgane se sont engagés dans leurs missions de Service civique, direction le Togo, la Belgique, la Roumanie, l’Italie et le Bénin. Ils sont partis, ont découvert un nouvel environnement, pris conscience de l’ampleur de l’expérience à vivre. Alors qu’ils approchent la moitié de leur aventure sur place, ils reviennent aujourd’hui sur cette particularité, ce Tandem qu’ils forment avec un autre, au parcours jusqu’ici si différent.

« Partage »

À Bruxelles, Félicia et Sébastien semblent se connaître depuis toujours – ils se sont rencontrés il y a cinq mois seulement. Les rires fusent lorsqu’ils évoquent leur mission auprès des personnes en situation de handicap suivies par L’Arche. La résumer en deux mots? « Amour » lance Félicia ; « partage » enchaîne Sébastien : « c’est le slogan, ici ! » « Ça se voit réellement, précise Félicia, ce sont deux bons mots pour représenter leur action ». Et leur relation ? « J’aurais pu y aller toute seule, mais en vrai c’est bien d’avoir ce truc à mes côtés ! » Rires. Sérieux : « on apprend tous les jours, note Sébastien. Vu qu’on loge sur place, quand on ne travaille pas, on peut regarder sous un autre angle ce qui se fait. Ça, c’est intéressant ».

Dans des environnements bien différents, Morgane et Salomé – respectivement parties avec Maurice au Bénin et avec Julie en Roumanie – apprécient d’avoir pu voyager accompagnées. Salomé, en mission chez STEA, « serait partie même seule, pour la prise de risque. Mais avoir un binôme m’a confortée, surtout au début. Quand on a atterri à Cluj, il y avait encore trois heures de route de montagne à faire. Il fallait trouver un taxi, aller à la gare routière, prendre le bus… J’étais contente d’être avec quelqu’un à ce moment-là ». Une présence qui rassure pour être mieux en capacité de s’ouvrir à l’extérieur ? Depuis le Togo avec l’association Sichem, Morgane acquiesce : « si j’étais arrivée toute seule, je ne suis pas sûre que je l’aurais bien vécu ». Aujourd’hui, Maurice est cloué au lit, touché par le palu, alors Morgane est allée lui chercher des médicaments. De quoi repartir de l’avant… même si l’autre peut tempérer les ardeurs, note la téméraire Salomé : « être à deux me fait prendre moins de risques. Ça peut m’empêcher de faire certaines choses ». Lesquelles ? Mystère.

« Échange »

Pour définir sa mission à l’Alliance française de Turin, Justine retient elle « l’échange » : « on est dans la culture, l’enseignement et l’animation. Il y a toujours un échange avec différents publics, adultes, adolescents, enfants, que ce soit pour apprendre le français, découvrir des films ou conseiller des livres. Donc oui, échange ». Et avec Marcia, sa binôme ? « Le Tandem marche très bien, on est très complémentaires. Comme on est différentes, qu’on appréhende les choses différemment, on peut se soutenir et se remonter le moral si besoin. Parfois, on manque d’activités à faire dans notre mission. Alors on se motive à proposer des initiatives, on va chercher des livres qu’on a lu pour en parler, Marcia a fait un tuto pour faire des cloches de Noël aux enfants… » Voilà la force du Tandem. S’il n’est pas fluide, il pousse à se questionner. Lorsque la mission ou son environnement ne sont pas épanouissants, il peut être un refuge. En deux mots, Justine résume : « la force du Tandem, c’est de pouvoir parler ».


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TANDEM, épisode 3 : Prendre conscience

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Troisième épisode : Prendre conscience.

Un article de Service civique


Prendre conscience…

Réaliser l’ampleur de la tâche, la fragilité de son action, s’interroger sur soi-même et son rapport au monde : lorsque l’on part en volontariat, cette période de questionnement surgit inévitablement. Le moment est documenté, les volontaires prévenus. Il s’agit alors de ne pas se laisser emporter par les vagues du doute. Mais bien d’en profiter pour prendre de la hauteur. Pour repartir de l’avant, après s’être joyeusement jeté à l’eau puis avoir essuyé les premières éclaboussures.

Cueillir le jour

Cette prise de conscience, Salomé l’expérimente et la verbalise. Elle est en Roumanie depuis trois mois, où elle forme un Tandem avec Julie au sein de l’association STEA. Depuis Satu Mare, Transylvanie, Salomé l’avoue : « le travail est différent de ce que j’imaginais ». Bien sûr, il s’agit d’accompagner enfants et jeunes des rues. Bien sûr, « ils sont ouverts, ils ont envie d’apprendre et c’est gratifiant de voir les progrès qu’ils font avec nous ». Sauf que Salomé a réalisé une chose : ce n’est que répété jour après jour pendant des semaines, des mois et des années, que le suivi portera ses fruits. « On fait du social, rappelle-t-elle, les résultats arrivent sur du long terme. Nous, on ne les verra pas ». Sans compter que l’envie de tout donner à l’arrivée est rapidement tempérée par la réalité : « Tout est en place, on n’est là que pour huit mois, donc il faut très vite trouver des idées pour pouvoir les amener. Mais souvent, on ne comprend pas bien comment les choses marchent. Donc ce n’est pas facile ».

Salomé et Julie à Satu Mare, Roumanie

Alors, que faire ? Pour Salomé, une partie de la réponse tient de la philosophie de vie : « je me dis juste que le matin, je vais voir les jeunes, parler avec eux, on va travailler ensemble… On parle de la journée et ça suffit. On fait avec ce qu’on reçoit, quoi ». Apprécier ce que le quotidien propose. Et savoir déclencher l’échange ! C’est une des forces des missions de volontariat, a fortiori dans le cadre d’un Tandem : la rencontre avec d’autres vies, différentes de la sienne. Rencontre qui amène son lot de bonnes surprises. Salomé : « je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi facile. Les gens sont toujours curieux de rencontrer des étrangers ». « Mais, précise Salomé, il faut prendre le temps de sortir ». Alors vient la récompense : « on apprend assez vite, les gens nous poussent à le faire, ils aident. C’est super encourageant ».

Le ciel est rose

Encourageants, aussi, les mots de Sébastien. Lui est parti avec Félicia auprès des personnes en situation de handicap suivies par la communauté de L’Arche, à Bruxelles. Il démarre avec des mots heureux : « ce que je peux dire, c’est que clairement je passe la meilleure année de ma vie ». Sa prise de conscience, Sébastien la situe au regard de sa vie d’avant, sa vie d’il n’y a pas si longtemps : « un nouveau contexte aide à se poser de nouvelles questions, écrit-il. Et à remettre en question l’utilité des anciennes ». Avec déjà un début de réponse qui semble lui convenir : « quand on est confronté à moins de choses en même temps, ça nous permet d’être plus fort, d’avoir plus de temps à y consacrer pour les résoudre ». À la clé, « l’impression que mon évolution mentale a été démultipliée ». Et ces mots qui touchent au cœur : « c’est très loin d’être tout rose, c’est juste qu’il est vrai aussi qu’il n’y a jamais eu autant de rose dans ma vie ».

Sourires de Marcia et Justine, en mission à l'Alliance française de Turin

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Appel à dons : aider le Liban, avec vous

La Guilde lance un appel aux dons pour soutenir les actions de reconstruction et de développement lancées par et pour les Libanais.

Un article de La Guilde


Redonner l’espoir, construire l’avenir

Suite à l’explosion du 4 août 2020, et face à la crise épouvantable que traverse le Liban depuis 2019, La Guilde s’est mobilisée avec plusieurs structures locales œuvrant au plus près de la population.

En 2021, La Guilde soutient onze projets locaux et envoie, avec ses partenaires, des volontaires au Liban depuis que les contraintes Covid le permettent. Plus de 3 000 personnes dans six secteurs (santé, formation professionnelle, enfance, éducation, culture, environnement) bénéficient de ces actions.

En 2022, La Guilde souhaite amplifier, avec vous, son engagement aux côtés d’un ami historique de la France.

Ensemble, affichons notre solidarité avec le peuple libanais.

Une présence historique

Dès la fin de la guerre civile, La Guilde initiait un projet agricole pionnier au sud du Liban. D’autres ont suivi, et nombre de jeunes Français ont découvert le Liban par des missions humanitaires de La Guilde. Trente ans plus tard, les Libanais ont de nouveau besoin d’aide ; nous répondons à l’appel.

La Guilde en janvier 2021 a reçu le soutien de l’Agence française de développement et de la Fondation de France pour agir. Avec une monnaie dévaluée à plus de 90% et des services publics en faillite, les besoins sont partout. Nous devons diversifier notre action vers l’aide alimentaire, l’accès aux soins et aux biens de première nécessité. Non seulement à Beyrouth, mais aussi dans les régions rurales.

Forte de son expérience du terrain, La Guilde renforce de petites organisations locales et aide les Libanais entreprenants à développer de nouvelles initiatives.

Encouragez l’élan collectif !

Parmi les projets soutenus

Zoom sur 3 projets accompagnés :

  • Beirut Awiyée (« Beyrouth la forte ») : formation rémunérée à la menuiserie de 40 femmes en situation de précarité, incluant la réalisation d’un kit d’urgence de mobilier modulaire à destination des ménages ayant subi des dommages post explosion.
  • Cercle de la Jeunesse Catholique : distribution de 250 repas quotidiens et de 750 caisses hebdomadaires contenant des denrées alimentaires et des biens de première nécessité. Accès gratuit aux soins pour 300 patients touchés par la précarité à cause de la crise.
  • Urban Trees : initiative étudiante pour la plantation de 500 arbres dans des jardins de Beyrouth affectés par l’explosion, symboles de résilience et d’espoirs dans le lendemain.

Nous pouvons toujours faire plus.

TANDEM, épisode 2 : Découvrir

La Guilde lance TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons très différents au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Deuxième épisode : découvrir.

Un article de Service civique


Découvrir…

Voilà maintenant deux mois que les Tandems ont rejoint leurs projets. Pour chacun des binômes, il a fallu prendre le temps de s’adapter, trouver de nouveaux repères, s’installer. Ils nous racontent leurs premières découvertes.

À Turin, avec l’Alliance française

L’Union fait la France

L’équipe belge s’est rapidement intégrée, Félicia et Sébastien retrouvant leurs marques dans un contexte proche de celui connu en France. Ce qu’ils retiennent de ces premiers jours, c’est surtout l’émotion procurée par les rencontres avec les personnes en situation de handicap, accueillies dans la communauté de l’Arche. Des colocataires – ils vivent ensemble – qui font « abstraction de nos défauts, les acceptent très vite et ne nous en tiennent pas rigueur », loue Sébastien. « Je passe de bons moments avec eux, ils sont très touchants (…) Je pourrais dire des choses à l’infini… ». Avec Félicia, le Tandem partage ses journées entre accompagnement dans les gestes du quotidien, animation d’activités pédagogiques ou organisation de sorties. Une vie simple, enrichie de différences qui rapprochent.

Un peu plus loin, c’est dans un autre pays européen que nous retrouvons Julie et Salomé, engagées auprès des enfants suivis par l’association roumaine STEA. Après un long voyage, ce Tandem s’est immergé dans Satu Mare, nord de la Roumanie, aux confins de la Hongrie et de l’Ukraine. À leur arrivée, Julie et Salomé ont ressenti « de la joie et de l’exaltation » disent-elles. Sans pour autant se sentir perdues dans la mythique Transylvanie, cette région au-delà des forêts.

L’équipe italienne, elle, est investie dans un projet bien différent. Marcia et Justine ont découvert Turin et son Alliance française pour une mission de huit mois autour de la promotion du français et des cultures francophones. Le Tandem se définit comme très complémentaire, plaçant son action sous le signe du patrimoine culturel commun, à quelques mois de la présidence française de l’Union européenne. Chercher le point commun pour tracer un trait d’union, comme une évidence.

Dernières nouvelles de l’Ouest

Et puis il y a Sophia, Morgane, Maurice et Bruno. Eux se sont envolés par-delà les océans, direction l’Afrique de l’Ouest. Au Togo, le Tandem composé de Maurice et Morgane a pris ses marques au sein de Sichem, une association organisée en cinq secteurs : accueil, construction, éducation, animation villageoise et filières de production animale et végétale. Pendant que Maurice apporte son appui à la bibliothèque, Morgane est mobilisée sur les projets d’agro-écologie. Ils évoluent au quotidien sous l’œil bienveillant de l’équipe de Sichem, aux côtés d’autres jeunes venus là, à 20 kilomètres de Lomé dans une dynamique d’enrichissement mutuel.

Quant à Bruno et Sophia, ils sont au Bénin pour déployer Énergie verte, une filière de valorisation des déchets organiques en combustible écologique. L’un des enjeux de leur mission est de développer des méthodes permettant d’augmenter le pouvoir calorifique du combustible. Un programme d’envergure, porté par l’association Gbobètô, les regards tournés vers le futur.

Au Togo, avec Sichem

Cinq Tandems, cinq pays, cinq projets… pour d’infinies découvertes par la rencontre, au coeur du projet TANDEM. Découverte et rencontre d’un environnement, de sa culture et de ses habitants, évidemment. Mais aussi découverte de soi à travers l’autre dans l’équipage formé par le Tandem. Chacun des engagés de Service civique confie que sans un partenaire, il n’aurait sans doute pas franchi le pas. Aujourd’hui, ce partenariat – et tout ce qu’il implique de capacités de compréhension et d’adaptation – contribue déjà à transformer des vies et des manières d’aborder le monde. Soutien, apprentissage, émancipation : si les rencontres forment la jeunesse, celle-ci sera précieuse.


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L’édito de la lettre de septembre

Demandez le programme !

Un article de La Guilde


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Les déchets, compagnons encombrants

Le Congrès mondial de l’UICN* vient de se tenir en France, avec sa liste grandissante d’animaux en voie de disparition. Dans un mouvement inverse, les déchets poursuivent eux leur prolifération. La Guilde s’est saisie du problème depuis longtemps et alertait il y a dix ans – sans grand succès médiatique à l’époque – sur les gigantesques vortex de plastique se constituant au milieu des océans (réunion internationale sur les déchets plastiques ; Écrans de la Mer, 2011). À terre, la situation n’est guère meilleure, hormis dans les pays les plus éduqués.

Toutefois, les réactions à ce désastre n’ont jamais été aussi nombreuses. Dans son jardin, La Guilde a ainsi attribué une Bourse de l’aventure 2021 à deux jeunes alpinistes grenoblois bien décidés à installer un incinérateur que des villageois d’une haute vallée népalaise réclament. Dans le cadre de notre nouveau programme TANDEM, nous envoyons aussi ce mois-ci au Bénin un binôme de deux jeunes Services civiques auprès de l’association Gbobéto. Ils vont y prêter main forte au projet de valorisation des déchets d’un quartier populaire de Cotonou. La Guilde attribue par ailleurs des financements aux microprojets qui, à leur échelle, initient des réponses à ce défi majeur : ici pour valoriser des déchets agricoles, là pour faciliter la pré-collecte et le tri des déchets urbains.

Depuis 2013, La Guilde opère enfin au Cameroun, avec Solidarité Technologique, un projet pilote de collecte et traitement des déchets électroniques. La conclusion est que seul un écosystème complexe permet une prise en charge efficace : il faut des lois, des textes règlementaires, un système d’écotaxe qui pérennise les financements, des sites de stockage transitoires pour les déchets sans solution (ils sont nombreux) et des filières de traitement spécialisées qui apportent ces solutions.

Les déchets sont partout, sources de pollutions multiples, décourageants pour les habitants des favelas comme pour les navigateurs qui les retrouvent en Arctique. Les législations sont souvent balbutiantes dans les pays pauvres, et les financements tout autant. Mais gageons qu’en renforçant encore la mobilisation de tous, nous saurons un jour renverser ces montagnes de déchets.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

*Union Internationale pour la Conservation de la Nature

TANDEM, épisode 1 : Partir

La Guilde lance TANDEM : deux jeunes venus d’horizons très différents au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Premier épisode : partir.

Un article de Service civique


Partir…

Hésiter, s’interroger, appréhender, se projeter et puis finalement, se décider.

Décider de s’élancer, d’aller de l’avant, à l’écoute cet irrésistible besoin d’ouvrir ses perspectives. Décider de grandir en sortant de sa zone de confort, au contact de l’autre.

Il y a quelques mois, Bruno, Félicia, Julie, Justine, Marcia, Maurice, Morgane, Salomé, Sébastien et Sophia ne se connaissaient pas. Pourtant, l’envie d’essayer les a amenés à se rencontrer, puis à s’embarquer dans une expérience de huit mois aux quatre coins du monde.

Ils forment cinq TANDEMS ; ils sont dix jeunes à avoir relevé le défi proposé par La Guilde, celui de vivre un engagement loin de la France et de leurs proches, au service de projets d’intérêt général pour une société plus juste et plus ouverte.

En septembre, ils ont donc rejoint la Belgique, le Bénin, l’Italie, la Roumanie et le Togo pour apporter leur appui à des actions menées par des partenaires locaux de La Guilde.

Loin de chez eux, ils vont se découvrir et s’apprivoiser, sans perdre de vue ce qui les réunit : avoir, à leur niveau, un impact positif et faire grandir les projets tout autant qu’eux-mêmes.

Tout au long de ces huit mois, ils vont vivre, en tandems, la grande aventure du volontariat.

Tous en selle !

Dans sa mission au contact de personnes en situation de handicap, Félicia veut apprendre à s’adapter à leurs besoins, en sachant toujours « apporter de la bonne humeur, être positive ». Elle ne veut pas que son action soit « quelque chose d’éphémère » ; d’une manière ou d’une autre, elle souhaite l’inscrire dans le temps. C’est aussi le sentiment de Sébastien, qui part avec Félicia à Bruxelles et qui compte sur son engagement de Service Civique pour « accomplir quelque chose d’utile ».

Quant à Maurice, en mission avec Morgane au Togo, il veut profiter de cette expérience pour « découvrir des écrivains togolais ». La culture, voilà l’une des motivations de Justine et Marcia en rejoignant l’Alliance française de Turin. Elles comptent bien « découvrir la gastronomie italienne » – qui ne le voudrait pas ? – mais aussi et surtout « vivre une mission humaine et enrichissante ».

Bruno, lui, part avec Sophia au Bénin. Il est conscient d’être à l’orée d’une « grande aventure » et fourmille d’impatience en pensant à toutes les activités qui les attendent. Mais il sait aussi qu’une mission de huit mois se vit dans la durée : il faudra « aller au bout de l’expérience, ne pas lâcher ».

Tous s’accordent à dire que les jours ayant précédé leurs départs n’ont pas été faciles, entre anxiété de laisser derrière soi ses repères et peur de l’inconnu qui s’annonce. Mais le sentiment qui prédomine reste la hâte de découvrir enfin leurs nouveaux environnements.

Pendant huit mois, ils vont vivre au gré des émotions partagées par les plus de 1 000 jeunes qui s’engagent chaque année dans le Service Civique à l’international. Avec une perspective unique : celle de vivre une expérience fondatrice, au service de l’intérêt général.

Rendez-vous le mois prochain pour l’épisode 2 de la série TANDEM : Découvrir.


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