Beirut Awiy(ée), faire force de tout bois

Depuis l’explosion au port de Beyrouth en août 2020 et dans un contexte politico-économique dramatique, La Guilde s’est résolument tournée vers le Liban. En soutenant les initiatives locales, elle affiche son espoir de voir un pays relevé par son peuple. Exemple avec le projet Beirut Awiy(ée), « Beyrouth la forte », qui associe aide aux familles en difficultés et action en faveur de l’autonomisation des femmes.

Un article de Microprojets


De retour de mission au Liban fin juin 2022, Vincent Rattez, Délégué général de La Guilde, livre ces quelques mots : « Le pays s’enfonce toujours plus dans la misère. Les Libanais font face envers et contre tout. Beaucoup démissionnent de leur métier pour survivre de petits boulots. D’autres fuient le pays pour les mêmes raisons. Les écoles et hôpitaux se vident. Le carburant et l’électricité deviennent un luxe. La Guilde démultiplie ses efforts auprès de ceux qui ne lâchent rien. Merci au Ministère des affaires étrangères, de l’Agence française de développement et à la Fondation de France qui nous accompagnent dans cet engagement. »


4 août 2020. Il est presque 18h et Anastasia Elrouss s’apprête à perdre sa maison, son atelier et ses archives. Mais dans son malheur, l’architecte verra le plus important préservé : sa famille, qui ne se trouve pas à ce moment-là dans le quartier de Gemmayzé soufflé par l’explosion ; ses idées, que personne ne peut lui enlever ; et sa volonté, solidement arrimée à ses idées.

Femmes de chantiers

Cela fait alors trois ans qu’une pensée a germé : elle s’appelle Warch(ée) (« Chantier », version féminisée), c’est une ONG qui vise à « abattre les obstacles liés aux inégalités de genre dans la sphère professionnelle ». Un enjeu majeur dans le monde d’Anastasia Elrouss – celui du bâtiment – et pas seulement au Liban. « Le projet Warch(ée), explique-t-elle, est le résultat de rencontres entre des femmes qui n’étaient pas destinées à se rencontrer, n’était-ce leur profession. Le fait est que des femmes étudient l’architecture, l’ingénierie, l’urbanisme, mais sont rarement présentes sur les chantiers ou dans les instances de décisions ; c’est alarmant ».

Alors Anastasia et ses consoeurs s’unissent. Et suite à l’explosion, elles passent à l’action. Objectif : « reconstruire la ville avec et par les femmes ». Le programme Beirut Awiy(ée) est né. Lauréat de l’appel à projets Liban lancé par La Guilde, avec le soutien de l’Agence française de développement et la Fondation de France, Beirut Awiy(ée) ambitionne de remettre Beyrouth d’équerre, planche après planche s’il le faut. Sans oublier son combat d’origine.

Construire des meubles, abattre des murs

Il ne faut que quelques semaines pour mettre en place un centre de formation à la menuiserie, prêt à accueillir plusieurs dizaines de femmes en situation de précarité. Le mobilier y est pensé pour être adapté à l’urgence, modulable et duplicable rapidement ; la formation, elle, est rémunérée, avec un horizon pérenne pour ses bénéficiaires. Développer de nouvelles compétences, gagner son autonomie financière et s’impliquer dans la vie de la cité : un triptyque solide sur lequel s’appuyer. Qui gagne rapidement l’adhésion de partenaires et porte ses premiers fruits.

Ainsi Paula, 29 ans, qui travaillait dans une échoppe jusqu’à ce que la crise économique ne lui permette plus de faire face au coût de la vie. En rencontrant Anastasia – « qui croit à l’émancipation des femmes » – Paula intègre la formation en menuiserie. Un travail qui lui apporte une sécurité financière et davantage de stabilité dans sa vie. Mais surtout, la conviction qu’elle peut dépasser ses barrières psychologiques : « la première fois que j’ai vu les machines énormes, mon cœur battait ! Mais quand je me suis dit qu’on pouvait utiliser une scie chez soi, alors on pouvait en utiliser une électrique à l’atelier. C’est quand même moins fatiguant ! » Et donc accessible aux femmes comme aux hommes, réalise-t-elle.

Et Paula de conclure par un message : « à chaque fille, à chaque femme : faites ce qui vous plait ! Personne ne devrait dépendre de personne, parce qu’à la fin vous ne pouvez compter que sur vous-même. C’est moi qui construis ma vie. Personne d’autre ne peut le faire à ma place ! » Encore faut-il le réaliser. Voilà précisément le rôle d’Anastasia Elrouss et de tant d’autres. Une action indispensable.


Pour aller plus loin


Actions ! La lettre de La Guilde

Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
Nous gardons vos données privées.

TANDEM, épisode 7 : le bilan

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés en Service civique au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Septième épisode pour la première promotion de Tandems, à l'heure où la suivante est en préparation : le temps du bilan.

Un article de Volontariat


« Promouvoir le départ de jeunes sur des séjours longs à l’étranger, c’est un rêve que nous cultivons depuis longtemps. Quelques parcours de jeunes nous avaient, s’il en était besoin, prouvé l’extraordinaire apport de ces  expériences.

Sébastien et Bruno sont revenus transformés, c’est certain, et cela restera à jamais gravé dans leur mémoire. Un grand merci à La Guilde et à ses équipes du Service civique ; nous avons hâte d’accompagner les prochains départs. »

Olivier BRUGIAL, éducateur, Espace CESAME Sauvegarde du Val d’Oise


À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 6 : accompagner


« Ce volontariat a été une découverte de la vie hors de l’Europe.  Il y a des moments difficiles, qui font des histoires à raconter. Mais ce qui m’a vraiment marqué, c’est la vie dans la rue. Tout se passe dehors, c’est animé, de tôt le matin à tard le soir. Tu as un problème, les gens viennent t’aider, sont accueillants, ils font confiance. Quand on rentre, c’est un peu triste. L’ouverture que j’ai ramenée de là-bas, je vais la garder. »

Bruno FALCAO, volontaire TANDEM chez Gbobètô, Bénin

Bruno

« Il faut vraiment partir avec une grande ouverture d’esprit, à la découverte, savoir que ça peut être compliqué mais qu’il y aura toujours des points positifs. Découvrir et profiter de l’expérience. Le but, c’est changer de quotidien. Apprendre de nouvelles choses. Expérimenter des difficultés. Trouver des ouvertures. »

Sébastien MASDIER, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

« Notre quotidien, c’était le vivre-ensemble. Chacun est venu avec ce qu’il est, a apporté de ce qu’il savait. On s’est transformés. On encore plein de choses à découvrir ! »

Félicia DIALLO, volontaire TANDEM à L’Arche Bruxelles, Belgique

Sébastien et Félicia

À LIRE AUSSI : « Je n’avais jamais autant avancé »


« S’engager à l’international a été une excellente décision. En première année de master, j’ai souhaité faire une année de césure pour réfléchir à mon avenir. Et c’est une introspection à laquelle je me suis livrée lors de ce Service civique de huit mois. Cette immersion a changé mon rapport au monde, et tout particulièrement mon rapport à autrui.

L’enjeu de cet engagement à l’Alliance française de Turin était d’apprendre à vivre autrement, de s’adapter à un nouvel univers, de se découvrir et surtout de découvrir mon tandem : Marcia, une personne pétillante et inspirante, qui a été mon premier repère fiable dans ce nouvel environnement. Notre complémentarité a été notre force tout au long de cet engagement. Cette rencontre n’aurait pas eu lieu sans le dispositif du programme TANDEM proposé par La Guilde ; alors à ceux qui ont soif d’aventure, de rencontres, d’actions utiles : lancez-vous et plongez au cœur de cette belle initiative ! »

Justine TOURTE, volontaire TANDEM à l’Alliance française de Turin, Italie

Marcia et Justine

À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 4 : vivre à deux


« Officiellement, ma mission était d’aider à monter des projets de biodiversité et de protection de l’environnement – concrètement, c’était du travail d’ouvrier agricole. Mais c’est très bien de se retrouver les mains dans la terre ! Apprendre le cycle de production et de transformation, de la graine d’Artemisia au sachet de tisane ou à la liqueur.

Avec Maurice, mon binôme, on s’est bien entendus. C’était rassurant d’être avec lui en arrivant. Après, comme on n’avait pas exactement la même mission, chacun vivait sa vie de son côté. Donc quand on se retrouvait, on pouvait partager sans que ce soit pesant. Il y a bien eu quelques tensions, mais qui s’apparentent à une relation entre frère et sœur.

C’est une expérience qui va compter dans mon cursus d’ingénieur agronome, très utile pour ma vie professionnelle future. Cette opportunité qu’on nous donne, il faut savoir la saisir. Quand tu es jeune, c’est le bon moment. Donc si on a la chance de pouvoir le faire, il faut y aller ! »

Morgane ROQUIER, volontaire TANDEM à la ferme de Sichem, Togo

« C’était une expérience hors du commun ! Merci La Guilde ! »

Maurice DUPUICH, volontaire TANDEM à la bibliothèque de Sichem, Togo

Morgane et Maurice

À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 1 : partir


Pour aller plus loin


Actions ! La lettre de La Guilde

Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
Nous gardons vos données privées.

Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana…

L'édito de la lettre d'avril

Un article de La Guilde


Lire la lettre dans son intégralité : Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana…

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription


Toute odyssée trouve son origine dans la guerre, toute odyssée est l’histoire d’un exil, toute odyssée se dilue dans le temps et la géographie. La Guilde, depuis sa fondation le sait. Autre savoir désolant : la résolution des grandes errances n’est pas toujours un retour rapide au pays. Pour plus de 60 000 Ukrainiens, cet exil les conduit en France, terre d’accueil et fin — ou étape — d’une longue route.

Leur voyage s’interrompt avec un goût amer : il a fallu quitter le pays abandonné à la ruine de la guerre dans l’espoir de trouver ailleurs un peu de paix. Cet espoir est le fruit de l’engagement des bénévoles de notre association Care 4 Ukraine, soutenue depuis le premier jour par La Guilde. Grâce aux efforts conjugués de nos deux organisations, près de 200 personnes sont déjà prises en charge par Care 4 Ukraine dans le cadre d’un programme de protection. Leurs noms : Olga, Natascha, Ania, Micha, Artur, Ludmila, Tatiana et tant d’autres. Des vies normales brisées parmi les plus de cinq millions de naufragés.

Depuis un mois et le premier convoi à Przemysl en Pologne, d’autres ont suivi. Dans la ville de Przemysl, au centre humanitaire Tesco, où nous opérons, ils sont toujours 1300, en grande majorité enfants, femmes et vieillards, à passer chaque jour. Dans leur maigre bagage, les restes d’une vie emportée et l’espoir — car il demeure toujours — de revenir un jour sur les terres d’Ukraine.

Après deux mois de guerre, après l’élan des premiers jours, il faut permettre désormais le second souffle : celui d’une vie où nouvel habitat et nouvelles habitudes se rencontrent. C’est là que nos bénévoles et les familles françaises prennent soin de chacun, aident à construire un futur imprévu, loin des leurs, restés au combat ou mobilisés.

Comme eux, en nous aidant à votre mesure, vous pouvez faire vraiment la différence, redonner confiance, défaire la peur et, en somme, agir en fraternité.

Antoine KOWALSKI
Fondateur – Care 4 Ukraine

« Des gens nous parlaient depuis les toits »

En avril 2022, Radio Al-Salam fête ses sept ans. Interrogés par Shahad Alkhoury, journaliste de la radio depuis 2018, ses cofondateurs Hugues Dewavrin et le Docteur Frédéric Tissot reviennent sur une aventure plurielle.

Un article de La Guilde


Nous sommes avec le Docteur Frédéric Tissot et Hugues Dewavrin, présents dès le départ de l’histoire de la radio. Pouvez-vous vous présenter ?

Frédéric Tissot  Je suis médecin, je travaille avec une partie des Kurdes depuis octobre 1981. Après avoir exercé dans différents pays, j’ai été le premier Consul général de France à Erbil, au Kurdistan, entre 2008 et 2011.

Hugues Dewavrin  Je suis chef d’entreprise et vice-président de La Guilde, qui s’occupe de pays en post-crise. J’ai connu Frédéric en Afghanistan dans les années 2002-2003, où nous avions reconstruit un cinéma. Lorsque Frédéric a été nommé Consul général de France en 2008, nous avons organisé une grande manifestation de cinéma français et kurde à Erbil. Voilà comment nous nous sommes connus, appréciés et jamais quittés.

Comment s’est créée la radio, en 2015 ?

H.D. – Pendant l’été 2014 – c’était au début du mois d’août, tout le monde était en train de bronzer en France – nous avons appris que le nord de l’Irak était envahi par l’État islamique. Nous nous sommes tout de suite contactés avec Frédéric, parce que j’avais besoin qu’il m’explique la situation. Il m’a dit que c’était absolument épouvantable, que des centaines de milliers de réfugiés allaient arriver. Très rapidement, nous avons eu ensemble l’idée de monter une radio pour rendre service aux réfugiés. Dès l’automne, nous avons pris l’avion ensemble pour aller sur le terrain et affiner cette idée. Frédéric a été un élément-clé, car il bénéficie d’un grand respect local par son passage très important au consulat.

F.T. – Il fallait donner une voix à toutes ces personnes déplacées ou réfugiées, résultant de l’attaque de Daesh au niveau de Mossoul et Sinjar. Il ne fallait pas les laisser totalement isolées, mais pouvoir les accompagner dans ce déplacement, voire cet exil.


À LIRE AUSSI : « C’est une radio unique »


H.D. – En comprenant que c’est le communautarisme fou de Daesh qui a mis tous ces gens dans la misère, des centaines de milliers de gens jetés sur la route pour des questions d’intolérance absolue, on s’est dit que le plus audacieux serait peut-être de créer une radio avec des sensibilités, des origines, des langues et des religions qui seraient toutes celles de la région. Qu’on montre ainsi qu’on peut travailler ensemble, réfléchir ensemble, vivre ensemble. La radio, c’était vraiment la vitrine de la tolérance, le contre-projet de celui que nous avions sous les yeux avec la violence de Daesh. Et on s’est dit que nous allions émettre très largement, pour que ce message de tolérance soit entendu dans les camps mais aussi au-delà. Un de nos très beaux souvenirs, c’est qu’à Mossoul, alors sous occupation de l’État islamique, des gens nous écoutaient et nous parlaient depuis les toits. Ce message de paix et de tolérance, on arrivait à l’emmener très loin. Ma plus grande fierté est là, d’avoir réussi à réunir dans la durée des gens qui ne pensent pas pareil, mais qui s’apprécient, se respectent et avancent dans la même direction. C’est la magie de Radio Al-Salam.

La situation du pays a beaucoup changé depuis la création de la radio. Qu’est-ce qui rend Radio Al-Salam différente aujourd‘hui, par rapport aux autres radios ?

F.T. – L’idée, c’était la lutte contre l’intolérance et la violence. Et ça, ça se maintient toujours, Radio Al-Salam est basée sur ces valeurs. Le fond même de ce que défend Radio Al-Salam est toujours actuel, il y a toujours besoin de partager ensemble, de respecter la parole de l’autre, d’écouter l’autre. Et c’est cela, toujours cela qui fait la radio, avec cette formidable équipe qui continue à faire vivre ce concept de radio de la paix.


À LIRE AUSSI : Le Docteur et les Écrans


La radio fête son 7e anniversaire. Que pensez-vous de son évolution ?

H.D. – Il faut donner des bonnes nouvelles ! Le gouvernement français, qui a été assez sensible à la radio, a décidé de nous soutenir beaucoup plus officiellement via le soutien de l’Agence française de développement, qui va assoir la pérennité de la radio accompagné du soutien de la Région Île-de-France (sans oublier les soutiens du Ministère des affaires étrangères et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ndlr). Pour l’aspect matériel, la radio a de belles années devant elle. Pour le fond des choses, je ne peux qu’adhérer à ce que vient de dire Frédéric. Il faut rester sur des choix fondamentaux, rien n’est jamais acquis. Regardez : qui pouvait imaginer qu’il y allait avoir cette guerre abominable en Ukraine il y a à peine un mois ? En fait, le monde ne change pas autant qu’on le voudrait ; il reste violent, il reste intolérant, et ces vigies comme celle que constitue Radio Al-Salam, ces espèces de pôles de résistance, il faut y tenir comme à la prunelle de ses yeux. Alors ne changez rien et restons là le temps qu’il faut pour garantir que ce monde peut être, malgré tout, un peu meilleur.

Quels sont vos souhaits pour la Radio Al-Salam ?

F.T. – Je voudrais surtout remercier les personnalités, les associations et les partenaires grâce auxquels nous avons réussi, tous ensemble, à mener à bien cette radio. Je pense à Guillaume Battin et à son association Radio sans frontières, à l’Œuvre d’Orient, à Agnès b., à La Guilde, et bien sûr aux autorités gouvernementales et provinciales, notamment le gouverneur de la province d’Erbil, qui nous ont aidé à lancer la radio. Sept ans après, merci encore à toutes ces personnes qui se sont mobilisées pour que cette radio puisse être encore là, aujourd’hui.

H.D. – Bon anniversaire et longue vie à Radio Al-Salam !

Propos recueillis par Shahad Alkhoury


Pour aller plus loin


Actions ! La lettre de La Guilde

Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
Nous gardons vos données privées.

TANDEM, épisode 6 : accompagner

La Guilde mène le projet TANDEM : un binôme de deux jeunes venus d’horizons sociaux et scolaires très différents, expatriés au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois depuis le terrain. Sixième épisode : accompagner.

Un article de Service civique


Depuis sa création vers le milieu des années 70, Fondacio a toujours accordé une grande importance à l’accompagnement des jeunes : les aider à se découvrir, à comprendre comment donner le meilleur d’eux-mêmes, à trouver leur vocation au sein de la société. Partenaire du programme TANDEM, Fondacio partage son expérience en tant que structure d’envoi.

« Depuis près de 20 ans, nous avons la chance de proposer des missions de volontariat à de nombreux jeunes, au sein de nos projets sociaux développés par nos associations locales en Afrique, Asie et Amérique latine. Mais, il faut bien l’avouer, ces jeunes présentent toujours un peu le même profil : un parcours scolaire réussi, bac +3, bac +4 ou plus, une première connaissance du monde de l’entreprise à travers des stages ou l’apprentissage, des expériences à l’étranger, … Un certain confort donc, à la fois pour nous qui les envoyons depuis la France et pour nos responsables de projets sur le terrain.

Mais tout cela ne correspond pas toujours avec l’esprit qui nous anime chez Fondacio – être des révélateurs de talents ! Alors, quand La Guilde, grâce Vanessa Gilles et Lucie Prédinas, nous a présenté le projet TANDEM, nous avons tout de suite eu envie d’y participer. Donner une chance de partir à un jeune au profil plus éloigné de la mobilité, proposer une expérience interculturelle forte, ouvrir de nouveaux horizons, découvrir ses richesses personnelles… Cela avait tout son sens pour nous. Nous avons donc accueilli un jeune homme, tout juste bachelier, doté d’un appétit de vivre immense, désireux de tout connaitre, de tout voir, de tout comprendre…

Soyons honnêtes, cela nous a demandé de mettre un place un accompagnement un peu plus prononcé que celui des autres volontaires, ce dès la semaine de formation au départ à Paris, avant de s’envoler pour Lomé, Togo.  Car les procédures administratives lourdes en temps de Covid, les relations avec la famille restée en France, la compréhension du mode de fonctionnement de notre service volontariat, la conscience des attentes « professionnelles » de la part du projet, la logistique et l’anticipation… tout cela a nécessité un apprentissage particulier pour notre jeune Tandem ; et de l’écoute, de la patience, des efforts d’ajustement et de compréhension de la part de son tuteur local.

Les autres volontaires au sein du projet, et particulièrement le deuxième volontaire du Tandem, son binôme, ont facilité certaines prises de conscience de part et d’autre – la spontanéité de notre jeune Tandem, peut-être liée à sa jeunesse, nous a parfois déroutés ! Mais cela nous a aussi remis en question, en nous faisant prendre conscience que ce que nous jugions acquis ne l’était pas toujours tant que ça.

Cette expérience nous a montré que la qualité des échanges avant départ entre le volontaire, le projet d’accueil et notre service d’envoi devait être travaillée, car ces échanges sont primordiaux pour que le volontaire se sente bien à sa place et efficace dans sa mission. Pendant ces huit mois, nous avons appris et grandi ensemble… et nous sommes aujourd’hui prêts à retenter l’aventure avec un autre Tandem !

Nous renforcerons alors le temps de dialogue avant le départ, afin de mieux cerner le caractère des jeunes volontaires, ce qui les motive profondément, pour leur proposer une mission la plus adaptée. Ce temps de dialogue sera aussi l’occasion de poser ensemble les bases de la collaboration, qui implique d’accepter un suivi mensuel de la mission et le respect « d’un code de conduite » en lien avec le mode de vie africain. Nous avons conscience du caractère contraignant de ces deux derniers points, mais nous pensons que c’est aussi une opportunité pour faire grandir la confiance en soi et la maturité des jeunes qui se lancent dans l’aventure du volontariat. Le développement passe aussi par là. »


À LIRE AUSSI : TANDEM, épisode 1 : Partir


Pour aller plus loin


Actions ! La lettre de La Guilde

Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
Nous gardons vos données privées.

Le terrain, unité de mesure

L'édito de la lettre de février

Un article de La Guilde


Lire la lettre dans son intégralité : Le terrain, unité de mesure

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription


La Guilde revient de mission en Arménie, frêle voisin de la grande Russie, encore sous le choc du conflit perdu contre l’Azerbaïdjan : voilà une terre de civilisation, une histoire de souffrances, mais aussi un vivier de talents et un élan de fraternité à renforcer. Nous nous y engageons.

La Guilde est aussi en mission au Népal, entre rencontres de jeunes volontaires français et évaluation de microprojets postés dans les hautes vallées, pour les besoins fondamentaux : éducation, santé, action sociale et protection de l’environnement. L’occasion aussi de constater le travail de trois jeunes boursiers de l’aventure 2021, qui ont aidé un village à se doter d’un incinérateur pour limiter la pollution grandissante.

Quatre autres de nos permanents s’envolent cet hiver vers le Bénin, le Congo-Brazzaville, la Guinée et le Sénégal. Il s’agit d’y rencontrer les volontaires sur place, de nous assurer du bon déroulement des projets, d’évaluer plus largement l’efficacité des actions et d’en anticiper de nouvelles. A contrario, notre unique volontaire en Ukraine a été rapatriée et un prochain départ de volontaire pour la Russie a été ajourné. Tristes ajustements à la réalité actuelle.

Mais le monde de demain sera à l’image de ses bâtisseurs : nous voulons en être.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

Mission : autonomisation

Louis est VSI depuis un an aux Comores, avec pour mission d'accompagner les partenaires de la Fondation SADEV dans leur autonomisation. Un objectif fondamental.

Un article de Volontariat


Tu es en VSI avec La Guilde et la Fondation Sadev depuis un an. Comment définir ta mission ?

J’occupe un poste transverse, visant notamment à développer les actions de formation professionnelle menées par la Fondation Sadev en lien avec la CADF, une association de la diaspora. L’objectif à long terme est de parvenir à l’autonomisation des structures appuyées par la Fondation. Cela passe par des missions diverses. Citons le renforcement du programme d’insertion professionnelle mené à Djomani, qui propose des formations techniques diplômantes sur l’île de Ngazidja pour lutter contre le chômage des jeunes ; l’accompagnement du projet d’extension du réseau d’eau de Chamlé-Mitsamiouli ; ou la mise en œuvre du programme Facilité Emploi, pour le développement de l’écotourisme à travers la valorisation du patrimoine architectural et naturel de la Grande Comore.

La Fondation est récemment devenue partenaire de La Guilde pour l’envoi de VSI. Pourquoi ce projet d’envoi de volontaires est-il pertinent, d’après toi ?

La présence d’un représentant d’une organisation extérieure permet de faciliter les liens entre les acteurs locaux mobilisés autour des projets. Une présence longue durée sur le terrain (les missions de VSI durent de un à six ans, ndlr) offre par ailleurs un dialogue direct et continu avec les acteurs locaux, favorisant une meilleure compréhension des besoins, donc une meilleure adaptation des réponses. Je suis pour cela bien appuyé par l’équipe siège de la Fondation Sadev, composée d’Antoine Huart, délégué général, et de Soiny Duval, chargée de mission.

Lancement de projet avec la gouverneur de l'île de Grande Comore

C’est une expérience professionnelle… et familiale, puisque tu n’es pas parti seul.

Au départ, après avoir travaillé trois ans au siège d’une association et malgré les missions régulières effectuées en République du Congo, mon souhait était d’apporter une dimension plus terrain à mon travail. Le fait de pouvoir partager cette expérience de VSI avec ma compagne m’offre un certain équilibre personnel, que je pense indispensable dans le bon déroulement d’une mission VSI. Je la remercie pour ses efforts d’adaptation et le soutien qu’elle m’apporte chaque jour !

L’Union des Comores est un pays insulaire à la culture très marquée. Comment s’est passée ton intégration ?

J’ai été très bien intégré, que ce soit de la part des partenaires, des autorités ou de la population. L’accueil y est formidable et la bienveillance règne. La taille humaine de Ngazidja, l’île de Grande Comore, et de sa capitale Moroni fait que tout le monde se connaît et se reconnaît dans la rue, créant une ambiance très agréable. La volonté des gens de partager leur culture à travers de longues discussions ou d’évènements facilite également l’intégration. Et puis cet archipel de l’océan Indien possède presque tous les atouts naturels de ses voisines – Seychelles, Maurice, Réunion – avec des plages et des fonds marins magnifiques, et des randonnées à couper le souffle dans ce paysage volcanique. On ne peut rêver mieux pour une expérience de VSI !

©L.Rosas

Propos recueillis par Lucille Caron


Pour aller plus loin


Actions ! La lettre de La Guilde

Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
Nous gardons vos données privées.

« C’est une radio unique »

Aude Kéruzoré a dirigé pendant deux ans la Radio Al-Salam, dans le Kurdistan irakien. Au moment de passer le relais à Aymeric de Chezelles, elle revient sur son expérience au cœur d'un média à part, porté par La Guilde.

Un article de La Guilde


Septembre 2019, tu arrives à Erbil pour prendre la direction de la Radio Al-Salam. Quelles sont tes attentes avec cette mission ?

À l’origine, j’avais postulé pour l’intérêt et l’originalité du poste. Une radio de la paix, par et pour les réfugiés et déplacés, montée en 2015 dans le nord irakien post-Daesh… C’est un beau message de rassemblement pour tirer les gens vers le haut. Et avec une équipe multi-culturelle, puisque les huit permanents de la radio viennent chacun d’une minorité culturelle et confessionnelle différente. J’ai reçu un bel accueil de la part de cette équipe, avec beaucoup d’attente et de curiosité. Malgré les difficultés, arriver à travailler ensemble, par-delà les différences, renforce la cohésion.

Des difficultés, tu vas en croiser rapidement avec l’irruption de la pandémie. Cela a bouleversé votre travail ?

Mes deux années à la radio ont tourné autour de trois enjeux : le financement, la situation sécuritaire dégradée et la pandémie. Sur le premier point, crucial, nous avons la chance d’avoir des partenaires fidèles avec L’Oeuvre d’Orient, La Guilde, le Ministères des affaires étrangères (CDCS) ou Radio sans frontières. Mais aussi de nouveaux bailleurs, en particulier l’Agence française de développement qui s’est engagée sur trois ans. C’est une véritable chance.

Surtout dans le contexte particulier liés aux deux points suivants…

En janvier 2020, l’Irak passe en zone rouge suite aux missiles iraniens. Depuis, des roquettes sont régulièrement tirées sur les aéroports. Ça n’empêche pas de vivre au quotidien, mais ça reste particulier. Ensuite la pandémie : mars 2020, je suis sur place depuis à peine six mois, lockdown. On a fait tourner la radio tant bien que mal pendant les deux mois et demi confinés. Puis il a fallu remettre les choses en route et, comme partout dans le monde, creuser le sujet : ça n’a été simple nulle part, mais ici, les conséquences étaient particulièrement catastrophiques dans les camps.

Justement, comment traiter un tel sujet ?

D’abord, on est la seule radio indépendante au Kurdistan irakien. Toutes les autres radios et télévisions – il n’y a pas de journaux – sont financés par des partis politiques. Donc il est difficile de dévier de la ligne officielle. Nous, grâce à la France, aux bailleurs, on est indépendants. On n’est pas embêté. Parce qu’on est neutre aussi ! On va parler des évènements, énoncer les faits, mais pas en débattre ni prendre position. Il faut protéger la radio. Notre ligne va être de s’intéresser aux gens, à leurs problèmes, et d’essayer de voir comment les résoudre. Par exemple, la santé mentale a été un sujet majeur ces derniers mois. Donc on va faire venir des médecins à la radio, indiquer des centres de santé… Proposer des solutions.

À quoi ressemble une grille de programmes de la Radio Al-Salam ?

On a des programmes en live, des infos, des reportages et de la musique, comme un média classique. Sauf qu’on alterne en arabe et en kurde : 8h-9h30 c’est en kurde, 9h30-11h en arabe, par exemple. Les musiques et les reportages aussi, pour que tout le monde puisse se reconnaître dans la programmation. Les gens ont leur journaliste préféré ! Afshin par exemple, kurde iranien, est très suivi le matin, il reçoit énormément d’appel. Il en rigole parce que sa femme en devient jalouse ! (rires)

Quels sont les enjeux de demain pour la radio ?

Professionnaliser l’équipe est un axe sur lequel j’aurais aimé travailler davantage, via notamment des formations sur trois sujets importants : environnement, autonomisation des femmes, jeunesse. L’équipe a entre 23 et 35 ans, des parcours différents, ils sont à mi-temps… Ils ont tous un travail à côté, musicien, prof d’anglais, assistant à l’université ou commercial. Donc ils ont besoin de formation, et ils ont envie d’apprendre. L’idée est qu’ils soient de plus en plus autonomes.

Cela fait désormais six ans que la radio émet, dans un environnement particulièrement complexe. Qu’est-ce qui explique cette longévité ?

Le projet intrigue et intéresse. Tous les gens que j’ai pu rencontrer – ONG, consulats, ambassades, bureaux des Nations Unies etcc. – étaient épatés par ce que fait la radio. C’est un projet unique, aucun autre média ne fonctionne de cette manière. Mais si les gens font confiance au projet, c’est qu’il faut rendre hommage aux équipes. Les directeurs et directrices successifs ont toujours tout donné : Vincent Gelot et Pierrick Bonno qui ont monté la structure avec Guillaume Battin de RSF, Eglantine Gabaix-Hialé, Maguelonne Girardot, Marie Audinet, moi, demain Aymeric… Et puis les huit journalistes : Samir Harboy, Ronza Salem, Afshin Dadwar, Shahad Al-Khoury, Naveen Smoky, Meethak Gaser, Shukur Saber, Hani Menzalji. Il faut vraiment rendre hommage à chacun. Malgré les différences, notamment de langue – on parle français, anglais, arabe ou kurde – tout le monde arrive à faire avancer le projet.

Et toi, tes projets à venir ?

Aucune idée, pas eu le temps de me projeter ! (rires) C’est un projet très prenant, avec énormément de travail. Donc je vais me reposer, passer les fêtes ici avec des amis, et puis visiter un peu. Le Kurdistan irakien est une très belle région, à laquelle je n’ai pas eu assez de temps à consacrer ! Des gens généreux, de jolies montagnes, beaucoup de sites culturels… Je vais aller découvrir tout ça. Et puis penser à la suite.

Propos recueillis par Eric Carpentier


Pour aller plus loin


Actions ! La lettre de La Guilde

Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
Nous gardons vos données privées.

VIDEO – Au Ghana, l’autre PSG

« Play for fun, learn for life »* : plus qu’une baseline, c’est un véritable principe de vie posé par Play Soccer Ghana, association lauréate Sport & Santé 2020. Présentation en images de son action, avec des filets de but en plastique recyclé dedans.

Un article de Sport & Développement


Parler, jouer, réfléchir et, au bout, contribuer au développement des enfants en acteurs autonomes et positifs pour la communauté.

Plus que mettre le ballon au fond des filets, voilà le but principal des actions de Play Soccer Ghana, association lauréate de l’appel à projets Sport & Santé 2020. Kweku Andoh Awotwi, son fondateur, l’affirme avec une foi contagieuse : le sport est un formidable moyen de progresser dans la vie. Notamment lorsque l’apprentissage par le football est doublé de soutiens à l’éducation et d’actions de préservation de l’environnement. Sur ce dernier point, Jersey Adjei en est convaincu : « cela va impacter les prochaines générations et les inciter à garder la communauté propre ». Jersey est volontaire dans un projet de réduction des déchets par la réutilisation de sachets d’eau usés pour en faire des filets. Où l’on apprend qu’il en faut 3 500 pour équiper un but complet.

Evoluer en trois dimensions

Pour assurer l’efficacité de son action, Play Soccer Ghana utilise une méthodologie ayant fait ses preuves : le football3, promu par le réseau Street Football World. Au-delà du ballon, cette pratique du foot sans arbitre vise à atteindre les objectifs de développement durables. Basée sur l’égalité, le travail d’équipe et le franc-jeu, son nom prend ses origines dans un jeu en trois étapes :

  • une discussion d’avant-match pour définir les règles de manière collective ;
  • un match de football géré par les joueurs eux-mêmes ;
  • un débat d’après-match pour réfléchir ensemble au comportement de chacune des équipes sur le terrain – et comprendre comment cela se transpose à la vie quotidienne.

Cette pratique alternative du football, ouverte à toutes et à tous, responsabilise les jeunes en leur inculquant des compétences qui leur permettront de résoudre les conflits par le dialogue et le compromis.

Dans le détail

Play Soccer Ghana accompagne, chaque année, 1 500 enfants à travers ses programmes présents dans 6 des 16 régions du Ghana. L’ONG agit avec et pour les jeunes en leur assurant un accès à la santé, au développement de compétences de vie, à l’éducation, à la sensibilisation de l’importance des villes durables – ainsi les déchets plastiques, qui constituent 14% du flux de déchets au Ghana.

Objectifs :

  • Améliorer l’activité physique et les compétences de vie de 300 enfants dans 8 communautés sur une période donnée ;
  • Réutiliser 900 kg de sachets d’eaux usées dans 6 communautés pour en faire 140 filets de but ;
  • Améliorer les attitudes positives de sauvegarde parmi 50 parents et 25 jeunes dans 8 communautés ;
  • Assurer la participation de 145 femmes, jeunes et groupes de personnes handicapées dans la prise de décision au sein de 11 communautés.

Activités :

  • « Play for fun, learn for life » sessions : utiliser le football pour enseigner aux enfants et aux jeunes des compétences de vie, notamment sur les attitudes positives mais aussi sur l’hygiène, la santé, etc. ;
  • Tournois réguliers avec la méthode football3 ;
  • Tricotage de filets de but à partir de sachets d’eau avec des écoles et les familles ;
  • Réunions parentales trimestrielles pour la protection de l’enfance.

Bénéficiaires

  • 500 bénéficiaires dont des filles et garçons de 5 à 25 ans et leurs parents ou tuteurs. La majorité des bénéficiaires sont issus de foyers défavorisés, notamment de foyers monoparentaux, vivant principalement de la pêche ou de l’agriculture.

* »Jouer pour le plaisir, apprendre pour la vie »


Sport & Développement est un programme de La Guilde en partenariat avec l’Agence française de développement, qui soutient la réalisation de micro-projets de sport au service du développement durable en Afrique.


Pour aller plus loin


Actions ! La lettre de La Guilde

Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
Nous gardons vos données privées.

L’édito de la lettre de décembre

Rester en mouvement

Un article de La Guilde


Lire la lettre dans son intégralité : Rester en mouvement

Pour recevoir la lettre mensuelle : formulaire d’inscription


En 2021, La Guilde a sélectionné, accompagné et apporté un financement à 147 projets répartis dans 41 pays : un record absolu dans l’engagement international de La Guilde depuis quatre décennies. Nous les qualifions certes de « microprojets » pour rappeler leur ancrage très local, pour signifier que leur portage est presque individuel, et leurs besoins financiers modestes. Ils sont les contrepoints des annonces en milliards propres à toutes les grandes institutions et tamisées cent fois avant de toucher le sol. Ce sont toutefois de véritables projets, qui ont représenté un travail titanesque pour l’équipe des microprojets qui collabore à la fois avec les porteurs de ces actions, douze réseaux régionaux et une centaine d’experts bénévoles pour les sélectionner et les bonifier. Notre mission est de faire émerger des pépites de l’esprit d’initiative, de l’engagement désintéressé, de l’audace géographique et de l’innovation sociale. Du développement scolaire à l’extrême nord du Togo au déploiement du vélo en Tunisie, en passant par l’accès des femmes africaines au sport ou l’aide humanitaire de crise au Liban, c’est un foisonnement incroyable qui nous rend plein d’espoir, un hommage à la fraternité humaine. Dès le début de l’année qui s’annonce, les équipes bondiront sur le terrain pour suivre l’avancement des chantiers, évaluer les réalisations, encourager de nouvelles initiatives.

Tout cela manifeste le choix de l’action qui caractérise La Guilde.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde