VOD : le palmarès des Écrans 2021 en ligne

Du 22 septembre au 2 janvier, les films primés aux 30es Écrans de l'aventure sont accessibles en ligne. L'occasion de plonger dans ce que l'aventure produit de meilleur.

Un article de Festival Écrans de l'aventure


Alpinisme, plongée, Amazonie, quête familiale, migrations, low-techs : c’est peu dire que les thématiques couvertes par les films primés aux Écrans de l’aventure 2021 est vaste. Le jury présidé par Elisabeth Revol a offert à la trentième édition du festival un palmarès témoin de son époque, dans toute sa diversité.

Bonne nouvelle : du 22 décembre au 2 janvier, 6 des 7 films du palmarès sont à (re)voir en VOD !

>>> films.lesecransdelaventure.com <<<

Out of Frame, Toison d'or
Lost At Sea, Prix spécial du jury
L'Aventure, Prix Alain Bombard
Les Harmonies invisibles, Prix Ushuaïa TV
Dark Green, Prix du public
4 mois sur ma biosphère, Prix des jeunes de la ville de Dijon
https://twitter.com/EcransAventure/status/1473680398752403473

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Aux Écrans, la 30e fringante

Les Écrans de l'aventure ont fêté leurs 30 ans à Dijon du 14 au 17 octobre. Retour sur une édition placée sous le signe de la transmission.

Un article de Aventure


L’âge est-il une histoire de chiffres ? Si la réponse est affirmative, alors ceux des 30 ans des Écrans sont éloquents : 60 films programmés en salles et en ligne, 2 lieux de projection, 4 expositions, 5 tables rondes, 6 livres en compétition, des dizaines d’invités, plus de 16 000 spectateurs… Pour célébrer ses trente automnes à Dijon, le festival s’est multiplié, mû par la force de l’âge.

Mais s’arrêter au strict alignement de chiffres serait oublié que « la jeunesse n’est pas une période de la vie », rappelait le général MacArthur inspiré par le poète Samuel Ullman. « Elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort ». Une vision qui renvoie furieusement à tous les projets et productions réunis chaque année entre forêts et vignobles bourguignons. Enivrés au parfum de l’action, arpenteurs et créatrices prennent la clef des champs, des bois, des océans et des montagnes, puis s’en reviennent partager leurs flacons remplis d’un élixir de jeunesse – au bon goût de reviens-y !

Alors, cette année encore, le public est revenu. Malgré les contraintes, il a tenu à saluer nos aventuriers à l’escale, avant de les voir filer à nouveau. Avant de filer à son tour ? Voilà un risque assumé ! Ce serait même « un effet de la volonté » du festival : réunir toutes et tous dans un périmètre restreint pour donner à chacun un espace de créativité. Illustration avec les Cafés-rencontres introduits cette année : le public était invité à partager un moment privilégié, en petit comité, avec ses invités. Un bon moyen d’allumer des étoiles.

Le retour au théâtre des Feuillants, hôte historique du festival (de 1993 à 1999), a lui permis d’éclairer celles qui ont jalonné l’aventure depuis 30 ans. En projetant 15 films primés dans l’histoire du festival, les Écrans ont invité ses acteurs à venir (re)présenter leurs œuvres. Citons pêle-mêle le magnifique message laissé par Alain Kalita évoquant ses sentiments enchantés, seul dans les 40e rugissants, Après l’horizon (1997) ; l’émotion de Michaël Pitiot à l’évocation de sa jonque vietnamienne Sao Maï (2001), construite de ses mains et disparue récemment ; le récit par Luc-Henri Fage de sa Mémoire des brumes (1992), document primé lors de la première édition des Écrans ; ou le succès jamais démenti de Corentin de Chatelperron, ingénieux Nomade des Mers (2014)… et récompensé du prix de l’Aventurier de l’année 2021.

Et puisqu’il s’agissait de conjuguer le passé au présent, 30 films primés supplémentaires ont été proposés en vidéo à la demande, sur la plateforme du festival. Plus de 900 spectateurs ont ainsi pu voyager sans contrainte à travers temps et grands espaces. L’occasion de dénicher quelques pépites éternelles : Marco, étoile filante (2006), portrait du regretté snowboardeur de l’Everest Marco Siffredi ; Africa Trek (2004), relation de l’exceptionnelle marche d’Alexandre et Sonia Poussin du cap de Bonne-Espérance au lac de Tibériade ; Asiemut (2006), 8 000 kilomètres à vélo à travers l’Asie avec Mélanie Carrier et Olivier Higgins ; ou La marche dans le ciel (1998), traversée funambule de l’Himalaya par Alexandre Poussin et Sylvain Tesson. Autant de films ayant marqué l’histoire de l’aventure, donc du festival. Et qui ont vocation à s’inscrire dans la durée pour que se transmette la mémoire des belles réalisations, d’hier à demain.

Et aujourd’hui, alors ? En 2021, les jurys présidés par Elisabeth Revol (films) et Jean-Luc Coatalem (livres) nous ont offert de magnifiques palmarès. Du côté des récits, c’est l’intimiste et tout à fait actuel Par la force des arbres d’Edouard Cortès (dont le film Paris-Jérusalem, prix du jeune réalisateur 2009 avec sa femme Mathilde, a été projeté en sélection rétro) qui a reçu les lauriers de la Toison d’or du livre d’aventure de l’année. Un choix que ne peut que saluer La Guilde, attentive et admirative d’un parcours fidèle à des idées, inspiré par l’action.

Quant aux films, le cru 2021 des Écrans de l’aventure rappelle qu’il est un festival tourné vers l’international avec trois films étrangers primés (Lost at Sea, bouleversante quête d’un fils dans le sillage d’un père disparu en mer, Peter Bird ; Dark Green – Alone in the Amazon, manifeste en faveur de la nature sauvage conté par Paul Rosolie ; Swissway to Heaven, pur film d’escalade au ton rafraichissant). Il invite également à s’interroger sur les sociétés que nous voulons, aujourd’hui comme demain (L’Aventure, de Marianne Chaud ; Quatre mois sur ma biosphère, de Corentin de Chatelperron). Enfin, après un détour plein de rêverie vers Les harmonies invisibles, il propose un décentrement hors cadre sur les métiers de l’image en conditions extrêmes, avec Out of Frame de Jordan Manoukian, Toison d’or du film d’aventure de l’année 2021.

Après trois jours féconds à Dijon, les lumières des Écrans se sont éteintes, mais pas les étoiles semées ici et là. Puissent-elles nous guider sur les chemins de l’audace… jusqu’à 2022 !


À revoir

Avant l’annonce du palmarès 2021, Corentin de Chatelperron, fondateur du Low-tech Lab, et Vincent Farret d’Astiès, fondateur de Zephalto et président de La Guilde, ont longuement échangé sur le thème « Quelle aventure demain ? » Une discussion passionnante à revoir en ligne, suivie de la cérémonie de clôture.


Pour aller plus loin


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L’édito de la lettre d’octobre

3,2,1… illuminez les Écrans !

Un article de La Guilde


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Exceptionnellement, cette lettre mensuelle Actions est focalisée sur le festival des Écrans de l’aventure que La Guide organise chaque année avec la ville de Dijon. Que celles et ceux qui s’investissent dans le volontariat international avec La Guilde ou encore dans les microprojets de coopération nous pardonnent : on n’a pas tous les jours 30 ans…

Depuis 30 ans, l’aventure, ses émotions et ses rencontres se conjuguent à Dijon dans un esprit d’amitié et de simplicité propres aux relations vraies. Et l’aventure lointaine demeure, dans ce monde en apparence si exploré, un souffle qui inspire les grands départs, sous des formes multiples. L’aventure colore chaque année La Guilde du raid en Guilde du rêve

Le festival infuse dans la ville via de superbes expositions de photos ou des rencontres en petit comité avec les personnalités invitées. Toutes les facettes de l’aventure vous sont proposées, en images, en mots et en face-à-face.

La rétrospective exceptionnelle des 30 ans complète la sélection 2021 et multiplie par deux les séances et les sites de projection, en présence des réalisateurs ou des aventuriers ; ils sont plus de soixante.

Et parce qu’il reste une compétition féconde, le festival culminera avec les prix remis aux films et livres élus ; sous la présidence de l’himalayiste Elisabeth Revol (jury du film) et de l’écrivain Jean-Luc Coatalem (jury du livre), que nous remercions chaleureusement.

Puissent se lever à Dijon – et ailleurs – de nouvelles vocations d’aventuriers, de coopérants, de scientifiques, de réalisateurs, qui à leur tour porteront l’amour du monde.

Ce programme des 30èmes Écrans de l’aventure promet un bel anniversaire. Rendez-vous à Dijon du jeudi 14 au samedi 16 octobre inclus !

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde et du festival

Sélection spéciale 30 ans des Écrans : 30 films primés en VOD

A l'occasion de sa 30e édition à Dijon (14-17 octobre), le festival des Écrans de l'aventure propose 30 films primés en VOD, jusqu'au 31 octobre

Un article de Aventure


Les séances sont ouvertes ! Pour fêter les 30 ans des Écrans de l’aventure à Dijon (du 14 au 17 octobre), le festival propose une sélection de 30 films primés accessibles à la location.

Du document inédit Ils vivent au sommet des arbres (mention spéciale du jury, 1997) à l’acclamé Climbing Blind (Toison d’or du film d’aventure, 2020), tout un pan de l’histoire de l’aventure est ainsi mis en lumière, marqué du sceau de la qualité.

Philosopher avec Sylvain Tesson sur les rives du Baïkal, marcher avec les Poussin à travers l’Afrique, s’envoler avec Yves « Jetman » Rossy, chercher un fils disparu en Amazonie ou y construire une pirogue, se lancer dans une méharée, grimper des buildings, voler en ULM malgré la maladie, vaincre le handicap, se plonger dans les vies passionnées d’Alain Colas, Paul-Émile Victor, Haroun Tazieff ou Marco Siffredi… Autant d’histoires étonnantes, parfois saisissantes, toujours inspirantes.

Les films sont proposés à 3 € pour une location de 7 jours. À l’occasion du lancement, un forfait de 50 € permet d’accéder à l’ensemble des 30 films de la sélection rétrospective jusqu’au 31 octobre.

films.lesecransdelaventure.com/ecrans30ans

Bonnes séances !


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Les Écrans de l’aventure lancent leur plateforme de films en ligne

Alors qu'il s'apprête à fêter ses 30 ans à Dijon, le festival des Écrans de l'aventure propose depuis le 1er juillet une sélection de films primés, accessibles gratuitement tout l'été.

Un article de Aventure


Une page se tourne, une autre s’ouvre : jeudi 1er juillet, Jean-Luc Van Den Heede, dit VDH, est mis à l’honneur pour le lancement de la nouvelle plateforme vidéo des Écrans de l’aventure. Car cet immense marin l’a annoncé quelques jours plus tôt : cette fois, c’est sûr, il quitte le monde de la course pour rejoindre celui de la retraite. Il laisse derrière lui une carrière unique, guidée par la liberté, parfois menée à contre-courant. Ainsi ce record – toujours actuel – du tour du monde contre vents et courants dominants (le Global Challenge, en 122 jours et 14 heures) qui lui vaut de recevoir la Toison d’or de l’aventurier de l’année à Dijon, en 2004.

Son portrait – VDH, Monsieur longue route (sélection officielle Écrans de l’aventure 2020) – a donc été diffusé lors d’une soirée spéciale, avant un joyeux moment d’échange en direct (à revoir ici). Plus de 250 inscrits ont répondu à l’appel… ainsi que 5 skippers qui, en quelques heures, ont tenu à envoyer leurs salutations au grand VDH.

Désormais et jusqu’à fin août, une vingtaine de films sont accessibles gratuitement sur la plateforme. À la rentrée, cette offre sera enrichie d’une sélection exclusive pour les 30 ans des Écrans de l’aventure, qui se tiendront du 14 au 17 octobre à Dijon. Enfin, vous pourrez y retrouver une partie de la sélection 2021 à l’issue du festival.

Alors n’attendez plus : connectez-vous au meilleur du film d’aventure en ligne et… bonnes séances !

L’édito de la lettre d’octobre

Des Ecrans au terrain, et inversement

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Des Ecrans au terrain, et inversement

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription

Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur mal-voyant et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un rêve sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.

Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie des films de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.

Bonne séance !

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe
Ecrans de l’aventure

Actions - la lettre de La Guilde

Les lettres de l’année :
Octobre 2020 : Des Ecrans au terrain, et inversement
Septembre 2020 : A l’aventure dans un monde incertain
Juillet-août 2020 : Hors-série spécial été : l’appel de l’Aventure
Juin 2020 : Conjuguer le temps présent
Mai 2020 – Deuil et résilience
Avril 2020 – L’action, mère de la solidarité
Mars 2020 – Panser un monde confiné
Février 2020 – S’engager malgré tout
Janvier 2020 – 2020, année du lien

Festival Ecrans de l’aventure : le palmarès et les films à revoir en ligne

Du 15 au 18 octobre à Dijon et du 19 au 25 octobre en replay, le festival Ecrans de l'aventure diffuse le meilleur des documentaires d'aventure

Molly et Jesse Dufton, aventuriers de l'année aux Ecrans de l'aventure 2020

Un article de La Guilde


Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Trombinoscope Ecrans de l'aventure Dijon 2020

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur aveugle et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un homme sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.


Tous les films et livres primés sont à découvrir ici :
Palmarès des Ecrans de l’aventure 2020


Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.


Rendez-vous sur la plateforme VOD du festival :
Les Ecrans de l’aventure en ligne


affiche VOD Ecrans aventure Dijon 2020

Raconter l’aventure – le récit

La question taraude souvent ceux qui décident d'aller voir le monde de leurs propres yeux : comment partager ce que l'on a vécu ? Alors que le festival Ecrans de l'aventure de Dijon s'apprête à ouvrir ses portes, écrivains et réalisatrices nous racontent leurs processus de (re)création.

Crédits Linda Bortoletto

Un article de Eric Carpentier


Pour l’une, c’est « parce qu’il y a un élan » ; pour l’autre, ça peut être « pour le vert de l’herbe sur une photo ». Elle part « pour vivre », lui s’échappe « pour se libérer ». Quelles que soient les raisons – parfois même sans raison précise – ils plient bagages régulièrement. Elles marchent des milliers de kilomètres ou enfourchent des motos, ils vont trainer avec les nomades d’Asie centrale ou dans les méandres du fleuve Congo. Liste non exhaustive ! Chaque année, des dizaines et des dizaines d’hommes et de femmes partent goûter le monde, sans arômes artificiels ni personne pour leur servir sur un plat. Leur sel, c’est « l’aventure », souvent (pompeusement ?) écrite avec un grand A.

À leur retour, quand il y en a un, on peut croiser ces voyageurs / aventuriers / explorateurs / esprits libres / regards curieux (aucune mention inutile) aux hasards de conférences, de dédicaces ou de festivals : ils viennent raconter leur aventure, on les écoute – avec plus ou moins d’intérêt, soyons honnêtes. Souvent tout de même, leur talent et la qualité de leurs productions nous attrapent. Dessins, sons, textes ou images emportent vers un ailleurs. Avec un grand A ?

Alors que va s’ouvrir la 29e édition des Ecrans de l’aventure (du 15 au 18 octobre à Dijon, puis du 19 au 25 octobre en ligne), nous avons demandé à quelques voyageurs-conteurs pourquoi et comment ils partagent leurs histoires. Linda Bortoletto (Là où je continuerai d’être, Toison d’or du livre d’aventure 2016), Guillaume Jan (Samouraïs dans la brousse, Toison d’or du livre d’aventure 2018), Mélusine Mallender (Les voies de la liberté, prix du public des Ecrans de l’aventure 2019) et Louis Meunier (7000 mètres au-dessus de la guerre, prix Alain Bombard 2011 ; Les cavaliers afghans, Toison d’or du livre d’aventure 2014 ; Les cavaliers afghans, sur les traces de Joseph Kessel en Afghanistan, prix Alain Bombard 2017) nous racontent ainsi leur processus de création, d’une étincelle à l’autre.


PREMIERE PARTIE – LE VOYAGE

DEUXIEME PARTIE – LE RECIT

Comment raconter le vécu ? Quels messages transmettre ? Et comment s’astreindre à l’immobilité quand on a des fourmis dans les jambes ? Dans toutes les bouches, un refrain : la création n’est pas aisée, mais elle est nécessaire. Quand Linda Bortoletto se met à l’écriture, « c’est une aventure à part entière (rires) ! Dans mes récits, à chaque fois, il y a un conflit à résoudre. Il faut plonger en soi, accepter de revivre des émotions même les plus difficiles, et en même temps avoir du recul, trouver les bons mots, faire le travail technique de l’écriture. » Louis Meunier ne dit pas autre chose, qui aimerait vivre « des montées dans l’éther », mais reconnaît que le travail est davantage de l’ordre de la besogne « qui fait transpirer ». Quant à Mélusine Mallender, elle le concède : la salle de montage, « c’est un peu pénible au bout d’un moment. À la fin, je n’en peux plus de revoir les images (rires) ! » Sauf que l’un « aime avoir écrit », et l’autre « est heureuse de faire que ce voyage ne soit pas que le mien. »


À LIRE AUSSI : ZEPHALTO, L’ELAN VERS LA BEAUTE


Et puis il y a une autre constante. Pour toutes et tous, si l’aventure vaut toujours d’être vécue, elle ne vaut d’être partagée que s’il y a quelque chose de plus grand à raconter, quelque chose qui dépasse sa propre personne. Guillaume Jan : « je me suis toujours dit que ce que j’avais vécu risquait de ne pas intéresser grand monde. C’est pour ça que je mets toujours une histoire en parallèle : Stanley, Livingstone, Kano… Raconter juste ses petites expériences, ça fait un peu trop carte postale envoyée aux copains. » Si elle s’aventure sur des chemins plus intimes, en témoigne son récit en Patagonie à paraître, Linda Bortoletto s’aperçoit que « des expériences individuelles peuvent avoir une portée universelle. Elles peuvent apporter un éclairage à des personnes qui n’ont pas forcément les outils, la distance ou le temps de faire ce travail d’introspection. Il y a une envie de guider ces personnes-là, comme un guide de montagne qui aurait découvert un sentier. »


À LIRE AUSSI : MARCHE, BUSHCRAFT ET CANOE : UNE HISTOIRE BRUTE ET SAUVAGE


Alors le temps est pris. Pour monter un film (un mois ou deux minimum, souvent à temps plein) ou pour écrire un livre (quatre à cinq heures par jour, plutôt tôt le matin ou tard le soir). Mais aussi pour récolter l’essence de son voyage. Certains parlent de décantation, d’autres de sédimentation ; tous s’accordent sur le fait qu’il faut laisser un espace entre le retour et le récit, « comme quand tu es dans la brume en montagne, métaphorise Linda Bortoletto. Tu la laisses se dissiper pour voir les sommets. » Alors, seulement, l’aventure peut être décrite au plus près de ce qu’il en reste. Au plus fidèle de cette lueur qui irradie dans le regard de ceux qui ont été voir. « Il faut aller voir », disait Ella Maillart ? Il faut également raconter. Parce qu’un jour, un mot ou une image les a poussés sur les chemins, il ne faut pas oublier que « nous sommes tous des vecteurs », dit Louis Meunier, à moins que ce soit Linda Bortoletto, Guillaume Jan, Mélusine Mallender ou bien encore un(e) autre. Qui aurait conclu : « en fait, la création, c’est une passation. »


À LIRE : Linda Bortoletto, Le chemin des anges – Ma traversée d’Israël à pied (Payot, 2019)

À LIRE : Guillaume Jan, Samouraïs dans la brousse (Paulsen, 2018)

À VOIR ET À LIRE : Mélusine Mallender, Les voies de la liberté (Darwin Production, 2018, et Robert Laffont, 2020)

À VOIR : Louis Meunier, Nomades d’Iran, l’instituteur des Monts Zagros (ZED pour ARTE France, 2019)


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020

Affiche Ecrans Aventure Dijon 2020

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Raconter l’aventure – le voyage

La question taraude souvent ceux qui décident d'aller voir le monde de leurs propres yeux : comment partager ce que l'on a vécu ? Alors que le festival Ecrans de l'aventure de Dijon s'apprête à ouvrir ses portes, aventurières et explorateurs nous racontent leurs processus de (re)création.

Crédits Louis Meunier

Un article de Eric Carpentier


Pour l’une, c’est « parce qu’il y a un élan » ; pour l’autre, ça peut être « pour le vert de l’herbe sur une photo ». Elle part « pour vivre », lui s’échappe « pour se libérer ». Quelles que soient les raisons – parfois même sans raison précise – ils plient bagages régulièrement. Elles marchent des milliers de kilomètres ou enfourchent des motos, ils vont trainer avec les nomades d’Asie centrale ou dans les méandres du fleuve Congo. Liste non exhaustive ! Chaque année, des dizaines et des dizaines d’hommes et de femmes partent goûter le monde, sans arômes artificiels ni personne pour leur servir sur un plat. Leur sel, c’est « l’aventure », souvent (pompeusement ?) écrite avec un grand A.

À leur retour, quand il y en a un, on peut croiser ces voyageurs / aventuriers / explorateurs / esprits libres / regards curieux (aucune mention inutile) aux hasards de conférences, de dédicaces ou de festivals : ils viennent raconter leur aventure, on les écoute – avec plus ou moins d’intérêt, soyons honnêtes. Souvent tout de même, leur talent et la qualité de leurs productions nous attrapent. Dessins, sons, textes ou images emportent vers un ailleurs. Avec un grand A ?

Alors que va s’ouvrir la 29e édition des Ecrans de l’aventure (du 15 au 18 octobre à Dijon, puis du 19 au 25 octobre en ligne), nous avons demandé à quelques voyageurs-conteurs pourquoi et comment ils partagent leurs histoires. Linda Bortoletto (Là où je continuerai d’être, Toison d’or du livre d’aventure 2016), Guillaume Jan (Samouraïs dans la brousse, Toison d’or du livre d’aventure 2018), Mélusine Mallender (Les voies de la liberté, prix du public des Ecrans de l’aventure 2019) et Louis Meunier (7000 mètres au-dessus de la guerre, prix Alain Bombard 2011 ; Les cavaliers afghans, Toison d’or du livre d’aventure 2014 ; Les cavaliers afghans, sur les traces de Joseph Kessel en Afghanistan, prix Alain Bombard 2017) nous racontent ainsi leur processus de création, d’une étincelle à l’autre.

PREMIERE PARTIE : LE VOYAGE

Mais avant de raconter, « il faut aller voir », disait Ella Maillart. Et plus en avant encore, il y a les préparatifs. Pour Louis Meunier, c’est « une ouverture d’esprit, des recherches, des discussions, des livres, des projections… » Alors, doucement, l’aventure prend forme. Parfois, il est écrit qu’elle sera racontée. Quand elle part guidon entre les mains et caméra au poing (si, si, c’est possible), Mélusine Mallender « sait un peu où (elle) va. C’est plus ou moins écrit… Bon, ça prend la taille d’une page ! » Linda Bortoletto, elle, ignore si elle va produire quelque chose. Sa jauge, c’est « une transformation intérieure. C’est là que je trouve de l’intérêt à l’écriture ». Elle part, écoute sa petite voix rythmée par ses pas, puis ressent le besoin d’écrire (en Alaska et en Sibérie, en Israël, en Patagonie), ou non (en Himalaya).


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La question de savoir au préalable s’il y aura production (écrite, filmée, dessinée, photographiée, enregistrée…) est importante. Guillaume Jan a écrit trois livres ayant le Congo pour décor. Le Baobab de Stanley et Traîne-Savane n’étaient pas prévus, au contraire de Samouraïs dans la brousse, une commande des éditions Paulsen dans le cadre de la collection Démarches. Et même si l’auteur a toujours eu son carnet de notes dans la poche, « réflexe de journaliste », sa façon de marcher dans les pas du primatologue japonais Takayoshi Kano s’en est trouvée modifiée. « Je n’irais pas jusqu’à dire que je cherchais les galères, on n’est pas là pour se faire du mal. Mais quand elles arrivaient, je me disais « ça me donnera de la matière », distingue Guillaume Jan. J’ai fait une partie du voyage à moto. Plusieurs fois par jour, je m’arrêtais pour noter des choses sur mon carnet, à chaud. Après, on a tendance à lisser les évènements. Là, je voulais qu’ils restent bien saillants. »


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Reste qu’entre vivre le voyage hic et nunc, et penser à ce qui va être raconté au retour, l’équilibre peut être parfois acrobatique. Mélusine Mallender a réalisé 15 films sur ses différentes expéditions à moto. Depuis la première fois où elle a tenu la caméra et s’est rendue compte que « faire un film, c’est un travail (rires) » jusqu’à sa dernière expédition entre Santiago de Chile et Los Angeles, son approche a évolué. « Je vais penser aux spectateurs, réfléchir aux plans, au message qui va passer. Mais je vais aussi apprendre à laisser la caméra. Il n’y a pas besoin de tout filmer, certains moment seront pour moi. Je pars d’abord pour vivre quelque chose, ça ne doit pas être entaché par une sorte de poids. » Y aurait-il un paradoxe entre le vécu et le récit, dès lors que celui-ci est programmé à l’avance ? Non, répondent en choeur Mélusine Mallender et Louis Meunier. Lors de sa récente traversée des monts Zagros avec des nomades bakhtiaris, ce dernier a « passé un mois à leurs côtés, à boire le lait sous la brebis le matin, à user mes souliers sur les pistes. Ça, je le fais pour moi, de manière presque égoïste. Mais il se trouve que l’histoire mérite d’être partagée, que ce sont des gens qui ont des choses à nous apprendre. Des choses plus spontanées, plus belles d’un certain côté. »

DEUXIEME PARTIE – LE RECIT


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020

Affiche Ecrans Aventure Dijon 2020

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Festival Ecrans de l’aventure de Dijon : la bande-annonce et le programme

Du 15 au 18 octobre, Dijon devient la capitale de l'aventure avec le festival international du film d'aventure organisé par La Guilde.

Un article de La Guilde


L’aventure des Écrans devrait être conjuguée au pluriel : entre les équipées racontées dans les films projetés, l’acrobatique sélection du meilleur de la production documentaire, et la gageure de rassembler, dans la ville aux cent clochers, aventuriers, réalisateurs et écrivains, le festival est le fruit d’aventures toujours renouvelées.

Et pour sa 29e édition, l’année 2020 lui a posé le plus grand des défis : celui d’exister. Les Écrans de l’aventure seront donc particulièrement heureux de vous accueillir du 15 au 18 octobre à Dijon, pour quatre jours riches de rencontres.

18 films diffusés, dont 14 en compétition officielle, réunissant le meilleur de la production documentaire en matière de nature, d’exploration, d’alpinisme, de voile, de surf, d’escalade et même de Flyboard Air. Demandez le programme !


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020


Pour la première fois, il sera également possible de poursuivre le rêve en ligne jusqu’au 25 octobre, avec la majeure partie des films de la sélection officielle disponible en replay sur www.lesecransdelaventure.com.

La porte est ouverte, soyez les bienvenus.

Compte tenu du contexte actuel, le programme est susceptible de modifications.