Le VSI, une immersion à la rencontre des autres

Il ne faut pas hésiter à se lancer, changer ses habitudes de vie, bouleverser son environnement.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Solène termine une mission de VSI de 18 mois au Cambodge, durant laquelle elle a été complètement plongée dans la culture, le mode de vie et l’ambiance de la campagne khmère entourant l’association AEC-Foyer Lataste.

Après une première expérience à Phnom Penh, la capitale, Solène a poursuivi son expérience dans le nord-ouest du pays et vécu en immersion dans le foyer Lataste et sa communauté.

Qu’est-ce qui a motivé ton départ en VSI ?

À la suite de mon Master en Relations Internationales, de divers engagements associatifs et de plusieurs expatriations, un départ à l’étranger s’est imposé à moi comme une évidence.

En cela, le VSI est une formidable opportunité pour pouvoir s’engager dans une action de solidarité internationale et de lier engagement, interculturalité et compétences professionnelles.

C’est aussi une façon d’aller à la rencontre des autres, de découvrir de nouvelles cultures et de partager des expériences uniques.

AEC-Foyer Lataste est l’une des associations partenaires de La Guilde pour l’envoi de VSI. Qu’est-ce qui t’a particulièrement attiré dans la mission que l’association t’a proposée ?

J’avais à cœur d’effectuer une mission au Cambodge après avoir vécu une expérience professionnelle à l’Ambassade de France à Phnom Penh. En effet, j’y avais découvert la culture khmère, riche et vibrante, et j’avais la volonté de participer à l’émancipation des futures générations à travers l’éducation.

C’est avec ces envies en tête que j’ai rencontré l’association AEC-Foyer Lataste, et de suite adhéré à ses valeurs.

AEC-Foyer Lataste est spécialisée dans la protection de l’enfance et l’accès à l’éducation pour les enfants vulnérables du Cambodge. En partenariat avec le ministère des Affaires Sociales, le foyer Lataste accueille en son sein près de 45 enfants et adolescents dans le but de répondre à leurs besoins essentiels, de leur permettre de se rendre à l’école et de suivre un cursus scolaire complet. 

Situé dans la province de Banteay Meanchey, au nord-ouest du pays, et excentré des grandes villes, le foyer Lataste m’apparaissait aussi comme un lieu me permettant une immersion totale tant professionnelle que personnelle. C’est un vrai atout !

Quelles sont tes missions et leurs intérêts principaux ?

En tant que coordinatrice terrain de programmes éducatifs, je suis la médiatrice entre le siège en France et le terrain, et je m’assure de la bonne utilisation des fonds levés.

J’assure notamment la coordination à travers le contrôle financier, le suivi, le reporting et le développement des programmes. J’accompagne également le Directeur Exécutif dans la gestion quotidienne du foyer, et forme l’équipe locale à la communication ou encore à la gestion du cycle de projet.

Ce poste polyvalent est très formateur, et je peux dire avec plaisir qu’aucun jour ne se ressemble.

La mission comporte également un aspect terrain qui me plait énormément, car il me permet d’être en contact direct avec les enfants et leurs familles. Les enfants viennent d’environs très divers, ce qui est vraiment enrichissant.

Quelles ont été les principales barrières culturelles auxquelles tu as été confrontée ?

Je dirais que la barrière de la langue a été la première difficulté, tant pour la communication quotidienne que pour ma compréhension dans le milieu professionnel.

Car même si de plus en plus de jeunes parlent anglais dans les villes, c’est plus rare en zone rurale. Mais cela m’a poussée à redoubler d’efforts pour m’insérer dans la communauté, et j’apprécie d’apprendre la langue khmère.

Un autre point important pour moi, et particulièrement avec mes missions de management, a été de comprendre et d’intégrer la culture locale dans mes rapports avec l’équipe : dans tout pays, il y a des règles tacites de relation aux autres et de façon de s’exprimer et d’agir.

Et bien entendu, la crise du Covid-19 a totalement bouleversé les activités terrain du foyer Lataste. Par exemple, je n’ai eu que très peu l’opportunité d’accueillir des volontaires, visiteurs ou encore parrains-marraines, pan tout de même important de ma mission.

À la différence de ton expérience précédente à Phnom Penh, le foyer Lataste se situe dans une zone rurale isolée. Là aussi, on peut parler d’une immersion très forte dans la culture.

Pour la première fois, j’ai vécu l’expérience enrichissante de vivre en communauté avec des enfants et adolescents. J’en retire énormément de positif, leurs sourires et joie de vivre ont été un moteur pour moi ici : le fait de pouvoir observer les résultats de notre travail m’a aidée à me surpasser chaque jour, et il n’y a rien de plus réjouissant.

J’ai apprécié l’atmosphère toute particulière qui règne dans la province de Banteay Meanchey.

Bien qu’en étant à la campagne, on y trouve rarement le silence car l’attraction favorite des Cambodgiens, c’est sans aucun doute le karaoké!

Or, l’objet indispensable de tout karaokiste, ce sont les haut-parleurs… mêlés au son des cloches et aux chants de la pagode, sans oublier les cris et rires des enfants de l’école primaire de proximité, et ceux du marchand de glaces et des autres vendeurs, un brouhaha nait qui fait vite partie du quotidien.

Ta mission se termine demain (!). Quelles sont tes impressions ?

J’ai certainement gagné en maturité grâce aux responsabilités qui m’étaient assignées, et c’est exactement ce que je recherchais. J’ai eu l’opportunité de développer des projets qui me tenaient à cœur et diverses activités avec les enfants, et je pense également que le fait de vivre à la campagne a forgé mon adaptabilité et ma persévérance.

C’est vraiment sur une note d’accomplissement que je termine ma mission.

Elle m’a confortée dans mon choix de carrière dans l’humanitaire et l’aide au développement, et je sais désormais que j’aimerais rester en Asie, et de préférence au Cambodge, dans mon prochain poste !

Le VSI, c’est une formidable opportunité pour se dépasser professionnellement et personnellement. Il ne faut pas hésiter à se lancer, changer ses habitudes de vie, bouleverser son environnement. 


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