« Il y a beaucoup de trucs à inventer »

Sébastien Roubinet est un explorateur polaire aguerri doublé d’un inventeur insatiable. Ses expéditions sont parrainées par La Guilde en tant que projet-pilote, en ce qu’elles illustrent l’esprit et la démarche de l’association. À l’aube de son nouveau départ vers l’Arctique pour l’expédition Nagalaqa, Sébastien revient sur un parcours guidé par la beauté du monde et une curiosité sans limites.

Un article de Aventure


Le 8 juin, tu t’envoles pour l’île Banks et trois mois d’exploration au nord de l’archipel arctique canadien. Trois mois, c’est la durée idéale pour une expédition de ce genre ?

C’est un minimum ! (rires) En dessous, ça demande trop d’investissement. Et puis ça laisse le temps de devenir vraiment nomade. On rentre tout de suite dans le vif du sujet, mais au bout de 10-15 jours une certaine routine s’instaure, ça coule, on pourrait continuer indéfiniment. Au retour c’est différent, je n’ai pas trop besoin d’adaptation. Entre mes 15 ans et mes 30 ans, j’étais sur l’eau 300 jours par an, toujours à passer d’un bateau à l’autre. Donc quand je rentre, la vie continue, je n’ai jamais de contrecoup.

Sur l’île Banks, tu vas retrouver Babouch’ty, ton prototype mi-voilier, mi-char à glace, avec lequel tu as tenté à trois reprises la première traversée de l’océan Arctique à la voile en passant par le pôle Nord. Trois fois, c’était bien aussi ?

Refaire une 4e tentative de traversée, non, j’ai passé plus de sept mois sur cet océan et c’est déjà pas mal. En plus, avec le changement climatique, ça devient vraiment dangereux pour un petit bateau. Jusqu’à 2011-2013, on avait des plaques énormes qui ne craignaient pas la houle, sur lesquelles on était en sécurité par mauvais temps. En 2018, il n’y en avait plus du tout. La moyenne d’épaisseur se situait entre 40 et 60 cm, alors qu’en 2011 c’était 2,50 m et en 2013, 2 mètres.

Cette fois, tu vas passer au nord de l’archipel Arctique, une zone jamais naviguée à la voile. En 2007, tu réalisais déjà la première traversée du passage du Nord-Ouest uniquement à la force du vent. C’est important pour toi de réaliser des premières ?

Non, le côté exploit n’est pas ce qui me fait partir. Ce qui m’intéresse, c’est surtout de découvrir ces régions, d’y passer du temps, de montrer qu’un petit bateau peut le faire et de trouver des techniques pour y parvenir. Le Guinness des records, bon, ça peut aider pour les sponsors, et encore. Les miens savent que ce n’est pas ma manière de communiquer et l’apprécient. Certains commencent à saturer des premières mondiales à tout prix.

Comment as-tu dessiné cet itinéraire en particulier ?

Je connais bien l’est du Groenland, tout le passage du Nord-Ouest, le centre de l’océan Arctique… Là on va être en côtier, il y aura beaucoup plus de faune, de paysages variés, des zones de toundra, de montagnes, des grands glaciers au nord d’Ellesmere ou du Groenland… Question esthétique, ça va être magnifique. C’est sympa de découvrir ces endroits-là, tout simplement !

En fait, tu prends à la lettre les mots d’Ella Maillart, « il faut aller voir la beauté du monde » ?

Ella Maillart c’est un beau compliment, j’aime bien ! (rires)

Que réponds-tu lorsqu’on te demande ta profession ?

Je dis souvent marin. Parfois c’est architecte-concepteur, selon le travail je peux ajouter musher, mais souvent je m’arrête à marin. C’est très vague et ça me va très bien !

Quel est le point commun à tes différentes activités ?

La conception, inventer des trucs. Que ce soit dans la mer ou dans les airs, c’est faire avec les éléments, essayer de trouver des solutions en fonction des contraintes naturelles. Une expé’, c’est ça : concevoir du matériel pour qu’il réponde aux besoins sans jamais être contre la nature. Aujourd’hui, il y a plus d’exploration à faire en technique que sur un territoire ! Avant de partir on a déjà fait 20 fois le parcours sur Google Earth, on a apporté des photos pour s’aider à la navigation… Par contre, dans la technique, il y a beaucoup de trucs à explorer, à inventer, à mettre au point.

Il y aussi des volets scientifiques à tes expéditions.

Oui, parce que c’est intéressant de pouvoir aider les scientifiques à travailler. Cette année, ce sera surtout via l’ADN environnemental. On filtre l’eau et on ramène ces filtres remplis d’ADN. Les scientifiques les analysent et arrivent à savoir quels êtres vivent dans cette eau à cette période. On sera deux adhérents proches de La Guilde sur le coup, d’ailleurs : Eric Brossier, le capitaine du Vagabond, fait partie du même programme avec son bateau qu’il va retrouver à Grise Fjord. Il fait le sud, on fait le nord.


À LIRE AUSSI : Vagabond, la forme de l’eau


Pour ton expédition Nagalaqa, tu évoques aussi les « archives photos et vidéos des dernières glaces pluriannuelles ». Tu te sens témoin d’un changement d’époque ?

Je n’ai aucun doute que je pourrais voir dans ma vie un voilier normal aller au pôle Nord l’été. En 2007, le commandant d’un brise-glace canadien me disait que la prochaine grande voie maritime ne serait pas le passage du Nord-Est ou du Nord-Ouest, mais passer par le pôle. Les plus positifs disent 30 ans. Mais la plupart sont plutôt à 15 ans. Il y aura encore un peu de glace, mais l’été, l’eau sera assez libre pour faire la traversée par le pôle, j’en suis sûr.

Comment s’adapter à un changement de condition aussi rapide ?

Je ne sais pas, je n’aurais jamais pensé voir une telle différence en si peu de temps. Il y a quelque chose dont on ne parle jamais, c’est l’état de la faune au centre de l’océan Arctique. Sur les vieilles glaces qui pouvaient avoir jusqu’à dix ans, de la poussière tombait. De la poussière volcanique, du sable, des pollens… L’été, toute cette poussière rendait la glace grise, voire noire. Et dessous, ça faisait de la nourriture pour les planctons, les algues, on voyait souvent des crevettes et des poissons à travers les fissures ou des phoques en eau libre. En 2018, ça avait complètement disparu. Il n’y avait plus de vie au centre de l’océan Arctique. Les glaces sont belles, toutes blanches, mais il n’y a plus de vie. Une autre vie se formera quand il n’y aura plus de glace une partie de l’année, parce que certains poissons viendront dans ces zones. Mais pour l’instant c’est impressionnant. Et inquiétant.

Tu repars cette année avec Eric André (et Jimmy Hery), avec lequel tu as reçu le Shackleton Award en 2018. Une belle distinction !

J’étais content, hein ! C’est un prix vraiment prestigieux, attribué par des Norvégiens, des gens plutôt calés dans le milieu polaire. (rires) Alors recevoir un mail à 23 heures, me demandant de venir en Norvège pour recevoir le prix… je n’ai pas beaucoup dormi ! L’expédition de Shackleton est magnifique, l’aspect humain tellement fort. Ramener tout le monde en bonne santé malgré les conditions, c’est le principal dans une expé’.

Le jury parle, au sujet de la Voie du Pôle, d’une « véritable aventure polaire dans l’esprit de Shackleton ». C’est ça, l’esprit de Shackleton, savoir rentrer sain et sauf ?

Oui, d’autant qu’il y a très peu d’expés’ comme la mienne, qui durent aussi longtemps, aussi engagées, sans avoir une grosse base arrière avec des hélicos prêts à décoller en cas de besoin.

Dix ans plus tôt, en 2008, tu recevais le trophée Peter Bird décerné par La Guilde pour ton passage du Nord-Ouest à la voile. Le début d’une longue histoire.

Avec La Guilde, on s’est rencontrés aux Écrans de l’aventure de Dijon autour de notre film Babouche, un catamaran pour l’Arctique (mention spéciale du jury 2008, ndlr). Elle m’a beaucoup aidé, en m’invitant à présenter mes projets, avec la Bourse de l’aventure maritime 2018, par des mises en relation… En étant parrainé comme projet-pilote, je commence à avoir des liens assez privilégiés avec La Guilde et j’en suis très heureux.

Tu travailles également sur Zephalto, le ballon stratosphérique initié par l’actuel président de La Guilde, Vincent Farret d’Astiès.

Il y a de nombreux points communs entre le naval et l’aéronautique, mais on pousse beaucoup plus loin la recherche technique dans le naval parce qu’on n’a pas les contraintes administratives de l’aéronautique. Avec Vincent, on parlait depuis longtemps des nouvelles technologies utilisées pour mes coques, qui leur permettent d’être particulièrement résistantes. Comme c’est un homme ouvert, on a commencé à y réfléchir un peu plus en profondeur pour sa nacelle. Je n’en dis pas plus ! (rires)

On te retrouvera à Dijon, du 13 au 16 octobre prochain ?

Normalement oui, on devrait avoir les toutes premières images de notre expé’. On essaiera d’improviser un montage en avant-première !

Au fait, d’où vient le nom de ce nouveau projet, Nagalaqa ?

C’est le nom groenlandais de la perdrix des neiges, et c’était le nom de notre chienne de tête quand j’habitais au Groenland. Avec elle, on avait atteint le sommet du mont Forel. Le seul à l’avoir fait en traineau avant nous, c’était Paul-Émile Victor. Une belle trace, non ?

Propos recueillis par Eric Carpentier


Pour aller plus loin


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Les Cafés de l’aventure – marche à l’étoile au Kirghizistan

Mardi 5 avril au Zango Les Halles (Paris 1er), partez au Kirghizistan observer le ciel avec Stephen Rater et Boris Wilmart.

Un article de Aventure


Stephen Rater (Astrobivouac) et Boris Wilmart (Baka films) sont partis au Kirghizistan pour le troisième chapitre du projet « Marche à l’étoile », après le Népal en 2018 et la France en 2020. Avec du matériel d’astronomie et de vidéo dans les sacs, ils marchent la journée et proposent des observations au télescope la nuit venue. Accompagnés de Nursultan, traducteur, ils récoltent alors impressions et sentiments venus du ciel et de l’Univers, depuis Bishkek, la capitale kirghize, jusqu’au au lac d’altitude Son Kul.

« Aujourd’hui, la grande majorité de la population mondiale n’a jamais observé au télescope. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cultures et d’intérêt autour du ciel et de l’Univers, bien au contraire, relève Stephen Rater, lauréats des Bourses de l’aventure 2021 pour ce chapitre kirghize. Il est important pour nous d’aller provoquer des discussions autour de ce thème et de comprendre ce que les gens pensent de tout cela, à travers des observations contemplatives et/ou des pensées philosophiques, scientifiques et religieuses. Le voyage à travers la marche est un bon prétexte d’aventure. Il est aussi un bon moyen d’aller rencontrer spontanément des personnes curieuses, que ce soit dans le jardin d’en face, au cœur des Cévennes ou au fin fond de l’Himalaya. Ces témoignages partagés nous ouvrent des manières de voir le monde ».


Depuis 20 ans, le Zango accueille les Cafés de l’aventure organisés par La Guilde. Ils rassemblent de manière conviviale hommes et femmes animés par le même esprit de découverte du monde.

Tous les premiers mardis du mois (parfois le deuxième), rendez-vous à partir de 20h au Zango Les Halles (15 rue du Cygne 75001 Paris, métro Etienne Marcel), pour exposer vos projets ou partager un retour d’expédition, de manière informelle.

Pour que l’entrée reste gratuite, nous vous remercions de prendre une consommation avant de monter à l’étage !

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À lire aussi


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Bourses de l’aventure 2022 : c’est parti !

Vous avez un rêve à réaliser ? La Guilde vous indique le chemin. Depuis 1971, les Bourses de l'aventure soutiennent des projets d'exploration originaux et audacieux. Candidatures ouvertes jusqu'au 30 avril 2022.

Un article de Aventure


Les Bourses de l’Aventure 2022 :
15 000 € seront attribués à 5 projets.

Vous préparez un projet d’exploration à caractère sportif (à pied, à cheval, en canoë, en ulm, à vélo…) ?
Les Bourses de l’Aventure vous aident à concrétiser vos rêves !

Si votre projet est conforme au règlement, téléchargez la fiche de synthèse et le plan pour constituer votre dossier.

Les dossiers 2022 sont acceptés jusqu’au 30 avril 2022.

Annonce des lauréats fin juin 2022.

Voir les lauréats 2021

VOD : le palmarès des Écrans 2021 en ligne

Du 22 septembre au 2 janvier, les films primés aux 30es Écrans de l'aventure sont accessibles en ligne. L'occasion de plonger dans ce que l'aventure produit de meilleur.

Un article de Festival Écrans de l'aventure


Alpinisme, plongée, Amazonie, quête familiale, migrations, low-techs : c’est peu dire que les thématiques couvertes par les films primés aux Écrans de l’aventure 2021 est vaste. Le jury présidé par Elisabeth Revol a offert à la trentième édition du festival un palmarès témoin de son époque, dans toute sa diversité.

Bonne nouvelle : du 22 décembre au 2 janvier, 6 des 7 films du palmarès sont à (re)voir en VOD !

>>> films.lesecransdelaventure.com <<<

Out of Frame, Toison d'or
Lost At Sea, Prix spécial du jury
L'Aventure, Prix Alain Bombard
Les Harmonies invisibles, Prix Ushuaïa TV
Dark Green, Prix du public
4 mois sur ma biosphère, Prix des jeunes de la ville de Dijon
https://twitter.com/EcransAventure/status/1473680398752403473

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Cafés de l’aventure : en canoë sur le Zambèze

Mardi 4 janvier, Apolline et François Xavier de Villemagne nous embarquent sur le fleuve Zambèze jusqu'aux chutes Victoria. Port de départ : le Zango Les Halles, Paris.

Un article de Aventure


Depuis 2002, le Zango accueille les Cafés de l’aventure organisés par La Guilde. Ils rassemblent de manière conviviale hommes et femmes animés par le même esprit de découverte du monde.

Tous les premiers mardis du mois, rendez-vous à partir de 20h au Zango Les Halles (15 rue du Cygne 75001 Paris, métro Etienne Marcel), pour exposer vos projets ou partager un retour d’expédition, de manière informelle.

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Mardi 4 janvier, les invités de la soirée sont Apolline et François-Xavier de Villemagne, canoëtistes.

François-Xavier de Villemagne a vécu plusieurs expériences d’aventure, dont deux périples à pied au long cours (de Paris à Jérusalem et de Paris à Rome), un voyage ‘engagé’ au nord-Pakistan, ou le passage du Cap Horn sur un trois-mâts barque ; étudiante, Apolline est béotienne dans ce domaine. Mais quand l’oncle appelle, la nièce n’hésite pas : elle se lance dans une descente du fleuve Zambèze en canoë depuis le nord-ouest de la Zambie, à proximité de la frontière angolaise, jusqu’aux chutes Victoria.

Sur ce Haut-Zambèze encore sauvage et dont aucun aménagement ne vient réguler le cours, ils parcourent 1 000 kilomètres en 36 jours au milieu d’une nature préservée. Leur périple, rythmé par de longues heures quotidiennes de pagayage et la nécessité d’installer un campement chaque soir, est ponctué de multiples rencontres… et marqué par le danger omniprésent d’une vie sauvage avec laquelle il faut apprendre à composer : les nombreux hippopotames, les crocodiles, et parfois les singes ou les éléphants. Sans compter le passage de rapides qui ne sont pas précisément cartographiés et dont on ne découvre les secrets et les difficultés qu’au tout dernier moment.

« Depuis David Livingstone, quelques Occidentaux ont descendu ce fleuve avant nous ; et puis, lorsque l’on se retrouve face à l’inconnu, sans tous les garde-fous qui protègent et ligotent la vie contemporaine à l’occidentale, on a l’impression de goûter un peu de la vie exaltante que menaient les explorateurs des temps héroïques. »

Une rencontre animée par Sophie de Courtivron, Compagnon de La Guilde et lauréate des Bourses de l’aventure… pour une descente du Zambèze.

Aux chutes de Sioma

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L’édito de la lettre d’octobre

3,2,1… illuminez les Écrans !

Un article de La Guilde


Lire la lettre dans son intégralité : 3,2,1… illuminez les Écrans !

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription


Exceptionnellement, cette lettre mensuelle Actions est focalisée sur le festival des Écrans de l’aventure que La Guide organise chaque année avec la ville de Dijon. Que celles et ceux qui s’investissent dans le volontariat international avec La Guilde ou encore dans les microprojets de coopération nous pardonnent : on n’a pas tous les jours 30 ans…

Depuis 30 ans, l’aventure, ses émotions et ses rencontres se conjuguent à Dijon dans un esprit d’amitié et de simplicité propres aux relations vraies. Et l’aventure lointaine demeure, dans ce monde en apparence si exploré, un souffle qui inspire les grands départs, sous des formes multiples. L’aventure colore chaque année La Guilde du raid en Guilde du rêve

Le festival infuse dans la ville via de superbes expositions de photos ou des rencontres en petit comité avec les personnalités invitées. Toutes les facettes de l’aventure vous sont proposées, en images, en mots et en face-à-face.

La rétrospective exceptionnelle des 30 ans complète la sélection 2021 et multiplie par deux les séances et les sites de projection, en présence des réalisateurs ou des aventuriers ; ils sont plus de soixante.

Et parce qu’il reste une compétition féconde, le festival culminera avec les prix remis aux films et livres élus ; sous la présidence de l’himalayiste Elisabeth Revol (jury du film) et de l’écrivain Jean-Luc Coatalem (jury du livre), que nous remercions chaleureusement.

Puissent se lever à Dijon – et ailleurs – de nouvelles vocations d’aventuriers, de coopérants, de scientifiques, de réalisateurs, qui à leur tour porteront l’amour du monde.

Ce programme des 30èmes Écrans de l’aventure promet un bel anniversaire. Rendez-vous à Dijon du jeudi 14 au samedi 16 octobre inclus !

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde et du festival

Un Café de l’aventure sur l’île aux Ours

Nicolas Marcillaud revient d’une expédition en Arctique avec deux équipiers. Ils ont passé quatre mois en mer au départ de la Baie de Somme sur un voilier de 9m2. Le skipper raconte lors des prochains Cafés de l'aventure, le mardi 5 octobre au Zango.

Un article de Aventure


Depuis 2002, le Zango Les Halles accueille les Cafés de l’aventure organisés par La Guilde. Ils rassemblent de manière conviviale et régulière les acteurs de l’aventure animés par le même esprit de découverte du monde.

Tous les premiers mardis du mois, retrouvez-nous à partir de 20h au Zango Les Halles (15 rue du Cygne 75001 Paris, métro Etienne Marcel), pour exposer vos projets ou partager un retour d’expédition, de manière informelle.

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Mardi 5 octobre, l’invité de la soirée est Nicolas Marcillaud, skipper des glaces

De la baie des phoques à l’île des ours – avril-août 2021

Nicolas, Julien et Théophile sont revenus à la fin du mois d’août d’une expédition de 4 500 milles nautiques en Arctique. 8 mois plus tôt, ils ne s’étaient jamais rencontrés. 

Puisque les images satellites montrent une nette tendance au recul des glaces en Arctique, un petit voilier ne pourrait-il pas naviguer sur des eaux réservées aux brises-glaces ? Que réservent les côtes auparavant bloquées par la banquise ? Comment navigue-t-on là où s’arrêtent les cartes marines, et au milieu des plaques de banquise dérivantes ? Ce sont quelques-unes des questions qui les ont motivés à partir durant quatre mois, après trois mois de préparation intensive pour mêler exploration maritime et terrestre autour de l’archipel du Svalbard. 

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Alexandra David-Néel aux Écrans de l’aventure 2021

Pour les 30 ans du festival Écrans de l'aventure, Dijon accueille Alexandra David-Néel. Sous la forme d'une exposition immersive et ludique, l'exploratrice plongera les visiteurs dans le bain de ses grands voyages.

Un article de Eric Carpentier


Alexandra David-Néel, La femme aux semelles de vent,
une exposition scénographiée et contée de Céline Moulys,
du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021 au cellier de Clairvaux,
dans le cadre des 30 ans des Écrans de l’aventure de Dijon.


« Imaginez… Vous êtes à Samten Dzong, la maison où Alexandra David-Néel a rassemblé tous ses souvenirs et où, 22 années durant, après son dernier voyage, elle a travaillé d’arrache-pied pour rédiger, d’après ses notes et expériences, la plupart des nombreux ouvrages de sa bibliographie. Nous sommes en 1969, la dernière année de sa vie. Elle a 101 ans… »

Voilà comment Céline Moulys présente l’installation documentaire qu’elle consacre à Alexandra David-Néel et qui sera installée au Cellier de Clairvaux du 11 au 13 octobre 2021, dans le cadre de la 30e édition des Écrans de l’aventure de Dijon. Une exposition immersive et ludique, pour plonger dans la vie de ce « monument de l’exploration, libre-penseur, anarchiste et révolutionnaire, une orientaliste passionnée et, avant tout, une femme indépendante », introduit la scénographe.

Au menu, la reconstitution des 2 pièces qui ont accueilli Alexandra David-Néel lors des dernières années de sa vie. Un bureau et une chambre, envahis d’objets évoquant ses décennies de voyages. Moulin à prière, lampes à beurre, masques tibétains, bijoux de l’Himalaya, photos, cartes et bibliothèque… Un ensemble accessible sous forme de visite libre ou d’escape game accompagné, à destination des plus jeunes. L’important, pour Céline Moulys, réside dans l’expérience. Car « que ce soit en voyage, dans une installation ou en festival, c’est l’expérience qui imprime des souvenirs ».

Barons perchés et standing ovations

Céline Moulys connaît bien les Écrans de l’aventure. En 2010, pour les 20 ans du festival à Dijon, elle reçoit le prix du public du Festival Off pour son film Föllmi’s Destiny, sur les 30 ans de vie en Himalaya du photographe Olivier Föllmi et de sa femme, l’éditrice Danielle Föllmi. Membre du jury l’année suivante, puis festivalière régulière, elle retient avant tout du festival l’enthousiasme de son public : « il est exceptionnel, se lève sans hésiter, offre de beaux moments de communion », loue-t-elle. « Une standing ovation, c’est toujours un moment très particulier. »

Et un film en particulier ? Peut-être Treeverse, « ce film réalisé comme un documentaire d’aventure au bout du monde, alors que l’histoire se passe dans un parc local ». Dans ce film, les deux protagonistes décident de parcourir un kilomètre dans les arbres sans jamais toucher le sol. Un voyage de cinq jours qui n’est pas sans rappeler la vie du Baron perché, ce personnage d’Italo Calvino qui, un jour, décida de vivre dans les houppiers.

Alors, après les trois jours de son exposition, Céline Moulys retrouvera avec plaisir les journées consacrées aux films, « ces journées hors du temps, plongées dans le noir, huis-clos paradoxal qui t’emmène aux confins du monde, propice à la réflexion et au voyage intérieur ». Un programme que n’aurait pas renié Alexandra David-Néel.


Alexandra David-Néel, la femme aux semelles de vent, installation documentaire du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021, au cellier de Clairvaux.

Visite libre. Escape game commenté ouvert aux groupes.

Festival Ecrans de l’aventure : le palmarès et les films à revoir en ligne

Du 15 au 18 octobre à Dijon et du 19 au 25 octobre en replay, le festival Ecrans de l'aventure diffuse le meilleur des documentaires d'aventure

Molly et Jesse Dufton, aventuriers de l'année aux Ecrans de l'aventure 2020

Un article de La Guilde


Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Trombinoscope Ecrans de l'aventure Dijon 2020

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur aveugle et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un homme sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.


Tous les films et livres primés sont à découvrir ici :
Palmarès des Ecrans de l’aventure 2020


Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.


Rendez-vous sur la plateforme VOD du festival :
Les Ecrans de l’aventure en ligne


affiche VOD Ecrans aventure Dijon 2020

Raconter l’aventure – le récit

La question taraude souvent ceux qui décident d'aller voir le monde de leurs propres yeux : comment partager ce que l'on a vécu ? Alors que le festival Ecrans de l'aventure de Dijon s'apprête à ouvrir ses portes, écrivains et réalisatrices nous racontent leurs processus de (re)création.

Crédits Linda Bortoletto

Un article de Eric Carpentier


Pour l’une, c’est « parce qu’il y a un élan » ; pour l’autre, ça peut être « pour le vert de l’herbe sur une photo ». Elle part « pour vivre », lui s’échappe « pour se libérer ». Quelles que soient les raisons – parfois même sans raison précise – ils plient bagages régulièrement. Elles marchent des milliers de kilomètres ou enfourchent des motos, ils vont trainer avec les nomades d’Asie centrale ou dans les méandres du fleuve Congo. Liste non exhaustive ! Chaque année, des dizaines et des dizaines d’hommes et de femmes partent goûter le monde, sans arômes artificiels ni personne pour leur servir sur un plat. Leur sel, c’est « l’aventure », souvent (pompeusement ?) écrite avec un grand A.

À leur retour, quand il y en a un, on peut croiser ces voyageurs / aventuriers / explorateurs / esprits libres / regards curieux (aucune mention inutile) aux hasards de conférences, de dédicaces ou de festivals : ils viennent raconter leur aventure, on les écoute – avec plus ou moins d’intérêt, soyons honnêtes. Souvent tout de même, leur talent et la qualité de leurs productions nous attrapent. Dessins, sons, textes ou images emportent vers un ailleurs. Avec un grand A ?

Alors que va s’ouvrir la 29e édition des Ecrans de l’aventure (du 15 au 18 octobre à Dijon, puis du 19 au 25 octobre en ligne), nous avons demandé à quelques voyageurs-conteurs pourquoi et comment ils partagent leurs histoires. Linda Bortoletto (Là où je continuerai d’être, Toison d’or du livre d’aventure 2016), Guillaume Jan (Samouraïs dans la brousse, Toison d’or du livre d’aventure 2018), Mélusine Mallender (Les voies de la liberté, prix du public des Ecrans de l’aventure 2019) et Louis Meunier (7000 mètres au-dessus de la guerre, prix Alain Bombard 2011 ; Les cavaliers afghans, Toison d’or du livre d’aventure 2014 ; Les cavaliers afghans, sur les traces de Joseph Kessel en Afghanistan, prix Alain Bombard 2017) nous racontent ainsi leur processus de création, d’une étincelle à l’autre.


PREMIERE PARTIE – LE VOYAGE

DEUXIEME PARTIE – LE RECIT

Comment raconter le vécu ? Quels messages transmettre ? Et comment s’astreindre à l’immobilité quand on a des fourmis dans les jambes ? Dans toutes les bouches, un refrain : la création n’est pas aisée, mais elle est nécessaire. Quand Linda Bortoletto se met à l’écriture, « c’est une aventure à part entière (rires) ! Dans mes récits, à chaque fois, il y a un conflit à résoudre. Il faut plonger en soi, accepter de revivre des émotions même les plus difficiles, et en même temps avoir du recul, trouver les bons mots, faire le travail technique de l’écriture. » Louis Meunier ne dit pas autre chose, qui aimerait vivre « des montées dans l’éther », mais reconnaît que le travail est davantage de l’ordre de la besogne « qui fait transpirer ». Quant à Mélusine Mallender, elle le concède : la salle de montage, « c’est un peu pénible au bout d’un moment. À la fin, je n’en peux plus de revoir les images (rires) ! » Sauf que l’un « aime avoir écrit », et l’autre « est heureuse de faire que ce voyage ne soit pas que le mien. »


À LIRE AUSSI : ZEPHALTO, L’ELAN VERS LA BEAUTE


Et puis il y a une autre constante. Pour toutes et tous, si l’aventure vaut toujours d’être vécue, elle ne vaut d’être partagée que s’il y a quelque chose de plus grand à raconter, quelque chose qui dépasse sa propre personne. Guillaume Jan : « je me suis toujours dit que ce que j’avais vécu risquait de ne pas intéresser grand monde. C’est pour ça que je mets toujours une histoire en parallèle : Stanley, Livingstone, Kano… Raconter juste ses petites expériences, ça fait un peu trop carte postale envoyée aux copains. » Si elle s’aventure sur des chemins plus intimes, en témoigne son récit en Patagonie à paraître, Linda Bortoletto s’aperçoit que « des expériences individuelles peuvent avoir une portée universelle. Elles peuvent apporter un éclairage à des personnes qui n’ont pas forcément les outils, la distance ou le temps de faire ce travail d’introspection. Il y a une envie de guider ces personnes-là, comme un guide de montagne qui aurait découvert un sentier. »


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Alors le temps est pris. Pour monter un film (un mois ou deux minimum, souvent à temps plein) ou pour écrire un livre (quatre à cinq heures par jour, plutôt tôt le matin ou tard le soir). Mais aussi pour récolter l’essence de son voyage. Certains parlent de décantation, d’autres de sédimentation ; tous s’accordent sur le fait qu’il faut laisser un espace entre le retour et le récit, « comme quand tu es dans la brume en montagne, métaphorise Linda Bortoletto. Tu la laisses se dissiper pour voir les sommets. » Alors, seulement, l’aventure peut être décrite au plus près de ce qu’il en reste. Au plus fidèle de cette lueur qui irradie dans le regard de ceux qui ont été voir. « Il faut aller voir », disait Ella Maillart ? Il faut également raconter. Parce qu’un jour, un mot ou une image les a poussés sur les chemins, il ne faut pas oublier que « nous sommes tous des vecteurs », dit Louis Meunier, à moins que ce soit Linda Bortoletto, Guillaume Jan, Mélusine Mallender ou bien encore un(e) autre. Qui aurait conclu : « en fait, la création, c’est une passation. »


À LIRE : Linda Bortoletto, Le chemin des anges – Ma traversée d’Israël à pied (Payot, 2019)

À LIRE : Guillaume Jan, Samouraïs dans la brousse (Paulsen, 2018)

À VOIR ET À LIRE : Mélusine Mallender, Les voies de la liberté (Darwin Production, 2018, et Robert Laffont, 2020)

À VOIR : Louis Meunier, Nomades d’Iran, l’instituteur des Monts Zagros (ZED pour ARTE France, 2019)


Sélection officielle des films et des livres en compétition, jurys, invités, rencontres, soirées spéciales… :
le programme complet des Ecrans de l’aventure 2020

Affiche Ecrans Aventure Dijon 2020

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