L’édito de la lettre de septembre

Demandez le programme !

Un article de La Guilde


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Les déchets, compagnons encombrants

Le Congrès mondial de l’UICN* vient de se tenir en France, avec sa liste grandissante d’animaux en voie de disparition. Dans un mouvement inverse, les déchets poursuivent eux leur prolifération. La Guilde s’est saisie du problème depuis longtemps et alertait il y a dix ans – sans grand succès médiatique à l’époque – sur les gigantesques vortex de plastique se constituant au milieu des océans (réunion internationale sur les déchets plastiques ; Écrans de la Mer, 2011). À terre, la situation n’est guère meilleure, hormis dans les pays les plus éduqués.

Toutefois, les réactions à ce désastre n’ont jamais été aussi nombreuses. Dans son jardin, La Guilde a ainsi attribué une Bourse de l’aventure 2021 à deux jeunes alpinistes grenoblois bien décidés à installer un incinérateur que des villageois d’une haute vallée népalaise réclament. Dans le cadre de notre nouveau programme TANDEM, nous envoyons aussi ce mois-ci au Bénin un binôme de deux jeunes Services civiques auprès de l’association Gbobéto. Ils vont y prêter main forte au projet de valorisation des déchets d’un quartier populaire de Cotonou. La Guilde attribue par ailleurs des financements aux microprojets qui, à leur échelle, initient des réponses à ce défi majeur : ici pour valoriser des déchets agricoles, là pour faciliter la pré-collecte et le tri des déchets urbains.

Depuis 2013, La Guilde opère enfin au Cameroun, avec Solidarité Technologique, un projet pilote de collecte et traitement des déchets électroniques. La conclusion est que seul un écosystème complexe permet une prise en charge efficace : il faut des lois, des textes règlementaires, un système d’écotaxe qui pérennise les financements, des sites de stockage transitoires pour les déchets sans solution (ils sont nombreux) et des filières de traitement spécialisées qui apportent ces solutions.

Les déchets sont partout, sources de pollutions multiples, décourageants pour les habitants des favelas comme pour les navigateurs qui les retrouvent en Arctique. Les législations sont souvent balbutiantes dans les pays pauvres, et les financements tout autant. Mais gageons qu’en renforçant encore la mobilisation de tous, nous saurons un jour renverser ces montagnes de déchets.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

*Union Internationale pour la Conservation de la Nature

La Guilde lutte contre la croissance des Déchets Électroniques et Électriques

Rapport Global sur les déchets électroniques

Hisilicon K3

Un article de Raphaël Lurois


Les déchets d’Equipements Électriques et Electroniques (D3E) ont connu une croissance de 21 % en 5 ans. C’est un triste chiffre quand on connait l’impact environnemental du non traitement de ces déchets.

Dans son dernier rapport nommé « The Global E-Waste Monitor 2020 », le Global E-waste Statistics Partnership (GESP) indique que la production de déchets électroniques annuelle au niveau mondial est de 53,6 millions de tonnes.

Selon ce même rapport, les citoyens et citoyennes d’Europe sont les plus gros producteurs et productrices de D3E par habitant avec 16,3 kg par personne et par an, mais c’est en même temps le continent avec le taux de recyclage le plus élevé au monde (49%).

Quand est-il du reste du monde ? Avance-t-on seulement sur le recyclage au niveau mondial ?

Même si le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas, la situation s’améliore quant au traitement des Déchets d’Équipement Électrique et Électronique (D3E) mais reste très préoccupante puisque seulement 17% de ces derniers subissent un traitement.

En Afrique, ce taux est de tout juste 1% d’autant plus que le continent reçoit illégalement une grande quantité de déchets qu’il ne produit pas. Or les déchets non traités dans le monde (83%) génèrent environ 98 millions de tonnes d’équivalent C02. Alors que le recyclage des D3E est fondamental puisque 15 millions de tonnes d’équivalent CO2 ont été évité en recyclant uniquement 17%.

La Guilde et Solidarité Technologique contribuent, avec leurs partenaires financiers et techniques, au recyclage des D3E au Cameroun à travers le projet WEEECAM. Initié en 2017, ce projet de très grande ampleur vise à former des jeunes femmes et hommes au traitement écologique des D3E et à accompagner la structuration d’une filière de recyclage ces déchets. Le projet a déjà permis de traiter plusieurs dizaines de tonnes de D3E et continue d’augmenter graduellement ses volumes de collecte et de traitement.

Ainsi, l’ensemble des acteurs et actrices du projet participe à un meilleur traitement des D3E au Cameroun, permettant de réduire les émissions de C02 qui leurs sont liées et de limiter les problématiques sanitaires dues notamment métaux lourds et aux retardateurs de flammes bromés qu’ils contiennent.

Retrouvez le projet WEEECAM et toutes ces actualités sur le site Solidarité technologique France et sur Solidarité technologique Cameroun

Retrouvez aussi le rapport du Global E-waste Statistics Partnership (GESP)