Une journée avec Samir, journaliste de Radio Al Salam au Kurdistan irakien

Nous avons suivi Samir Yahya, directeur adjoint de Radio Al Salam, dans son travail de terrain. Ce jour-là, Samir enquête sur les conditions de vie des populations du camp de Hasan Sham, un camp de déplacés irakiens localisé sur la route d'Erbil à Mossoul et peuplé d’environ 1500 familles.

Samir Yahya interroge les habitants du camp de Hasan Sham

Un article de Baptiste Violi, responsable de la coordination et du développement des programmes


Lors de son enquête, Samir Yahya va tour à tour interroger le manager du camp qui travaille pour la BCF (Barzani Charity Foundation), ainsi que divers habitants, femmes et hommes acceptant de répondre à son micro. Il rappelle que la mission de Radio Al Salam est justement de porter la voix des réfugiés et déplacés.

Samir Yahya avec le manager de la Barzani Charity Foundation

Les sujets abordés portent sur les conditions de vie et problèmes du quotidien, mais aussi sur l’organisation des élections  législatives irakiennes. La plupart des habitants sont originaires de Mossoul ou du village d’Hasan Sham à quelques kilomètres de là, que l’on traverse pour rejoindre le camp. Ce village a été abandonné par la population après avoir été repris par les peshmergas dans leur combat contre Daech. Certains vivent dans le camp depuis quatre ans et restent dans l’impossibilité de retourner chez eux. Non seulement pour des raisons politiques, mais également parce que leurs anciennes habitations n’ont pas été reconstruites, qu’il n’y a ni eau, ni électricité, et aucun service public.

Le camp de Hasan Sham

Alors que les autorités irakiennes prennent des mesures fortes pour inciter les populations déplacées à retourner dans leur ville ou région d’origine, les autorités du Kurdistan irakien continuent d’accueillir ceux qui ne peuvent rentrer chez eux ou craignent pour leur vie : ainsi, à Hasan Sham, tandis que du côté de l’Irak fédéral de nouveaux camps vont fermer dans les jours qui viennent, la BCF étudie la possibilité d’y recevoir 500 familles de plus. Le camp a une capacité d’accueil théorique de 10 000 personnes, cependant divers problèmes se poseraient, notamment celui du rationnement alimentaire ou de l’acceptation de la population déjà présente.

Quand il s’agit d’évoquer les élections  législatives irakiennes de 2021, qui doivent se tenir le 10 octobre (et pour lesquelles pour la première fois les populations déplacées par la guerre seront invitées à voter), les Irakiens qui acceptent de s’exprimer n’ont que désespoir à la bouche et formulent souvent un rejet catégorique à l’égard de partis politiques qu’ils considèrent corrompus.

A son retour dans les locaux de Radio Al Salam, à Erbil, Samir écrit son reportage