L’édito de la lettre d’avril

Découvrir. Comprendre. Explorer.

Un article de Vincent GARRIGUES


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Culture du dialogue

La Guilde aime les grands chantiers. Elle ose, par tradition. Née de l’histoire du 20e s., notre maison doit faire son chemin entre les balises de la post-modernité, en acceptant de confronter son goût fondamental de l’action en profondeur au nouvel acteur orwellien du débat public, cette conversation globalisée qui commente en mode flash beaucoup plus qu’elle n’agit.

La communication, il s’agit bien d’elle, c’est un peu l’affaire de tous : chacun se sent fondé d’exister à travers elle, tant le reflet de l’ensemble embarque les facettes de chacun.

Notre communication doit donc porter le témoignage de ce que j’appellerais notre « mission », ou notre « fonction sociale » : oser la permanence têtue de l’engagement par l’action, aller vers les autres pour bâtir un patrimoine de l’en-commun et inscrire les actes dans la geste la plus sensée qui soit. Nous savons, avec Hannah Arendt, qu’être isolé, c’est être privé de la capacité d’agir.

Les outils digitaux – ces fascinants sillages qui produisent autant d’étincelles que d’effroi – aiguillonnent un désir mimétique, et forgent une emprise plus qu’une empreinte ; notre défi apparaît donc d’abord culturel. Les femmes et les hommes de La Guilde, dans chacune de leurs actions sur la terre humaine, donnent et reçoivent. Cet échange symbolique, et bien réel, se tisse volontiers dans les ailleurs, lesquels n’existent que parce qu’il y a un ici. Sur ce chemin, notre récit se dresse contre les entreprises de séparation, affirmant sa vocation à fortifier le dialogue, à jeter des ponts, à tendre des livres.

Lorsque tout se bouscule, que tant d’inquiétudes virevoltent entre charivari du net et doxa propagandiste, notre ambition de communiquer nous propulse comme bâtisseurs enthousiastes de mémoires et d’innovations.

En partageant sa bibliothèque, en organisant un grand festival de films, en animant ses canaux sociaux, à travers sites et plate-formes, avec ses nouvelles visio-sessions aventurières, La Guilde veut explorer tous les territoires de la rencontre.

Vincent GARRIGUES
Responsable de la communication institutionnelle

30 ans des Écrans de l’aventure : 1992-1999, le temps des Feuillants

En 2021, les Écrans de l'aventure célèbrent leurs 30 ans à Dijon. Retour sur une épopée démarrée en 1992 avec deux protagonistes de l'époque : Patrick Edel, cofondateur de La Guilde et du festival, et Antoine de Maximy, réalisateur multi-primé.

Un article de Eric Carpentier


30 ans des Écrans de l’aventure :
expositions, tables rondes, cafés littéraires,
sélections officielle et rétrospective,
à partir du 11 octobre 2021 à Dijon
.


« L’idée, c’était de créer quelque chose de durable, qui s’enracine dans le temps » : quand il évoque les débuts à Dijon du festival international du film d’aventure, Patrick Edel ne feint pas la surprise de voir l’évènement perdurer à travers les décennies. « On voulait être là pour des dizaines d’années » insiste le cofondateur de la manifestation et de La Guilde, organisatrice des Écrans de l’aventure avec le soutien de la capitale bourguignonne. En 2021, le pari est gagné : malgré les changements de salles, malgré la crise sanitaire, pas un automne ne s’est passé sans voir la crème de l’aventure française et internationale débarquer à Dijon. Une évidence ? Avec le recul, peut-être. Mais les premières années, le pari était loin d’être gagné.

Du Dr Pierre Fyot à Sir Peter Blake

Il en rit aujourd’hui ; en 1992, les sourires étaient plus pincés. « La première année était catastrophique ! » remet Patrick Edel. « C’était une belle édition en termes de contenu, mais le succès populaire n’était absolument pas au rendez-vous. » C’est pourtant l’envie d’ouvrir le festival au grand public qui le conduit à Dijon. Car en installant sa manifestation en Bourgogne, La Guilde change de cadre au regard de ce qu’elle faisait depuis plusieurs années à La Plagne. À Dijon, l’ambition est claire : faire venir le public le plus large possible au contact des acteurs de l’aventure. 30 ans plus tard, avec 20 000 entrées annuelles, l’objectif est atteint.

Il y a un désir de renouvellement. Il y a aussi et surtout un homme. Mieux, « un monument de notre histoire contemporaine » rappelle Patrick Edel. Cet homme, c’est le Dr Pierre Fyot. Natif de Dijon (établie depuis Jean Sans Peur, sa famille a donné son nom à une rue de la ville), engagé dans la Résistance en 1943, cofondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, le Dr Fyot a tracé sa vie dans l’esprit d’aventure au service de l’humanitaire. C’est lui qui propose à La Guilde de faire grandir son festival à Dijon. Les volontés font le reste : « il faut rendre hommage à Michèle Curtil-Faivre, l’adjointe à la culture de l’époque », complète Patrick Edel. « C’est elle qui, au sein de la municipalité, a voulu le festival. »

Voilà le festival installé à Dijon. Après une première année au cinéma ABC, sous la présidence de Pierre Fyot, les Écrans de l’aventure prennent leurs quartiers d’automne au Théâtre des Feuillants jusqu’en 1999. Et voient se succéder des personnalités prestigieuses à la présidence du jury : Gérard d’Aboville pour commencer (dont le film réalisé par Laurent de Bartillat, Seul, la traversée du Pacifique, avait reçu la Toison d’or l’année précédente), puis Sir Edmund Hillary en 1994 (premier vainqueur de l’Everest avec le sherpa Tensing Norgay en 1953), James Lovell en 1995 (commandant de la mission Apollo XIII, dont le documentaire Apollo 13 – To the edge and back a reçu la Toison d’or un an plus tôt), Sir Peter Blake en 1996… Les Écrans de l’aventure se font une place dans le paysage dijonnais. Et grâce au bouche-à-oreille, le public répond présent.

« Ingé son, libre de suite pour partir en expé n’importe où »

Antoine de Maximy, lui, reçoit sa première distinction en 1993 : le prix spécial du jury pour Alexandra David Néel, du Sikkim au Tibet interdit, co-réalisé avec Jeanne Mascolo de Filippis. Suivront encore une mention spéciale en 1998 (La civilisation perdue du Rio La Venta), et surtout une Toison d’or en 1995 pour Le gaz mortel du lac Nyos. Une autre époque, pour la chemise rouge la plus célèbre de l’audiovisuel français ? « Ça ne me paraît pas si loin que ça, non. Parce qu’en fait, j’ai continué dans la même énergie depuis. »

À LIRE AUSSI : Alexandra David-Néel aux Écrans de l’aventure 2021

Car bien avant J’irai dormir chez vous – dont Antoine de Maximy se souvient avoir « montré les premiers épisodes, pas encore finalisés, dans un hall d’hôtel dijonnais » – le réalisateur a lancé sa carrière à La Guilde. C’était en 1983 : « j’ai mis une petite annonce sur le tableau de la rue de Vaugirard : “ingé son, libre de suite pour partir en expé n’importe où”. Et je suis parti quatre mois au Pérou. Pas seulement pour faire le son, mais pour réaliser deux films ! Voilà comment ça a démarré. J’essayais tout à l’époque. De toute façon, ce n’est jamais le bon moment et on ne sait jamais ce qui va marcher ! »

Aujourd’hui, Les Écrans de l’aventure restent un des seuls festivals auquel participe encore Antoine de Maximy, à nouveau récompensé d’un prix spécial du jury en 2004 pour Nyiragongo : un volcan dans la ville. Pourquoi ? « Parce que c’est une bourse de voyageurs, un endroit de convergence de plein de gens qui ont plein de bonnes idées. Tu en parles, tu te motives les uns les autres, et tu les réalises. C’est ça qui est formidable ! » Formidable, aussi, sa prestation sur scène en 2020, qui a conquis le public après la diffusion de sa fiction (hors compétition) J’irai mourir dans les Carpates.

Esprits libres, actions concrètes

Si, en 30 ans, l’aventure et ses films ont pu changer, Patrick Edel préfère en retenir l’essence. « L’évolution de l’aventure, ce sera le sujet de discussions pour l’édition 2021. Mais ce qui restera toujours propre à l’aventure, c’est l’originalité de la démarche. L’aventure, c’est quelqu’un qui a eu une idée, même modeste, et qui l’a matérialisée. Le film d’aventure par excellence est celui d’une démarche originale ». Et de prendre pour exemple la Toison d’or du film d’aventure 1998 : La marche dans le ciel, réalisée par un certain Pierre Barnerias.

« Quand Alexandre Poussin et Sylvain Tesson traversent l’Himalaya pratiquement sans aucun équipement, c’est une idée originale. D’Aboville qui travers le Pacifique à la rame, à l’époque, pareil… Quelque soit l’évolution des sociétés, il y aura toujours des personnalités fortes qui s’affirment par des tentatives originales. C’est comme ça qu’est née l’aviation ! On n’aurait jamais pensé que le premier vol de Clément Ader laisse place, quelques dizaines d’années, plus tard à des vols commerciaux d’un continent à l’autre. »

Alors, l’aventure comme avant-garde de tendances de demain ? On peut le souhaiter. Prenons deux exemples d’invités qui seront présents à Dijon du 14 au 17 octobre 2021*, pour souffler les 30 bougies d’un festival précurseur en France : Dany Cleyet-Marrel et Corentin de Chatelperron. L’un a transmis la beauté et la fragilité de la forêt, et avec elles la nécessité de sa protection, à travers les images tournées depuis son radeau des cimes ou son cinébulle. L’autre œuvre à répandre la low-tech comme réponse écologique aux problématiques locales – il présentera d’ailleurs aux Écrans de l’aventure son dernier film en avant-première. Deux démarches originales. Mais ô combien nécessaires.

* Antoine de Maximy l’assure : il fera son maximum pour être présent à Dijon en 2021. Mais il préfère aussi prévenir : « je ne peux pas m’engager si tôt. Et il vaut mieux être une bonne qu’une mauvaise surprise ! »


En 2021 les Écrans de l’aventure retrouvent le Théâtre des Feuillants pour une programmation rétrospective unique, en complément de la sélection officielle diffusée au cinéma Olympia. Rendez-vous du 14 au 17 octobre 2021 à Dijon !

Alexandra David-Néel aux Écrans de l’aventure 2021

Pour les 30 ans du festival Écrans de l'aventure, Dijon accueille Alexandra David-Néel. Sous la forme d'une exposition immersive et ludique, l'exploratrice plongera les visiteurs dans le bain de ses grands voyages.

Un article de Eric Carpentier


Alexandra David-Néel, La femme aux semelles de vent,
une exposition scénographiée et contée de Céline Moulys,
du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021 au cellier de Clairvaux,
dans le cadre des 30 ans des Écrans de l’aventure de Dijon.


« Imaginez… Vous êtes à Samten Dzong, la maison où Alexandra David-Néel a rassemblé tous ses souvenirs et où, 22 années durant, après son dernier voyage, elle a travaillé d’arrache-pied pour rédiger, d’après ses notes et expériences, la plupart des nombreux ouvrages de sa bibliographie. Nous sommes en 1969, la dernière année de sa vie. Elle a 101 ans… »

Voilà comment Céline Moulys présente l’installation documentaire qu’elle consacre à Alexandra David-Néel et qui sera installée au Cellier de Clairvaux du 11 au 13 octobre 2021, dans le cadre de la 30e édition des Écrans de l’aventure de Dijon. Une exposition immersive et ludique, pour plonger dans la vie de ce « monument de l’exploration, libre-penseur, anarchiste et révolutionnaire, une orientaliste passionnée et, avant tout, une femme indépendante », introduit la scénographe.

Au menu, la reconstitution des 2 pièces qui ont accueilli Alexandra David-Néel lors des dernières années de sa vie. Un bureau et une chambre, envahis d’objets évoquant ses décennies de voyages. Moulin à prière, lampes à beurre, masques tibétains, bijoux de l’Himalaya, photos, cartes et bibliothèque… Un ensemble accessible sous forme de visite libre ou d’escape game accompagné, à destination des plus jeunes. L’important, pour Céline Moulys, réside dans l’expérience. Car « que ce soit en voyage, dans une installation ou en festival, c’est l’expérience qui imprime des souvenirs ».

Barons perchés et standing ovations

Céline Moulys connaît bien les Écrans de l’aventure. En 2010, pour les 20 ans du festival à Dijon, elle reçoit le prix du public du Festival Off pour son film Föllmi’s Destiny, sur les 30 ans de vie en Himalaya du photographe Olivier Föllmi et de sa femme, l’éditrice Danielle Föllmi. Membre du jury l’année suivante, puis festivalière régulière, elle retient avant tout du festival l’enthousiasme de son public : « il est exceptionnel, se lève sans hésiter, offre de beaux moments de communion », loue-t-elle. « Une standing ovation, c’est toujours un moment très particulier. »

Et un film en particulier ? Peut-être Treeverse, « ce film réalisé comme un documentaire d’aventure au bout du monde, alors que l’histoire se passe dans un parc local ». Dans ce film, les deux protagonistes décident de parcourir un kilomètre dans les arbres sans jamais toucher le sol. Un voyage de cinq jours qui n’est pas sans rappeler la vie du Baron perché, ce personnage d’Italo Calvino qui, un jour, décida de vivre dans les houppiers.

Alors, après les trois jours de son exposition, Céline Moulys retrouvera avec plaisir les journées consacrées aux films, « ces journées hors du temps, plongées dans le noir, huis-clos paradoxal qui t’emmène aux confins du monde, propice à la réflexion et au voyage intérieur ». Un programme que n’aurait pas renié Alexandra David-Néel.


Alexandra David-Néel, la femme aux semelles de vent, installation documentaire du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021, au cellier de Clairvaux.

Visite libre. Escape game commenté ouvert aux groupes.

L’édito de la lettre d’octobre

Des Ecrans au terrain, et inversement

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Des Ecrans au terrain, et inversement

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Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur mal-voyant et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un rêve sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.

Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie des films de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.

Bonne séance !

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe
Ecrans de l’aventure

Les lettres de l’année :
Octobre 2020 : Des Ecrans au terrain, et inversement
Septembre 2020 : A l’aventure dans un monde incertain
Juillet-août 2020 : Hors-série spécial été : l’appel de l’Aventure
Juin 2020 : Conjuguer le temps présent
Mai 2020 – Deuil et résilience
Avril 2020 – L’action, mère de la solidarité
Mars 2020 – Panser un monde confiné
Février 2020 – S’engager malgré tout
Janvier 2020 – 2020, année du lien

Festival Ecrans de l’aventure : le palmarès et les films à revoir en ligne

Du 15 au 18 octobre à Dijon et du 19 au 25 octobre en replay, le festival Ecrans de l'aventure diffuse le meilleur des documentaires d'aventure

Molly et Jesse Dufton, aventuriers de l'année aux Ecrans de l'aventure 2020

Un article de La Guilde


Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Trombinoscope Ecrans de l'aventure Dijon 2020

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur aveugle et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un homme sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.


Tous les films et livres primés sont à découvrir ici :
Palmarès des Ecrans de l’aventure 2020


Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.


Rendez-vous sur la plateforme VOD du festival :
Les Ecrans de l’aventure en ligne


affiche VOD Ecrans aventure Dijon 2020

Festival Ecrans de l’aventure de Dijon : la bande-annonce et le programme

Du 15 au 18 octobre, Dijon devient la capitale de l'aventure avec le festival international du film d'aventure organisé par La Guilde.

Un article de La Guilde


L’aventure des Écrans devrait être conjuguée au pluriel : entre les équipées racontées dans les films projetés, l’acrobatique sélection du meilleur de la production documentaire, et la gageure de rassembler, dans la ville aux cent clochers, aventuriers, réalisateurs et écrivains, le festival est le fruit d’aventures toujours renouvelées.

Et pour sa 29e édition, l’année 2020 lui a posé le plus grand des défis : celui d’exister. Les Écrans de l’aventure seront donc particulièrement heureux de vous accueillir du 15 au 18 octobre à Dijon, pour quatre jours riches de rencontres.

18 films diffusés, dont 14 en compétition officielle, réunissant le meilleur de la production documentaire en matière de nature, d’exploration, d’alpinisme, de voile, de surf, d’escalade et même de Flyboard Air. Demandez le programme !


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020


Pour la première fois, il sera également possible de poursuivre le rêve en ligne jusqu’au 25 octobre, avec la majeure partie des films de la sélection officielle disponible en replay sur www.lesecransdelaventure.com.

La porte est ouverte, soyez les bienvenus.

Compte tenu du contexte actuel, le programme est susceptible de modifications.

Les Écrans de la Mer

Le Festival du Film Voiles et Voiliers avec les Écrans de la Mer 2020

Un article de Cléo Poussier-Cottel


La Guilde et Ouest France présentent le Festival du film Voiles et Voiliers avec les Écrans de la mer 2020, aux Sables d’Olonne. Une première en France, organisée au coeur des festivités du départ du 9e Vendée Globe.

Les Écrans de la Mer se réjouissent de vous retrouver ainsi, aux Sables d’Olonne, dans le cadre de cette collaboration avec Ouest France et Voiles et Voiliers.


Programme et billetterie


Vagabond, la forme de l’eau

Depuis 20 ans, Eric Brossier et France Pinczon du Sel mènent le voilier polaire Vagabond à travers les « coins froids et éloignés » de la planète, dans une succession de navigations historiques, d'hivernages répétés et de missions scientifiques. Président des Ecrans de l'Aventure 2020, du 15 au 18 octobre à Dijon, Eric raconte une année particulière, entre vie de famille et pandémie mondiale. Avec, toujours, une passion intacte.

Un article de Eric Carpentier


Cet article est issu de la série spéciale Aventure, publiée tout l’été. Pour retrouver l’ensemble des articles de la série, abonnez-vous à la lettre mensuelle de La Guilde :


Eric est souvent sur le pont. Sur le pont pour faire avancer la science de terrain. Sur le pont du Vagabond, évidemment, son voilier polaire depuis 20 ans. Et sur le pont, comme beaucoup d’autres, pour s’occuper de leur petite famille avec France, son épouse. D’ailleurs, ce matin-là, France prend son petit-déjeuner en compagnie de Léonie, leur aînée. La cadette, Aurore, fait mentir son prénom et dort encore. Les deux filles ont respectivement 13 et 11 printemps. À moins qu’elles ne comptent en hivers, cette saison durant laquelle Léonie et Aurore alternent entre hivernages polaires (Eric Brossier et France Pinczon du Sel en chiffrent 12 à bord du Vagabond, depuis 1999) et retours dans leur pied-à-terre breton. Aujourd’hui, Eric a lui été réveillé un peu plus tôt par des « idées qui pétillaient ». En cause, les effets du Covid-19.

Eric Brossier, cavalier des glaces

La science des zones blanches

Même au mouillage dans la baie de Grise Fjord, le village inuit le plus au nord d’Amérique, dans le territoire canadien du Nunavut, la pandémie affecte les activités de l’équipage du Vagabond. Eric Brossier l’admet : il vit « une année très particulière ». Ce qui n’entraîne jamais qu’une réponse de plus à apporter, soit l’essence même de son travail. « J’aime l’approche scientifique pour comprendre notre planète, notre environnement, notre nature. Mais je voulais ne faire que du terrain, sans me retrouver coincé dans un labo ». De cette réflexion initiale est née l’idée du Vagabond comme base logistique et scientifique. Un double besoin personnel et collectif « dans ces coins froids et éloignés », là où les connaissances sont les plus maigres, là où « on se sent tout petit et en même temps privilégié d’y être ». Alors, chaque année, il accueille des missions pour hiverner sur la banquise ou pour se faufiler entre les « glaçons ». Sauf en 2020, donc : faute d’autorisations, le Vagabond n’a reçu personne cet été. Ce qui n’est pas pour autant synonyme de chômage technique pour son équipage.


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« Depuis toutes ces années, nos partenaires nous font confiance », reprend Eric. « On a reçu des caisses de matériel, des protocoles à suivre, et on bosse en famille ». Le programme estival est riche : plongées pour récolter des échantillons de coraline, « une algue qui forme une croute et raconte le climat passé de l’océan sur des dizaines d’années, une sorte d’archive climatique » ; prélèvements d’eaux à différentes profondeurs pour étudier les effets de la fonte des glaces, chargées de nutriments, sur la chaine marine ; relevés hydrographiques permettant de comprendre les interactions entre eaux arctiques et atlantiques ; cartographie marine à l’aide de sonars… Autant de relais précieux pour scientifiques et cartographes dans les zones blanches qui constituent le terrain de jeu de Vagabond, et le pain quotidien de son équipage. « Si les filles ne participaient pas, on aurait eu du mal à accepter la mission » salue leur père. « Mais on doit aussi tenir deux mois, ce sont des enfants, donc il faut du ludique, des vacances de temps en temps ».

Sous le Vagabond, un sonar multi-faisceaux

Une famille presque normale

A quoi ressemble un week-end de temps libre sur le Vagabond ? Il se prend à un rythme aléatoire, pour commencer : « c’est vraiment guidé par la météo : s’il fait mauvais, on ne peut pas travailler. On en profite pour faire du rattrapage, lire, écrire, écouter de la musique, regarder des films, faire la cuisine… Vraiment comme à la maison, quoi ». Et quand les corps et les esprits commandent une pause et que le ciel le permet, les Brossier accostent parfois pour aller marcher, cueillir des myrtilles, observer les animaux ou camper. Un vrai programme de monsieur et madame tout-le-monde – ou presque : « on dort quand même moins bien quand on n’a pas de chiens, parce qu’il y a des ours. Il faut dormir avec le fusil contre soi, ce n’est pas vraiment relaxant ! (rires) »


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Toute la dualité de la famille Brossier résumée dans un bivouac. D’un côté, un choix de vie extrême, inédit par sa persistance dans le temps ; de l’autre, une réflexion classique sur les orientations familiales et l’avenir des enfants comme des parents. À la question de savoir s’il connait d’autres exemples similaires au sien, le père accompagne sa réponse négative d’une comparaison à la fois surprenante et cohérente : « on a bien conscience qu’on a quelque chose d’atypique. Après, c’est un peu comme une vie d’agriculteur : tu vis et tu travailles en famille, dans ton coin, avec quelque chose de solitaire. Nous, c’est juste que notre maison est itinérante et nos régions moins connues » – et que le plancton des eaux arctiques a remplacé les fleurs des champs. Jusqu’à quand ?

Cette année, les Brossier ont décidé de ne pas prendre de programme hivernal pour permettre à leurs filles de passer une année scolaire complète en France. Une première pour Aurore et Léonie, respectivement en 6e et en 3e. Si, le père l’assure, rien n’est définitif et tout évolue en fonction des opportunités, reste que la tribu « a vraiment envie de prendre en compte le paramètre scolaire en priorité. » Avec l’expérience gagnée à bord de Vagabond et celles cumulées de l’Antarctique à l’Equateur, Eric ne s’interdit pas d’aller explorer d’autres domaines, d’autres approches. Du moins, « c’est la réflexion du moment, sachant que les années passent ! (rires) » L’autre sujet du moment est celui du lieu de la mission estivale 2021, déjà prévue : « avec les nouvelles règles d’accès, la base qui devait accueillir le bateau pour l’hiver ne peut plus le faire. Du coup on doit réfléchir au meilleur endroit pour le laisser, notamment en fonction de la prochaine mission. » Il faut faire vite : mi-septembre, Vagabond doit être à son site d’hivernage et les filles, rentrées à l’école.

France, Eric, Aurore et Léonie

Du terrain aux Ecrans, et inversement

Et puisque 2020 se devait d’être définitivement une année particulière pour les Vagabonds, leur capitaine sera pour la première fois président du jury aux Ecrans de l’Aventure, du 15 au 18 octobre à Dijon. Un rendez-vous loin d’être anecdotique pour Eric Brossier, qui a participé au festival sous toutes les casquettes, de bénévole à engagé en compétition en passant par membre du jury. « La présidence me touche beaucoup » dit-il. « Je connais La Guilde depuis que j’ai 18 ans, quand j’habitais en région parisienne. Je montais des projets pour les vacances et les archives de La Guilde, ses équipes et ses Bourses m’ont donné de jolis coups de pouce. » Surtout, après ces jeunes années, les Ecrans de l’Aventure ont posé plusieurs jalons dans la vie d’Eric : « à chaque fois, des rencontres ont abouti à quelque chose : un film, un livre, un projet… C’est vraiment un moment très important dans ma vie et celle de Vagabond ». Mieux, une édition des Ecrans fut même fondatrice.


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C’était en 1999. « Il y avait un direct avec un voilier russe qui sortait du passage du Nord-Est. Hubert de Chevigny, qui connaissait bien Vagabond parce qu’il avait navigué dessus, était là, ainsi que l’explorateur polaire Gérard Janichon et Jacques Lainé, le réalisateur ». Cette année-là, suite à un hivernage aux îles Kerguelen, Eric Brossier est sur le point de concrétiser son idée de base logistique et scientifique itinérante. Il vient tout juste de visiter Vagabond : « tout le monde m’a dit “vas-y, fonce, c’est un super bateau !” Et je l’ai acheté ». Quelques mois plus tard, France Pinczon du Sel embarquera comme équipière pour une mission polaire à bord du Vagabond. Une histoire est née.

Pour suivre les pérégrinations de la famille Brossier et de leur voilier polaire, direction le site vagabond.fr.