Histoire de sport, rapport d’espoir

Le rapport annuel 2020 du programme Sport & Développement vient d'être publié. L'occasion de suivre le parcours-type d'une association suivie et financée, avec l'exemple de Denro.

Un article de Sport & Développement


Moment fort de l’année, le rapport annuel 2020 de Sport & Développement, sorti il y a quelques jours, permet de « se rendre compte de tout ce qui a été mis en place durant l’année par le programme, avec les partenaires et avec les associations» pose Auriane Buridard, chargée de mission pour l’incubateur de microprojets sportifs en Afrique et en Haïti. « Il met du concret, des images et des chiffres sur ce qu’on fait, et les partage avec tous ceux qui gravitent autour du programme. Cela montre finalement son impact ». Cet impact, l’association Denro en est un parfait exemple.

Sport-étude, sport féminin

Fondée en 2012 par Denise Fernandez et Romuald Yameogo, l’association franco-burkinabaise Denro a construit une école sport-étude à Koudougou pour les enfants défavorisés de la ville. « Romuald est un ancien joueur de football, introduit Denise Fernandez, président de Denro France. Il tenait à associer sport et éducation, convaincu que l’un est moteur de l’autre ».

En 2019, Denro a été accompagnée dans le projet visant à aménager un plateau omnisport pour l’école. Un travail accompagné d’une promotion du sport féminin, à travers l’organisation d’un tournoi. « On a invité une vingtaine d’écoles, sachant qu’à Koudougou, jusqu’à maintenant, les rencontres inter-scolaires n’étaient que masculines, explique Denise. Cela a eu un succès au-delà de nos espérances ! Le public était très animé pour encourager les filles. Nous avons profité de l’engouement pour créer une équipe féminine ». Lauréate de Sport & Développement en 2019 et 2020, « Denro représente une une belle dynamique de partenariat entre les structures française et burkinabaise, loue Auriane. Ce qui est super avec cette association, c’est qu’elle suit vraiment le parcours Sport & Développement avec l’accompagnement et les formations, à la fois en France et au Burkina Faso » .

Des bailleurs au terrain

Fort du succès de 2019, Denro a souhaité en 2020 pousser le rêve encore plus loin : construire deux dortoirs, féminin et masculin, pour leurs élèves. Après une sélection par un jury indépendant composé d’experts issus des mondes sportifs, médiatiques, associatifs et du développement, Denro a pu bénéficier d’un accompagnement personnalisé, technique et pédagogique, mis en place par Sport & Développement : « Par exemple, il y avait des choses que je pensais évidentes, mais Auriane m’a montré qu’il fallait les justifier et les développer. Ce sont ces éléments-là qui font le poids d’un dossier, explique Denise. Sport & Développement nous a apporté une aide financière que l’on n’aurait pas pu avoir sans eux. Ils ont été un réel moteur ».

En plus de l’accompagnement personnalisé, l’association Denro a pu assister à des formations en ligne (COVID-19 oblige) sur l’égalité des sexes, la mixité et le montage de projet. « Comme c’est une association qui a été lauréate plusieurs fois, cela nous permet de voir les projets grandir » se réjouit Auriane. Un suivi continu qui apporte une vision réaliste du terrain et permet de faire le lien avec les bailleurs de fonds : « Ça nous touche de voir que les bailleurs s’intéressent à ce qui est fait » apprécie Denise, en évoquant la visite de Denro par Julie Baron, directrice adjointe de l’Agence française de développement (AFD) au Burkina Faso. « Cela nous ouvre d’autres horizons ».

À LIRE : LE RAPPORT 2020 DU PROGRAMME SPORT & DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis par Athénaïs Paret


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Au Liban, entre exaspération et mobilisation

Vincent Rattez, Délégué Général de La Guilde, est parti au Liban visiter les microprojets soutenus et préparer le développement des activités de La Guilde sur le terrain, dans un contexte de crise financière et humanitaire. Il livre son regard sur la situation.

Un article de La Guilde


En ce mois de juin 2021, les Libanais sont de plus en plus nombreux à fréquenter les soupes populaires. La Guilde est aux côtés de deux d’entre elles, au cœur de Beyrouth. Des personnes âgées et des familles parfaitement insérées sont du nombre. La société civile se mobilise comme jamais, cherchant de nouvelles solutions à chaque fois que la situation se détériore. Et elle se détériore sans cesse.

Les Libanais ne peuvent plus accéder à leur propre épargne bancaire depuis plus d’un an ; la Livre libanaise (LL) s’échange chez l’épicier au cours de 18.000 LL contre 1 USD, dix fois en dessous du taux officiel. Dans un pays qui importe l’essentiel de ses bien de consommation, c’est donc un effondrement total de revenus qui frappe les Libanais. Les forces vives s’envolent vers l’étranger tandis que l’appareil politique demeure impassible, invisible et inactif, suscitant une colère sans précédent au sein des communautés.

Reconstruire, repartir, rénover

La Guilde soutient à Beyrouth une douzaine d’initiatives au total, ces « microprojets » qui vont de la réfection d’un atelier de couture détruit par l’explosion du port de Beyrouth à la mise en place d’un atelier-école de menuiserie qui donnera formation et emploi à des femmes peu qualifiées, en passant par du soutien psycho-social et, donc, du soutien aux soupes populaires.

La Guilde a par ailleurs accueilli avec soulagement l’autorisation du Quai d’Orsay, le 9 juin dernier, d’envoyer à nouveau des volontaires français au Liban. Chez notre partenaire Sesobel – la plus grande institution privée du pays dans la prise en charge du handicap chez les mineurs –, c’est la perspective d’accueillir six aide-éducateurs français en Service civique qui renaît. Chez arcenciel, regroupement d’entreprises sociales de référence, ce déverrouillage tardif va aussi permettre d’envoyer des Volontaires de solidarité internationale (VSI).

À côté de ces initiatives au plus près du terrain, La Guilde prépare enfin un ambitieux programme de rénovation d’un bâtiment emblématique à vocation culturelle, que nous espérons pouvoir conduire malgré la crise. Car au Liban, il faut se nourrir d’espoir envers et contre tout, s’abreuver de symboles qui réconfortent, et redoubler d’énergie aux côtés de ceux qui refusent obstinément l’effondrement.

Vincent Rattez


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L’édito de la lettre de mai

Cultiver ses racines.

Un article de Vincent RATTEZ


Lire la lettre dans son intégralité : Cultiver ses racines.

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[ Culture_G ]

« Dans une démocratie, chaque génération est un nouveau peuple »* : la conviction presque bicentenaire d’Alexis de Tocqueville demeure à la fois une promesse et un défi. La promesse est intacte, et La Guilde entend y contribuer à sa mesure depuis 50 ans en soutenant des itinéraires de vie et des projets qu’elle se réjouit de voir grandir, mûrir et prospérer.

Le défi est toutefois d’une ampleur inédite, et pas seulement parce que chancellent les démocraties. La puissance de feu des réseaux sociaux et de l’internet, la remise en cause presqu’illimitée des constructions sociales reçues, égarent au moins aussi souvent qu’elles n’éclairent. La part de voix des héritages, qu’on les nomme « classiques » en littérature, Histoire en politique ou documentaires en géostratégie, n’a jamais été aussi couverte par le brouhaha incessant qui entoure la jeunesse connectée au monde, au risque d’être déconnectée de ses fondements.

Amin Maalouf nous alerte ainsi : « nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait “verticalement”, d’une génération à la suivante ; alors que la transmission est de plus en plus “horizontale”, entre contemporains ».**

Pour un plus juste équilibre entre la verticalité qui construit et l’horizontalité qui élargit, La Guilde structure sa participation aux débats culturels et à la connaissance scientifique. Elle va proposer des écrivains, des reporters, des universitaires pointus, des expositions muséographiques et des aventuriers qui ne finissent jamais d’écrire et de filmer et d’explorer le monde, dans le sillage des grands anciens avant eux.

[ Culture_G ] sera à la jonction des humanités et des expériences individuelles, dont pourra se nourrir la communauté réunie au sein de La Guilde, volontaires dans les Alliances Françaises ou dans les réserves écologiques, bâtisseurs d’écoles ou de passerelles, visiteurs d’hospices ou de villages ensablés, aventuriers de tout poil, porteurs de projets solidaires sur tous les continents. Avec [ Culture_G ], puisse La Guilde faire grandir chez vous l’amour du monde.

Un rendez-vous hebdomadaire à retrouver sur Facebook, Instagram et Linkedin.

Vincent RATTEZ
Délégué Général

* De la démocratie en Amérique, 1835
** Le Naufrage des Civilisations, 2019

VIDEO – Dans les skateparks d’Accra, avec Surf Ghana

Skater pour mieux grandir : voilà le credo de Surf Ghana, association lauréate du programme Sport & Développement. Caméra en main, Antoine et Thomas sont allés les rencontrer. Moteur... action !

Un article de Sport & Développement


« Dès que je skate, tout devient parfait » affirme Daniel. Après lui vient un hip-hop suave, quelques pas de danse, et des tricks, évidemment. Puis c’est au tour de Sandy Alibo de prendre la parole. Sandy est la fondatrice de Surf Ghana, en 2016, « pour autonomiser les jeunes à travers la pratique des sports de glisse ». Les bases sont posées. Une histoire va pouvoir être déroulée pendant cinq minutes, illustrée par les images léchées d’Antoine et Thomas. Le fruit d’une collaboration réussie.

Comme sur des roulettes

À l’origine de la vidéo, il y a une association : Horizon Sport, fondée en 2013 par deux étudiantes de l’ESSEC. Leur but, promouvoir l’éducation par le sport en produisant des outils de communication pour les associations sur le terrain. Car « une vidéo de qualité coûte cher », rappelle Antoine, « et les images sont un super vecteur pour promouvoir ses actions auprès de sponsors ou de bénévoles ». Antoine et Thomas constituent la promotion 2020-2021 d’Horizon Sport. Tout juste sortis de leurs études respectives dans le management du sport et dans l’innovation sociale, ils ont repris le flambeau et les caméras. Après une formation, des films en Colombie et au Brésil, et une longue interruption due au Covid-19, ils ont atterri en Afrique, accompagnés par La Guilde.

Antoine salue ainsi le partenariat noué : « grâce au programme Sport & Développement, on est mis en relation avec des associations sérieuses, qui ont un vrai impact ». Ces association sont lauréates des appels à projets lancés par Sport & Développement. Une fois les structures sélectionnées par Horizon Sport, le contact est établi. Et ? « C’est indispensable ! » assure Antoine. « Quand on ne connait pas le terrain, il faut absolument pouvoir tomber sur un interlocuteur fiable. Là, il y a une relation de confiance qui s’instaure très rapidement entre tous les acteurs. » Un lien qui permet de jouer juste.

Échouer, recommencer, progresser

Une fois sur place, les reporters d’Horizon Sport vont vivre trois semaines avec l’association – qui, dans le cas de Surf Ghana, se présente avant tout comme un collectif. « L’idée est de ne pas être simple prestataire, mais de s’impliquer dans la vie de la structure », prolonge Antoine. Une manière de donner du relief à l’échange. Une façon, aussi, de cerner au mieux les ressorts d’une action : « la symbolique du skate est d’échouer et de recommencer, jusqu’à réussir. Pour les filles, c’est aussi un moyen de prendre des risques dans la rue. Et puis le skate est utilisé pour responsabiliser, donner des opportunités professionnelles à travers des shootings photos ou des skate camps, par exemple. » Un écosystème complet, qui demande une compréhension globale pour pouvoir être valorisé à sa juste mesure.

Que reste-t-il après trois semaines ? Des images évidemment, et avec elles le plaisir d’avoir filmé « un sport magnifique ». Des rencontres, comme celle de Sarah, interviewée dans la vidéo, « qui parle super bien de l’échec ». Des histoires enfin, à raconter, à partager, à diffuser. Pour montrer que, comme en Afrique du sud, la scène skate émergente au Ghana draine avec elle son lot de valeurs positives. Pour montrer que le foot, prochaine ligne d’Horizon Sport, a des vertus éducatives parfois insoupçonnées – ou oubliées. Et pour montrer la puissance de la créativité : au Brésil, c’est le ballet qui est utilisé pour aider les filles prises dans l’enfer de Cracolândia.

Propos recueillis par Eric Carpentier

MISE À JOUR : Antoine et Thomas continuent leur route à la rencontre des acteurs du sport et du développement. Ils sont récemment passés par Cape Coast, Accra, Ashaiman Jericho, Asiakwa village et Elmina pour mettre en images le travail de Play Soccer Ghana.


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Au Rwanda, la preuve par trois

Des financements privés, une expertise associative, des acteurs locaux : en quelques mois, La Guilde et ses partenaires ont pu financer deux microprojets de développement rural au Rwanda. Un lien parmi d'autres pour tisser une relation durable.

Un article de Microprojets


Objet – La Guilde et Hydroneo s’associent pour cofinancer des microprojets de développement communautaire dans les villages de Rwaramba et Rugarama au Rwanda : 20 avril 2020, une convention de partenariat est signée avec Hydroneo, une entreprise qui « développe, finance, construit et exploite des petites et moyennes centrales d’énergies renouvelables » en Afrique, selon ses termes. Treize mois plus tard, l’Abbé Théogène Ngoboka, directeur local de Caritas Cyangugu, peut écrire au pôle Microprojets les lignes suivantes, reproduites ici avec son autorisation : « Hier, nous avons accueilli votre Président, M. Macron. Sa visite est bien saluée au Rwanda, son discours est bien accueilli. C’est un bon signe du réchauffement de nos relations, ce qui nous ouvrira beaucoup d’opportunités ». Des mots engageants pour traduire des faits : en un an et malgré un contexte compliqué par la situation sanitaire, le rythme a été soutenu – par toutes les parties.

Identification, évaluation

En mai 2021 donc, deux microprojets ont reçu les premiers versements qui doivent leur permettre de lancer une dynamique pour, in fine, gagner leur indépendance. Entre temps, chacun a mis en œuvre ses compétences. Pendant qu’Hydroneo développait deux petites centrales hydroélectriques (capacité totale 1,3MW) sur la zone rurale de Nyirahindwe, La Guilde activait la recherche de projets viables. Avec Caritas Cyangugu, son partenaire local, 28 projets sont dans un premier temps identifiés. Une analyse de terrain précieuse au-delà de cet appel à projets spécifique.

En novembre 2020, c’est au tour de Thierry Barbaut, responsable du numérique et spécialiste du Rwanda à La Guilde, de se rendre sur place. Alors qu’il est en mission d’évaluation des six microprojets soutenus avec l’Agence française de développement (5) ou Sport en Commun (1), il parcourt les six heures de routes et de pistes séparant Kigali des villages de Rwaramba et Rugarama, à l’ouest du pays. Il peut rencontrer les porteurs de projets, évaluer leur viabilité et leur potentiel de développement. Il peut aussi éclaircir le rôle de chacun pour une meilleure compréhension entre tous. Les informations récoltées sont compilées puis traitées par le pôle Microprojets. Quatre actions sont retenues, chiffre finalement réduit à deux des suites de la pandémie de Covid-19.

Mise en oeuvre

Le but de ces projets, promouvoir des activités génératrices de revenus dans le district le plus pauvre du pays, Nyamasheke, avec un taux de pauvreté de 69,3 %, contre 38,2 % au niveau national (EICV5, 2016/17). « Les deux projets choisis sont l’embouche bovine et l’éducation financière et la formation entrepreneuriale aux membres des tontines dans les villages de Rwaramba et Rugarama » explique l’Abbé Théogène Ngoboka. Le premier axe de développement implique de constituer un noyau de taurillons à engraisser durant six mois, soit un taurillon pour deux bénéficiaires. « Pour renforcer la solidarité dans le noyau, deux bénéficiaires qui partagent un taurillon sont responsables des activités durant les six mois d’embouche, poursuit l’Abbé Ngoboka. Ainsi, les deux  bénéficiaires vont s’autocontrôler au regard du comité directeur du groupement, qui assurera l’arbitrage et la vente du taurillon ». Par ailleurs, « les bénéficiaires directs du projet sont en priorité des femmes, pour renforcer la position des femmes dans la prise de décision, aussi bien dans leurs ménages que dans la communauté. »

Quant au second projet retenu, il s’adresse aux tontines, ces groupes d’épargne et de crédit collectifs. L’éducation financière a pour but de permettre aux membres des tontines de « bien planifier les épargnes et les crédits, de bien gérer leur argent et de faire les bons choix financiers en ce qui concerne les revenus et les dépenses ». Mais cela ne s’arrête pas là, assure l’Abbé Ngoboka : « la Caritas Cyangugu  va faciliter les relations entre les tontines et les institutions de microfinance pour l’accès aux crédits externes. Et grâce à la formation à l’entrepreneuriat rural, les tontines auront acquis les compétences nécessaires pour continuer leurs activités de manière autonome à la fin du projet ». Alors seulement, les parties prenantes auront atteint leur objectif initial.

Propos recueillis par Eric Carpentier


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L’édito de la lettre de mars

Que vive l'aventure !

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Que vive l’aventure !

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Depuis 1992, La Guilde organise le festival des Écrans de l’aventure avec la ville de Dijon. En 2021, pour fêter les 30 ans d’une collaboration incroyablement riche et porteuse de sens, toute l’équipe de La Guilde est mobilisée pour vous proposer une édition exceptionnelle.

Ce festival vous fera revivre des moments forts de trois décennies d’aventures. Il proposera également les meilleurs films et livres de l’année, ainsi que des échanges uniques avec des aventuriers audacieux et engagés, curieux des autres et soucieux de nous faire découvrir la beauté fragile de notre planète.

En octobre 2020, l’édition était passée entre les gouttes des restrictions sanitaires, réunissant près de 10 000 spectateurs. En 2021, les Écrans comptent bien voir le soleil se lever sur des mondes inconnus !

Nous vous donnons rendez-vous régulièrement, dans cette lettre et sur les canaux de communication des Écrans de l’aventure (siteFacebookInstagramTwitter), pour ne rien rater de la mise en place de cette édition anniversaire.

Les 30 ans du festival Écrans de l’aventure auront lieu la semaine du 11 au 17 octobre 2021 à Dijon.

A bientôt, tous ensemble,

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe des Écrans de l’aventure

Soutien à la reconstruction du Liban : une première étape auprès des créateurs

Le 4 août dernier, une double explosion a ravagé plusieurs quartiers de Beyrouth et abimé tout un pays. La Guilde a voulu réagir et apporter son soutien aux populations touchées, suivant ses domaines d’expertise. Première étape, auprès des artisans d'art et créateurs.

Un article de Cécile Massie, consultante - coordinatrice projets au Moyen-Orient


« Nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait “verticalement”, d’une génération à la suivante, au sein des familles, des clans, des nations et des communautés de croyants ; alors que la vraie transmission est de plus en plus “horizontale”, entre contemporains, qu’ils se connaissent ou pas, qu’ils s’aiment ou se détestent. »

Amin Maalouf, Le naufrage des civilisations

Les deux quartiers les plus touchés autour du port de Beyrouth ont été ceux de Gemmayzeh et de Mar Mikhael, particulièrement connus pour leurs cafés et leurs ateliers d’art. La première phase de reconstruction des habitations et de secours auprès de la population était en cours, la Guilde a voulu réfléchir à l’étape suivante, celle de l’aide au patrimoine culturel et entrepreneurial de ces quartiers.

Avec la contribution décisive de la Fondation du Grand-Duché du Luxembourg et l’expertise du pôle Microprojets de La Guilde, nous avons lancé le projet de soutien aux artisans d’art et créateurs de Beyrouth en novembre 2020. Modeste, dotée d’une enveloppe de 18 000 euros, cette première action a été suivie d’un appel à microprojets de plus grande envergure, pour le soutien des petites associations libanaises et françaises, lancé le 5 janvier 2021.

A travers cette première étape, ce sont cinq entrepreneurs, dont quatre femmes, qui ont pu être soutenus. Les besoins étant divers (restauration des locaux, ré-équipement en matériel de production, informatique…), La Guilde a choisi de répondre aux spécificités de chacun avec un maximum de flexibilité : de la restauration du showroom de Sandra Mansour, créatrice de prêt-à-porter haut de gamme qui emploie 14 couturières, au rachat des ordinateurs de l’architecte Karine Fakhry, dont le cabinet FaR Architects a représenté le Liban à la Triennale de Milan en 2016.

Si La Guilde s’est rendue sur place à Beyrouth, en cours de projet, la présence d’un partenaire opérationnel local était indispensable. L’association libanaise Beit el Baraka, en la personne de sa présidente Maya Chams Ibrahimchah, a immédiatement répondu à notre sollicitation. Ses équipes, déjà profondément impliquées dans le soutien à la population beyrouthine, ont suivi chaque dossier avec une efficacité et un professionnalisme remarquable.

L’équipe de Beit el Baraka dans l’atelier de Sandra Mansour – photo Cécile Massie

Les liens entre le Liban et la France remontent à loin et ne bénéficient pas seulement aux héritiers directs des deux pays tel Amin Maalouf. Français comme Libanais sont enrichis par de telles initiatives de coopération, sans ignorer pour autant les défis historiques. Entreprendre de petits actes de solidarité dans les deux sens, s’assurer que les artistes continuent à pouvoir créer et évoluer dans des environnements dans lesquels s’épanouir, soutenir les organisations qui cherchent à améliorer le quotidien des populations locales, tout cela contribue à une transmission horizontale.

Afin de poursuivre son action au Liban, La Guilde a donc lancé l’appel à projet « Liban 2021 ». En collaboration avec l’Agence française de développement et la Fondation de France, ce programme vise à soutenir le tissu associatif, pour la mise en œuvre de projets de reconstruction matérielle, sociale, économique ou humaine.

L’édito de la lettre de janvier

Fixer la lanterne

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Fixer la lanterne

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La Guilde, en 2021, demeure et se réinvente, avec la sagesse de ses cinquante ans et la curiosité des guetteurs d’horizon. Notre ambition est tout entière contenue dans le trait de René Char choisi pour accompagner nos vœux : « L’impossible, nous ne l’atteignons pas mais il nous sert de lanterne ».

La Guilde se réinvente par ses forces rassemblées, dressées contre l’habitude, celles des ouvreurs de route – ces Compagnons de La Guilde éparpillés autour du globe, ces jeunes Volontaires de solidarité internationale ou du Service civique qui s’engagent sous toutes les latitudes pour incarner le donner et le recevoir, ces centaines de porteurs de projets animés parfois de leur seule volonté de hisser l’avenir au-dessus du présent, ces arpenteurs d’océans, de forêts, de sommets, de déserts, jamais assoiffés. Les voici, nos lanternes ! Elles éclairent d’immenses paysages, territoires de la conquête du sens, ce saut qui transforme l’expérience en conscience. Ces lanternes s’éclairent aussi les unes les autres, et forment un ciel étoilé.

Les traversées 2021 de La Guilde, comme toutes celles du demi-siècle passé, ne peuvent s’envisager que dans la puissance du collectif. Nous aurons à cœur de partager les valeurs qui fondent la solidarité, à l’international comme en France, et déclenchent l’aventure humaine. Déjà un an, un an d’effroi pandémique, de frontières redessinées, de peuples repliés, d’échanges sociaux profondément modifiés : beaucoup de choses à réinventer. De notre côté, nous rechercherons la preuve par l’action, et pourquoi pas l’échec quelquefois, par la force du témoignage, l’enseignement des rapports d’activité décrivant succès et difficultés, les récits écrits et filmés qui seront proposés à notre festival, à l’automne d’une année 2021 qui marque ses trente ans.

Tout cela avec vous, membres de l’association, amis et donateurs, avec tous ceux qui tressent un peu de leur avenir à travers mille initiatives, avec de nouveaux partenaires appelés à nous rejoindre.

A bientôt. Avec vous.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

L’édito de la lettre de décembre

Aider le Liban, reflet d’un monde abîmé

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Aider le Liban, reflet d’un monde abîmé

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Au compteur des activités de La Guilde en 2020 figurent 180 microprojets soutenus à travers le monde ; le double de 2019, avec une attention égale pour la fabrication de masques sanitaires au Kivu ou un programme d’éducation de la jeunesse à la santé par le sport au Mozambique. Quel bilan !

À côté de ces actions ciblées, qui impliquent aussi un renforcement de notre organisation, de jeunes volontaires commencent à repartir sur le terrain de leurs missions, au gré des autorisations administratives. Quel soulagement pour une organisation de jeunesse !

En cette fin d’année, notre regard se porte particulièrement vers le Liban, pays ruiné, épuisé par des crises multiples et que l’explosion du port de Beyrouth est venu mettre un peu plus à genoux. Nous ne laisserons pas les Libanais seuls dans la difficulté. La Guilde a mis en œuvre un premier microprojet au profit de quelques artisans situés près de l’explosion, en aidant cinq ateliers à ré-ouvrir.

Et dans cette veine pragmatique, La Guilde lance un appel à microprojets dédié au Liban (TOUTES LES INFORMATIONS ICI), pour que fleurissent des initiatives locales donnant aux Libanais davantage de moyens de se relever. Avec l’appui décisif de la Fondation de France et de l’Agence française de développement, nous comptons ainsi apporter notre contribution, échoppe par échoppe, petit pas après petit pas. Et nous manifestons l’amitié franco-libanaise qui nous tient à cœur dans la tempête. Le lancement officiel de cette campagne interviendra le 4 janvier prochain. Voilà qui nous projette à la fois vers l’action et 2021.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde