L’édito de la lettre de septembre

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Les déchets, compagnons encombrants

Le Congrès mondial de l’UICN* vient de se tenir en France, avec sa liste grandissante d’animaux en voie de disparition. Dans un mouvement inverse, les déchets poursuivent eux leur prolifération. La Guilde s’est saisie du problème depuis longtemps et alertait il y a dix ans – sans grand succès médiatique à l’époque – sur les gigantesques vortex de plastique se constituant au milieu des océans (réunion internationale sur les déchets plastiques ; Écrans de la Mer, 2011). À terre, la situation n’est guère meilleure, hormis dans les pays les plus éduqués.

Toutefois, les réactions à ce désastre n’ont jamais été aussi nombreuses. Dans son jardin, La Guilde a ainsi attribué une Bourse de l’aventure 2021 à deux jeunes alpinistes grenoblois bien décidés à installer un incinérateur que des villageois d’une haute vallée népalaise réclament. Dans le cadre de notre nouveau programme TANDEM, nous envoyons aussi ce mois-ci au Bénin un binôme de deux jeunes Services civiques auprès de l’association Gbobéto. Ils vont y prêter main forte au projet de valorisation des déchets d’un quartier populaire de Cotonou. La Guilde attribue par ailleurs des financements aux microprojets qui, à leur échelle, initient des réponses à ce défi majeur : ici pour valoriser des déchets agricoles, là pour faciliter la pré-collecte et le tri des déchets urbains.

Depuis 2013, La Guilde opère enfin au Cameroun, avec Solidarité Technologique, un projet pilote de collecte et traitement des déchets électroniques. La conclusion est que seul un écosystème complexe permet une prise en charge efficace : il faut des lois, des textes règlementaires, un système d’écotaxe qui pérennise les financements, des sites de stockage transitoires pour les déchets sans solution (ils sont nombreux) et des filières de traitement spécialisées qui apportent ces solutions.

Les déchets sont partout, sources de pollutions multiples, décourageants pour les habitants des favelas comme pour les navigateurs qui les retrouvent en Arctique. Les législations sont souvent balbutiantes dans les pays pauvres, et les financements tout autant. Mais gageons qu’en renforçant encore la mobilisation de tous, nous saurons un jour renverser ces montagnes de déchets.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

*Union Internationale pour la Conservation de la Nature

Sélection spéciale 30 ans des Écrans : 30 films primés en VOD

A l'occasion de sa 30e édition à Dijon (14-17 octobre), le festival des Écrans de l'aventure propose 30 films primés en VOD, jusqu'au 31 octobre

Un article de Aventure


Les séances sont ouvertes ! Pour fêter les 30 ans des Écrans de l’aventure à Dijon (du 14 au 17 octobre), le festival propose une sélection de 30 films primés accessibles à la location.

Du document inédit Ils vivent au sommet des arbres (mention spéciale du jury, 1997) à l’acclamé Climbing Blind (Toison d’or du film d’aventure, 2020), tout un pan de l’histoire de l’aventure est ainsi mis en lumière, marqué du sceau de la qualité.

Philosopher avec Sylvain Tesson sur les rives du Baïkal, marcher avec les Poussin à travers l’Afrique, s’envoler avec Yves « Jetman » Rossy, chercher un fils disparu en Amazonie ou y construire une pirogue, se lancer dans une méharée, grimper des buildings, voler en ULM malgré la maladie, vaincre le handicap, se plonger dans les vies passionnées d’Alain Colas, Paul-Émile Victor, Haroun Tazieff ou Marco Siffredi… Autant d’histoires étonnantes, parfois saisissantes, toujours inspirantes.

Les films sont proposés à 3 € pour une location de 7 jours. À l’occasion du lancement, un forfait de 50 € permet d’accéder à l’ensemble des 30 films de la sélection rétrospective jusqu’au 31 octobre.

films.lesecransdelaventure.com/ecrans30ans

Bonnes séances !


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Elisabeth Revol, sur un air de jouvence

Présidente du jury pour les 30 ans des Écrans de l'aventure, du 14 au 17 octobre 2021 à Dijon, l'alpiniste Elisabeth Revol suit un parcours hors normes, fait de farouche indépendance, d'oxygène rare donc précieux, mais aussi de drames et de remises en question. Elle tente avec lucidité de comprendre les ressorts qui la poussent à l'action.

Un article de La Guilde


Janvier 2018 : en quelques heures, le nom d’Elisabeth Revol entre dans la lumière médiatique. La veille encore, seuls les initiés connaissaient ce petit gabarit aux grandes réalisations. Et puis il y eut ce SOS lancé dans la nuit pakistanaise, à 7 522 mètres d’altitude. Cet élan de générosité qui suivit, pour rassembler les fonds nécessaires à une opération de sauvetage. Et, partout, ces regards suspendus aux pentes du Nanga Parbat, colosse de 8 125 mètres, 9e sommet le plus haut du monde.

Tomasz Mackiewicz, Tomek, le compagnon de cordée, n’en redescendra pas : aveugle au sommet, diminué par de probables œdèmes, le Polonais repose désormais sur les flancs ensorcelants du « Roi des montagnes ». Elisabeth Revol, elle, sera secourue après trois nuits dehors, sans tente ni vivres. Deux ans plus tard, en racontant son histoire dans un livre (Vivre, aux éditions Arthaud), elle lève un voile sur ce qui peut pousser une femme de 1,56 m sur les plus hauts sommets de la planète, en suivant ses propres chemins et sans chercher la lumière. Une histoire qui commence par un poster.


À LIRE AUSSI : Elisabeth Revol présidente du jury des Écrans 2021


Elisabeth s’envole

« Tout d’un coup, écrit-elle, je me retrouve dans ma chambre d’enfant dans la maison de mes parents – elle somnole en réalité dans une crevasse à plus de 6 000 mètres, une chaussure en moins. Chaque soir mon regard se posait sur l’Everest, enfin sur le poster de la face sud-ouest au-dessus de mon lit. Dessous, il y avait un verset biblique :  »Je me couche et je m’endors en paix, car toi seul, ô Eternel, tu me donnes la sécurité dans ma demeure. » » Nous sommes dans la Drôme, les Revol vont à l’église chaque dimanche, quand ils ne sont pas en randonnée dans les massifs avoisinants. Et Elisabeth a déjà « cette fichue manie depuis toute petite : voir ce qu’il y a au-dessus ou derrière, des fois que la vue serait différente ! »

Mais à 16 ans, premier drame : sa mère est emportée par un cancer. Alors, pour se soigner, elle s’échappe. En pensant à un conseil laissé à sa maman par son grand-père : « si jamais tu as du chagrin, va dans la forêt et marche en ouvrant grand les yeux autour de toi. Car dans chaque arbre, dans chaque buisson, dans chaque animal, dans chaque fleur tu trouveras la présence et la puissance divine. Ainsi tu seras consolée et tu oublieras tes tourments. » Avec son père, son frère ou seule, Elisabeth marche, cours, pédale. Elle entame des études de STAPS, découvre l’escalade. Intègre une équipe de jeunes alpinistes. Et s’envole.

Direction la Bolivie pour sa première expédition avec son équipe. Seule au sommet des 5 400 mètres du Pequeño Alpamayo, c’est la révélation. Elle le raconte dans le podcast Vie d’aventure : « quand on décide seule d’y aller, qu’on se bouge en fait, parce qu’on a vraiment ça au fond de ses tripes… Quand je suis arrivé là-haut, j’étais dans un état émotionnel débordant. Je pleurais et je criais en même temps, je remerciais le ciel ! » Elisabeth Revol a choisi : sa vie empruntera les chemins de traverse s’il le faut, tant qu’ils conduisent à s’élever.

Dès lors, la sportive met tout en œuvre pour suivre ses aspirations. 2008, première femme à enchaîner trois 8 000 en style alpin (Broad Peak et Gasherbrum I & II, sans porteurs ni cordes fixes ni oxygène) ; 2009, l’Annapurna. Mais son compagnon de cordée, le Tchèque Martin Minarik, disparaît dans la descente. Deuxième drame. Il va la tenir éloignée des sommets himalayens pendant quatre ans. « Le poids était trop lourd ».

Respirer pour mieux souffler

Et puis elle y retourne. Parce que « ce sont les bouffées d’oxygène glanées en montagne qui détendent mon rapport quotidien au monde, écrit-elle dans Vivre. C’est mon point d’équilibre. La fuite du quotidien. La fuite du modèle social, de l’aménagement confortable et routinier d’une vie, qui limiterait trop mes aspirations physiques, spirituelles, mes désirs de liberté. » Sauf que la liberté à un prix, à nouveau payé au Nanga Parbat en janvier 2018. La médiatisation exceptionnelle de l’évènement compliquera encore le processus de réparation. Et le questionnement de poursuivre son chemin.

« Qui dit besoin dit dépendance. Je passe mon temps à dorer les chaînes qui me tiennent prisonnière de mes besoins d’altitude et d’évasion. (…) Mais comment trouver l’équilibre entre passion et raison ? Une passion trop forte emprisonne, une raison trop rigide prive d’élan, de liberté. (…) Comment revenir à ma quête intime ? »

À cette dernière question, le professeur de philosophie de l’art et d’esthétique Pierre-Henry Frangne, auteur de De l’alpinisme (Presses universitaires de Rennes), apporte un début de réponse, sur France Inter : « l’alpinisme a à voir avec l’enfance, avec cette capacité qu’a l’enfant de s’agripper, de monter aux arbres pour faire des cabanes. Dans l’alpinisme, il y a une part de jeu, inévitablement. Évidemment, je parle de l’alpinisme amateur ; quand on est professionnel, ce jeu devient très sérieux. »

Il faut jouer pour devenir sérieux, affirmait Aristote ; malgré les tempêtes, Elisabeth Revol semble toujours animée par la flamme de l’enfance. En 2019, la Drômoise a gravi trois nouveaux 8 000 : l’Everest, le Lhotse et le Manaslu. Ou comment ne jamais oublier les arbres au bord de sa Lozière natale.


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Les Écrans de l’aventure lancent leur plateforme de films en ligne

Alors qu'il s'apprête à fêter ses 30 ans à Dijon, le festival des Écrans de l'aventure propose depuis le 1er juillet une sélection de films primés, accessibles gratuitement tout l'été.

Un article de Aventure


Une page se tourne, une autre s’ouvre : jeudi 1er juillet, Jean-Luc Van Den Heede, dit VDH, est mis à l’honneur pour le lancement de la nouvelle plateforme vidéo des Écrans de l’aventure. Car cet immense marin l’a annoncé quelques jours plus tôt : cette fois, c’est sûr, il quitte le monde de la course pour rejoindre celui de la retraite. Il laisse derrière lui une carrière unique, guidée par la liberté, parfois menée à contre-courant. Ainsi ce record – toujours actuel – du tour du monde contre vents et courants dominants (le Global Challenge, en 122 jours et 14 heures) qui lui vaut de recevoir la Toison d’or de l’aventurier de l’année à Dijon, en 2004.

Son portrait – VDH, Monsieur longue route (sélection officielle Écrans de l’aventure 2020) – a donc été diffusé lors d’une soirée spéciale, avant un joyeux moment d’échange en direct (à revoir ici). Plus de 250 inscrits ont répondu à l’appel… ainsi que 5 skippers qui, en quelques heures, ont tenu à envoyer leurs salutations au grand VDH.

Désormais et jusqu’à fin août, une vingtaine de films sont accessibles gratuitement sur la plateforme. À la rentrée, cette offre sera enrichie d’une sélection exclusive pour les 30 ans des Écrans de l’aventure, qui se tiendront du 14 au 17 octobre à Dijon. Enfin, vous pourrez y retrouver une partie de la sélection 2021 à l’issue du festival.

Alors n’attendez plus : connectez-vous au meilleur du film d’aventure en ligne et… bonnes séances !

Elisabeth Revol présidente du jury des Écrans 2021

L'alpiniste Elisabeth Revol sera la présidente du jury film pour les 30 ans des Écrans de l'aventure, du 14 au 17 octobre à Dijon. Le festival se réjouit d'accueillir une personnalité hors normes, de par son parcours et ses réalisations. Elle partage avec nous quelques pensées.

Un article de Aventure


« Himalayiste, conférencière, exploratrice, curieuse, rêveuse… » Voilà les mots choisis par Elisabeth Revol pour se présenter. Comment ne pas faire un lien immédiat avec l’esprit défendu et promu par les Écrans ? Comme une évidence, Elisabeth Revol, 42 ans, sera donc notre présidente du jury film.

« Je savais qu’il se passe de belles choses à Dijon. Mais quand on m’a proposé, j’ai hésité ! (rires) Parce que c’est une aventure aussi, de rester assise longtemps dans une salle. Il faut de la patience et moi, je n’en ai pas énormément ! (rires) Mais c’est une occasion de voir des films que je ne vois jamais, et ce sont des moments de partage, d’échange avec des personnes qui ont d’autres compétences. Une partie de moi avait envie d’y aller, donc allez hop, j’y vais ! »


À LIRE AUSSI : 30 ans des Écrans – 1992-1999, le temps des Feuillants


« Je suis sensible à tout type d’aventure à partir du moment où il s’agit d’être dans la nature. Le vélo me parle énormément, les grandes étendues glaciaires aussi, même si elles sont plus horizontales, le désert… Tout ce qui est dans l’immensité. Il n’y avait que l’océan qui ne me parlait pas énormément, mais j’ai rencontré des gens de la mer depuis un an ou deux et ça m’attire de plus en plus. Même si je suis loin d’être un poisson dans l’eau ! »


À LIRE AUSSI : 30 ans des Écrans – 2000-2008, du Palais des Congrès à l’Auditorium


« L’esprit d’aventure est au cœur du rêve des hommes. L’aventure existe à partir d’un rêve. C’est quelque chose de très vaste, qui peut être à un pas de chez soi ou au bout du monde : à partir du moment où l’on ose, c’est de l’aventure. »


À LIRE AUSSI : 30 ans des Écrans – 2009-2021, entre Darcy et Olympia


« C’était en coup de vent, désolé, je pars grimper ! (rires) On va dans les Hautes-Alpes, notre terrain de jeu habituel, là où nous avons nos repères. Cet été, je vais ne faire que ça : rayonner dans les Alpes, faire du vélo, et grimper, grimper, grimper ! (rires) »

Propos recueillis par Eric Carpentier

Soirée spéciale hommage à VDH – jeudi 1er juillet, 20h30

Le 25 juin, Jean-Luc Van Den Heede annonçait sa "mise à la retraite de coureur" à la fin du mois. La Guilde lui rend hommage en ligne avec la diffusion exclusive du film "VDH, Monsieur longue route" sélectionné aux Écrans de l'aventure 2020, suivie d'un échange interactif avec le skipper en direct des Sables d'Olonne.

Un article de Aventure


25 juin 2021 : après avoir bouclé six tours du monde, dont un contre vents et courants, et doublé douze fois le Cap Horn, Jean-Luc Van Den Heede envoie un dernier message sur son site officiel : « Bonjour, Je vais cesser mes activités de skipper professionnel et clôturer ma société le 30 juin prochain. L’envoi de message n’aura, par conséquent, plus de raison d’être et celui-ci sera mon dernier (…) Je profite de ma mise à la retraite de coureur pour remercier tous ceux qui me suivent depuis si longtemps et dont vous faites naturellement partie. Pour autant je n’abandonne pas la mer qui est, vous le savez bien, mon autre espace vital. Je continuerai de naviguer à bord de mon « After 8 » et nous aurons peut-être l’occasion de nous croiser en escale ici ou là ! »

Souhaitant rendre hommage à un grand coureur aux idées libres, incarnation de l’esprit d’aventure porté par La Guilde, le festival Écrans de l’aventure propose en exclusivité la diffusion en ligne du portrait sélectionné en 2020, VDH, Monsieur longue route. Le film sera suivi d’un échange interactif avec VDH, en direct des Sables d’Olonne.

Soirée gratuite sur réservation en cliquant ici

Le film : Jean-Luc Van Den Heede est l’un des grands noms de la course au large. Sportif accompli, cet athlète a dédié toute sa vie à la mer. Ce documentaire est le récit d’un homme, le portrait d’une personne ouverte et attachante, capable de sans cesse réinventer sa vie. De sa première Mini Transat en 1977 à sa victoire sur la Golden Globe Race en 2018, histoire d’un marin qui n’a jamais hésité à naviguer contre les vents dominants. Sélection officielle – Écrans de l’aventure 2020


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30 ans des Écrans : 2009-2021, entre Darcy et Olympia

En 2021, les Écrans de l'aventure célèbrent leur 30 ans à Dijon. Retour en trois temps sur une histoire lancé en 1992. Aujourd'hui, Cléo Poussier-Cottel – incontournable directrice adjointe du festival – et Louis Meunier – réalisateur et écrivain – racontent leurs Écrans. Une trilogie conclue par les mots de Christine Martin, adjointe au maire de Dijon, déléguée à la culture, à l'animation et aux festivals.

Un article de Aventure


30 ans des Écrans de l’aventure :
expositions, tables rondes, cafés littéraires,
sélection officielle et rétrospective,
à partir du 11 octobre 2021 à Dijon
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L’un porte le nom d’un illustre ingénieur dijonnais, l’autre est un ancien théâtre. Peut-être était-il écrit que les cinémas (Henry) Darcy et Olympia (fondé en 1919) accueilleraient un jour des histoires impliquant corps et esprit. Des histoires qui associant une projection physique et une intelligence pugnace pour émerger. Des histoires humaines, parfois complexes, parfois simplement brillantes. Des aventures totales, de l’étincelle originale au point final – lorsqu’il y en a un.

Parfois, donc, ces histoires sont racontées à travers des films. Cléo Poussier-Cottel en a vu plus de 4 000 depuis près de 30 ans qu’elle travaille sur le festival. Louis Meunier, lui, a vu trois des siens être primés à Dijon, (7 000 m au-dessus de la guerre, 2012 ; Kabul Cinema, 2015 ; Les cavaliers afghans – sur les traces de Joseph Kessel en Afghanistan, 2017). Et puis il a été membre du jury, aussi. Il fallait donc leur demander : mais quels sont les ingrédients d’un bon film ? Et la recette d’un bon festival ?

Une histoire d’émotions

« Quand je regarde un film, je veux être embarquée, que l’histoire me prenne et tienne ses promesses, démarre Cléo Poussier-Cottel. Pour la sélection, j’essaie de me mettre à la place du public. La qualité des images est importante, mais le premier critère reste : est-ce que je n’ai pas vu le temps passer, ou est-ce que je me suis ennuyée ? » Une vision appuyée par Louis Meunier qui se souvient de la Toison d’or décernée en 2013, lorsqu’il était membre du jury : « Crossing the ice, une super histoire d’amitié entre deux Australiens qui vont au pôle Sud. La qualité n’était pas incroyable, mais ça montre bien que la caméra n’est qu’un moyen technique. Ce qui compte, c’est l’émotion. »

Une émotion, forcément subjective, qui fait l’esprit des festivals. Louis : « le contact avec les spectateurs, le fait de pouvoir palper les réactions sont importants. Parfois tes intentions passent à la trappe, parfois le public remarque des choses que tu n’avais pas vues. Et puis les humeurs, les ambiances sont différentes d’un public à l’autre. Ce regard extérieur est très enrichissant ». Et de citer les enfants, particulièrement présents à Dijon à travers la programmation réservée aux scolaires : « ils posent des questions inattendues, sourit Louis, mais souvent pertinentes ! »


À LIRE AUSSI : 30 ans des Écrans de l’aventure : 1992-1999, le temps des Feuillants


Ouvrir les esprits, voilà un autre critère de sélection pour Cléo : « on cherche une programmation variée, avec des surprises, des choses qui tiennent davantage du coup de cœur. Treeverse (2011), J’ai demandé la lune au rocher (2013), Urban Escape (2014)… Il y a beaucoup de films de ce genre ! Dernièrement, le film suisse Tandems (2019). J’ai adoré son écriture, sa cohérence entre le sujet filmé et la manière de filmer qui laisse une grande part à la voix et sonne comme une musique. Cet ensemble qui met le spectateur à la place d’un malvoyant livre un ballet et une poésie profondément humaine. » Cette année-là le film avait reçu le Prix spécial du jury. Un autre film a retenu autant l’attention du jury que du public : L’extraordinaire tournée du facteur Maignan (prix Jean-Marc Boivin et trophée Peter Bird 2009). « Parce que c’est une aventure humaine, propose Cléo, dans laquelle les gens peuvent se reconnaître. »

Le goût des cerises

Si une sélection en festival, et a fortiori un prix, représente pour Louis Meunier « une cerise sur le gâteau pour toute l’équipe du film, parce qu’on se prend au jeu », là ne réside pas pour autant l’intérêt premier des Écrans de l’aventure. Il y a la rencontre avec le public ; il y a aussi les échanges avec ses pairs : « rencontrer quelqu’un qui a marché sur la banquise ou qui a traversé l’océan à la rame te montre que tu n’es pas tout seul. C’est inspirant d’être dans un chaudron en ébullition, grisant de voir ces gens qui vont au-delà de l’horizon. Tu repars avec plein d’idées et d’envie ».

Du côté de Cléo, on convoque l’artisanat pour évoquer « une belle matière à travailler. Aller à la recherche de belles histoires, côtoyer des gens passionnés est une grande chance. Chaque personne a son univers, et souvent elle est à fond dedans. Il faut cette passion pour faire des films. C’est tellement compliqué ! » Un engagement qui vaut aussi pour monter un festival, une passion nourrie, chez Cléo, de lectures : « quand tu rencontres des personnes comme Sir Edmund Hillary, Thor Heyerdahl, Claudie Haigneré, Yuichiro Miura… C’est un grand privilège ! » Voilà sa cerise : « y être et passer trois jours en immersion. Il faut en profiter, parce que ça file très vite ! C’est très fort, mais aussi très éphémère ».

L’aventure et l’air du temps

Ephémère aventure… et changeante ? Depuis son poste d’observation privilégié, Cléo note d’abord que « l’envie d’aller voir de l’autre côté de la colline est toujours là, ça reste ». Mais elle remarque également que la société fait évoluer l’aventure : « dans les années 80, on était peut-être plus dans le spectaculaire. Aujourd’hui, il y a une véritable attention à l’environnement. On sait que les pôles sont en danger, donc il y a énormément de projets sur les glaces. A contrario, la situation géopolitique fait qu’il est compliqué d’aller dans les déserts actuellement. Des zones s’ouvrent, d’autres se referment ». Reste à la programmation de refléter la diversité des enjeux de l’époque. De mettre en avant le Solar Impulse de Bertrand Piccard et le Low-tech Lab de Corentin de Chatelperron, par exemple. Deux invités présents aux Écrans de l’aventure 2021.


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Quant à Louis Meunier, s’il vit aujourd’hui en Jordanie, sa première terre d’adoption reste l’Afghanistan. Malgré une actualité incertaine, il s’apprête à y retourner pour un nouveau film. Alors des souvenirs de ses cavalcades afghanes se bousculeront peut-être dans son esprit. Et avec elles la mémoire du premier prix reçu pour son livre, Les cavaliers afghans (édition Kero) : la Toison d’or du livre d’aventure remise par Jean-Louis Gouraud. « Un personnage avec qui je communique encore régulièrement » se réjouit Louis. Ainsi donc, tout n’est pas éphémère aux Écrans de l’aventure.

Présente aux côtés des équipes du festival depuis 13 ans, Christine Martin, adjointe au maire de Dijon, déléguée à la culture, à l’animation et aux festivals, a tenu à adresser quelques mots à l’endroit d’un festival qui tient une place importante dans la capitale bourguignonne :

« J’ai rencontré les équipes du festival en 2008 et aujourd’hui je suis particulièrement heureuse de célébrer les 30 ans de ce festival qui a vu croitre sans cesse le public des passionnés qui y participent.
Les Écrans de l’Aventure c’est un moment de partage chaleureux, des histoires qui vous marquent, une effervescence. C’est le rêve d’enfant qui vient croiser la réalité de celles et ceux qui ont osé. C’est aussi cette question qui me taraude à chaque fois « et si moi aussi… ? »
Chacun y trouve son compte, à la rencontre de marcheuses, nous nous imaginons partir, à la rencontre d’une navigatrice nous voulons être sur la mer. Nous rêvons que nos voyages immobiles deviennent réalité, nous sommes transportés par la beauté et la poésie du monde, nous y découvrons et y aimons l’humanité dans sa diversité. Nous nous laissons porter et emporter.
Un grand merci à vous toutes et tous pour cette invitation au voyage et à la découverte ! Et vive les Écrans de l’aventure à Dijon pour de nombreuses années encore.
 »

Propos recueillis par Eric Carpentier

30 ans des Écrans de l’aventure : 2000-2008, du Palais des Congrès à l’Auditorium

En 2021, les Écrans de l'aventure célèbrent leurs 30 ans à Dijon. Pour l'occasion, le festival revient en trois épisodes sur une épopée démarrée en 1992. Hubert de Chevigny – pilote polaire et président de La Guilde pendant 15 ans – et Ariane Le Couteur – productrice multi-primée – ouvrent aujourd'hui la boîte à souvenirs.

Un article de Aventure


30 ans des Écrans de l’aventure :
expositions, tables rondes, cafés littéraires,
sélection officielle et rétrospective,
à partir du 11 octobre 2021 à Dijon
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19 octobre 2000. Pour la première fois, le festival s’installe dans le Palais des Congrès, après huit années au Théâtre des Feuillants. Une expérience répétée en 2001, avant de déménager de l’autre côté de la rue, direction l’Auditorium pour sept éditions. Une période fondatrice pour le festival tel qu’il existe aujourd’hui. Hubert de Chevigny était alors président de La Guilde, qui organise les Écrans avec le soutien de la ville de Dijon. Il explique la démarche derrière les changements d’adresses : « quand je suis arrivé, les animations étaient éclatées sur différents lieux dans la ville. Mais le festival est avant tout une réunion de personnes qui, par définition, ont des actions éminemment solitaires sur le terrain ! Il y a donc eu cette volonté d’élaguer pour que tout le monde puisse se rassembler au même endroit. Parce qu’il est est là, le sel de Dijon : dans cette proximité entre public et aventuriers. »


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De Nicolas Hulot à Mike Horn

À la clef, des moments restés dans les mémoires. Comme cette fois où Mike Horn débarque en retard… et pieds nus : « je l’attends dehors à la fin de la projection de son film, retrace Hubert de Chevigny. Il arrive dans sa voiture, en descend pieds nus, et on monte en courant les escalators vers la salle. En face, les gens étaient déjà en train de descendre. En voyant Mike, il y a eu un vrai mouvement de foule pour remonter ! » Le public boira les paroles de celui qui vient de boucler un ahurissant tour du monde sur le fil de l’Equateur. Et le film tiré de son exploit, Mike Horn : Latitude 0° (réalisé par Didier Lafond), recevra le prix Jean-Marc Boivin 2001, récompensant l’authenticité d’une aventure vécue.

Hubert de Chevigny, arrivé au conseil d’administration de La Guilde après son expédition au pôle Nord de 1987 avec Nicolas Hulot, l’admet : il lui est parfois difficile de rester de longues heures dans une salle de cinéma, alors que tant d’esprits libres bruissent autour de lui. « C’est une rigueur dure, mais nécessaire. Car les Écrans sont un véritable festival de films d’aventure. Ce qui est intéressant, c’est cette grande attention portée à la qualité des films lors de la sélection. Ce qui permet d’avoir une belle diversité entre grosses productions et petits films faits avec trois fois rien. Tant que le film est bon, il peut être sélectionné. » Et Hubert de Chevigny de louer sa collaboration avec Patrick Edel, fondateur de La Guilde, et Cléo Poussier-Cottel, incontournable directrice adjointe du festival depuis 1997 : « il y a énormément de travail de concertation en amont, sur la programmation, les invitations. Chacun apporte ses compétences pour que la grande réunion annuelle se déroule avec le plus de fluidité possible. »

Des histoires de rencontres

Ce rendez-vous, la productrice Ariane Le Couteur l’a découvert en 2003 grâce à un grand nom de l’aventure : Patrice Franceschi. « Je suis rentrée dans le milieu de l’aventure avec la production de la collection La Boudeuse autour du monde – à la redécouverte des peuples de l’eau. Une production de quatre ans dans le monde entier, une aventure périlleuse mais géniale pour une petite boîte de production comme L’Envol. » Dès sa première année à Dijon, Ariane Le Couteur est conquise : « tu rencontres des gens qui font des choses super et ça te motive à aller de l’avant. Qu’on soit producteur, aventurier ou spectateurs, quand on y va, on est sûr de repartir avec la pêche ! »


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Et puis il y a les rencontres, toujours, maître-mot des Écrans de l’aventure. En 2004, la productrice est membre du jury ; 15 ans plus tard, elle n’a pas oublié les rigolades avec les réalisateurs Thierry Robert (prix Jean-Marc Boivin et prix des jeunes de la ville de Dijon 2000 pour La Grande Traversée, Toison d’or et prix des jeunes 2010 pour On a marché sous le pôle,) et Mike Magidson (Toison d’or 2003 pour La longue trace, Toison d’or et prix du public 2016 pour L’appel de la banquise). Surtout, c’est à Dijon qu’elle fait connaissance de France Pinczon du Sel et Eric Brossier, le couple de Vagabond. Elle en tire deux films primés à Dijon, et surtout des liens d’amitié durables : « on a discuté, on s’est revu, et on s’est dit qu’on pouvait travailler ensemble. Ça a donné d’abord Sous les étoiles du pôle, réalisé par Hugues de Rosière, un film très sensible qui a rencontré un joli succès (prix spécial du jury 2008, ndlr). Et puis Sur le grand océan blanc, écrit avec Véronique Ovaldé et réalisé par Hugues (prix Alain Bombard 2013, ndlr). »

Si la productrice a l’âme navigatrice et l’œil cinématographique, elle retient enfin une dernière évidence, venue du prix du livre décerné chaque année. C’était en 2008, lors de la dernière édition des Écrans à l’Auditorium : Caroline Riegel reçoit la Toison d’or du livre d’aventure pour Méandres d’Asie – Du Baïkal au Bengale II, « vingt-deux mois à pied, à cheval, à dos d’âne, de chameau, à vélo, du Baïkal à l’âpre désert du Gobi ; de la chaîne aride des Kunlun aux rigueurs hivernales du Zanskar isolé, des sources sacrées du Gange hindou jusqu’au delta inondé du Bengale » (éditions Phébus) : « c’est intéressant d’avoir des livres et des films, ça crée des rencontres transversales, relève Ariane Le Couteur. Là, Caroline m’avait particulièrement intéressée. Elle m’a recontactée quelques temps après, et puis on a fait les Semeuses de joie. » Un film acclamé… mais qui n’aura, à la surprise de sa productrice, pas reçu de prix à Dijon.

Authenticité et rêve éveillé

Preuve que rien n’est écrit et que les choix du jury procèdent d’une alchimie insaisissable : « quand on est dans le jury, on se met à la place du public, éclaire celle qui a été jurée en 2004, 2011 et 2020. On met en avant l’émotion ressentie, l’authenticité. Parfois, on a des films importants, calibrés pour le prime time, pas qui ne touche pas forcément. C’est délicat, car ce sont des bons films ! Mais un film créé avec plus de liberté, de spontanéité, qui fonctionne, tu ne peux pas l’ignorer. C’est vraiment ça : même si je suis du métier, même si j’ai un regard professionnel, quelle émotion je ressens en tant que spectatrice ? »

Des émotions, ce spectateur en a connu de belles. C’était en 1996, lorsque Sir Peter Blake était président du jury. Hubert de Chevigny rembobine : « à la fin du festival, tu as la grande photo sur scène avec tout le monde, le public descend, c’est le bordel final. Un petit gars vient, me donne un coup de coude : « vous pouvez me présenter à Peter Blake s’il vous plait ? Je fais de la voile, je l’admire beaucoup ! » Je fais les présentations et puis les laisse à deux. L’année d’après, le même petit gars revient, recommence et me dit : « je voudrais vous remercier : Peter Blake m’a invité à naviguer sur son bateau ! » Le petit, là, il a réalisé un rêve grâce à Dijon. »

Propos recueillis par Eric Carpentier


En 2021 les Écrans de l’aventure font revivre les films ayant marqué son histoire avec une programmation rétrospective unique au Théâtre des Feuillants, en complément de la sélection officielle diffusée au cinéma Olympia. Rendez-vous du 14 au 17 octobre 2021 à Dijon !

La Guilde présente : les Directs de l’aventure

Plus de 80 participants se sont retrouvés pour le tout premier épisode des Directs de l’aventure, en direct du terrain

Un article de Dominique Bleichner


Avec la crise sanitaire, les habitués des Cafés de l’aventure ont été privés de leur rendez-vous mensuel au café Zango. Pour garder le lien, La Guilde s’adapte et propose une autre forme de rencontres, aussi vivante et interactive, permettant à de nouveaux publics de nous rejoindre.


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Les Directs de l’aventure, ce sont des lives, une série de rendez-vous en ligne d’une heure, accessibles sans installation via une plate-forme permettant de dialoguer en direct. L’émission se veut régulière mais sans date fixe, avec l’idée de coller au maximum à l’actualité des projets d’aventure.

Produite par Dominique Bleichner, membre du Conseil d’administration de La Guilde, l’émission est rendue possible grâce à la qualité croissante des connexions avec des régions parfois reculées. Sa spécificité est d’emmener le spectateur dans les aventures en cours. Il peut ainsi découvrir les aventuriers sur les terrains dans lesquels ils évoluent, ressentir la personnalité de ces hommes et femmes lorsqu’ils sont dans leur élément – en bateau, à vélo, à cheval, sous leur tente, dans la montagne ou dans le désert.

Le 25 mai, le premier épisode des Directs de l’aventure, co animé avec Marion Boulet, a réuni plus de 80 participants autour d’Olivier Testa, spéléologue explorateur. Il nous a dévoilé ses dernières découvertes paléontologiques dans la plus grande grotte subaquatique de République Dominicaine. Puis, en direct de la frontière Italie / Slovénie, Alexis Boisselet et Aymeric Greatti (projet Steppe FM) nous ont parlé de de leur périple de trois ans vers la Mongolie pour soutenir des projets d’autonomie alimentaire. Enfin, dans leur voilier en direct de Saint Malo, Pierre Petibon et Lucie Philippe nous ont expliqué leur projet Sauve qui Peut, consistant à dispenser les gestes qui sauvent dans les écoles du littoral.

Avec cette série d’émission, La Guilde s’adapte et prend sa place dans le monde de l’aventure avec les moyens d’aujourd’hui.

Le prochain épisode des Directs de l’aventure aura lieu début juillet en direct du Pakistan, avec Marie Poulain & Jean Miczka (projet The Cross Border Mountain Trip) un couple de montagnards férus de géopolitique des frontières.

Pour demander à recevoir vos invitations aux Directs de l’aventure :
directsdelaventure@la-guilde.org


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L’édito de la lettre d’avril

Découvrir. Comprendre. Explorer.

Un article de Vincent GARRIGUES


Lire la lettre dans son intégralité : Découvrir. Comprendre. Explorer.

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription


Culture du dialogue

La Guilde aime les grands chantiers. Elle ose, par tradition. Née de l’histoire du 20e s., notre maison doit faire son chemin entre les balises de la post-modernité, en acceptant de confronter son goût fondamental de l’action en profondeur au nouvel acteur orwellien du débat public, cette conversation globalisée qui commente en mode flash beaucoup plus qu’elle n’agit.

La communication, il s’agit bien d’elle, c’est un peu l’affaire de tous : chacun se sent fondé d’exister à travers elle, tant le reflet de l’ensemble embarque les facettes de chacun.

Notre communication doit donc porter le témoignage de ce que j’appellerais notre « mission », ou notre « fonction sociale » : oser la permanence têtue de l’engagement par l’action, aller vers les autres pour bâtir un patrimoine de l’en-commun et inscrire les actes dans la geste la plus sensée qui soit. Nous savons, avec Hannah Arendt, qu’être isolé, c’est être privé de la capacité d’agir.

Les outils digitaux – ces fascinants sillages qui produisent autant d’étincelles que d’effroi – aiguillonnent un désir mimétique, et forgent une emprise plus qu’une empreinte ; notre défi apparaît donc d’abord culturel. Les femmes et les hommes de La Guilde, dans chacune de leurs actions sur la terre humaine, donnent et reçoivent. Cet échange symbolique, et bien réel, se tisse volontiers dans les ailleurs, lesquels n’existent que parce qu’il y a un ici. Sur ce chemin, notre récit se dresse contre les entreprises de séparation, affirmant sa vocation à fortifier le dialogue, à jeter des ponts, à tendre des livres.

Lorsque tout se bouscule, que tant d’inquiétudes virevoltent entre charivari du net et doxa propagandiste, notre ambition de communiquer nous propulse comme bâtisseurs enthousiastes de mémoires et d’innovations.

En partageant sa bibliothèque, en organisant un grand festival de films, en animant ses canaux sociaux, à travers sites et plate-formes, avec ses nouvelles visio-sessions aventurières, La Guilde veut explorer tous les territoires de la rencontre.

Vincent GARRIGUES
Responsable de la communication institutionnelle