Fanny: Le pari du Volontariat de Solidarité Internationale après ses études

Entre engagement, valeurs personnelles et choix de carrière, Fanny a décidé d’effectuer un VSI aux Philippines en 2017 avec l’association Virlanie et La Guilde.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Le statut de Volontaire de Solidarité Internationale a été créé en 2005. Il permet aux organisations françaises menant des programmes à l’étranger de bénéficier de ressources humaines qualifiées pour une longue durée. Le VSI attire également les volontaires car il offre des garanties (droit à la retraite, assurances,…) et permet d’accéder à des missions à haut niveau de responsabilité.

Fanny est partie en VSI en 2017. Elle a été attirée par le statut avant tout, puis a été séduite par le pays et la mission qu’elle a pu découvrir.

Fanny, tu as choisi le statut de VSI avant de choisir ta mission. Peux-tu nous dire comment tu en es venue à ce choix ?

Je terminais ma 2ème année de master en communication publique/ journalisme et j’avais le projet de partir vivre et travailler à l’étranger une fois mon diplôme obtenu. J’ai découvert le statut de VSI en effectuant des recherches sur de futures opportunités professionnelles. Je suis tombée sur l’offre de mission de Virlanie postée sur le site de La Guilde.

Celle-ci m’a paru tout à fait correspondre à mes qualifications et attentes professionnelles et personnelles : partir à l’étranger, partir au moins un an, acquérir une première expérience professionnelle liée à mes études, travailler dans le domaine de la solidarité internationale.

Mon départ a été assez précipité mais j’étais sûre de moi et je ne regrette absolument pas d’avoir pris cette décision tant elle a entraîné de conséquences bénéfiques sur ma vie professionnelle et personnelle.

Qu’est-ce qui t’a attirée sur ce poste ?

La Fondation Virlanie est une organisation non-gouvernementale (ONG) philippine qui œuvre auprès des enfants, des jeunes et des familles en situation de rue aux Philippines, et notamment à Manille. Elle a pour mission d’aimer, de protéger et d’autonomiser les enfants les plus défavorisés pour qu’ils atteignent leur plein potentiel et s’intègrent à la société. Pour cela, elle prend soin d’enfants ayant besoin d’une protection particulière, ceux qui ont été abandonnés, abusés, exploités, négligés, les orphelins et les plus pauvres des plus pauvres.

J’ai choisi l’association Virlanie parce que la cause des enfants me tient à cœur et parce qu’une partie des programmes de Virlanie se trouve tout près du siège où je travaille quotidiennement, ce qui me permettait de donner sens au quotidien à mon travail de bureau. En effet, nous sommes tous les jours au contact des bénéficiaires, ce qui est très motivant.

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©Fanny Porot

En tant que responsable de la communication francophone, je suis la première personne en charge de traduire tous les supports de communication de Virlanie pour les publics français (je suis la seule française dans mon équipe). Je suis aussi en charge d’entretenir les relations avec nos publics et visiteurs francophones. Mais très vite, mes missions se sont élargies et ont largement dépassé le cadre de la seule communication francophone.

Avant ton VSI, tu travaillais en Europe. Comment s’est passée ton intégration aux Philippines ? 

Il me semble que, par rapport à d’autres pays d’Asie, il est très facile de s’intégrer aux Philippines. Les Philippins sont extrêmement amicaux et accueillants, et la plupart d’entre eux parlent couramment l’anglais, ce qui permet de créer rapidement des liens.

Pour les Français, le seul élément perturbant (auquel on s’adapte facilement à condition d’être tolérant) est l’omniprésence du catholicisme dans la vie publique voire professionnelle (« opening prayer » avant les évènements importants ou célébrations – même dans le cadre professionnel). Le concept d’athéisme est très obscur pour les locaux.

Un autre aspect interculturel à prendre en compte, qu’on apprend au fil du temps, est le type de communication « triangulaire » pratiquée par les Philippins, dans le cadre professionnel comme dans le cadre personnel. Il est très rare de s’adresser à quelqu’un frontalement, surtout pour lui faire des reproches, et cela peut-être très mal perçu. Aussi, on apprend à s’adresser à une tierce personne pour certaines communications.

©Fanny Porot

La propension des Français à s’énerver ou à hausser le ton (même si ce n’est pas contre une personne en particulier) est également très mal vue, on apprend donc à canaliser ses frustrations pour éviter à tout prix les situations conflictuelles.

En ce qui me concerne, j’ai tissé des relations très riches avec certains de mes collègues philippins, me suis fait beaucoup d’amis philippins en dehors du travail également, et suis tombée amoureuse d’un Philippin trois mois après mon arrivée.

Enfin, depuis l’année dernière, nous avons la chance d’avoir des cours de tagalog très abordables par l’intermédiaire de France Volontaires. Le fait que nous apprenions le tagalog rend nos amis et collègues très enthousiastes, et certains d’entre eux se mettent même à apprendre le français !

Quel est ton bilan de ce VSI ?

Pour moi qui ai passé la majeure partie de mes études sans savoir ce que je voudrais faire plus tard, et relativement angoissée à l’idée de travailler un jour, ça a été une révélation !

Je me suis très bien intégrée dans l’organisation et ai noué de profondes amitiés avec mes collègues. J’ai toujours été passionnée et investie dans ce que nous faisions et eu la chance de voir mon équipe évoluer pour le meilleur. Je n’ai cessé d’apprendre au fil des ans. J’ai aussi gagné des compétences techniques et en professionnalisme. Je souhaite continuer de travailler en ONG à l’avenir.

Je ne suis plus la même. Je me sens grandie et épanouie.


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Sabine: Elle a choisi le VSI pour redonner du sens à son métier et transmettre ses compétences, son témoignage ici .

Guillaume : C’est un habitué de La Guilde grâce à son engagement de longue date en VSC et VSI dans plusieurs pays d’Afrique. Son témoignage, collecté entre ses deux missions de VSI, montre le parcours d’un passionné qui repart malgré les difficultés, et qui construit sa carrière dans l’engagement.