TANDEM, épisode 3 : Prendre conscience

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Troisième épisode : Prendre conscience.

Un article de Service civique


Prendre conscience…

Réaliser l’ampleur de la tâche, la fragilité de son action, s’interroger sur soi-même et son rapport au monde : lorsque l’on part en volontariat, cette période de questionnement surgit inévitablement. Le moment est documenté, les volontaires prévenus. Il s’agit alors de ne pas se laisser emporter par les vagues du doute. Mais bien d’en profiter pour prendre de la hauteur. Pour repartir de l’avant, après s’être joyeusement jeté à l’eau puis avoir essuyé les premières éclaboussures.

Cueillir le jour

Cette prise de conscience, Salomé l’expérimente et la verbalise. Elle est en Roumanie depuis trois mois, où elle forme un Tandem avec Julie au sein de l’association STEA. Depuis Satu Mare, Transylvanie, Salomé l’avoue : « le travail est différent de ce que j’imaginais ». Bien sûr, il s’agit d’accompagner enfants et jeunes des rues. Bien sûr, « ils sont ouverts, ils ont envie d’apprendre et c’est gratifiant de voir les progrès qu’ils font avec nous ». Sauf que Salomé a réalisé une chose : ce n’est que répété jour après jour pendant des semaines, des mois et des années, que le suivi portera ses fruits. « On fait du social, rappelle-t-elle, les résultats arrivent sur du long terme. Nous, on ne les verra pas ». Sans compter que l’envie de tout donner à l’arrivée est rapidement tempérée par la réalité : « Tout est en place, on n’est là que pour huit mois, donc il faut très vite trouver des idées pour pouvoir les amener. Mais souvent, on ne comprend pas bien comment les choses marchent. Donc ce n’est pas facile ».

Salomé et Julie à Satu Mare, Roumanie

Alors, que faire ? Pour Salomé, une partie de la réponse tient de la philosophie de vie : « je me dis juste que le matin, je vais voir les jeunes, parler avec eux, on va travailler ensemble… On parle de la journée et ça suffit. On fait avec ce qu’on reçoit, quoi ». Apprécier ce que le quotidien propose. Et savoir déclencher l’échange ! C’est une des forces des missions de volontariat, a fortiori dans le cadre d’un Tandem : la rencontre avec d’autres vies, différentes de la sienne. Rencontre qui amène son lot de bonnes surprises. Salomé : « je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi facile. Les gens sont toujours curieux de rencontrer des étrangers ». « Mais, précise Salomé, il faut prendre le temps de sortir ». Alors vient la récompense : « on apprend assez vite, les gens nous poussent à le faire, ils aident. C’est super encourageant ».

Le ciel est rose

Encourageants, aussi, les mots de Sébastien. Lui est parti avec Félicia auprès des personnes en situation de handicap suivies par la communauté de L’Arche, à Bruxelles. Il démarre avec des mots heureux : « ce que je peux dire, c’est que clairement je passe la meilleure année de ma vie ». Sa prise de conscience, Sébastien la situe au regard de sa vie d’avant, sa vie d’il n’y a pas si longtemps : « un nouveau contexte aide à se poser de nouvelles questions, écrit-il. Et à remettre en question l’utilité des anciennes ». Avec déjà un début de réponse qui semble lui convenir : « quand on est confronté à moins de choses en même temps, ça nous permet d’être plus fort, d’avoir plus de temps à y consacrer pour les résoudre ». À la clé, « l’impression que mon évolution mentale a été démultipliée ». Et ces mots qui touchent au cœur : « c’est très loin d’être tout rose, c’est juste qu’il est vrai aussi qu’il n’y a jamais eu autant de rose dans ma vie ».

Sourires de Marcia et Justine, en mission à l'Alliance française de Turin

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En VSI, au service des politiques nationales de développement

Focus sur la mission de Louis, VSI en fonction support depuis octobre 2020 sur une mission dirigée par le gouvernement libérien et mise en oeuvre par l’IECD au Libéria.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Après plus de huit ans d’expérience professionnelle sur des projets allant de l’urgence au développement en Asie, en Afrique et en France, Louis s’est engagé avec La Guilde en tant que VSI pour accompagner l’IECD (Institut européen de coopération et de développement) dans l’ouverture d’un nouveau bureau à Monrovia. Il nous parle des challenges de sa mission et des spécificités d’un engagement au Libéria, pays qui s’ouvre petit à petit aux volontaires.

Tu travailles avec l’IECD sur le projet STRIVE. En quoi consiste-t-il ?

Le projet STRIVE (Strengthening Integration through Vocational Education) dispose du soutien du gouvernement français via l’Agence française de développement, mais il est dirigé par le gouvernement libérien et mis en œuvre par l’IECD depuis 2020. Il vise à permettre un meilleur accès à l’emploi et à favoriser les opportunités économiques des jeunes grâce à la formation professionnelle. Je suis l’adjoint du Directeur Pays IECD Libéria, responsable des fonctions supports : comptabilité, finances, ressources humaines, logistique des programmes. Mon équipe est composée d’un comptable (Austin), d’un chargé RH (Roosevelt) et d’un logisticien-acheteur (Nelson). Le projet est très récent. L’ouverture d’une nouvelle mission constitue autant de challenges et d’expériences qui, d’un point de vue purement « support », sont très enrichissants !

 ©IECD

Qu’est-ce qui a motivé ton arrivée sur ce projet ?

En travaillant plusieurs années dans différentes organisations, principalement en Afrique, j’ai mûri ma vision sur le développement. L’économie et la formation sont deux domaines essentiels pour le développement d’un pays, voilà pourquoi la mission avec l’IECD a retenu mon attention. D’autant que ce Libéria post-crise se trouve dans un moment stratégique pour travailler sur ces secteurs. Les activités de l’IECD entrent pleinement dans le cadre des politiques nationales menées par le gouvernement libérien, qui est en lead sur le projet STRIVE.

Le Libéria accueille d’ordinaire peu de volontaires ou d’ONG. Cela n’a pas dû simplifier ton installation…

En effet, quand nous avons ouvert le bureau au Libéria, nous avions un soutien limité. Le pays n’héberge pas d’antenne de France Volontaires et les (rares) autres volontaires présents sur le territoire n’étaient pas à Monrovia (la capitale). Nous avons dû rapidement nous rapprocher d’ONG partenaires et des autorités locales pour avoir toutes les informations utiles à l’ouverture de la mission. Aujourd’hui encore, nous continuons d’apprendre !

 ©IECD

Quels sont les principales satisfactions dans une mission support telle que la tienne ?

D’une part, le fait de participer à l’ouverture d’une mission et d’exercer une fonction aussi transversale me permet de travailler sur des dossiers très variés durant des étapes uniques dans la vie d’une organisation. Bien qu’il faille faire preuve de patience dans un contexte de développement, c’est très motivant de voir un programme prendre forme progressivement. D’autre part, la dynamique de travail avec mes collègues, aussi bien libériens qu’internationaux, est très satisfaisante. Nous avons tous quelque chose à apporter pour l’atteinte des objectifs du programme STRIVE, et chacun agit avec un grand professionnalisme. J’en profite pour remercier en particulier Roosevelt, Austin et Nelson qui doivent me supporter au quotidien !

Sais-tu déjà ce que tu souhaites faire à l’issue de ton VSI ?

Il me reste encore du temps pour réfléchir à mes projets. Je saurai me rapprocher de La Guilde en temps voulu pour bénéficier d’un accompagnement au retour !

Propos recueillis par Lucille Caron


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