TANDEM, épisode 1 : Partir

La Guilde lance TANDEM : deux jeunes venus d’horizons très différents au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Premier épisode : partir.

Un article de Service civique


Partir…

Hésiter, s’interroger, appréhender, se projeter et puis finalement, se décider.

Décider de s’élancer, d’aller de l’avant, à l’écoute cet irrésistible besoin d’ouvrir ses perspectives. Décider de grandir en sortant de sa zone de confort, au contact de l’autre.

Il y a quelques mois, Bruno, Félicia, Julie, Justine, Marcia, Maurice, Morgane, Salomé, Sébastien et Sophia ne se connaissaient pas. Pourtant, l’envie d’essayer les a amenés à se rencontrer, puis à s’embarquer dans une expérience de huit mois aux quatre coins du monde.

Ils forment cinq TANDEMS ; ils sont dix jeunes à avoir relevé le défi proposé par La Guilde, celui de vivre un engagement loin de la France et de leurs proches, au service de projets d’intérêt général pour une société plus juste et plus ouverte.

En septembre, ils ont donc rejoint la Belgique, le Bénin, l’Italie, la Roumanie et le Togo pour apporter leur appui à des actions menées par des partenaires locaux de La Guilde.

Loin de chez eux, ils vont se découvrir et s’apprivoiser, sans perdre de vue ce qui les réunit : avoir, à leur niveau, un impact positif et faire grandir les projets tout autant qu’eux-mêmes.

Tout au long de ces huit mois, ils vont vivre, en tandems, la grande aventure du volontariat.

Tous en selle !

Dans sa mission au contact de personnes en situation de handicap, Félicia veut apprendre à s’adapter à leurs besoins, en sachant toujours « apporter de la bonne humeur, être positive ». Elle ne veut pas que son action soit « quelque chose d’éphémère » ; d’une manière ou d’une autre, elle souhaite l’inscrire dans le temps. C’est aussi le sentiment de Sébastien, qui part avec Félicia à Bruxelles et qui compte sur son engagement de Service Civique pour « accomplir quelque chose d’utile ».

Quant à Maurice, en mission avec Morgane au Togo, il veut profiter de cette expérience pour « découvrir des écrivains togolais ». La culture, voilà l’une des motivations de Justine et Marcia en rejoignant l’Alliance française de Turin. Elles comptent bien « découvrir la gastronomie italienne » – qui ne le voudrait pas ? – mais aussi et surtout « vivre une mission humaine et enrichissante ».

Bruno, lui, part avec Sophia au Bénin. Il est conscient d’être à l’orée d’une « grande aventure » et fourmille d’impatience en pensant à toutes les activités qui les attendent. Mais il sait aussi qu’une mission de huit mois se vit dans la durée : il faudra « aller au bout de l’expérience, ne pas lâcher ».

Tous s’accordent à dire que les jours ayant précédé leurs départs n’ont pas été faciles, entre anxiété de laisser derrière soi ses repères et peur de l’inconnu qui s’annonce. Mais le sentiment qui prédomine reste la hâte de découvrir enfin leurs nouveaux environnements.

Pendant huit mois, ils vont vivre au gré des émotions partagées par les plus de 1 000 jeunes qui s’engagent chaque année dans le Service Civique à l’international. Avec une perspective unique : celle de vivre une expérience fondatrice, au service de l’intérêt général.

Rendez-vous le mois prochain pour l’épisode 2 de la série TANDEM : Découvrir.


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Troisième édition de la Bourse de l’Aventure maritime de La Guilde

17 dossiers déposés, 1 lauréat, 6 porteurs du projet : découvrez la Bourse de l'aventure maritime 2021.

Un article de Aventure


Mission Nerrivik, de Pierre-Alexandre Ludwig, Victor Gaspard, Temanu Lefebvre, Gauthier Moreau, Thibault Durieux et Edouard Velly.
Une bourse de 5 000 €

« C’est est une expédition à la voile autour de l’Atlantique Nord et au Groenland avec pour objectifs d’y étudier la pollution plastique, de réaliser des mesures d’océanographie physique et des études de biologie marine. Elle trouve son originalité dans une autre mission, éducative cette fois : nous allons embarquer sur des portions du trajet des jeunes des cités toulonnaises afin de leur faire découvrir l’aventure maritime que représente une expédition à la voile en les intégrant dès la préparation du projet à notre équipage. »

www.mission-nerrivik.com


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Quand le monde agricole devient une terre d’intégration

À l'occasion de la journée mondiale mondiale des réfugiés le 20 juin, coup de projecteur sur un projet porté par BATIK International, partenaire de La Guilde pour le Service civique. Nom de code : Migr'action.

Un article de Service civique


Intégrer les réfugiés grâce à l’agriculture, une idée folle ? Pas pour Manon et Zineb. Les deux engagées de Service civique se sont rencontrées chez BATIK International, association créée en 1998 par deux petites-filles d’immigrés. Manon Droniou et Zineb Sarhane, elles, ont débuté leur mission de Service civique en janvier 2021. Elles n’ont eu de cesse, depuis, de faire germer le programme Migr’action.

De la déconstruction à l’insertion

« Le projet, c’est d’insérer les migrants en zone rurale par l’agriculture », explique Zineb. Migr’action se traduit par des stages d’immersion de réfugiés aux côtés d’agriculteurs du Calvados, de la Manche ou de Loire-Atlantique. Le but, permettre aux réfugiés de découvrir le métier d’agriculteur tout en cultivant un dialogue inter-culturel entre stagiaires et exploitants agricoles. Un premier stage s’est déroulé en Basse-Normandie, où un réfugié soudanais a pu travailler au sein d’une ferme en agriculture paysanne. Venant d’obtenir son contrat d’intégration républicaine (CIR, conclu entre l’État français et tout étranger non européen admis au séjour en France souhaitant s’y installer durablement), le stage a permis au jeune homme de « se booster et de repartir avec une vraie motivation, en se disant qu’il peut faire des choses » poursuit Zineb. Prochaine étape, l’accompagner pour lui proposer d’autres opportunités de formation et un contrat d’apprentissage.

Pour arriver à ce stage, c’est un énorme travail qu’ont entrepris en amont Manon Droniou et Zineb Sarhane. En commençant par une reconnaissance des territoires pour recueillir et définir les besoins des agriculteurs : « on a eu pas mal d’entretiens avec les acteurs sociaux et agricoles du territoire », raconte Zineb. « Ce qui s’est dessiné, ce sont des stages d’immersion pour permettre aux personnes de découvrir le métier d’agriculteur ». Après ces rencontres, « on a lancé deux ateliers de déconstruction des préjugés sur les zones rurales pour les personnes réfugiés des CPH (Centre Provisoire d’Hébergement, ndlr) de Saint-Lô et Lisieux, en Normandie ». Fertiles, ces ateliers ont permis à Zineb et Manon de réaliser qu’au yeux des réfugiés, « il n’y a ni transports, ni travail, ni activités dans les zones étudiées » poursuit Manon. « Et puis, en continuant l’atelier, on se rend compte qu’il y a pourtant une bibliothèque, un cinéma, un terrain de foot et des offres d’emplois qui peuvent leur correspondre ». À la fin de ces ateliers, les deux engagées ont présenté le projet Migr’action aux réfugiés pour identifier les volontaires. Puis c’est au tour des stages de se mettre en place.

Zineb et Manon en atelier de déconstruction des préjugés

Intégration culturelle, intégration professionnelle

Le projet Migr’action s’implante parfaitement au sein de BATIK International. Puisant son nom dans une technique traditionnelle de tissage de motifs fleuris, l’association a pour mots d’ordre échanges, respect et identité. Une devise qui se retrouve au cœur des discussions qu’ont pu avoir Manon et Zineb lors des ateliers. « D’un point de vue personnel, c’est très enrichissant d’échanger avec un public avec lequel on n’a pas souvent l’habitude d’échanger, témoigne Manon. C’est intéressant de recueillir leurs représentations, de comprendre pourquoi ils pensent comme ça et de pouvoir agir sur leurs idées reçues ». Migr’action permet ainsi de contribuer à l’intégration des réfugiés sur une base de diversité, de respect et de cohésion, en remédiant aux inégalités d’accès aux ressources et en favorisant leur insertion socio-économique. Un travail indispensable à l’heure où, selon l’ONU, plus de 80 millions personnes fuyant guerres, persécutions et exactions sont enregistrées dans le monde.

À leur niveau, Manon et Zineb ont pu apporter appui matériel et accompagnement personnel. Pour les deux engagées, le Service civique est une expérience tant humaine que professionnelle. Il permet par exemple à Manon d’allier deux thématiques qui lui sont chères : l’agriculture et la solidarité. « Comme j’ai un diplôme d’ingénieur agronome, ça me tenait à cœur de garder un lien avec l’agriculture. Et en même temps, j’ai toujours été sensible à la question des réfugiés » développe-t-elle. Le Service civique lui permet également de ne pas entrer directement sur le marché du travail : « je venais juste de passer ma soutenance de fin d’étude et je trouvais que le Service civique était un bon compromis. Je ne me sentais pas forcément prête tout de suite à prendre un poste ». Cet engagement s’insère alors parfaitement dans son parcours de vie. Acquérir une expérience formatrice tout en mettant ses compétences au service d’une cause importante : l’essence même du Service civique.

Propos recueillis par Athénaïs Paret


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