La Fondation Énergies pour le Monde accueille sa première VSI au Sénégal

Chaque année, une cinquantaine d’organisations se rapprochent de La Guilde avec l’objectif de devenir partenaires pour l’envoi de VSI.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Au final, un cinquième d’entre elles transforment l’essai, qu’elles soient fondations, ONG, associations ou collectivités territoriales, et décident d’envoyer leur(s) premier.e(s) VSI avec La Guilde.

C’est ainsi qu’en 2020, la Fondation Energies pour le Monde (Fondem) a rejoint le pôle VSI de La Guilde, et a déployé sa première mission de VSI au Sénégal avec Mallaury Carlo en janvier 2021.

Entre les valeurs qu’elle défend, ses objectifs de carrière, et sa volonté d’engagement personnel, Mallaury nous partage ses motivations et ses premières impressions sur le pays de la Teranga*.


Qu’est-ce-qui a motivé ton départ en VSI ? 

Beaucoup de choses m’ont motivée à partir en VSI.

D’abord, j’ai toujours été très inspirée par le récit de mon père, qui au même âge que moi, est parti plusieurs années en service volontaire pour la promotion de la culture attelée en agriculture paysanne au Bénin. Ensuite, j’ai beaucoup entendu parler du contrat VSI pendant mon master en coopération internationale et j’imaginais toujours à quoi pouvait ressembler cette vie hors du commun où l’on change complètement d’environnement et de quotidien pour se consacrer entièrement à une mission de solidarité internationale.

Mallaury (au centre) et certains des partenaires de la FONDEM

Le VSI m’a semblé idéal pour entrer dans la vie professionnelle tout en valorisant ce que peut apporter « l’aventure du voyage », notamment dans notre construction en tant qu’individu. 

Pour moi, le VSI ne s’arrête pas à la fin de sa journée de travail, il continue à chaque expérience vécue dans le pays d’accueil et c’est à mon sens ce qui donne autant de valeur à ce type de mission.

Pourquoi as-tu choisi la Fondem en particulier pour ce VSI ? 

En étudiant les problématiques liées à la coopération internationale, j’avais à cœur de ne pas participer à de grands projets, qui sont souvent trop éloignés des besoins du terrain et ainsi, sont à mon sens plus des freins au développement que des moteurs.

C’est notamment ce qui m’a attirée dans les méthodologies de la Fondem.

La Fondation entretient des liens très étroits avec les municipalités et les associations locales, avec qui elle collabore en qualité de « partenaire » et non en tant que « maître d’ouvrage ». De plus, elle propose des formations et de l’accompagnement au renforcement de capacités, si bien qu’à la fin du projet, c’est le partenaire local qui doit être en mesure de gérer en autonomie les actions mises en œuvre. Il s’agit vraiment d’une approche d’autonomisation au niveau local, qui me convient particulièrement.

Réunion de travail FONDEM

Par ailleurs, quand j’ai découvert les actions de la Fondem à travers les énergies renouvelables, j’ai été impressionnée de voir qu’une telle expertise technique pouvait être mise à contribution pour des projets de solidarité, et particulièrement en zone rurale d’Afrique subsaharienne, où l’accès à l’électricité par l’énergie solaire représente un réel vecteur d’autodétermination pour les habitants de zones rurales enclavées. Là encore, je me suis totalement retrouvée dans cette vision.

D’un point de vue professionnel, la mission correspond-elle à tes attentes ?

Mes journées de travail commencent souvent comme celles de beaucoup d’autres: aller au bureau, allumer mon ordinateur, répondre à des mails et organiser des réunions.

Mais ce qu’il y a d’extraordinaire, et que j’aime particulièrement, c’est que certains jours je peux également me retrouver aux aurores à bord d’un minibus en direction des petites localités à 1 ou 2 heures de route de la ville, pour assister à une cérémonie d’inauguration d’un projet ou encore travailler sur la création d’une campagne de sensibilisation pour le recyclage des déchets électroniques avec une association partenaire locale.

Cette organisation enjoint d’être réactive, patiente, et de savoir accepter les situations telles qu’elles sont, car les changements de programme de dernière minute sont assez fréquents au Sénégal ! Mais j’apprécie ce côté dynamique et imprévisible d’une semaine à l’autre.

Mallaury et certains partenaires de la FONDEM

J’ajoute qu’il faut parfois fournir beaucoup d’énergie pour se faire entendre en tant que jeune femme au milieu de collaborateurs qui ont parfois plus de deux fois mon âge…

Toutefois, ce déploiement en autonomie m’amène également à rendre compte le plus souvent possible de la situation du terrain au coordinateur de projets et au reste de l’équipe Fondem basée à Paris, et d’y trouver soutien et écoute.  

Et d’un point de vue personnel, comment s’est passée ton intégration ?

Il m’a semblé plutôt simple de me sentir chez moi ici à Ziguinchor. A mon arrivée, je me suis sentie soutenue par mon association et également bien conseillée par les autres expatriés ici.

N’étant pas citadine, l’échelle de la ville m’a grandement facilité la tâche ; on peut se retrouver calmement en tête-à-tête avec le coucher de soleil au bord du fleuve Casamance à seulement quelques minutes à pied du centre-ville, et on croise aisément plusieurs fois des visages qui deviennent peu à peu familiers.

Par ailleurs, je crois qu’il existe une entraide naturelle et un accueil bienveillant au sein de la communauté casamançaise. En apprenant les salutations en langue diola, on peut très vite se retrouver invitée à boire le thé.

Tu viens de commencer ta mission, mais à ce stade, qu’est-ce qui la caractérise selon toi ?

Pour l’instant, le principal élément que je retire de ma mission est l’adaptabilité. Que ce soit d’un point de vue personnel ou professionnel, il s’agit toujours d’essayer de comprendre comment fonctionnent les mécanismes d’ici, afin de pouvoir s’ajuster soi-même pour obtenir gain de cause.

Cela peut s’appliquer à la plus simple démarche administrative, comme à la recherche complexe de la bonne synergie de travail dans l’interculturalité ; il y a toujours une démarche d’adaptation à enclencher.

©FONDEM

As-tu un exemple d’une de ces différences culturelles auxquelles tu as dû t’adapter ?

Quand j’ai débuté ma mission, j’ai été quelque peu troublée par l’utilisation du terme « Inch’Allah », incontournable ici au Sénégal. Je pensais en effet que ce terme signifiait l’incertitude de toute chose vis-à-vis des attentes que l’on peut avoir sur l’avenir. Ainsi, quand je proposais des rendez-vous professionnels à des partenaires locaux et qu’ils me répondaient: « oui, Inch’Allah » je comprenais « oui, peut-être » et proposais donc une autre date à laquelle ils répondaient là encore « oui, Inch’Allah ».

J’ai finalement compris que cette expression venait simplement rappeler qu’en tant qu’être humain, bien que l’on puisse planifier des actions pour la semaine prochaine, nous ne pouvons pas maîtriser l’ensemble des évènements qui peuvent survenir d’ici là. Cela n’empêche aucunement de prévoir des rendez-vous, et je me surprends parfois à utiliser cette expression moi aussi désormais.

Un conseil que tu voudrais partager avec de futurs volontaires ?

Je conseillerais de se lancer pleinement dans cette aventure en laissant derrière soi les éventuels doutes et craintes qui peuvent être véhiculées par l’inconnu, car ce type d’expérience a toujours quelque chose d’important à nous enseigner.

Découvrez les actions de la FONDEM

* « En wolof, Teranga vient de “teer/teerul” qui signifie accueillir. Elle désigne les valeurs d’hospitalité, de partage et de solidarité des Sénégalais. Ce terme, fièrement revendiqué, rappelle que le Sénégal a toujours été un lieu de brassage des peuples et des cultures. »  Source : Gaëlle Picut – https://lepetitjournal.com/dakar/


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