Hubert de Chevigny : « explorer ses talents jusqu’au bout »

Explorateur polaire, pionnier de l'ULM, concepteur d'avions... Hubert de Chevingy a placé sa vie sous le sceau de l'action. Président pendant 15 ans et désormais Compagnon de La Guilde, l'homme se confie sur les ressorts de l'aventure, depuis la terre qui le fait vivre aujourd'hui.

Un article de La Guilde


Que répondiez-vous quand on vous interrogeait sur votre métier ?

C’était le grand problème de mes enfants à l’école : ils mettaient toujours des choses différentes ! Quand je construisais mes avions d’exploration, je leur disais de mettre « armateur », parce que j’armais un avion comme autrefois un bateau pour la navigation. Ou ingénieur, tout simplement. Je m’en aperçois maintenant que je suis plus âgé : quand on discute avec des amis aux parcours plus classiques, pour eux j’étais un OVNI ! C’est comme ça, j’ai toujours été attiré par l’aérien, la troisième dimension…

Vous dites avoir toujours été attiré par l’aérien, pourtant vous avez une formation de forestier. C’est pour le moins ancré dans la terre…

J’ai fait des études de forestier pas tant par passion pour la forêt, mais pour le prétexte. Premier stage, Suède hivernale ; deuxième, Canada. J’étais aussi attiré par le Nord ! Et là, être déposé en hydravion a été une révélation. Quand on vous largue dans le Grand Nord avec une tente et des vivres pour un mois, qu’il faut marcher à la boussole pour faire des relevés, c’est déjà de l’exploration.

Par la suite, l’Arctique a été votre grande passion. Qu’est-ce qui vous y attire ?

Le fait que c’est un immense terrain de jeu ! Le Canada, c’est environ 4 500 km d’est en ouest, autant vers le nord, qui va jusqu’à 800 km du pôle. Il y a le terrain des Indiens, puis des Inuits, et enfin le High Arctic qui n’appartient à personne parce que ce sont des endroits où on ne vit pas, on survit. J’ai vite réalisé que pour évoluer dans ce décor, on dépend toujours des avions. C’est comme ça que je me suis mis à en construire. Quand j’y repense, je n’ai jamais croisé quelqu’un d’autre qui se baladait en avion privé en Arctique, et encore moins construit sur ses idées ! J’ai eu le privilège d’évoluer dans ces terrains de façon totalement libre, sans être tributaire des Twin Otters (avions bimoteurs, ndlr).

Pouvez-vous identifier un moment déclencheur dans votre parcours d’explorateur polaire ?

Au début des années 80, comme j’étais un pionnier de l’ULM, des journalistes sont venus me voir. J’avais eu un gros article de 7-8 pages dans le Figaro Magazine, et du coup un explorateur polaire, propriétaire de l’actuel Vagabond des Brossier, m’a contacté pour me dire qu’il avait besoin d’un poisson-pilote pour le guider à travers les glaces et qu’un ULM serait parfait. Ça me permet de monter ma première expédition vers le pôle Nord magnétique (Hubert de Chevigny est le premier pilote à avoir atteint le pôle Nord magnétique en ULM, en 1982, ndlr)


À LIRE AUSSI : Vagabond, la forme de l’eau


C’est à partir de là que se forme l’idée de faire de votre passion un métier, voire une vie ?

J’avais déjà fait de l’ULM mon métier. Avant, on faisait de l’aile delta avec Bertrand Piccard. Et comme j’étais un pionnier de l’ULM, on a créé la première compagnie, qu’on a appelé la SARL ULM. C’est comme ça qu’ULM est devenu un nom générique en France. J’avais le choix entre traduire le nom anglais microlight, ou le nom américain ultra light motorized. J’ai choisi ultra léger motorisé, ça a donné ULM.

De là à multiplier les explorations en ULM, il y a un gouffre !

C’est que j’aimais conjuguer l’élément aérien et le goût de l’exploration dans les grands espaces. J’ai fait mon premier voyage touristique l’année dernière ! J’ai toujours voyagé pour des expéditions, des émissions de télé… En revenant du pôle Nord géographique avec Nicolas Hulot en 1987, il a lancé Ushuaïa. Notre petite notoriété lui a permis de passer de la radio à la télévision. D’un coup, il fallait faire une émission par semaine, avec beaucoup d’argent pour le faire.

En 1998, vous parliez de « vie facile » : ça correspond à cette période ?

Jusqu’à 1991 et la première guerre du Golfe, l’argent pour la communication ruisselait dans les entreprises, vraiment. Dès qu’un skipper avait fait une course, il créait une boîte d’incentive et des entreprises venaient à son bord faire des stages de motivation. C’était l’époque où tout le monde faisait du saut à l’élastique, parce que les DRH pensaient que c’était une bonne idée. Ils avaient plein d’argent pour développer ce genre de choses. Et nous, les sponsors faisaient la queue ! Et puis ça s’est arrêté brutalement, et j’ai lancé la conception de mes avions d’exploration polaire.

Que vous ont appris ces années d’exploration aérienne sur vous-même ?

Qu’en fait, ce qui intéressant, c’est d’aller explorer ses talents jusqu’au bout. On a chacun des talents et des défauts. Moi, l’un de mes talents est l’anticipation. J’ai piloté toutes sortes d’avions, hydravions, hélicoptères, j’ai pratiqué la plongée… mais sans jamais avoir une grande expérience. Parce que j’avais la faculté d’anticiper les choses, de voir où seraient les problèmes, les failles, les précautions à prendre, et là où on peut y aller. Je n’avais pas besoin d’être chevronné dans une discipline pour assurer. C’est prétentieux ce que je dis ! Mais c’est vraiment ça. Et l’exploration arctique, c’est ça aussi : vivre en milieu hostile en ayant anticipé tous les problèmes.

Avez-vous l’esprit de compétition ?

Ce n’est pas mon moteur. On me l’a reproché, ne pas courir après les médias, ne pas raconter la moindre petite expédition. Mais ce qui m’intéresse sur une expédition, ce n’est pas de l’exploiter, c’est de me pencher sur la prochaine. C’est une marche d’escalier qu’il faut monter, en mettant parfois au point certaines techniques qui permettent de réaliser des choses auxquelles personne n’a pensé. Mais ce n’est pas grave : moi, je l’ai pensé !


À LIRE AUSSI : Elisabeth Revol, sur un air de jouvence


À vous écouter, l’extraordinaire paraît normal…

Je me rends de plus en plus compte qu’au fond, il y a un ressort qui n’existe peut-être pas chez tout le monde. Ce n’est pas une recherche de l’extraordinaire, je ne me réveille pas un matin en me disant « tiens, qu’est-ce qui n’a jamais été fait ? » Je n’ai pas de problème d’ego.

Alors, quel est ce fameux ressort ?

C’est d’avoir une idée en tête et de ne pas pouvoir penser à autre chose avant de l’avoir réalisée. C’est assez étonnant, ça vous occupe tellement le cerveau qu’il n’y a plus de place pour rien d’autre. Alors quand on arrive à la fin d’une expédition, que ça fait deux, trois ans qu’on œuvre à la réaliser, il y a un grand vide. On se dit « tiens, tout ce qu’il y a d’important dans la vie, je l’ai mis de côté ». Il faut rebâtir. Ou repartir sur un nouveau projet. C’est souvent ce que j’ai fait.

Ça a impliqué des sacrifices sur le plan personnel ?

Valérie, mon épouse, était généralement en charge des camps de base. On a fait des enfants assez tard parce qu’on avait une vie de saltimbanques, on était tout le temps à droite, à gauche, et pas forcément ensemble. Quand on est arrivé au pôle Nord en 1987, on est rentré dans un Twin Otter. Notre radio faisait du bricolage à Resolute Bay et me dit « Hubert, j’ai Valérie, tu peux lui parler deux minutes ». Je l’appelle et je lui demande si elle veut m’épouser. Silence… « Valérie tu m’entends ? – Oui ! – Mais oui quoi ? – Oui oui je suis d’accord ! – OK ! » Et Gérard le radio nous dit que c’est terminé. Tout ça pour dire que j’avais tout mis de côté pendant deux ans et d’un coup, passée la ligne d’arrivée, qu’est-ce qu’il y a d’important dans ma vie ? Là c’était le mariage. Ce qui est drôle, c’est que j’ai parlé à travers la HF de l’avion, donc tous les pilotes dans un rayon de 3 000 km ont entendu. Quand on s’est posé six heures plus tard, tout le monde me félicitait. Mais pas pour le pôle, pour le mariage ! (rires) C’est des souvenirs, ça…

Vous avez été président de La Guilde pendant 15 ans. Que représente-t-elle pour vous ? Quelle est sa fonction ?

Sur le plan humain, je dois dire que je n’ai eu que des rencontres heureuses à La Guilde, des gens formidables. Notre rôle est de créer des conditions favorables pour que les jeunes puissent s’exprimer et s’épanouir, tant dans l’aventure que dans un humanitaire engagé. Un jour, des jeunes sont venus me voir. Ils me disent « on a des chiens de traineaux, on veut faire une expédition pour apporter des médicaments aux Inuits. – Attendez les gars, je ne veux pas vous décevoir, mais quand ils ne vont pas bien, les Inuits appellent l’avion sanitaire, il vient et les amène à Montréal. On n’est plus dans Tintin ! » Mais je leur demande d’où viennent leurs chiens. Ils me disent qu’ils viennent de la SPA et qu’ils les ont entrainés. En fait, ces jeunes avaient pris des chiens de banlieues pour en faire des seigneurs du Grand Nord. C’est ça l’idée ! C’était beau, généreux, démerdard, ça avait toutes les qualités d’une belle expédition. Et ils voulaient le maquiller en humanitaire mal placé. Voilà le genre de service que peut rendre La Guilde.

Aujourd’hui, vous êtes Compagnon de La Guilde. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Je pense que c’est parti de cette idée que depuis plus de 50 ans, La Guilde a vu passer beaucoup de jeunes, certains ont eu des vies passionnantes, et il ne faut pas les perdre de vue. C’est une merveilleuse idée de réunir tous ces aventuriers et humanitaires qui sont des gens dispersés à droite à gauche et qui ne se croisent jamais, sinon à Dijon. Ce que je vois à travers ces Compagnons, c’est la volonté de dire qu’on a eu des vies atypiques, qui nous ont comblées, et qu’il faut transmettre cet état d’esprit.

Peut-on parler de retraite pour un explorateur ?

Je n’ai jamais construit une retraite ! Et je suis très heureux de continuer à travailler, parce que c’est socialement, intellectuellement et physiquement passionnant. Dans la propriété que nous avons acquise avec ma femme, où nous accueillons des gens du monde entier, je fais plus d’heures de tracteurs aujourd’hui que je n’ai jamais fait d’heures d’hélicoptère ou d’ULM. Et j’en suis très content !

Propos recueillis par Eric Carpentier


Merci de valider votre inscription via le mail de confirmation envoyé.
S’il a atterri dans vos spams, dites à votre fournisseur de messagerie de nous passer en courrier légitime !
Nous gardons vos données privées.

Zephalto, l’élan vers la beauté

Cet été, Odyssée, un ballon pionnier capable de voler plusieurs semaines sans carburant ni escale, a réussi son premier vol d'essai. Vincent Farret d'Astiès, à l'initiative de l'aventure Zephalto, nous parle de rêves, de beauté et d'avenir, les pieds bien campés dans la réalité mais prêt à décoller.

Un article de Eric Carpentier


Cet article est issu de la série spéciale Aventure, publiée tout l’été. Pour retrouver l’ensemble des articles de la série, abonnez-vous à la lettre mensuelle de La Guilde :


Vincent Farret d’Astiès, 40 ans, a une formation d’ingénieur et une expérience de contrôleur aérien. Mais, attiré par le silence de la mer et celui des voiliers qui partent vers le grand large, il a souhaité vivre cette expérience dans les airs, avec un projet fou de ballon manœuvré à l’énergie solaire plutôt qu’au brûleur à gaz. De là est né son projet pionnier sur le plan scientifique, avec l’idée de battre le record du monde de vol en ballon détenu par Bertrand Piccard (19 jours 21 heures 47 minutes, en 1999), parrain de Zeph Exalto et membre du Comité d’Honneur de La Guilde. Un projet qui pourrait décoller cet été.

Administrateur de La Guilde depuis 2017, Vincent Farret d’Astiès incarne magnifiquement cette devise de La Guilde : « faire ce dont les autres rêvent ».

Vincent Rattez, délégué général de La Guilde


« À l’origine, il y a un élan vers la beauté. Je voulais naviguer dans le ciel comme on navigue en mer. Pouvoir caboter entre les nuages, voguer sous les étoiles. Larguer les amarres. Ce qui a provoqué ça, c’est la beauté du ciel, ses nuages comme des îles qui donnent envie d’aller de l’un à l’autre d’abord, puis de partir au long cours. »

« Un soir, j’ai regardé un couché de soleil et l’idée m’est venue. Ce n’était pas réfléchi, ce n’était pas dans le cadre d’une démarche technique pour voler indéfiniment. À partir de cet élan initial, la technique a suivi. Je ne sais pas dans quelle mesure c’est lié au fait que j’étais contrôleur aérien. Ce n’est tout de même pas impossible, ça faisait quelques années que je regardais le ciel. (rires) Mais pourquoi à ce moment-là ? »

Cet été, Odyssée, un ballon pionnier capable de voler plusieurs semaines sans carburant ni escale, a réussi son premier vol d'essai. Vincent Farret d'Astiès, à l'initiative de l'aventure Zephalto, nous parle de rêves, de beauté et d'avenir, les pieds bien campés dans la réalité mais prêt à décoller.

« Plus que des inspirations, il y a des filiations d’adoption. Icare, c’est toujours un peu gênant car il est celui qui s’est brûlé les ailes mais, oui, le rêve est le même. Il pourrait y avoir du Jules Verne, avec ce côté ingénieurs français qui associent technique et aventure, et le ballon, très XIXe siècle. L’aviation, Louis Blériot et consorts, ce sont des avions : l’attrait pour l’air est indéniablement le même, mais nous sommes plus dans l’odyssée, dans le fait de larguer les amarres. Donc on se situerait plutôt dans la lignée d’un Joshua Slocum (premier navigateur à effectuer le tour du monde en solitaire, de 1895 à 1898, ndlr), avec un tour du monde un peu hors du temps. Il y a du céleste, mais aussi de la navigation, du voyage au long cours. C’est Icare avec ce qu’il faut d’Ulysse pour rentrer – il faut rester modeste ! (rires) »

« Il n’y a pas vraiment de labyrinthe à fuir. Ce qui est à fuir, ce sont les peurs – d’autres diraient la raison. Les peurs qui empêchent d’aller. Tout le reste, il faut l’accepter, l’affronter, le surmonter, le contourner… Fuir les peurs et l’abattement. Une fois qu’on dit qu’on n’a pas peur et qu’on ne lâchera pas, je ne vois pas grand chose qui puisse t’arrêter. »

« Qui veut voyager loin s’adapte à la nature, en somme. »

« J’étais contrôleur aérien, pilote de petits avions, et j’ai toujours un peu navigué. En termes de liberté, l’imaginaire est bercé par la voile. Il y a cette idée d’autonomie, d’absence de limites, et en même temps le fait d’être complètement tributaire, immergé dans l’élément naturel. Curieusement, c’est une liberté liée à un abandon. »

« D’où vient la sensation de plus grande liberté quand tu es dépendant du vent, que tu ne choisis pas où tu veux aller ? Dans un avion, une voiture ou un bateau à moteur, tu peux aller où tu veux, quand tu veux… tant que tu as du carburant. Tous les moyens motorisés sont limités. En voilier, ta seule limite sont tes vivres, ta condition humaine. Pour être le plus libre possible en tant qu’humain, il faut être dépendant de la nature, plutôt que de son carburant. »

« La même chose sur terre, ce serait de l’ordre du voyage à cheval. Est-ce que je dis ça parce que j’ai un imaginaire nourri par Kessel et d’autres ? Je ne sais pas. Mais le cheval se contente de brouter et de boire, il y a un côté non-violent dans ce voyage. »


A LIRE AUSSI : « Il y a une image romantique du voyage à cheval »


« Un ballon à gaz, rempli d’hélium, flotte dans l’air comme un bouchon sur l’eau. Traditionnellement, on jette du sable pour monter, on tire une soupape qui libère du gaz pour descendre (la montgolfière, remplie d’air chaud, fonctionne quant à elle avec un brûleur nécessitant du carburant, ndlr). Nous, on a un deuxième ballon en-dessous, rempli d’air. Ce ballon de volume fixe est sous pression. Quand on le remplit d’air, qu’on augmente la pression, la masse augmente et on peut descendre. Inversement, quand on le dégonfle, qu’on fait descendre la pression, la masse diminue et on remonte. Comprimer l’air demande de l’énergie via les compresseurs : c’est là qu’interviennent les panneaux solaires. »

« Concrètement, je vole grâce au soleil. C’est un peu plus complexe qu’un bateau à voile. Un panneau solaire, ce sont des cellules photovoltaïques, il y a de l’électrique derrière, c’est difficile à assembler avec peu de moyens. De ce côté-là, par rapport au voyage à cheval ou en voilier, c’est un peu moins pur. Pour aller vers la beauté, les moyens ne sont pas directs. »

Cet été, Odyssée, un ballon pionnier capable de voler plusieurs semaines sans carburant ni escale, a réussi son premier vol d'essai. Vincent Farret d'Astiès, à l'initiative de l'aventure Zephalto, nous parle de rêves, de beauté et d'avenir, les pieds bien campés dans la réalité mais prêt à décoller.

« Je ne pense pas tout de suite à des notions de bilan carbone. Mais naturellement, si tu esquisses un geste un peu total, alors tu ne veux pas polluer. Si tu laisses une grosse trace de fumée, ce n’est pas la même chose. Tu t’inscris mieux dans le paysage, dans sa beauté, sans l’altérer. L’esthétique n’est pas uniquement la photo – dans la photo, tu ne vois pas le temps passé – c’est aussi l’impact. La dimension écologique fait partie de cette esthétique, finalement. »

« L’élan premier et la réalisation montrent que c’est en s’adaptant qu’on va plus loin. Ça implique de changer d’état d’esprit, de manière d’aborder les choses. Si on décide de tout forcer sans arrêt, forcément, ça ne tiendra pas. Pour aller longtemps, sans fin, le seul moyen est de s’adapter à la nature. Qui veut voyager loin ménage sa monture et s’adapte à la nature, en somme. »

« Il y a un message, car le projet dit exactement cela : ce sont les facultés d’adaptation et le fait de mieux connaître la nature qui vont permettre ce vol. Nous voulons voler pendant trente jours, jusqu’à 8 000 mètres d’altitude. Ce n’est possible qu’en sachant bien comment agissent les vents en altitude, quelque chose qui était beaucoup moins connu il y a 20 ans. Ce qui va nous permettre d’aller plus loin, c’est donc une meilleure connaissance de l’élément naturel. »

Cet été, Odyssée, un ballon pionnier capable de voler plusieurs semaines sans carburant ni escale, a réussi son premier vol d'essai. Vincent Farret d'Astiès, à l'initiative de l'aventure Zephalto, nous parle de rêves, de beauté et d'avenir, les pieds bien campés dans la réalité mais prêt à décoller.

« Le rêve est maintenant un petit enfant de huit ans. J’ai quitté mon métier il y a cinq ans pour être à temps plein dessus. Tout ce temps, deux choses permettent de tenir. Il y a le défi humain : tu es avec d’autres personnes, tu formes une équipe, tu as envie d’aller au bout. Et puis, quand je lève les yeux au ciel et que je vois un nuage, ça fait des années que je lui dis : « j’arrive ! ». »

« La météo nous joue des tours, mais si le vol d’essai est réussi cet été, la fenêtre météo suivante peut être la bonne pour partir pour le vol record. Il faut prendre celle qui nous amène vers le nord de l’Europe, ce qui est assez courant, puis Arctique, Canada, Etats-Unis, et retour avec les vents qui viennent généralement de l’ouest. »

« On se sent assez sereins. Il y a toujours des détails techniques qui peuvent créer des surprises, comme dans toutes les expéditions. Mais que ce soit reporté d’un mois ou de six mois, je sais que je le ferai. Je pense que ça change vraiment quand on monte à bord pour s’envoler ; sinon, il n’y a pas de plus grande fébrilité. C’est quelque chose qui est attendu, préparé, et qui de toute façon aura lieu. »

Propos de Vincent Farret d’Astiès, recueillis par EC


Pour suivre le projet Zeph Endless Flight, rendez-vous sur www.zephalto.com

Cet été, Odyssée, un ballon pionnier capable de voler plusieurs semaines sans carburant ni escale, a réussi son premier vol d'essai. Vincent Farret d'Astiès, à l'initiative de l'aventure Zephalto, nous parle de rêves, de beauté et d'avenir, les pieds bien campés dans la réalité mais prêt à décoller.