Les couleurs de l’Inde, vues par une VSI

Juliette est rentrée de mission de VSI en Inde avec LP4Y. Entre découverte, dépassement de soi et rencontre des autres, elle nous raconte son année de mission au bout du monde!

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Juliette est partie en VSI en Inde avec l’organisation Life Project 4 Youth (LP4Y) en février 2019. Durant sa mission elle a été particulièrement touchée par les jeunes filles qu’elle accompagnait dans leur insertion professionnelle.

Fascinée par la découverte de l’Inde, la frénésie qui l’anime et la multitude de ses couleurs, elle partage aujourd’hui son regard sur cette expérience à travers les photos qu’elle a pu saisir.

Pourquoi as-tu décidé de partir en volontariat ?

J’ai toujours eu envie de partir en volontariat, vivre une expérience radicalement différente, au plus proche des populations locales. Mais c’est vrai qu’entre la famille, le travail, les amis, les amours… il faut trouver le bon moment pour se lancer dans l’aventure. C’est finalement après 4 ans chez Microsoft en tant que Responsable Marketing à Paris que je décide de franchir le cap, «ça y est » c’est le moment de partir et redonner du sens à ma vie !

Démission faite, je me suis engagée dans ce virage à 90° avec mon quotidien et ma petite vie comblée pour aller vivre dans un bidonville en Inde.

Passionnée par les voyages, je réalise alors l’un de mes rêves les plus fous, vivre une expérience humaine forte, découvrir une nouvelle culture en immersion totale et retrouver ce plaisir des choses simples, de l’authenticité.

Avec quelle association es-tu partie ?

En février 2019, je suis partie pour 15 mois en volontariat avec l’ONG Life Project 4 Youth qui œuvre en faveur de l’insertion sociale et professionnelle de jeunes en situation de grande pauvreté et victimes d’exclusion. L’objectif de notre équipe de volontaires est de redonner confiance à ces jeunes déscolarisés et leur permettre de se familiariser avec le monde professionnel au travers d’un cursus pédagogique de 9 mois.

Le centre où je suis affectée est implanté dans le bidonville “DJ Halli” de Bangalore (sud de l’Inde). Avec 2 autres volontaires, nous y vivons et accueillons tous les jours, de 9h à 18h, une vingtaine de jeunes Femmes qui ont entre 15 et 24 ans.

Lire le témoignage de Juliette sur sa découverte de DJ Halli publié en janvier 2020. 

A quoi ressemble une journée avec les jeunes ?

Avec les jeunes il n’y a pas une journée pareille !

La journée type s’articule autour de sessions collectives, les “Training” : cours d’informatique, d’anglais, de communication professionnelle etc. mais aussi des moments plus personnels afin que les jeunes réfléchissent et élaborent leur “Projet de vie” : j’apprends à me découvrir, me projeter, me poser des questions…

Afin de mettre en pratique leurs acquis, les jeunes développent également une micro-activité économique organisée en départements comme dans une entreprise. Dans notre centre, les femmes ont lancé l’activité “Digi’Women” et dispensent deux fois par semaine des cours d’informatique à la communauté locale afin de lutter contre l’illettrisme numérique.

En plus d’être entrepreneuses de leurs vies, ces jeunes femmes sont donc actrices du changement au sein de leur communauté.

Aussi, grâce à un écosystème de partenaires, les jeunes découvrent le monde professionnel à travers des visites d’entreprises, des formations, des témoignages et rencontres avec des professionnels.

En plus des compétences professionnelles que tu as pu développer, quels moments forts retiens-tu de ton expérience ?

L’un des moments forts avec les jeunes est la “Family visit”, l’occasion de rencontrer leur famille pour mieux comprendre leur situation et leur environnement familial. Je suis impressionnée par la petitesse de leur habitation, souvent une pièce sombre et poussiéreuse qui rassemble un lit pour toute la famille (ou un tapis au sol qui en fait office), un lavabo et un amas de vaisselle en acier, parfois un frigo et une télé dans le meilleur des cas, tous les besoins d’une famille dans une pièce de 7 mètres carrés. Cette modestie apparente ne les empêche pas de nous faire profiter de leur grande générosité, ils sortent pour l’occasion leurs plus beaux attirails : le thé indien “chai” accompagné de ses inséparables petits sablés. La barrière de la langue avec les parents qui ne parlent pas un mot d’anglais ne nous empêche pas de communiquer d’une autre manière, les sourires que l’on échange et nos yeux qui pétillent en disent long. 

Il y a aussi les “Ceremony of Graduation” que nous organisons une fois par mois, l’occasion de remettre à chaque jeune son diplôme attestant qu’elle gravit des échelons dans son apprentissage. Les familles et leurs proches sont conviés à cette cérémonie, les jeunes apprennent ainsi à prendre la parole en public.

Une fois par semaine c’est “Lunch Together” sur le rooftop (le toit), l’occasion de partager nos recettes indiennes et françaises et faire le point sur la semaine passée. Nous partageons un repas très convivial, même si la plupart du temps les épices de leur bon petit plat me brûlent littéralement le palais ;).

Peux-tu nous partager quelques images de ton lieu de vie, qui t’a tant touché ?

Le quartier dans lequel nous sommes implantés est à forte majorité musulmane, notre centre est entouré de 4 mosquées, autant vous dire qu’on ne loupe pas l’appel à la prière. De notre rooftop on a une vue imprenable sur le bidonville dans lequel je pars souvent m’aventurer.

Ici pas de trottoir ni de passage piéton, on se faufile comme on peut dans le dédale des rues entre chèvres, scooters, marchés de fruits et légumes. Sur mon chemin je croise le tailleur du coin, le boucher qui donne envie d’arrêter de manger de la viande à tout jamais, les mamas du coin en pleine discussion, les vendeurs de fruits ambulants sur leurs vieux vélos rouillés, les ouvriers de chantier, les vendeurs de samosas agglutinés sur le trottoir et bien sûr les centaines d’enfants qui courent partout… un quartier d’une effervescence sans pareille, un mélange de bruits, de couleurs, d’épices et d’odeurs.


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