L’édito de la lettre de février

Pousser à l'action

Un article de Vincent Rattez


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En janvier 2021, La Guilde a pu faire démarrer trente-cinq missions de Volontariat de solidarité internationale, contre une vingtaine seulement en 2020, deux mois avant la tempête du Covid. C’est un signal de rattrapage et de vitalité.

Pourtant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Dans de nombreux pays, les ambassades de France ou le ministère des Affaires étrangères lui-même maintiennent un véto pour le redémarrage du volontariat. Comme si les règles propres de chaque pays et le jugement de nos organisations n’y suffisaient pas. Cette situation est regrettable à trois titres :

  • aux jeunes d’abord, qui forment l’innombrable cohorte des victimes innocentes d’un virus qui ne les concerne pas. Posons des actes pour les aider, ouvrons-leur les frontières ;
  • à la coopération internationale ensuite : à l’heure où le Liban – à titre d’exemple – panse ses plaies multiples, et alors que la France entend lui démultiplier son aide, il est impossible de faire fonctionner ou redémarrer des programmes à fort impact local, faute de volontaires pour les animer ;
  • à l’indépendance des organisations de la société civile enfin : une sorte de mise sous tutelle, compréhensible en mars 2020 lorsque nous étions en plein inconnu face à la pandémie, mais humiliante et injustifiée un an plus tard.

Au sein de l’Agence du service civique, dont la présidente Béatrice Angrand a reçu récemment notre président Bernard de La Villardière, la volonté de développer les missions avec La Guilde est bien là. L’enthousiasme réciproque de La Guilde a été rappelé, y compris pour s’attaquer aux fractures sociales en France. Pour autant, la crise sanitaire internationale mais aussi une prudence administrative excessive bloquent ces énergies à l’international. Il serait aussi urgent d’anticiper la mise en place des passeports sanitaires, inévitables dans quelques mois pour les échanges internationaux.

Cette pénible histoire sans fin doit compter avec deux passagers éprouvants : l’écueil bureaucratique et le découragement face à tant de vents contraires. Gardons pour cap que la jeunesse aspire plus que jamais à l’engagement et à l’action.

Soyons tous mobilisés pour libérer les énergies !

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde