« La persévérance permet de résister à la tentation de l’abandon »

Elsa Peny Etienne et Jean-Louis Etienne seront les invités d’honneur de l’ouverture de la 31e édition des Écrans de l’aventure, du 13 au 16 octobre à Dijon. À deux mois de l’évènement, ils partagent les dernières actualités du projet Polar Pod et les ressorts de leur fonctionnement en duo.

Un article de Aventure


Le futur navire avitailleur de la plateforme Polar Pod s’appellera Persévérance. Persévérer, c’est un mot qui vous est cher ?

Jean-Louis Etienne – C’est un symbole de l’engagement. Cela fait 40 ans que je fais des expéditions et je me rends compte que ce qui les a menées à leur terme, c’est la persévérance. Quand on a une idée forte, il faut y consacrer du temps du travail. On peut avoir des faiblesses, on n’est pas inoxydables, mais la persévérance permet de résister à la tentation de l’abandon. C’est la seule façon d’arriver au bout de ses projets.

Elsa Peny Etienne – On aurait pu appeler le bateau Opiniâtreté, mais c’était plus joli, Persévérance !

Y a-t-il une référence à l’Endurance, le bateau mythique de Sir Ernest Shackleton dont l’épave a été retrouvée en 2022 ?

JLE – Non, l’Endurance a coulé ! (rires) Mais voilà un exemple de persévérance. Shackleton a tenté trois fois le pôle Sud, il n’a jamais réussi, mais il a toujours ramené ses hommes, il s’est sorti de tous les pièges grâce à de la persévérance et beaucoup d’audace. Endurance, persévérance : les deux se combinent pour faire aller au bout de l’accomplissement. Il y a une filiation d’esprit.

A quel stade d’avancement est le chantier de Persévérance ?

EPE – L’assemblage des modules est terminé, la quille est posée et les moteurs arrivent. Ça avance malgré les pénuries de matériaux et les problèmes de transport. Le bateau devrait être livré en mars 2023. D’ailleurs, juste avant de venir aux Écrans de l’aventure (du 13 au 16 octobre, ndlr), je vais aller voir et suivre les aménagements intérieurs du bateau au Vietnam.

Avant de devenir le navire avitailleur de Polar Pod, Persévérance va avoir une première vie…

EPE – Oui, il va proposer des expéditions touristiques. Cela permet de partager notre travail tout en finançant une partie des programmes. Mais c’est un défi dans les aménagements : c’est un bateau de travail, qui va aussi accueillir du public. Et c’est très compliqué de faire quelque chose de bien agencé dans un espace restreint qui n’est pas fait pour ça.

JLE – On a eu pendant près de 10 ans Antarctica (goélette construite en 1989 à l’initiative de Jean-Louis Etienne, désormais connue en tant que Tara, ndlr) pour des programmes scientifiques. On avait des partenaires, mais c’est toujours fragile quand on dépend totalement des sponsors. Donc on a tenu à ce qu’en plus de sa dimension scientifique, Persévérance ait une capacite économique. Il va être équipé pour le rentabiliser avec des croisières de qualité. Mais alors, dès que vous mettez des passagers à bord, vous soulevez des dossiers géants de contraintes administratives et réglementaires…

Ces contraintes, les aurez-vous sur Polar Pod ?

EPE – Non mais il y en a d’autres ! Pour Polar Pod le suivi est fait par l’État, via l’Ifremer.

JLE – Polar Pod, c’est un partenariat public-privé : l’État investi dans la construction, avec l’Ifremer qui tient la ligne, et il nous revient l’exploitation, c’est-à-dire le financement et l’organisation de l’expédition elle-même.

Quelle est l’étincelle qui pousse à se lancer dans un projet de cette envergure ?

JLE – Au départ, il y a une attente de la communauté scientifique. L’océan Austral est mal étudié : il est difficile d’accès, les expéditions sont coûteuses, et celles qui sont lancées se font l’été. Les publications scientifiques ont toujours la même conclusion : « on a besoin de mesurer in situ sur une longue durée ». L’équation était donc de construire un vaisseau pour séjourner sur l’océan, au milieu des tempêtes, dans des bonnes conditions de sécurité et de confort. On a travaillé sur l’idée simple d’un flotteur vertical qui aurait 80 mètres de tirant d’eau et serait pris dans les eaux profondes, stable car indépendant de l’agitation de surface. C’est cette stabilité verticale qui permet d’envisager de séjourner dans les cinquantièmes hurlants. Et comme il est entrainé par le courant circumpolaire, il est autonome. Polar Pod est une plateforme d’acquisition de données sur le climat, la biodiversité, l’impact anthropique et l’océanographie spatiale.

Ce Polar Pod, c’est une suite logique de vos premières expéditions et la conquête du pôle Nord en solitaire, en 1986 ?

JLE – La première expédition que j’ai montée, en 1979, j’y étais comme un alpiniste va tenter une ascension ; ensuite le pôle Nord a été mon Everest, mon cap Horn après toutes celles que j’avais accompagnées comme médecin. Moi, j’aime la construction autour de zones difficiles d’accès : le ballon rozière (Generali Arctic Observer, première traversée de l’océan Arctique en ballon, 2010, ndlr), le dirigeable (Total Pole Airship, détruit quelques mois avant l’expédition prévue, 2008, ndlr), la capsule Mission Banquise (trois mois de dérive arctique, 2002, ndlr), Antarctica, etc. Je suis un bâtisseur. Il y a un comité scientifique, et avec Elsa on fait la médiation : pour aller chercher les partenaires d’abord, puis à travers des projets pédagogiques. Ça, c’est quelque chose qui nous anime depuis toujours : la transmission.


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Vous travaillez en binôme depuis toutes ces années. Comment fonctionnez-vous ensemble ?

EPE – Je n’avais jamais trop souhaité apparaître, même si cela fait 25 ans que je monte les expés avec Jean-Louis. Mais on sent qu’il y a une demande des partenaires, de mon équipe aussi, composée de beaucoup de femmes. Il y a une demande de voir ce qu’il se passe « derrière ». Donc je me fais violence ! (rires)

JLE – Moi je joue le violon et puis une fois qu’il y a un partenariat à construire, des attentes à harmoniser en fonction de l’investissement, c’est le métier d’Elsa.

EPE – Quand on est en réunion, les gens écoute Jean-Louis, ils sont très heureux de sa poésie, de sa vision, mais à un moment ils s’inquiètent ! (rires) Et là je suis plus concrète, j’ai les mains dans le cambouis, ils comprennent qu’on va parler le même langage.

JLE – Elsa a cette double culture, elle a fait les Beaux-Arts à Normale Sup’, elle a la créativité et la structuration, donc elle sait faire ce grand écart. Car il faut aussi inventer la communication sur ce projet. Quand vous faites une course ou un record, c’est le chrono ou la réalisation qui font parler ; mais sur un projet comme ça, il faut inventer des passerelles entre ce qu’il se passe sur le terrain et le public, pour transmettre l’information d’une manière attractive.

EPE – On est en train d’essayer de répartir les rôles, mais honnêtement on se consulte vraiment sur tous les sujets. Il y a une magie qui fonctionne très bien quand on est tous les deux.

Depuis tout ce temps, y a-t-il un moment qui résonne plus particulièrement ?

JLE – L’expédition qu’on a faite à Clipperton (en 2005, ndlr), dans laquelle on est partis en famille. Notre fils avait 9 mois, il a appris à marcher sur Clipperton. C’était une vraie aventure, sur une île déserte avec des enfants si petits, à trois jours de mer de la côte. Il y avait cette réciprocité de confiance qui nous a permis une collaboration jusqu’à la famille complète. Voilà un exemple.


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Vous avez également participé aux Écrans de l’aventure

JLE – Je me souviens très bien avoir fait une conférence pour les 10 ans du pôle Nord en solitaire, en 1996 donc.

EPE – Il me semble que tu y étais aussi l’année où j’étais enceinte d’Eliot. J’avais failli accoucher, donc tu as fait ton intervention et tu es reparti immédiatement dans la nuit !

JLE – C’est ça, en 2001 ! Finalement Eliot est né en novembre.

John Anderson (Danemark), Bertrand Piccard (Suisse), Mike Horn (Suisse), Hubert de Chevigny (France), Borge Ousland (Norvège), Jean-Louis Etienne (France) et Patrice Franceschi (France) aux Écrans de l’aventure 2001.

Propos recueillis par Eric Carpentier


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Hubert de Chevigny : « explorer ses talents jusqu’au bout »

Explorateur polaire, pionnier de l'ULM, concepteur d'avions... Hubert de Chevingy a placé sa vie sous le sceau de l'action. Président pendant 15 ans et désormais Compagnon de La Guilde, l'homme se confie sur les ressorts de l'aventure, depuis la terre qui le fait vivre aujourd'hui.

Un article de La Guilde


Que répondiez-vous quand on vous interrogeait sur votre métier ?

C’était le grand problème de mes enfants à l’école : ils mettaient toujours des choses différentes ! Quand je construisais mes avions d’exploration, je leur disais de mettre « armateur », parce que j’armais un avion comme autrefois un bateau pour la navigation. Ou ingénieur, tout simplement. Je m’en aperçois maintenant que je suis plus âgé : quand on discute avec des amis aux parcours plus classiques, pour eux j’étais un OVNI ! C’est comme ça, j’ai toujours été attiré par l’aérien, la troisième dimension…

Vous dites avoir toujours été attiré par l’aérien, pourtant vous avez une formation de forestier. C’est pour le moins ancré dans la terre…

J’ai fait des études de forestier pas tant par passion pour la forêt, mais pour le prétexte. Premier stage, Suède hivernale ; deuxième, Canada. J’étais aussi attiré par le Nord ! Et là, être déposé en hydravion a été une révélation. Quand on vous largue dans le Grand Nord avec une tente et des vivres pour un mois, qu’il faut marcher à la boussole pour faire des relevés, c’est déjà de l’exploration.

Par la suite, l’Arctique a été votre grande passion. Qu’est-ce qui vous y attire ?

Le fait que c’est un immense terrain de jeu ! Le Canada, c’est environ 4 500 km d’est en ouest, autant vers le nord, qui va jusqu’à 800 km du pôle. Il y a le terrain des Indiens, puis des Inuits, et enfin le High Arctic qui n’appartient à personne parce que ce sont des endroits où on ne vit pas, on survit. J’ai vite réalisé que pour évoluer dans ce décor, on dépend toujours des avions. C’est comme ça que je me suis mis à en construire. Quand j’y repense, je n’ai jamais croisé quelqu’un d’autre qui se baladait en avion privé en Arctique, et encore moins construit sur ses idées ! J’ai eu le privilège d’évoluer dans ces terrains de façon totalement libre, sans être tributaire des Twin Otters (avions bimoteurs, ndlr).

Pouvez-vous identifier un moment déclencheur dans votre parcours d’explorateur polaire ?

Au début des années 80, comme j’étais un pionnier de l’ULM, des journalistes sont venus me voir. J’avais eu un gros article de 7-8 pages dans le Figaro Magazine, et du coup un explorateur polaire, propriétaire de l’actuel Vagabond des Brossier, m’a contacté pour me dire qu’il avait besoin d’un poisson-pilote pour le guider à travers les glaces et qu’un ULM serait parfait. Ça me permet de monter ma première expédition vers le pôle Nord magnétique (Hubert de Chevigny est le premier pilote à avoir atteint le pôle Nord magnétique en ULM, en 1982, ndlr)


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C’est à partir de là que se forme l’idée de faire de votre passion un métier, voire une vie ?

J’avais déjà fait de l’ULM mon métier. Avant, on faisait de l’aile delta avec Bertrand Piccard. Et comme j’étais un pionnier de l’ULM, on a créé la première compagnie, qu’on a appelé la SARL ULM. C’est comme ça qu’ULM est devenu un nom générique en France. J’avais le choix entre traduire le nom anglais microlight, ou le nom américain ultra light motorized. J’ai choisi ultra léger motorisé, ça a donné ULM.

De là à multiplier les explorations en ULM, il y a un gouffre !

C’est que j’aimais conjuguer l’élément aérien et le goût de l’exploration dans les grands espaces. J’ai fait mon premier voyage touristique l’année dernière ! J’ai toujours voyagé pour des expéditions, des émissions de télé… En revenant du pôle Nord géographique avec Nicolas Hulot en 1987, il a lancé Ushuaïa. Notre petite notoriété lui a permis de passer de la radio à la télévision. D’un coup, il fallait faire une émission par semaine, avec beaucoup d’argent pour le faire.

En 1998, vous parliez de « vie facile » : ça correspond à cette période ?

Jusqu’à 1991 et la première guerre du Golfe, l’argent pour la communication ruisselait dans les entreprises, vraiment. Dès qu’un skipper avait fait une course, il créait une boîte d’incentive et des entreprises venaient à son bord faire des stages de motivation. C’était l’époque où tout le monde faisait du saut à l’élastique, parce que les DRH pensaient que c’était une bonne idée. Ils avaient plein d’argent pour développer ce genre de choses. Et nous, les sponsors faisaient la queue ! Et puis ça s’est arrêté brutalement, et j’ai lancé la conception de mes avions d’exploration polaire.

Que vous ont appris ces années d’exploration aérienne sur vous-même ?

Qu’en fait, ce qui intéressant, c’est d’aller explorer ses talents jusqu’au bout. On a chacun des talents et des défauts. Moi, l’un de mes talents est l’anticipation. J’ai piloté toutes sortes d’avions, hydravions, hélicoptères, j’ai pratiqué la plongée… mais sans jamais avoir une grande expérience. Parce que j’avais la faculté d’anticiper les choses, de voir où seraient les problèmes, les failles, les précautions à prendre, et là où on peut y aller. Je n’avais pas besoin d’être chevronné dans une discipline pour assurer. C’est prétentieux ce que je dis ! Mais c’est vraiment ça. Et l’exploration arctique, c’est ça aussi : vivre en milieu hostile en ayant anticipé tous les problèmes.

Avez-vous l’esprit de compétition ?

Ce n’est pas mon moteur. On me l’a reproché, ne pas courir après les médias, ne pas raconter la moindre petite expédition. Mais ce qui m’intéresse sur une expédition, ce n’est pas de l’exploiter, c’est de me pencher sur la prochaine. C’est une marche d’escalier qu’il faut monter, en mettant parfois au point certaines techniques qui permettent de réaliser des choses auxquelles personne n’a pensé. Mais ce n’est pas grave : moi, je l’ai pensé !


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À vous écouter, l’extraordinaire paraît normal…

Je me rends de plus en plus compte qu’au fond, il y a un ressort qui n’existe peut-être pas chez tout le monde. Ce n’est pas une recherche de l’extraordinaire, je ne me réveille pas un matin en me disant « tiens, qu’est-ce qui n’a jamais été fait ? » Je n’ai pas de problème d’ego.

Alors, quel est ce fameux ressort ?

C’est d’avoir une idée en tête et de ne pas pouvoir penser à autre chose avant de l’avoir réalisée. C’est assez étonnant, ça vous occupe tellement le cerveau qu’il n’y a plus de place pour rien d’autre. Alors quand on arrive à la fin d’une expédition, que ça fait deux, trois ans qu’on œuvre à la réaliser, il y a un grand vide. On se dit « tiens, tout ce qu’il y a d’important dans la vie, je l’ai mis de côté ». Il faut rebâtir. Ou repartir sur un nouveau projet. C’est souvent ce que j’ai fait.

Ça a impliqué des sacrifices sur le plan personnel ?

Valérie, mon épouse, était généralement en charge des camps de base. On a fait des enfants assez tard parce qu’on avait une vie de saltimbanques, on était tout le temps à droite, à gauche, et pas forcément ensemble. Quand on est arrivé au pôle Nord en 1987, on est rentré dans un Twin Otter. Notre radio faisait du bricolage à Resolute Bay et me dit « Hubert, j’ai Valérie, tu peux lui parler deux minutes ». Je l’appelle et je lui demande si elle veut m’épouser. Silence… « Valérie tu m’entends ? – Oui ! – Mais oui quoi ? – Oui oui je suis d’accord ! – OK ! » Et Gérard le radio nous dit que c’est terminé. Tout ça pour dire que j’avais tout mis de côté pendant deux ans et d’un coup, passée la ligne d’arrivée, qu’est-ce qu’il y a d’important dans ma vie ? Là c’était le mariage. Ce qui est drôle, c’est que j’ai parlé à travers la HF de l’avion, donc tous les pilotes dans un rayon de 3 000 km ont entendu. Quand on s’est posé six heures plus tard, tout le monde me félicitait. Mais pas pour le pôle, pour le mariage ! (rires) C’est des souvenirs, ça…

Vous avez été président de La Guilde pendant 15 ans. Que représente-t-elle pour vous ? Quelle est sa fonction ?

Sur le plan humain, je dois dire que je n’ai eu que des rencontres heureuses à La Guilde, des gens formidables. Notre rôle est de créer des conditions favorables pour que les jeunes puissent s’exprimer et s’épanouir, tant dans l’aventure que dans un humanitaire engagé. Un jour, des jeunes sont venus me voir. Ils me disent « on a des chiens de traineaux, on veut faire une expédition pour apporter des médicaments aux Inuits. – Attendez les gars, je ne veux pas vous décevoir, mais quand ils ne vont pas bien, les Inuits appellent l’avion sanitaire, il vient et les amène à Montréal. On n’est plus dans Tintin ! » Mais je leur demande d’où viennent leurs chiens. Ils me disent qu’ils viennent de la SPA et qu’ils les ont entrainés. En fait, ces jeunes avaient pris des chiens de banlieues pour en faire des seigneurs du Grand Nord. C’est ça l’idée ! C’était beau, généreux, démerdard, ça avait toutes les qualités d’une belle expédition. Et ils voulaient le maquiller en humanitaire mal placé. Voilà le genre de service que peut rendre La Guilde.

Aujourd’hui, vous êtes Compagnon de La Guilde. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Je pense que c’est parti de cette idée que depuis plus de 50 ans, La Guilde a vu passer beaucoup de jeunes, certains ont eu des vies passionnantes, et il ne faut pas les perdre de vue. C’est une merveilleuse idée de réunir tous ces aventuriers et humanitaires qui sont des gens dispersés à droite à gauche et qui ne se croisent jamais, sinon à Dijon. Ce que je vois à travers ces Compagnons, c’est la volonté de dire qu’on a eu des vies atypiques, qui nous ont comblées, et qu’il faut transmettre cet état d’esprit.

Peut-on parler de retraite pour un explorateur ?

Je n’ai jamais construit une retraite ! Et je suis très heureux de continuer à travailler, parce que c’est socialement, intellectuellement et physiquement passionnant. Dans la propriété que nous avons acquise avec ma femme, où nous accueillons des gens du monde entier, je fais plus d’heures de tracteurs aujourd’hui que je n’ai jamais fait d’heures d’hélicoptère ou d’ULM. Et j’en suis très content !

Propos recueillis par Eric Carpentier

Article initialement publié en juillet 2021


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Lever de rideau sur la 31e édition des Écrans de l’aventure

Après une édition anniversaire remarquable avec près de 16 000 entrées, la 31e édition du festival Les Écrans de l'aventure ouvrira ses portes du 13 au 16 octobre à Dijon !

Un article de Aventure


La 31e édition des Écrans de l’aventure de Dijon est lancée et vous donne rendez-vous du 13 au 16 octobre prochains à Dijon pour voir les meilleures productions audiovisuelles internationales et rencontrer aventuriers, voyageurs et professionnels de l’image.

Trois invités d’honneurs

Trois invités d’honneur marqueront la cérémonie d’ouverture animée par la navigatrice
Anne Quéméré. : Elsa Peny Etienne, directrice de l’expédition Polar Pod, accompagnée du Docteur Jean-Louis Etienne, qui commenteront par ailleurs la spectaculaire exposition consacrée à Polar Pod sur les grilles du Jardin Darcy ; et Nicolas Vincent, directeur des opérations sous-marines de l’expédition Endurance22, à qui l’on doit la récente découverte du bateau mythique de Sir Ernest Shackleton par 3 000 mètres de fond dans « la
pire mer du monde
», la mer de Weddell.

L’affiche officielle des Écrans de l’aventure 2022 est tirée d’une photo de Sébastien Roubinet (actuellement sur l’expédition Nagalaqa, soutenue par La Guilde) tirée du projet La Voie du Pôle – dont le film a été doublement primé à Dijon en 2020 – pour lequel il est le seul Français à avoir reçu le Shackleton Award, en 2019.

Un souffle polaire symbolique, l’année de la découverte de l’épave de l’Endurance et de l’adoption par la France de sa première stratégie polaire !

Deux présidents de jurys

Deux présidents remettront respectivement les Toisons d’or du film et du livre d’aventure de l’année : Raphaël Domjan et Charles Wright.

Né le 19 janvier 1972 à Neuchâtel, Raphaël Domjan est un éco-explorateur et conférencier qui s’engage, au travers de sa fondation PlanetSolar, pour la promotion de l’énergie solaire afin de lutter contre les changements climatiques. Raphaël a initié en 2015 l’aventure SolarStratos, pour montrer le potentiel de l’énergie décarbonnée en atteignant la stratosphère grâce à son avion solaire. Le 18 juin dernier, il réalisait une première mondiale hautement symbolique, avec le vol en wingsuit de la « femme-oiseau » Géraldine Fasnacht, depuis l’aile de son avion en vol à la seule énergie du soleil.

Né en 1981, historien de formation, Charles Wright a été plume d’un ministre, éditeur, journaliste, avant de devenir novice dans un monastère cistercien. Il a notamment publié À quoi servent les moines ? (Éditions François Bourin, 2011) et Casanova ou l’essence des Lumières (Éditions Bernard Giovanangeli, 2008, Prix Guizot de l’Académie française). Son dernier récit, Le chemin des estives (Flammarion, 2021), mention spéciale du jury aux Écrans 2021, s’est vendu à plus de 40 000 exemplaires.

Une nouvelle identité visuelle

« Au coeur d’une volonté d’épure et d’un certain onirisme en phase avec le contenu du festival, le logo représente un cairn, figure universelle de l’itinérance, symbole d’une accumulation d’expériences établissant un repère et indiquant une direction. Une construction qui rappelle également les cabottes en pierres sèches parsemant les coteaux bourguignons » – Eric Carpentier, nouveau coordinateur du festival à la suite de sa directrice historique, Cléo Poussier-Cottel.

De nombreuses animations ponctueront le festival : projections, débats, expositions, rencontres, lectures, expériences… Le programme détaillé sera dévoilé à la rentrée !

Lire le communiqué de presse


Pour aller plus loin


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Beirut Awiy(ée), faire force de tout bois

Depuis l’explosion au port de Beyrouth en août 2020 et dans un contexte politico-économique dramatique, La Guilde s’est résolument tournée vers le Liban. En soutenant les initiatives locales, elle affiche son espoir de voir un pays relevé par son peuple. Exemple avec le projet Beirut Awiy(ée), « Beyrouth la forte », qui associe aide aux familles en difficultés et action en faveur de l’autonomisation des femmes.

Un article de Microprojets


De retour de mission au Liban fin juin 2022, Vincent Rattez, Délégué général de La Guilde, livre ces quelques mots : « Le pays s’enfonce toujours plus dans la misère. Les Libanais font face envers et contre tout. Beaucoup démissionnent de leur métier pour survivre de petits boulots. D’autres fuient le pays pour les mêmes raisons. Les écoles et hôpitaux se vident. Le carburant et l’électricité deviennent un luxe. La Guilde démultiplie ses efforts auprès de ceux qui ne lâchent rien. Merci au Ministère des affaires étrangères, de l’Agence française de développement et à la Fondation de France qui nous accompagnent dans cet engagement. »


4 août 2020. Il est presque 18h et Anastasia Elrouss s’apprête à perdre sa maison, son atelier et ses archives. Mais dans son malheur, l’architecte verra le plus important préservé : sa famille, qui ne se trouve pas à ce moment-là dans le quartier de Gemmayzé soufflé par l’explosion ; ses idées, que personne ne peut lui enlever ; et sa volonté, solidement arrimée à ses idées.

Femmes de chantiers

Cela fait alors trois ans qu’une pensée a germé : elle s’appelle Warch(ée) (« Chantier », version féminisée), c’est une ONG qui vise à « abattre les obstacles liés aux inégalités de genre dans la sphère professionnelle ». Un enjeu majeur dans le monde d’Anastasia Elrouss – celui du bâtiment – et pas seulement au Liban. « Le projet Warch(ée), explique-t-elle, est le résultat de rencontres entre des femmes qui n’étaient pas destinées à se rencontrer, n’était-ce leur profession. Le fait est que des femmes étudient l’architecture, l’ingénierie, l’urbanisme, mais sont rarement présentes sur les chantiers ou dans les instances de décisions ; c’est alarmant ».

Alors Anastasia et ses consoeurs s’unissent. Et suite à l’explosion, elles passent à l’action. Objectif : « reconstruire la ville avec et par les femmes ». Le programme Beirut Awiy(ée) est né. Lauréat de l’appel à projets Liban lancé par La Guilde, avec le soutien de l’Agence française de développement et la Fondation de France, Beirut Awiy(ée) ambitionne de remettre Beyrouth d’équerre, planche après planche s’il le faut. Sans oublier son combat d’origine.

Construire des meubles, abattre des murs

Il ne faut que quelques semaines pour mettre en place un centre de formation à la menuiserie, prêt à accueillir plusieurs dizaines de femmes en situation de précarité. Le mobilier y est pensé pour être adapté à l’urgence, modulable et duplicable rapidement ; la formation, elle, est rémunérée, avec un horizon pérenne pour ses bénéficiaires. Développer de nouvelles compétences, gagner son autonomie financière et s’impliquer dans la vie de la cité : un triptyque solide sur lequel s’appuyer. Qui gagne rapidement l’adhésion de partenaires et porte ses premiers fruits.

Ainsi Paula, 29 ans, qui travaillait dans une échoppe jusqu’à ce que la crise économique ne lui permette plus de faire face au coût de la vie. En rencontrant Anastasia – « qui croit à l’émancipation des femmes » – Paula intègre la formation en menuiserie. Un travail qui lui apporte une sécurité financière et davantage de stabilité dans sa vie. Mais surtout, la conviction qu’elle peut dépasser ses barrières psychologiques : « la première fois que j’ai vu les machines énormes, mon cœur battait ! Mais quand je me suis dit qu’on pouvait utiliser une scie chez soi, alors on pouvait en utiliser une électrique à l’atelier. C’est quand même moins fatiguant ! » Et donc accessible aux femmes comme aux hommes, réalise-t-elle.

Et Paula de conclure par un message : « à chaque fille, à chaque femme : faites ce qui vous plait ! Personne ne devrait dépendre de personne, parce qu’à la fin vous ne pouvez compter que sur vous-même. C’est moi qui construis ma vie. Personne d’autre ne peut le faire à ma place ! » Encore faut-il le réaliser. Voilà précisément le rôle d’Anastasia Elrouss et de tant d’autres. Une action indispensable.


Pour aller plus loin


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Bourses de l’aventure 2022 : les lauréats !

Chaque année, La Guilde attribue les Bourses de l'aventure : un coup de pouce financier pour mettre en selle et sur la route. À vélo, en bateau, à pied ou en side-car, découvrez les lauréats 2022, tous curieux du monde.

Un article de Aventure


Au pays des brumes – un hiver balte

Par Sophie Planque et Jérémy Vaugeois.
Une bourse de 3 000 euros

Ni slaves, ni scandinaves, les pays des brumes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, sont mystérieux, proches et lointains à la fois. Au solstice d’hiver, le feu qui célèbre le retour du soleil ravive d’anciennes croyances millénaires oubliées dans le reste de l’Europe. Sophie Planque et Jérémy Vaugeois ont décidé de partir à vélo expérimenter l’hiver balte et chercher à rencontrer celles et ceux qui font vivre ces cultures ancestrales. Un héritage singulier qui nourrit un rapport profond à la nature.


La route bleue

Par Damien Castera et Vincent Colliard,
de juillet à novembre 2022.
Une bourse de 3 000 €

Les aventuriers Damien Castera et Vincent Colliard préparent une exploration tout en glisse sur un catamaran de type Hobie cat, non habitable et sans moteur, équipés d’une tente, d’un fusil et de deux planches de surf. Un départ prévu depuis Vancouver Island et une navigation de deux mois jusqu’à l’archipel de Haida Gwaii, à la frontière de l’Alaska, en utilisant la voile pour glisser au rythme des vents et le surf pour glisser au rythme des vagues. Les parapentistes ont créé le vol-bivouac pour explorer le ciel, ils utiliseront la nav-bivouac pour explorer la mer.


Side to side

Par Marc Bouzik et François Pons,
de début mai à fin août 2022.
Une bourse de 3 000 €

Marc Bouzik veut faire découvrir, en side-car, les confins de l’Asie centrale à son cousin François Pons, lourdement handicapé à la suite d’un accident de voiture, et ainsi lui redonner goût à la vie.


Des monts Célestes au Pamir

ParJérémy Bigé,
de début juin à fin août 2022.
Une bourse de 3 000 €

Jérémy Bigé veut relier à pied les capitales Bishkek (Kirghizistan) à Douchanbé (Tadjikistan) par une traversée inédite de 2 000 km hors des sentiers battus.


Into the wakes

Par Charlotte Oerther et Taina Postec,
de fin septembre 2022 à fin août 2023.
Une bourse de 3 000 €

Charlotte et Taina, réunies par une passion commune, la voile, se sont lancées le défi de faire le tour de l’Atlantique à la voile. Ce voyage répond au besoin urgent d’aller à la rencontre du monde qui les entoure, et de partager cette expérience. Étudiantes en école d’ingénieur à l’ENSTA Bretagne, elles souhaitent apporter une dimension à la fois scientifique et sociale au projet.


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TANDEM, épisode 7 : le bilan

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés en Service civique au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Septième épisode pour la première promotion de Tandems, à l'heure où la suivante est en préparation : le temps du bilan.

Un article de Volontariat


« Promouvoir le départ de jeunes sur des séjours longs à l’étranger, c’est un rêve que nous cultivons depuis longtemps. Quelques parcours de jeunes nous avaient, s’il en était besoin, prouvé l’extraordinaire apport de ces  expériences.

Sébastien et Bruno sont revenus transformés, c’est certain, et cela restera à jamais gravé dans leur mémoire. Un grand merci à La Guilde et à ses équipes du Service civique ; nous avons hâte d’accompagner les prochains départs. »

Olivier BRUGIAL, éducateur, Espace CESAME Sauvegarde du Val d’Oise


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« Ce volontariat a été une découverte de la vie hors de l’Europe.  Il y a des moments difficiles, qui font des histoires à raconter. Mais ce qui m’a vraiment marqué, c’est la vie dans la rue. Tout se passe dehors, c’est animé, de tôt le matin à tard le soir. Tu as un problème, les gens viennent t’aider, sont accueillants, ils font confiance. Quand on rentre, c’est un peu triste. L’ouverture que j’ai ramenée de là-bas, je vais la garder. »

Bruno FALCAO, volontaire TANDEM chez Gbobètô, Bénin

Bruno

« Il faut vraiment partir avec une grande ouverture d’esprit, à la découverte, savoir que ça peut être compliqué mais qu’il y aura toujours des points positifs. Découvrir et profiter de l’expérience. Le but, c’est changer de quotidien. Apprendre de nouvelles choses. Expérimenter des difficultés. Trouver des ouvertures. »

Sébastien MASDIER, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

« Notre quotidien, c’était le vivre-ensemble. Chacun est venu avec ce qu’il est, a apporté de ce qu’il savait. On s’est transformés. On encore plein de choses à découvrir ! »

Félicia DIALLO, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

Sébastien et Félicia

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« S’engager à l’international a été une excellente décision. En première année de master, j’ai souhaité faire une année de césure pour réfléchir à mon avenir. Et c’est une introspection à laquelle je me suis livrée lors de ce Service civique de huit mois. Cette immersion a changé mon rapport au monde, et tout particulièrement mon rapport à autrui.

L’enjeu de cet engagement à l’Alliance française de Turin était d’apprendre à vivre autrement, de s’adapter à un nouvel univers, de se découvrir et surtout de découvrir mon tandem : Marcia, une personne pétillante et inspirante, qui a été mon premier repère fiable dans ce nouvel environnement. Notre complémentarité a été notre force tout au long de cet engagement. Cette rencontre n’aurait pas eu lieu sans le dispositif du programme TANDEM proposé par La Guilde ; alors à ceux qui ont soif d’aventure, de rencontres, d’actions utiles : lancez-vous et plongez au cœur de cette belle initiative ! »

Justine TOURTE, volontaire TANDEM à l’Alliance française de Turin, Italie

Marcia et Justine

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« Officiellement, ma mission était d’aider à monter des projets de biodiversité et de protection de l’environnement – concrètement, c’était du travail d’ouvrier agricole. Mais c’est très bien de se retrouver les mains dans la terre ! Apprendre le cycle de production et de transformation, de la graine d’Artemisia au sachet de tisane ou à la liqueur.

Avec Maurice, mon binôme, on s’est bien entendus. C’était rassurant d’être avec lui en arrivant. Après, comme on n’avait pas exactement la même mission, chacun vivait sa vie de son côté. Donc quand on se retrouvait, on pouvait partager sans que ce soit pesant. Il y a bien eu quelques tensions, mais qui s’apparentent à une relation entre frère et sœur.

C’est une expérience qui va compter dans mon cursus d’ingénieur agronome, très utile pour ma vie professionnelle future. Cette opportunité qu’on nous donne, il faut savoir la saisir. Quand tu es jeune, c’est le bon moment. Donc si on a la chance de pouvoir le faire, il faut y aller ! »

Morgane ROQUIER, volontaire TANDEM à la ferme de Sichem, Togo

« C’était une expérience hors du commun ! Merci La Guilde ! »

Maurice DUPUICH, volontaire TANDEM à la bibliothèque de Sichem, Togo

Morgane et Maurice

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Pour aller plus loin


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Les Cafés de l’aventure – sur la grande muraille verte

Mardi 7 juin au Zango Les Halles (Paris 1er), partez de Dakar à Djibouti avec Élodie Arrault, les poches pleines de graines.

Un article de Aventure


Dadji, contraction de Dakar-Djibouti, est un projet de traversée du continent africain d’ouest en est, dans le sillage des objectifs de la grande muraille verte. Il s’agit d’une caravane de graines menée par Élodie Arrault qui s’effectuera à pied, à dromadaire, avec des ânes, en pirogue ou par quelconque moyen de transport le plus respectueux possible de l’environnement.

Ce périple vise à rencontrer les acteurs du Sahel qui protègent le vivant et luttent contre la désertification pour assurer leur survie et celle de notre planète, et à les relier entre eux pour mutualiser les savoir-faire. Départ prévu : septembre 2022.

« « N’est-ce pas vain ? » me demande-t-on ? Sûrement pas ! Tout ce qui est fait avec amour résonne dans l’âme des gens. Cette épopée humaniste et agro-écologique, c’est un appel, une quête née d’une absolue nécessite de répondre aux enjeux de notre Terre mère. Un long chemin semé de graines d’espoir. » – Élodie Arrault


Depuis 20 ans, le Zango accueille les Cafés de l’aventure organisés par La Guilde. Ils rassemblent de manière conviviale hommes et femmes animés par le même esprit de découverte du monde.

Tous les premiers mardis du mois (parfois le deuxième), rendez-vous à partir de 20h au Zango Les Halles (15 rue du Cygne 75001 Paris, métro Etienne Marcel), pour exposer vos projets ou partager un retour d’expédition, de manière informelle.

Pour que l’entrée reste gratuite, nous vous remercions de prendre une consommation avant de monter à l’étage ! Les réservations pour dîner avant ou après la soirée sont ouvertes auprès du Zango.

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Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana…

L'édito de la lettre d'avril

Un article de La Guilde


Lire la lettre dans son intégralité : Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana…

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription


Toute odyssée trouve son origine dans la guerre, toute odyssée est l’histoire d’un exil, toute odyssée se dilue dans le temps et la géographie. La Guilde, depuis sa fondation le sait. Autre savoir désolant : la résolution des grandes errances n’est pas toujours un retour rapide au pays. Pour plus de 60 000 Ukrainiens, cet exil les conduit en France, terre d’accueil et fin — ou étape — d’une longue route.

Leur voyage s’interrompt avec un goût amer : il a fallu quitter le pays abandonné à la ruine de la guerre dans l’espoir de trouver ailleurs un peu de paix. Cet espoir est le fruit de l’engagement des bénévoles de notre association Care 4 Ukraine, soutenue depuis le premier jour par La Guilde. Grâce aux efforts conjugués de nos deux organisations, près de 200 personnes sont déjà prises en charge par Care 4 Ukraine dans le cadre d’un programme de protection. Leurs noms : Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana et tant d’autres. Des vies normales brisées parmi les plus de cinq millions de naufragés.

Depuis un mois et le premier convoi à Przemysl en Pologne, d’autres ont suivi. Dans la ville de Przemysl, au centre humanitaire Tesco, où nous opérons, ils sont toujours 1300, en grande majorité enfants, femmes et vieillards, à passer chaque jour. Dans leur maigre bagage, les restes d’une vie emportée et l’espoir — car il demeure toujours — de revenir un jour sur les terres d’Ukraine.

Après deux mois de guerre, après l’élan des premiers jours, il faut permettre désormais le second souffle : celui d’une vie où nouvel habitat et nouvelles habitudes se rencontrent. C’est là que nos bénévoles et les familles françaises prennent soin de chacun, aident à construire un futur imprévu, loin des leurs, restés au combat ou mobilisés.

Comme eux, en nous aidant à votre mesure, vous pouvez faire vraiment la différence, redonner confiance, défaire la peur et, en somme, agir en fraternité.

Antoine KOWALSKI
Fondateur – Care 4 Ukraine

Les Cafés de l’aventure – sur le chemin de Saint-Jacques

Mardi 3 mai au Zango Les Halles (Paris 1er), marchez vers Compostelle avec la réalisatrice, écrivaine et psychologue Pauline Wald.

Un article de Aventure


A l’aube de ses 30 ans, Pauline quitte son travail et son appartement et se met à marcher seule en sac à dos, en partant d’Alsace, en direction de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne, avec l’envie de ralentir, de se connecter davantage à la nature, aux autres et à elle-même.

Durant ses 4 mois de marche à travers la France et l’Espagne, – environ 2 000 km à pied -, elle rencontre de nombreux pèlerins et leur demande ce qui les a amenés à se lancer sur ce chemin, et ce que cette aventure leur apporte : besoin de reconnexion à soi, désir de challenge, de rencontres ou encore quête spirituelle, chaque chemin est unique. C’est alors qu’un nouveau chemin s’offre à elle : sans formation dans l’audiovisuel, elle réalise le film Chemins de Vie, Marcher vers son Essentiel et entreprend une tournée de projections. Puis elle écrit le livre Marcher vers son essentiel (Éditions Eyrolles) qui retrace son cheminement intérieur pendant cette marche. 

Au Zango, Pauline Wald nous partagera les prises de conscience qu’elle a eu en marchant sur le chemin de Compostelle, et comment les appliquer dans son quotidien.


Depuis 20 ans, le Zango accueille les Cafés de l’aventure organisés par La Guilde. Ils rassemblent de manière conviviale hommes et femmes animés par le même esprit de découverte du monde.

Tous les premiers mardis du mois (parfois le deuxième), rendez-vous à partir de 20h au Zango Les Halles (15 rue du Cygne 75001 Paris, métro Etienne Marcel), pour exposer vos projets ou partager un retour d’expédition, de manière informelle.

Pour que l’entrée reste gratuite, nous vous remercions de prendre une consommation avant de monter à l’étage ! Les réservations pour dîner avant ou après la soirée sont ouvertes auprès du Zango.

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« Des gens nous parlaient depuis les toits »

En avril 2022, Radio Al-Salam fête ses sept ans. Interrogés par Shahad Alkhoury, journaliste de la radio depuis 2018, ses cofondateurs Hugues Dewavrin et le Docteur Frédéric Tissot reviennent sur une aventure plurielle.

Un article de La Guilde


Nous sommes avec le Docteur Frédéric Tissot et Hugues Dewavrin, présents dès le départ de l’histoire de la radio. Pouvez-vous vous présenter ?

Frédéric Tissot  Je suis médecin, je travaille avec une partie des Kurdes depuis octobre 1981. Après avoir exercé dans différents pays, j’ai été le premier Consul général de France à Erbil, au Kurdistan, entre 2008 et 2011.

Hugues Dewavrin  Je suis chef d’entreprise et vice-président de La Guilde, qui s’occupe de pays en post-crise. J’ai connu Frédéric en Afghanistan dans les années 2002-2003, où nous avions reconstruit un cinéma. Lorsque Frédéric a été nommé Consul général de France en 2008, nous avons organisé une grande manifestation de cinéma français et kurde à Erbil. Voilà comment nous nous sommes connus, appréciés et jamais quittés.

Comment s’est créée la radio, en 2015 ?

H.D. – Pendant l’été 2014 – c’était au début du mois d’août, tout le monde était en train de bronzer en France – nous avons appris que le nord de l’Irak était envahi par l’État islamique. Nous nous sommes tout de suite contactés avec Frédéric, parce que j’avais besoin qu’il m’explique la situation. Il m’a dit que c’était absolument épouvantable, que des centaines de milliers de réfugiés allaient arriver. Très rapidement, nous avons eu ensemble l’idée de monter une radio pour rendre service aux réfugiés. Dès l’automne, nous avons pris l’avion ensemble pour aller sur le terrain et affiner cette idée. Frédéric a été un élément-clé, car il bénéficie d’un grand respect local par son passage très important au consulat.

F.T. – Il fallait donner une voix à toutes ces personnes déplacées ou réfugiées, résultant de l’attaque de Daesh au niveau de Mossoul et Sinjar. Il ne fallait pas les laisser totalement isolées, mais pouvoir les accompagner dans ce déplacement, voire cet exil.


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H.D. – En comprenant que c’est le communautarisme fou de Daesh qui a mis tous ces gens dans la misère, des centaines de milliers de gens jetés sur la route pour des questions d’intolérance absolue, on s’est dit que le plus audacieux serait peut-être de créer une radio avec des sensibilités, des origines, des langues et des religions qui seraient toutes celles de la région. Qu’on montre ainsi qu’on peut travailler ensemble, réfléchir ensemble, vivre ensemble. La radio, c’était vraiment la vitrine de la tolérance, le contre-projet de celui que nous avions sous les yeux avec la violence de Daesh. Et on s’est dit que nous allions émettre très largement, pour que ce message de tolérance soit entendu dans les camps mais aussi au-delà. Un de nos très beaux souvenirs, c’est qu’à Mossoul, alors sous occupation de l’État islamique, des gens nous écoutaient et nous parlaient depuis les toits. Ce message de paix et de tolérance, on arrivait à l’emmener très loin. Ma plus grande fierté est là, d’avoir réussi à réunir dans la durée des gens qui ne pensent pas pareil, mais qui s’apprécient, se respectent et avancent dans la même direction. C’est la magie de Radio Al-Salam.

La situation du pays a beaucoup changé depuis la création de la radio. Qu’est-ce qui rend Radio Al-Salam différente aujourd‘hui, par rapport aux autres radios ?

F.T. – L’idée, c’était la lutte contre l’intolérance et la violence. Et ça, ça se maintient toujours, Radio Al-Salam est basée sur ces valeurs. Le fond même de ce que défend Radio Al-Salam est toujours actuel, il y a toujours besoin de partager ensemble, de respecter la parole de l’autre, d’écouter l’autre. Et c’est cela, toujours cela qui fait la radio, avec cette formidable équipe qui continue à faire vivre ce concept de radio de la paix.


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La radio fête son 7e anniversaire. Que pensez-vous de son évolution ?

H.D. – Il faut donner des bonnes nouvelles ! Le gouvernement français, qui a été assez sensible à la radio, a décidé de nous soutenir beaucoup plus officiellement via le soutien de l’Agence française de développement, qui va assoir la pérennité de la radio accompagné du soutien de la Région Île-de-France (sans oublier les soutiens du Ministère des affaires étrangères et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ndlr). Pour l’aspect matériel, la radio a de belles années devant elle. Pour le fond des choses, je ne peux qu’adhérer à ce que vient de dire Frédéric. Il faut rester sur des choix fondamentaux, rien n’est jamais acquis. Regardez : qui pouvait imaginer qu’il y allait avoir cette guerre abominable en Ukraine il y a à peine un mois ? En fait, le monde ne change pas autant qu’on le voudrait ; il reste violent, il reste intolérant, et ces vigies comme celle que constitue Radio Al-Salam, ces espèces de pôles de résistance, il faut y tenir comme à la prunelle de ses yeux. Alors ne changez rien et restons là le temps qu’il faut pour garantir que ce monde peut être, malgré tout, un peu meilleur.

Quels sont vos souhaits pour la Radio Al-Salam ?

F.T. – Je voudrais surtout remercier les personnalités, les associations et les partenaires grâce auxquels nous avons réussi, tous ensemble, à mener à bien cette radio. Je pense à Guillaume Battin et à son association Radio sans frontières, à l’Œuvre d’Orient, à Agnès b., à La Guilde, et bien sûr aux autorités gouvernementales et provinciales, notamment le gouverneur de la province d’Erbil, qui nous ont aidé à lancer la radio. Sept ans après, merci encore à toutes ces personnes qui se sont mobilisées pour que cette radio puisse être encore là, aujourd’hui.

H.D. – Bon anniversaire et longue vie à Radio Al-Salam !

Propos recueillis par Shahad Alkhoury


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