Nous resterons aux côtés des Afghans

Communiqué spécial

Un article de La Guilde


Nous venons d’assister, effarés, au départ calamiteux des Occidentaux de Kaboul, dont les images resteront dans l’Histoire.

Il ne s’agit pas ici de condamner qui que ce soit ; les éditorialistes professionnels vont s’en charger, avec plus ou moins de bonheur.

Il s’agit plutôt d’affirmer haut et fort que le lien qui unit La Guilde à ce pays mythique est plus solide que jamais.

L’histoire n’est pas écrite, elle s’écrit.

Nous avons la ferme volonté, à notre place, de rédiger une nouvelle page, avec toutes les ONG qui décideront, elles aussi, de ne pas jeter l’éponge.

Leur efficacité, leur capacité d’adaptation, leur hauteur de vue et, réaffirmons-le, leur générosité ne sont plus à démontrer. Nous allons, nous devons, prendre le relai de politiques défaillantes sans perdre un instant. Ce n’est malheureusement pas la première fois dans le grand fracas du monde que les gouvernements et les opinions publiques se lassent et finissent par plier bagage.

Pendant ces vingt années qui s’achèvent par une immense déception, les Afghanes, les Afghans ont pris goût à la liberté. La chape de plomb, d’intolérance, de violence qui s’abat aujourd’hui sur eux va susciter un mouvement de résistance que nous avons le devoir de soutenir avec une grande détermination, comme nous l’avons fait avec succès dans les décennies précédentes.

À nouveau, La Guilde a rendez-vous avec l’Afghanistan.

À nouveau elle répondra présent.

Hugues Dewavrin
Vice-président de La Guilde


La Guilde et l’Afghanistan, une longue histoire

Dans les années 1970, Kessel et les vols charters sur Kaboul attirent lauréats des Bourses de l’aventure, ethnologues, photographes, cinéastes… qui se retrouvent au premier local de La Guilde, place Vendôme.

En 1972, le premier « Raid Orion », organisé par La Guilde, relie Paris à Ispahan et Kaboul en moto. Deux cents motards partent des Champs-Elysées.

1980, l’Afghanistan est sous occupation soviétique : une première mission de secours est organisée dans le Wardak, financée par des entreprises mécènes.

Durant les années 80, La Guilde lance des appels aux dons avec la Fondation de France, signés par son président d’honneur, Paul-Émile Victor.

Des dizaines de jeunes volontaires se succèdent dans les missions du Service Intervention et Développement de La Guilde pendant toute l’occupation soviétique.

La Guilde prend également l’initiative d’une Coordination européenne des ONG pour l’Afghanistan.

Enfin, La Guilde établit à Peshawar la base arrière des quatre ONG françaises opérant en Afghanistan occupé.

En 2003, un nouveau raid Paris-Kaboul est monté par La Guilde avec des missions scientifiques et le concours de l’hebdomadaire Le Point.

Un soutien est également apporté à la réhabilitation du plus grand cinéma de Kaboul : l’Ariana, symbole de la renaissance d’une culture libre.

Ces dernières années, La Guilde a soutenu divers microprojets et l’envoi de Volontaires de solidarité internationale à chaque fois que cela était possible.


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Clémentine, grandir à Mada’

En 2015, Clémentine partait à Madagascar en tant que Volontaire de solidarité internationale au sein de l'association APDRA Pisciculture Paysanne. Elle avait signé pour 19 mois : sa mission aura finalement duré six ans. Histoire d'un coup de foudre.

APDRA Clémentine M

Un article de La Guilde


Nous sommes en 2015 et tu t’envoles pour Madagascar. Quel est ton état d’esprit à ce moment-là ?

Quand je pars à Tamatave pour commencer mon VSI, je n’ai aucune idée de ce que je vais découvrir. Je ne dirais pas que j’avais tout à apprendre, mais presque. Les premières années, j’ai beaucoup aimé être en contact régulier avec les pisciculteurs, participer aux pêches. Cela m’a permis d’apprendre la langue malagasy et de me familiariser avec la vie rurale, ses difficultés et ses richesses. C’était pour moi indispensable, pour être à l’aise dans ma mission et dans mon nouveau pays d’accueil.

Et puis, année après année, tu prolonges ta mission… jusqu’à atteindre le maximum possible sous statut de VSI.

Au total je pense que j’ai signé neuf avenants à mon contrat initial ! Pour moi, ce sont autant de modifications qui témoignent de mon évolution durant ces six années. J’ai occupé trois positions différentes, au sein de trois projets menés par l’APDRA. J’ai également pu découvrir le pays en étant basée à Tamatave puis à Antsirabe, et en suivant des projets localisés dans six régions différentes. À la fin de ma mission de VSI, j’étais Responsable Chaîne de Valeur d’un projet de développement de la « rizipisciculture » sur les Hautes Terres de Madagascar. Ce projet vise à améliorer les revenus des exploitations agricoles familiales, mais également la consommation en poissons des ménages malagasy.

Au-delà de la mobilité géographique, tu connais donc une véritable évolution professionnelle dans ton volontariat.

Tous les ans, j’ai pu discuter avec mes référents de mon travail, de mes missions et de leurs évolutions potentielles. Nous avons ainsi identifié les compétences utiles que je voulais développer. J’ai pu me former en étant toujours accompagnée et ces évolutions m’ont énormément motivée. Au fil des années donc, j’ai commencé à être plus en lien avec la stratégie de développement des programmes de l’APDRA. J’ai pu étudier des notions passionnantes telles que les innovations paysannes, être associée à des réflexions très intéressantes sur l’amélioration des référentiels piscicoles que l’on propose aux paysans, et chaque année, multiplier mes compétences.

Il y a l’évolution professionnelle, et puis il y a la vie personnelle. À Madagascar, tu as construit les deux…

En effet ! Je suis tombée amoureuse à Madagascar et je suis devenue maman. J’y ai construit une famille ! Bien sûr, tout ceci est particulier à ma situation et ne veut pas dire que vivre loin de ma famille et de mes amis en France n’est pas difficile. Surtout aujourd’hui dans un contexte où il est devenu compliqué de voyager… C’est même très difficile parfois.

Madagascar est désormais un pays d’adoption pour toi ?

Madagascar est un pays passionnant, tant il est riche dans ses paysages, dans sa biodiversité, dans ses traditions et sa nourriture. Même si la vie des Malagasy est dure, et qu’il est important pour moi de toujours garder ces éléments en tête, le peuple malagasy participe à cette richesse. Je ne me lasse pas de découvrir Madagascar et le quotidien de ses habitants.

Clémentine avec une piscicultrice à l’époque des litchis en 2015 ©Clémentine M

Aujourd’hui, ton volontariat a pris fin et tu es salariée de l’association. Quel bilan peux-tu faire de ta mission ?

Quand je suis partie en tant que jeune ingénieure agronome diplômée, je n’avais que très peu d’expérience malgré mes stages, et peu de recul par rapport au secteur du développement agricole. Aujourd’hui je dirais que c’est un secteur qui n’est pas parfait, et c’est pour cela qu’il est important de bien se renseigner sur l’organisation dans laquelle on s’engage au départ. Par ailleurs, avec le VSI, j’ai appris à mettre en œuvre ces compétences au sein d’un projet de développement rural, et à comprendre les rouages et les enjeux du développement agricole. Ma mission de VSI m’a donc permis de grandir et de contribuer à mon échelle, tel le colibri, à la diversification des productions agricoles malagasy pour in fine, améliorer les conditions de vie des paysans.

Quels seraient les conseils que tu aurais aimé entendre au début de ta mission ? Y a-t-il eu des choses que tu aurais pu faire différemment ?  

Je pense que nous sommes bien accompagnés par La Guilde avant notre départ. La première année, je ne suis pas rentrée en France pendant 15 mois et avec le recul je vois combien cela a pu être difficile pour moi et ma famille. Il est important de garder le contact, de ne pas s’isoler dans sa mission et de retourner voir ses proches, si cela est possible. Un autre conseil pourrait être d’apprendre la langue du pays dans lequel vous vivez. Sans ça, trop de choses nous échappent. Le langage est le premier pas vers l’autre et c’est ce qui permet la meilleure intégration dans un nouveau pays. Je le conseille autant pour 12 mois de mission que pour 72 !

Propos recueillis par Lucille Caron, Chargée de mission VSI

Le dispositif VSI est ouvert jusqu’à six années dans la vie d’une personne. À La Guilde, si la durée moyenne des missions est de 21 mois, environ 5 % des volontaires effectuent des missions de cinq ou six ans consécutifs. Découvrez le dispositif.


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Au Liban, entre exaspération et mobilisation

Vincent Rattez, Délégué Général de La Guilde, est parti au Liban visiter les microprojets soutenus et préparer le développement des activités de La Guilde sur le terrain, dans un contexte de crise financière et humanitaire. Il livre son regard sur la situation.

Un article de La Guilde


En ce mois de juin 2021, les Libanais sont de plus en plus nombreux à fréquenter les soupes populaires. La Guilde est aux côtés de deux d’entre elles, au cœur de Beyrouth. Des personnes âgées et des familles parfaitement insérées sont du nombre. La société civile se mobilise comme jamais, cherchant de nouvelles solutions à chaque fois que la situation se détériore. Et elle se détériore sans cesse.

Les Libanais ne peuvent plus accéder à leur propre épargne bancaire depuis plus d’un an ; la Livre libanaise (LL) s’échange chez l’épicier au cours de 18.000 LL contre 1 USD, dix fois en dessous du taux officiel. Dans un pays qui importe l’essentiel de ses bien de consommation, c’est donc un effondrement total de revenus qui frappe les Libanais. Les forces vives s’envolent vers l’étranger tandis que l’appareil politique demeure impassible, invisible et inactif, suscitant une colère sans précédent au sein des communautés.

Reconstruire, repartir, rénover

La Guilde soutient à Beyrouth une douzaine d’initiatives au total, ces « microprojets » qui vont de la réfection d’un atelier de couture détruit par l’explosion du port de Beyrouth à la mise en place d’un atelier-école de menuiserie qui donnera formation et emploi à des femmes peu qualifiées, en passant par du soutien psycho-social et, donc, du soutien aux soupes populaires.

La Guilde a par ailleurs accueilli avec soulagement l’autorisation du Quai d’Orsay, le 9 juin dernier, d’envoyer à nouveau des volontaires français au Liban. Chez notre partenaire Sesobel – la plus grande institution privée du pays dans la prise en charge du handicap chez les mineurs –, c’est la perspective d’accueillir six aide-éducateurs français en Service civique qui renaît. Chez arcenciel, regroupement d’entreprises sociales de référence, ce déverrouillage tardif va aussi permettre d’envoyer des Volontaires de solidarité internationale (VSI).

À côté de ces initiatives au plus près du terrain, La Guilde prépare enfin un ambitieux programme de rénovation d’un bâtiment emblématique à vocation culturelle, que nous espérons pouvoir conduire malgré la crise. Car au Liban, il faut se nourrir d’espoir envers et contre tout, s’abreuver de symboles qui réconfortent, et redoubler d’énergie aux côtés de ceux qui refusent obstinément l’effondrement.

Vincent Rattez


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L’édito de la lettre de mai

Cultiver ses racines.

Un article de Vincent RATTEZ


Lire la lettre dans son intégralité : Cultiver ses racines.

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[ Culture_G ]

« Dans une démocratie, chaque génération est un nouveau peuple »* : la conviction presque bicentenaire d’Alexis de Tocqueville demeure à la fois une promesse et un défi. La promesse est intacte, et La Guilde entend y contribuer à sa mesure depuis 50 ans en soutenant des itinéraires de vie et des projets qu’elle se réjouit de voir grandir, mûrir et prospérer.

Le défi est toutefois d’une ampleur inédite, et pas seulement parce que chancellent les démocraties. La puissance de feu des réseaux sociaux et de l’internet, la remise en cause presqu’illimitée des constructions sociales reçues, égarent au moins aussi souvent qu’elles n’éclairent. La part de voix des héritages, qu’on les nomme « classiques » en littérature, Histoire en politique ou documentaires en géostratégie, n’a jamais été aussi couverte par le brouhaha incessant qui entoure la jeunesse connectée au monde, au risque d’être déconnectée de ses fondements.

Amin Maalouf nous alerte ainsi : « nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait “verticalement”, d’une génération à la suivante ; alors que la transmission est de plus en plus “horizontale”, entre contemporains ».**

Pour un plus juste équilibre entre la verticalité qui construit et l’horizontalité qui élargit, La Guilde structure sa participation aux débats culturels et à la connaissance scientifique. Elle va proposer des écrivains, des reporters, des universitaires pointus, des expositions muséographiques et des aventuriers qui ne finissent jamais d’écrire et de filmer et d’explorer le monde, dans le sillage des grands anciens avant eux.

[ Culture_G ] sera à la jonction des humanités et des expériences individuelles, dont pourra se nourrir la communauté réunie au sein de La Guilde, volontaires dans les Alliances Françaises ou dans les réserves écologiques, bâtisseurs d’écoles ou de passerelles, visiteurs d’hospices ou de villages ensablés, aventuriers de tout poil, porteurs de projets solidaires sur tous les continents. Avec [ Culture_G ], puisse La Guilde faire grandir chez vous l’amour du monde.

Un rendez-vous hebdomadaire à retrouver sur Facebook, Instagram et Linkedin.

Vincent RATTEZ
Délégué Général

* De la démocratie en Amérique, 1835
** Le Naufrage des Civilisations, 2019

VIDEO – Dans les skateparks d’Accra, avec Surf Ghana

Skater pour mieux grandir : voilà le credo de Surf Ghana, association lauréate du programme Sport & Développement. Caméra en main, Antoine et Thomas sont allés les rencontrer. Moteur... action !

Un article de Sport & Développement


« Dès que je skate, tout devient parfait » affirme Daniel. Après lui vient un hip-hop suave, quelques pas de danse, et des tricks, évidemment. Puis c’est au tour de Sandy Alibo de prendre la parole. Sandy est la fondatrice de Surf Ghana, en 2016, « pour autonomiser les jeunes à travers la pratique des sports de glisse ». Les bases sont posées. Une histoire va pouvoir être déroulée pendant cinq minutes, illustrée par les images léchées d’Antoine et Thomas. Le fruit d’une collaboration réussie.

Comme sur des roulettes

À l’origine de la vidéo, il y a une association : Horizon Sport, fondée en 2013 par deux étudiantes de l’ESSEC. Leur but, promouvoir l’éducation par le sport en produisant des outils de communication pour les associations sur le terrain. Car « une vidéo de qualité coûte cher », rappelle Antoine, « et les images sont un super vecteur pour promouvoir ses actions auprès de sponsors ou de bénévoles ». Antoine et Thomas constituent la promotion 2020-2021 d’Horizon Sport. Tout juste sortis de leurs études respectives dans le management du sport et dans l’innovation sociale, ils ont repris le flambeau et les caméras. Après une formation, des films en Colombie et au Brésil, et une longue interruption due au Covid-19, ils ont atterri en Afrique, accompagnés par La Guilde.

Antoine salue ainsi le partenariat noué : « grâce au programme Sport & Développement, on est mis en relation avec des associations sérieuses, qui ont un vrai impact ». Ces association sont lauréates des appels à projets lancés par Sport & Développement. Une fois les structures sélectionnées par Horizon Sport, le contact est établi. Et ? « C’est indispensable ! » assure Antoine. « Quand on ne connait pas le terrain, il faut absolument pouvoir tomber sur un interlocuteur fiable. Là, il y a une relation de confiance qui s’instaure très rapidement entre tous les acteurs. » Un lien qui permet de jouer juste.

Échouer, recommencer, progresser

Une fois sur place, les reporters d’Horizon Sport vont vivre trois semaines avec l’association – qui, dans le cas de Surf Ghana, se présente avant tout comme un collectif. « L’idée est de ne pas être simple prestataire, mais de s’impliquer dans la vie de la structure », prolonge Antoine. Une manière de donner du relief à l’échange. Une façon, aussi, de cerner au mieux les ressorts d’une action : « la symbolique du skate est d’échouer et de recommencer, jusqu’à réussir. Pour les filles, c’est aussi un moyen de prendre des risques dans la rue. Et puis le skate est utilisé pour responsabiliser, donner des opportunités professionnelles à travers des shootings photos ou des skate camps, par exemple. » Un écosystème complet, qui demande une compréhension globale pour pouvoir être valorisé à sa juste mesure.

Que reste-t-il après trois semaines ? Des images évidemment, et avec elles le plaisir d’avoir filmé « un sport magnifique ». Des rencontres, comme celle de Sarah, interviewée dans la vidéo, « qui parle super bien de l’échec ». Des histoires enfin, à raconter, à partager, à diffuser. Pour montrer que, comme en Afrique du sud, la scène skate émergente au Ghana draine avec elle son lot de valeurs positives. Pour montrer que le foot, prochaine ligne d’Horizon Sport, a des vertus éducatives parfois insoupçonnées – ou oubliées. Et pour montrer la puissance de la créativité : au Brésil, c’est le ballet qui est utilisé pour aider les filles prises dans l’enfer de Cracolândia.

Propos recueillis par Eric Carpentier

MISE À JOUR : Antoine et Thomas continuent leur route à la rencontre des acteurs du sport et du développement. Ils sont récemment passés par Cape Coast, Accra, Ashaiman Jericho, Asiakwa village et Elmina pour mettre en images le travail de Play Soccer Ghana.


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Au Rwanda, la preuve par trois

Des financements privés, une expertise associative, des acteurs locaux : en quelques mois, La Guilde et ses partenaires ont pu financer deux microprojets de développement rural au Rwanda. Un lien parmi d'autres pour tisser une relation durable.

Un article de Microprojets


Objet – La Guilde et Hydroneo s’associent pour cofinancer des microprojets de développement communautaire dans les villages de Rwaramba et Rugarama au Rwanda : 20 avril 2020, une convention de partenariat est signée avec Hydroneo, une entreprise qui « développe, finance, construit et exploite des petites et moyennes centrales d’énergies renouvelables » en Afrique, selon ses termes. Treize mois plus tard, l’Abbé Théogène Ngoboka, directeur local de Caritas Cyangugu, peut écrire au pôle Microprojets les lignes suivantes, reproduites ici avec son autorisation : « Hier, nous avons accueilli votre Président, M. Macron. Sa visite est bien saluée au Rwanda, son discours est bien accueilli. C’est un bon signe du réchauffement de nos relations, ce qui nous ouvrira beaucoup d’opportunités ». Des mots engageants pour traduire des faits : en un an et malgré un contexte compliqué par la situation sanitaire, le rythme a été soutenu – par toutes les parties.

Identification, évaluation

En mai 2021 donc, deux microprojets ont reçu les premiers versements qui doivent leur permettre de lancer une dynamique pour, in fine, gagner leur indépendance. Entre temps, chacun a mis en œuvre ses compétences. Pendant qu’Hydroneo développait deux petites centrales hydroélectriques (capacité totale 1,3MW) sur la zone rurale de Nyirahindwe, La Guilde activait la recherche de projets viables. Avec Caritas Cyangugu, son partenaire local, 28 projets sont dans un premier temps identifiés. Une analyse de terrain précieuse au-delà de cet appel à projets spécifique.

En novembre 2020, c’est au tour de Thierry Barbaut, responsable du numérique et spécialiste du Rwanda à La Guilde, de se rendre sur place. Alors qu’il est en mission d’évaluation des six microprojets soutenus avec l’Agence française de développement (5) ou Sport en Commun (1), il parcourt les six heures de routes et de pistes séparant Kigali des villages de Rwaramba et Rugarama, à l’ouest du pays. Il peut rencontrer les porteurs de projets, évaluer leur viabilité et leur potentiel de développement. Il peut aussi éclaircir le rôle de chacun pour une meilleure compréhension entre tous. Les informations récoltées sont compilées puis traitées par le pôle Microprojets. Quatre actions sont retenues, chiffre finalement réduit à deux des suites de la pandémie de Covid-19.

Mise en oeuvre

Le but de ces projets, promouvoir des activités génératrices de revenus dans le district le plus pauvre du pays, Nyamasheke, avec un taux de pauvreté de 69,3 %, contre 38,2 % au niveau national (EICV5, 2016/17). « Les deux projets choisis sont l’embouche bovine et l’éducation financière et la formation entrepreneuriale aux membres des tontines dans les villages de Rwaramba et Rugarama » explique l’Abbé Théogène Ngoboka. Le premier axe de développement implique de constituer un noyau de taurillons à engraisser durant six mois, soit un taurillon pour deux bénéficiaires. « Pour renforcer la solidarité dans le noyau, deux bénéficiaires qui partagent un taurillon sont responsables des activités durant les six mois d’embouche, poursuit l’Abbé Ngoboka. Ainsi, les deux  bénéficiaires vont s’autocontrôler au regard du comité directeur du groupement, qui assurera l’arbitrage et la vente du taurillon ». Par ailleurs, « les bénéficiaires directs du projet sont en priorité des femmes, pour renforcer la position des femmes dans la prise de décision, aussi bien dans leurs ménages que dans la communauté. »

Quant au second projet retenu, il s’adresse aux tontines, ces groupes d’épargne et de crédit collectifs. L’éducation financière a pour but de permettre aux membres des tontines de « bien planifier les épargnes et les crédits, de bien gérer leur argent et de faire les bons choix financiers en ce qui concerne les revenus et les dépenses ». Mais cela ne s’arrête pas là, assure l’Abbé Ngoboka : « la Caritas Cyangugu  va faciliter les relations entre les tontines et les institutions de microfinance pour l’accès aux crédits externes. Et grâce à la formation à l’entrepreneuriat rural, les tontines auront acquis les compétences nécessaires pour continuer leurs activités de manière autonome à la fin du projet ». Alors seulement, les parties prenantes auront atteint leur objectif initial.

Propos recueillis par Eric Carpentier


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L’édito de la lettre d’avril

Découvrir. Comprendre. Explorer.

Un article de Vincent GARRIGUES


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Culture du dialogue

La Guilde aime les grands chantiers. Elle ose, par tradition. Née de l’histoire du 20e s., notre maison doit faire son chemin entre les balises de la post-modernité, en acceptant de confronter son goût fondamental de l’action en profondeur au nouvel acteur orwellien du débat public, cette conversation globalisée qui commente en mode flash beaucoup plus qu’elle n’agit.

La communication, il s’agit bien d’elle, c’est un peu l’affaire de tous : chacun se sent fondé d’exister à travers elle, tant le reflet de l’ensemble embarque les facettes de chacun.

Notre communication doit donc porter le témoignage de ce que j’appellerais notre « mission », ou notre « fonction sociale » : oser la permanence têtue de l’engagement par l’action, aller vers les autres pour bâtir un patrimoine de l’en-commun et inscrire les actes dans la geste la plus sensée qui soit. Nous savons, avec Hannah Arendt, qu’être isolé, c’est être privé de la capacité d’agir.

Les outils digitaux – ces fascinants sillages qui produisent autant d’étincelles que d’effroi – aiguillonnent un désir mimétique, et forgent une emprise plus qu’une empreinte ; notre défi apparaît donc d’abord culturel. Les femmes et les hommes de La Guilde, dans chacune de leurs actions sur la terre humaine, donnent et reçoivent. Cet échange symbolique, et bien réel, se tisse volontiers dans les ailleurs, lesquels n’existent que parce qu’il y a un ici. Sur ce chemin, notre récit se dresse contre les entreprises de séparation, affirmant sa vocation à fortifier le dialogue, à jeter des ponts, à tendre des livres.

Lorsque tout se bouscule, que tant d’inquiétudes virevoltent entre charivari du net et doxa propagandiste, notre ambition de communiquer nous propulse comme bâtisseurs enthousiastes de mémoires et d’innovations.

En partageant sa bibliothèque, en organisant un grand festival de films, en animant ses canaux sociaux, à travers sites et plate-formes, avec ses nouvelles visio-sessions aventurières, La Guilde veut explorer tous les territoires de la rencontre.

Vincent GARRIGUES
Responsable de la communication institutionnelle

L’édito de la lettre de mars

Que vive l'aventure !

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Que vive l’aventure !

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Depuis 1992, La Guilde organise le festival des Écrans de l’aventure avec la ville de Dijon. En 2021, pour fêter les 30 ans d’une collaboration incroyablement riche et porteuse de sens, toute l’équipe de La Guilde est mobilisée pour vous proposer une édition exceptionnelle.

Ce festival vous fera revivre des moments forts de trois décennies d’aventures. Il proposera également les meilleurs films et livres de l’année, ainsi que des échanges uniques avec des aventuriers audacieux et engagés, curieux des autres et soucieux de nous faire découvrir la beauté fragile de notre planète.

En octobre 2020, l’édition était passée entre les gouttes des restrictions sanitaires, réunissant près de 10 000 spectateurs. En 2021, les Écrans comptent bien voir le soleil se lever sur des mondes inconnus !

Nous vous donnons rendez-vous régulièrement, dans cette lettre et sur les canaux de communication des Écrans de l’aventure (siteFacebookInstagramTwitter), pour ne rien rater de la mise en place de cette édition anniversaire.

Les 30 ans du festival Écrans de l’aventure auront lieu la semaine du 11 au 17 octobre 2021 à Dijon.

A bientôt, tous ensemble,

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe des Écrans de l’aventure

Une journée avec Samir, journaliste de Radio Al Salam au Kurdistan irakien

Nous avons suivi Samir Yahya, directeur adjoint de Radio Al Salam, dans son travail de terrain. Ce jour-là, Samir enquête sur les conditions de vie des populations du camp de Hasan Sham, un camp de déplacés irakiens localisé sur la route d'Erbil à Mossoul et peuplé d’environ 1500 familles.

Samir Yahya interroge les habitants du camp de Hasan Sham

Un article de Baptiste Violi, responsable de la coordination et du développement des programmes


Lors de son enquête, Samir Yahya va tour à tour interroger le manager du camp qui travaille pour la BCF (Barzani Charity Foundation), ainsi que divers habitants, femmes et hommes acceptant de répondre à son micro. Il rappelle que la mission de Radio Al Salam est justement de porter la voix des réfugiés et déplacés.

Samir Yahya avec le manager de la Barzani Charity Foundation

Les sujets abordés portent sur les conditions de vie et problèmes du quotidien, mais aussi sur l’organisation des élections  législatives irakiennes. La plupart des habitants sont originaires de Mossoul ou du village d’Hasan Sham à quelques kilomètres de là, que l’on traverse pour rejoindre le camp. Ce village a été abandonné par la population après avoir été repris par les peshmergas dans leur combat contre Daech. Certains vivent dans le camp depuis quatre ans et restent dans l’impossibilité de retourner chez eux. Non seulement pour des raisons politiques, mais également parce que leurs anciennes habitations n’ont pas été reconstruites, qu’il n’y a ni eau, ni électricité, et aucun service public.

Le camp de Hasan Sham

Alors que les autorités irakiennes prennent des mesures fortes pour inciter les populations déplacées à retourner dans leur ville ou région d’origine, les autorités du Kurdistan irakien continuent d’accueillir ceux qui ne peuvent rentrer chez eux ou craignent pour leur vie : ainsi, à Hasan Sham, tandis que du côté de l’Irak fédéral de nouveaux camps vont fermer dans les jours qui viennent, la BCF étudie la possibilité d’y recevoir 500 familles de plus. Le camp a une capacité d’accueil théorique de 10 000 personnes, cependant divers problèmes se poseraient, notamment celui du rationnement alimentaire ou de l’acceptation de la population déjà présente.

Quand il s’agit d’évoquer les élections  législatives irakiennes de 2021, qui doivent se tenir le 10 octobre (et pour lesquelles pour la première fois les populations déplacées par la guerre seront invitées à voter), les Irakiens qui acceptent de s’exprimer n’ont que désespoir à la bouche et formulent souvent un rejet catégorique à l’égard de partis politiques qu’ils considèrent corrompus.

A son retour dans les locaux de Radio Al Salam, à Erbil, Samir écrit son reportage

Soutien à la reconstruction du Liban : une première étape auprès des créateurs

Le 4 août dernier, une double explosion a ravagé plusieurs quartiers de Beyrouth et abimé tout un pays. La Guilde a voulu réagir et apporter son soutien aux populations touchées, suivant ses domaines d’expertise. Première étape, auprès des artisans d'art et créateurs.

Un article de Cécile Massie, consultante - coordinatrice projets au Moyen-Orient


« Nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait « verticalement », d’une génération à la suivante, au sein des familles, des clans, des nations et des communautés de croyants ; alors que la vraie transmission est de plus en plus « horizontale », entre contemporains, qu’ils se connaissent ou pas, qu’ils s’aiment ou se détestent. »

Amin Maalouf, Le naufrage des civilisations

Les deux quartiers les plus touchés autour du port de Beyrouth ont été ceux de Gemmayzeh et de Mar Mikhael, particulièrement connus pour leurs cafés et leurs ateliers d’art. La première phase de reconstruction des habitations et de secours auprès de la population était en cours, la Guilde a voulu réfléchir à l’étape suivante, celle de l’aide au patrimoine culturel et entrepreneurial de ces quartiers.

Avec la contribution décisive de la Fondation du Grand-Duché du Luxembourg et l’expertise du pôle Microprojets de La Guilde, nous avons lancé le projet de soutien aux artisans d’art et créateurs de Beyrouth en novembre 2020. Modeste, dotée d’une enveloppe de 18 000 euros, cette première action a été suivie d’un appel à microprojets de plus grande envergure, pour le soutien des petites associations libanaises et françaises, lancé le 5 janvier 2021.

A travers cette première étape, ce sont cinq entrepreneurs, dont quatre femmes, qui ont pu être soutenus. Les besoins étant divers (restauration des locaux, ré-équipement en matériel de production, informatique…), La Guilde a choisi de répondre aux spécificités de chacun avec un maximum de flexibilité : de la restauration du showroom de Sandra Mansour, créatrice de prêt-à-porter haut de gamme qui emploie 14 couturières, au rachat des ordinateurs de l’architecte Karine Fakhry, dont le cabinet FaR Architects a représenté le Liban à la Triennale de Milan en 2016.

Si La Guilde s’est rendue sur place à Beyrouth, en cours de projet, la présence d’un partenaire opérationnel local était indispensable. L’association libanaise Beit el Baraka, en la personne de sa présidente Maya Chams Ibrahimchah, a immédiatement répondu à notre sollicitation. Ses équipes, déjà profondément impliquées dans le soutien à la population beyrouthine, ont suivi chaque dossier avec une efficacité et un professionnalisme remarquable.

L’équipe de Beit el Baraka dans l’atelier de Sandra Mansour – photo Cécile Massie

Les liens entre le Liban et la France remontent à loin et ne bénéficient pas seulement aux héritiers directs des deux pays tel Amin Maalouf. Français comme Libanais sont enrichis par de telles initiatives de coopération, sans ignorer pour autant les défis historiques. Entreprendre de petits actes de solidarité dans les deux sens, s’assurer que les artistes continuent à pouvoir créer et évoluer dans des environnements dans lesquels s’épanouir, soutenir les organisations qui cherchent à améliorer le quotidien des populations locales, tout cela contribue à une transmission horizontale.

Afin de poursuivre son action au Liban, La Guilde a donc lancé l’appel à projet « Liban 2021 ». En collaboration avec l’Agence française de développement et la Fondation de France, ce programme vise à soutenir le tissu associatif, pour la mise en œuvre de projets de reconstruction matérielle, sociale, économique ou humaine.