Beirut Awiy(ée), faire force de tout bois

Depuis l’explosion au port de Beyrouth en août 2020 et dans un contexte politico-économique dramatique, La Guilde s’est résolument tournée vers le Liban. En soutenant les initiatives locales, elle affiche son espoir de voir un pays relevé par son peuple. Exemple avec le projet Beirut Awiy(ée), « Beyrouth la forte », qui associe aide aux familles en difficultés et action en faveur de l’autonomisation des femmes.

Un article de Microprojets


De retour de mission au Liban fin juin 2022, Vincent Rattez, Délégué général de La Guilde, livre ces quelques mots : « Le pays s’enfonce toujours plus dans la misère. Les Libanais font face envers et contre tout. Beaucoup démissionnent de leur métier pour survivre de petits boulots. D’autres fuient le pays pour les mêmes raisons. Les écoles et hôpitaux se vident. Le carburant et l’électricité deviennent un luxe. La Guilde démultiplie ses efforts auprès de ceux qui ne lâchent rien. Merci au Ministère des affaires étrangères, de l’Agence française de développement et à la Fondation de France qui nous accompagnent dans cet engagement. »


4 août 2020. Il est presque 18h et Anastasia Elrouss s’apprête à perdre sa maison, son atelier et ses archives. Mais dans son malheur, l’architecte verra le plus important préservé : sa famille, qui ne se trouve pas à ce moment-là dans le quartier de Gemmayzé soufflé par l’explosion ; ses idées, que personne ne peut lui enlever ; et sa volonté, solidement arrimée à ses idées.

Femmes de chantiers

Cela fait alors trois ans qu’une pensée a germé : elle s’appelle Warch(ée) (« Chantier », version féminisée), c’est une ONG qui vise à « abattre les obstacles liés aux inégalités de genre dans la sphère professionnelle ». Un enjeu majeur dans le monde d’Anastasia Elrouss – celui du bâtiment – et pas seulement au Liban. « Le projet Warch(ée), explique-t-elle, est le résultat de rencontres entre des femmes qui n’étaient pas destinées à se rencontrer, n’était-ce leur profession. Le fait est que des femmes étudient l’architecture, l’ingénierie, l’urbanisme, mais sont rarement présentes sur les chantiers ou dans les instances de décisions ; c’est alarmant ».

Alors Anastasia et ses consoeurs s’unissent. Et suite à l’explosion, elles passent à l’action. Objectif : « reconstruire la ville avec et par les femmes ». Le programme Beirut Awiy(ée) est né. Lauréat de l’appel à projets Liban lancé par La Guilde, avec le soutien de l’Agence française de développement et la Fondation de France, Beirut Awiy(ée) ambitionne de remettre Beyrouth d’équerre, planche après planche s’il le faut. Sans oublier son combat d’origine.

Construire des meubles, abattre des murs

Il ne faut que quelques semaines pour mettre en place un centre de formation à la menuiserie, prêt à accueillir plusieurs dizaines de femmes en situation de précarité. Le mobilier y est pensé pour être adapté à l’urgence, modulable et duplicable rapidement ; la formation, elle, est rémunérée, avec un horizon pérenne pour ses bénéficiaires. Développer de nouvelles compétences, gagner son autonomie financière et s’impliquer dans la vie de la cité : un triptyque solide sur lequel s’appuyer. Qui gagne rapidement l’adhésion de partenaires et porte ses premiers fruits.

Ainsi Paula, 29 ans, qui travaillait dans une échoppe jusqu’à ce que la crise économique ne lui permette plus de faire face au coût de la vie. En rencontrant Anastasia – « qui croit à l’émancipation des femmes » – Paula intègre la formation en menuiserie. Un travail qui lui apporte une sécurité financière et davantage de stabilité dans sa vie. Mais surtout, la conviction qu’elle peut dépasser ses barrières psychologiques : « la première fois que j’ai vu les machines énormes, mon cœur battait ! Mais quand je me suis dit qu’on pouvait utiliser une scie chez soi, alors on pouvait en utiliser une électrique à l’atelier. C’est quand même moins fatiguant ! » Et donc accessible aux femmes comme aux hommes, réalise-t-elle.

Et Paula de conclure par un message : « à chaque fille, à chaque femme : faites ce qui vous plait ! Personne ne devrait dépendre de personne, parce qu’à la fin vous ne pouvez compter que sur vous-même. C’est moi qui construis ma vie. Personne d’autre ne peut le faire à ma place ! » Encore faut-il le réaliser. Voilà précisément le rôle d’Anastasia Elrouss et de tant d’autres. Une action indispensable.


Pour aller plus loin


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Amoureux du réel

L'édito de la lettre de janvier

Un article de La Guilde


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2022 s’annonce incroyablement dense. Les catastrophes se sont multipliées à travers le monde – surtout vers l’Est – laissant des pays exsangues. Humblement, avec audace et expérience, La Guilde se retrousse les manches pour aider ceux qui veulent rebâtir.

Le sort s’est acharné sur le Liban, La Guilde s’acharne à accompagner l’enthousiasme édifiant des Libanais. Les microprojets fleurissent : dispensaires, accès à l’éducation ou même menuiserie d’urgence, l’esprit d’entreprise est admirable et nous considérons que c’est un honneur de pouvoir les aider, avec la reconnaissance marquée de l’Agence française de développement, prometteuse d’engagements plus profonds. Nous poursuivrons et appuierons encore nos efforts cette année.

Encore plus à l’Est et à contre-courant de bien des puissances occidentales, La Guilde reste aux côtés des Afghanes et des Afghans. Dans ce pays bouleversé, nous voulons simplement nous mettre au service des populations et apporter, entre deux vêtements chauds, un parfum de culture, de musique et d’espérance. Évidemment la situation est complexe ; notre premier pas a été le recrutement d’un acteur local, la suite commence à se préparer.

La Guilde aime faire ce dont les autres rêvent. Nos contemporains rêvent donc tous d’aller s’engager aux côtés d’autres hommes, souvent lointains ? En tous cas, à tous ceux qui ont cette aspiration, La Guilde et ses adhérents proposent leur aide.

Toute l’équipe de La Guilde vous souhaite une excellente année. Qu’elle soit amoureusement ancrée dans la beauté de notre monde, aussi âpre que chargée d’espoir.

Vincent FARRET D’ASTIÈS
Président de La Guilde

L’édito de la lettre de novembre

Aider, agir, saluer

Un article de La Guilde


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Dans une note que je partage avec vous, Irène Beucler, représentante de La Guilde au Liban, résume la situation sur place :

« « Kifak ? Ça va ? » Cette salutation libanaise prévaut toujours dans les cafés, les universités ou dans la rue ; mais elle a perdu de sa chaleur, qui faisait le charme des Libanais. Peut-on leur en vouloir ? À un peuple dont on vante les mérites dans l’art de rebondir et de renaître de ses cendres, on doit aussi reconnaître le droit d’être épuisé, las de devoir encaisser trop de coups. La crise sanitaire au Liban est venue s’ajouter à une crise politique, économique et sociale émergente depuis 2019 et qui, avec la terrible explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, a fait sombrer le pays dans l’apocalypse. L’inflation galopante de la livre libanaise, les pénuries d’électricité, le rationnement des médicaments, du lait infantile et de certains produits alimentaires plongent la majorité des foyers libanais dans la précarité. La faim tenaille les pauvres, et la pauvreté gagne un terrain impensable encore il y a deux ans. Des tensions intercommunautaires resurgissent. Ceux qui peuvent fuient. L’unique signe d’espérance actuellement, c’est la solidarité de l’appui international et la générosité de nombreux Libanais et étrangers qui aident les habitants à surnager. Avec eux, nous devons tenir plus que jamais. »

C’est dans ce Liban que La Guilde plonge tête la première, en continuité de ses engagements en cours en Irak et en Syrie. Depuis l’explosion du port de Beyrouth, nous avons soutenu une douzaine de projets de terrain mis en œuvre par les Libanais eux-mêmes. Avec l’aide de l’Agence française de développement et de la Fondation de France, nous élargissons notre action pour une deuxième phase avec six d’entre eux. Nous voulons aussi multiplier les opportunités de volontariat au Liban pour de jeunes Français : les Libanais demandent ce soutien moral et cette présence au quotidien dans le drame que traverse leur pays.

Alors que Noël approche, votre don sera la manifestation de notre amitié vers un pays unique. Les Libanais ne baissent pas les bras ; avec votre aide, nous non plus.

Je donne pour soutenir l’action de La Guilde au Liban

D’avance merci,

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

Appel à dons : aider le Liban, avec vous

La Guilde lance un appel aux dons pour soutenir les actions de reconstruction et de développement lancées par et pour les Libanais.

Un article de La Guilde


Redonner l’espoir, construire l’avenir

Suite à l’explosion du 4 août 2020, et face à la crise épouvantable que traverse le Liban depuis 2019, La Guilde s’est mobilisée avec plusieurs structures locales œuvrant au plus près de la population.

En 2021, La Guilde soutient onze projets locaux et envoie, avec ses partenaires, des volontaires au Liban depuis que les contraintes Covid le permettent. Plus de 3 000 personnes dans six secteurs (santé, formation professionnelle, enfance, éducation, culture, environnement) bénéficient de ces actions.

En 2022, La Guilde souhaite amplifier, avec vous, son engagement aux côtés d’un ami historique de la France.

Ensemble, affichons notre solidarité avec le peuple libanais.

Une présence historique

Dès la fin de la guerre civile, La Guilde initiait un projet agricole pionnier au sud du Liban. D’autres ont suivi, et nombre de jeunes Français ont découvert le Liban par des missions humanitaires de La Guilde. Trente ans plus tard, les Libanais ont de nouveau besoin d’aide ; nous répondons à l’appel.

La Guilde en janvier 2021 a reçu le soutien de l’Agence française de développement et de la Fondation de France pour agir. Avec une monnaie dévaluée à plus de 90% et des services publics en faillite, les besoins sont partout. Nous devons diversifier notre action vers l’aide alimentaire, l’accès aux soins et aux biens de première nécessité. Non seulement à Beyrouth, mais aussi dans les régions rurales.

Forte de son expérience du terrain, La Guilde renforce de petites organisations locales et aide les Libanais entreprenants à développer de nouvelles initiatives.

Encouragez l’élan collectif !

Parmi les projets soutenus

Zoom sur 3 projets accompagnés :

  • Beirut Awiyée (« Beyrouth la forte ») : formation rémunérée à la menuiserie de 40 femmes en situation de précarité, incluant la réalisation d’un kit d’urgence de mobilier modulaire à destination des ménages ayant subi des dommages post explosion.
  • Cercle de la Jeunesse Catholique : distribution de 250 repas quotidiens et de 750 caisses hebdomadaires contenant des denrées alimentaires et des biens de première nécessité. Accès gratuit aux soins pour 300 patients touchés par la précarité à cause de la crise.
  • Urban Trees : initiative étudiante pour la plantation de 500 arbres dans des jardins de Beyrouth affectés par l’explosion, symboles de résilience et d’espoirs dans le lendemain.

Nous pouvons toujours faire plus.

Au Liban, entre exaspération et mobilisation

Vincent Rattez, Délégué Général de La Guilde, est parti au Liban visiter les microprojets soutenus et préparer le développement des activités de La Guilde sur le terrain, dans un contexte de crise financière et humanitaire. Il livre son regard sur la situation.

Un article de La Guilde


En ce mois de juin 2021, les Libanais sont de plus en plus nombreux à fréquenter les soupes populaires. La Guilde est aux côtés de deux d’entre elles, au cœur de Beyrouth. Des personnes âgées et des familles parfaitement insérées sont du nombre. La société civile se mobilise comme jamais, cherchant de nouvelles solutions à chaque fois que la situation se détériore. Et elle se détériore sans cesse.

Les Libanais ne peuvent plus accéder à leur propre épargne bancaire depuis plus d’un an ; la Livre libanaise (LL) s’échange chez l’épicier au cours de 18.000 LL contre 1 USD, dix fois en dessous du taux officiel. Dans un pays qui importe l’essentiel de ses bien de consommation, c’est donc un effondrement total de revenus qui frappe les Libanais. Les forces vives s’envolent vers l’étranger tandis que l’appareil politique demeure impassible, invisible et inactif, suscitant une colère sans précédent au sein des communautés.

Reconstruire, repartir, rénover

La Guilde soutient à Beyrouth une douzaine d’initiatives au total, ces « microprojets » qui vont de la réfection d’un atelier de couture détruit par l’explosion du port de Beyrouth à la mise en place d’un atelier-école de menuiserie qui donnera formation et emploi à des femmes peu qualifiées, en passant par du soutien psycho-social et, donc, du soutien aux soupes populaires.

La Guilde a par ailleurs accueilli avec soulagement l’autorisation du Quai d’Orsay, le 9 juin dernier, d’envoyer à nouveau des volontaires français au Liban. Chez notre partenaire Sesobel – la plus grande institution privée du pays dans la prise en charge du handicap chez les mineurs –, c’est la perspective d’accueillir six aide-éducateurs français en Service civique qui renaît. Chez arcenciel, regroupement d’entreprises sociales de référence, ce déverrouillage tardif va aussi permettre d’envoyer des Volontaires de solidarité internationale (VSI).

À côté de ces initiatives au plus près du terrain, La Guilde prépare enfin un ambitieux programme de rénovation d’un bâtiment emblématique à vocation culturelle, que nous espérons pouvoir conduire malgré la crise. Car au Liban, il faut se nourrir d’espoir envers et contre tout, s’abreuver de symboles qui réconfortent, et redoubler d’énergie aux côtés de ceux qui refusent obstinément l’effondrement.

Vincent Rattez


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L’édito de la lettre d’avril

Découvrir. Comprendre. Explorer.

Un article de Vincent GARRIGUES


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Culture du dialogue

La Guilde aime les grands chantiers. Elle ose, par tradition. Née de l’histoire du 20e s., notre maison doit faire son chemin entre les balises de la post-modernité, en acceptant de confronter son goût fondamental de l’action en profondeur au nouvel acteur orwellien du débat public, cette conversation globalisée qui commente en mode flash beaucoup plus qu’elle n’agit.

La communication, il s’agit bien d’elle, c’est un peu l’affaire de tous : chacun se sent fondé d’exister à travers elle, tant le reflet de l’ensemble embarque les facettes de chacun.

Notre communication doit donc porter le témoignage de ce que j’appellerais notre « mission », ou notre « fonction sociale » : oser la permanence têtue de l’engagement par l’action, aller vers les autres pour bâtir un patrimoine de l’en-commun et inscrire les actes dans la geste la plus sensée qui soit. Nous savons, avec Hannah Arendt, qu’être isolé, c’est être privé de la capacité d’agir.

Les outils digitaux – ces fascinants sillages qui produisent autant d’étincelles que d’effroi – aiguillonnent un désir mimétique, et forgent une emprise plus qu’une empreinte ; notre défi apparaît donc d’abord culturel. Les femmes et les hommes de La Guilde, dans chacune de leurs actions sur la terre humaine, donnent et reçoivent. Cet échange symbolique, et bien réel, se tisse volontiers dans les ailleurs, lesquels n’existent que parce qu’il y a un ici. Sur ce chemin, notre récit se dresse contre les entreprises de séparation, affirmant sa vocation à fortifier le dialogue, à jeter des ponts, à tendre des livres.

Lorsque tout se bouscule, que tant d’inquiétudes virevoltent entre charivari du net et doxa propagandiste, notre ambition de communiquer nous propulse comme bâtisseurs enthousiastes de mémoires et d’innovations.

En partageant sa bibliothèque, en organisant un grand festival de films, en animant ses canaux sociaux, à travers sites et plate-formes, avec ses nouvelles visio-sessions aventurières, La Guilde veut explorer tous les territoires de la rencontre.

Vincent GARRIGUES
Responsable de la communication institutionnelle

Soutien à la reconstruction du Liban : une première étape auprès des créateurs

Le 4 août dernier, une double explosion a ravagé plusieurs quartiers de Beyrouth et abimé tout un pays. La Guilde a voulu réagir et apporter son soutien aux populations touchées, suivant ses domaines d’expertise. Première étape, auprès des artisans d'art et créateurs.

Un article de Cécile Massie, consultante - coordinatrice projets au Moyen-Orient


« Nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait « verticalement », d’une génération à la suivante, au sein des familles, des clans, des nations et des communautés de croyants ; alors que la vraie transmission est de plus en plus « horizontale », entre contemporains, qu’ils se connaissent ou pas, qu’ils s’aiment ou se détestent. »

Amin Maalouf, Le naufrage des civilisations

Les deux quartiers les plus touchés autour du port de Beyrouth ont été ceux de Gemmayzeh et de Mar Mikhael, particulièrement connus pour leurs cafés et leurs ateliers d’art. La première phase de reconstruction des habitations et de secours auprès de la population était en cours, la Guilde a voulu réfléchir à l’étape suivante, celle de l’aide au patrimoine culturel et entrepreneurial de ces quartiers.

Avec la contribution décisive de la Fondation du Grand-Duché du Luxembourg et l’expertise du pôle Microprojets de La Guilde, nous avons lancé le projet de soutien aux artisans d’art et créateurs de Beyrouth en novembre 2020. Modeste, dotée d’une enveloppe de 18 000 euros, cette première action a été suivie d’un appel à microprojets de plus grande envergure, pour le soutien des petites associations libanaises et françaises, lancé le 5 janvier 2021.

A travers cette première étape, ce sont cinq entrepreneurs, dont quatre femmes, qui ont pu être soutenus. Les besoins étant divers (restauration des locaux, ré-équipement en matériel de production, informatique…), La Guilde a choisi de répondre aux spécificités de chacun avec un maximum de flexibilité : de la restauration du showroom de Sandra Mansour, créatrice de prêt-à-porter haut de gamme qui emploie 14 couturières, au rachat des ordinateurs de l’architecte Karine Fakhry, dont le cabinet FaR Architects a représenté le Liban à la Triennale de Milan en 2016.

Si La Guilde s’est rendue sur place à Beyrouth, en cours de projet, la présence d’un partenaire opérationnel local était indispensable. L’association libanaise Beit el Baraka, en la personne de sa présidente Maya Chams Ibrahimchah, a immédiatement répondu à notre sollicitation. Ses équipes, déjà profondément impliquées dans le soutien à la population beyrouthine, ont suivi chaque dossier avec une efficacité et un professionnalisme remarquable.

L’équipe de Beit el Baraka dans l’atelier de Sandra Mansour – photo Cécile Massie

Les liens entre le Liban et la France remontent à loin et ne bénéficient pas seulement aux héritiers directs des deux pays tel Amin Maalouf. Français comme Libanais sont enrichis par de telles initiatives de coopération, sans ignorer pour autant les défis historiques. Entreprendre de petits actes de solidarité dans les deux sens, s’assurer que les artistes continuent à pouvoir créer et évoluer dans des environnements dans lesquels s’épanouir, soutenir les organisations qui cherchent à améliorer le quotidien des populations locales, tout cela contribue à une transmission horizontale.

Afin de poursuivre son action au Liban, La Guilde a donc lancé l’appel à projet « Liban 2021 ». En collaboration avec l’Agence française de développement et la Fondation de France, ce programme vise à soutenir le tissu associatif, pour la mise en œuvre de projets de reconstruction matérielle, sociale, économique ou humaine.

L’édito de la lettre de janvier

Fixer la lanterne

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Fixer la lanterne

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La Guilde, en 2021, demeure et se réinvente, avec la sagesse de ses cinquante ans et la curiosité des guetteurs d’horizon. Notre ambition est tout entière contenue dans le trait de René Char choisi pour accompagner nos vœux : « L’impossible, nous ne l’atteignons pas mais il nous sert de lanterne ».

La Guilde se réinvente par ses forces rassemblées, dressées contre l’habitude, celles des ouvreurs de route – ces Compagnons de La Guilde éparpillés autour du globe, ces jeunes Volontaires de solidarité internationale ou du Service civique qui s’engagent sous toutes les latitudes pour incarner le donner et le recevoir, ces centaines de porteurs de projets animés parfois de leur seule volonté de hisser l’avenir au-dessus du présent, ces arpenteurs d’océans, de forêts, de sommets, de déserts, jamais assoiffés. Les voici, nos lanternes ! Elles éclairent d’immenses paysages, territoires de la conquête du sens, ce saut qui transforme l’expérience en conscience. Ces lanternes s’éclairent aussi les unes les autres, et forment un ciel étoilé.

Les traversées 2021 de La Guilde, comme toutes celles du demi-siècle passé, ne peuvent s’envisager que dans la puissance du collectif. Nous aurons à cœur de partager les valeurs qui fondent la solidarité, à l’international comme en France, et déclenchent l’aventure humaine. Déjà un an, un an d’effroi pandémique, de frontières redessinées, de peuples repliés, d’échanges sociaux profondément modifiés : beaucoup de choses à réinventer. De notre côté, nous rechercherons la preuve par l’action, et pourquoi pas l’échec quelquefois, par la force du témoignage, l’enseignement des rapports d’activité décrivant succès et difficultés, les récits écrits et filmés qui seront proposés à notre festival, à l’automne d’une année 2021 qui marque ses trente ans.

Tout cela avec vous, membres de l’association, amis et donateurs, avec tous ceux qui tressent un peu de leur avenir à travers mille initiatives, avec de nouveaux partenaires appelés à nous rejoindre.

A bientôt. Avec vous.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

L’édito de la lettre de décembre

Aider le Liban, reflet d’un monde abîmé

Un article de Vincent Rattez


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Au compteur des activités de La Guilde en 2020 figurent 180 microprojets soutenus à travers le monde ; le double de 2019, avec une attention égale pour la fabrication de masques sanitaires au Kivu ou un programme d’éducation de la jeunesse à la santé par le sport au Mozambique. Quel bilan !

À côté de ces actions ciblées, qui impliquent aussi un renforcement de notre organisation, de jeunes volontaires commencent à repartir sur le terrain de leurs missions, au gré des autorisations administratives. Quel soulagement pour une organisation de jeunesse !

En cette fin d’année, notre regard se porte particulièrement vers le Liban, pays ruiné, épuisé par des crises multiples et que l’explosion du port de Beyrouth est venu mettre un peu plus à genoux. Nous ne laisserons pas les Libanais seuls dans la difficulté. La Guilde a mis en œuvre un premier microprojet au profit de quelques artisans situés près de l’explosion, en aidant cinq ateliers à ré-ouvrir.

Et dans cette veine pragmatique, La Guilde lance un appel à microprojets dédié au Liban (TOUTES LES INFORMATIONS ICI), pour que fleurissent des initiatives locales donnant aux Libanais davantage de moyens de se relever. Avec l’appui décisif de la Fondation de France et de l’Agence française de développement, nous comptons ainsi apporter notre contribution, échoppe par échoppe, petit pas après petit pas. Et nous manifestons l’amitié franco-libanaise qui nous tient à cœur dans la tempête. Le lancement officiel de cette campagne interviendra le 4 janvier prochain. Voilà qui nous projette à la fois vers l’action et 2021.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

Appel spécial «Liban 2021»

Après la première urgence… aidons les Libanais à reconstruire leur avenir.

Un article de La Guilde


La Guilde, à travers son pôle Microprojets, lance avec le soutien de l’Agence française de développement et de la Fondation de France un appel à microprojets de développement spécifique pour le Liban – Grand Beyrouth –  suite à l’explosion survenue au port de Beyrouth le 4 août 2020.

Les petites associations françaises (moins de 130 000 EUR de ressources annuelles) et libanaises (moins de 250 000 USD de ressources annuelles) de plus de 2 ans d’existence sont éligibles à cet appel à projets.

Ces structures peuvent solliciter un soutien financier compris entre 5 000 et 20 000 euros, représentant un maximum de 75% du budget.

Pour des actions liées à la catastrophe qui a touché Beyrouth et sa périphérie urbaine et rurale :  

  • reconstruction et réhabilitation de bâtiments (en priorité collectifs et/ou communautaires),
  • équipement et matériel (en priorité médical, scolaire, culturel ou tout autre matériel d’intérêt général),
  • projet de production/transformation/distribution alimentaire ou de biens de première nécessité
  • approvisionnement en eau ou en énergie
  • actions sociales ou psychosociales,
  • relance et développement d’activités génératrices de revenus,
  • formations et renforcement de capacités des organisations, etc.

Les modalités de demande de financement, de versement des fonds et compte-rendu sont simplifiées et dématérialisées sur le site : www.portailsolidaire.org

Les dossiers seront instruits par le pôle Microprojets de La Guilde ainsi que par des experts externes. La décision sera rendue la semaine du 15 mars 2021 après la date de clôture de l’appel à projets fixée au mardi 16 février 23h59, heure de Paris.

Cet appel à projets vise également à renforcer les liens entre les organisations françaises et libanaises, qui sont invitées à développer des partenariats à cette occasion.

Cette initiative reçoit le soutien de l’Agence française de développement et de la Fondation de France, pour un montant de 200 000 €. La Guilde présentera certains microprojets à d’autres partenaires pour élargir autant que possible les appuis financiers.

L’appel à projet sera ouvert sur www.portailsolidaire.org le mardi 5 janvier 2021


Contacts :

Cécile Vilnet

cecile.vilnet@la-guilde.org
La Guilde Communication +33 6 40 46 05 42