Soutien à la reconstruction du Liban : une première étape auprès des créateurs

Le 4 août dernier, une double explosion a ravagé plusieurs quartiers de Beyrouth et abimé tout un pays. La Guilde a voulu réagir et apporter son soutien aux populations touchées, suivant ses domaines d’expertise. Première étape, auprès des artisans d'art et créateurs.

Un article de Cécile Massie, consultante - coordinatrice projets au Moyen-Orient


« Nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait « verticalement », d’une génération à la suivante, au sein des familles, des clans, des nations et des communautés de croyants ; alors que la vraie transmission est de plus en plus « horizontale », entre contemporains, qu’ils se connaissent ou pas, qu’ils s’aiment ou se détestent. »

Amin Maalouf, Le naufrage des civilisations

Les deux quartiers les plus touchés autour du port de Beyrouth ont été ceux de Gemmayzeh et de Mar Mikhael, particulièrement connus pour leurs cafés et leurs ateliers d’art. La première phase de reconstruction des habitations et de secours auprès de la population était en cours, la Guilde a voulu réfléchir à l’étape suivante, celle de l’aide au patrimoine culturel et entrepreneurial de ces quartiers.

Avec la contribution décisive de la Fondation du Grand-Duché du Luxembourg et l’expertise du pôle Microprojets de La Guilde, nous avons lancé le projet de soutien aux artisans d’art et créateurs de Beyrouth en novembre 2020. Modeste, dotée d’une enveloppe de 18 000 euros, cette première action a été suivie d’un appel à microprojets de plus grande envergure, pour le soutien des petites associations libanaises et françaises, lancé le 5 janvier 2021.

A travers cette première étape, ce sont cinq entrepreneurs, dont quatre femmes, qui ont pu être soutenus. Les besoins étant divers (restauration des locaux, ré-équipement en matériel de production, informatique…), La Guilde a choisi de répondre aux spécificités de chacun avec un maximum de flexibilité : de la restauration du showroom de Sandra Mansour, créatrice de prêt-à-porter haut de gamme qui emploie 14 couturières, au rachat des ordinateurs de l’architecte Karine Fakhry, dont le cabinet FaR Architects a représenté le Liban à la Triennale de Milan en 2016.

Si La Guilde s’est rendue sur place à Beyrouth, en cours de projet, la présence d’un partenaire opérationnel local était indispensable. L’association libanaise Beit el Baraka, en la personne de sa présidente Maya Chams Ibrahimchah, a immédiatement répondu à notre sollicitation. Ses équipes, déjà profondément impliquées dans le soutien à la population beyrouthine, ont suivi chaque dossier avec une efficacité et un professionnalisme remarquable.

L’équipe de Beit el Baraka dans l’atelier de Sandra Mansour – photo Cécile Massie

Les liens entre le Liban et la France remontent à loin et ne bénéficient pas seulement aux héritiers directs des deux pays tel Amin Maalouf. Français comme Libanais sont enrichis par de telles initiatives de coopération, sans ignorer pour autant les défis historiques. Entreprendre de petits actes de solidarité dans les deux sens, s’assurer que les artistes continuent à pouvoir créer et évoluer dans des environnements dans lesquels s’épanouir, soutenir les organisations qui cherchent à améliorer le quotidien des populations locales, tout cela contribue à une transmission horizontale.

Afin de poursuivre son action au Liban, La Guilde a donc lancé l’appel à projet « Liban 2021 ». En collaboration avec l’Agence française de développement et la Fondation de France, ce programme vise à soutenir le tissu associatif, pour la mise en œuvre de projets de reconstruction matérielle, sociale, économique ou humaine.