Les volontaires en Service Civique à l’international : des acteurs-clés face à une urgence sanitaire mondiale

Découvrez les témoignages de nos volontaires engagés pendant la pandémie

Un article de Lucie PREDINAS, Coordinatrice Service Civique


Face au contexte sanitaire, social et économique mondial, de nombreux volontaires en mission à l’international se sont retrouvés, du jour au lendemain, dans l’impossibilité de continuer les missions et les activités pour lesquelles ils s’étaient engagés.

Pour répondre à de nouveaux besoins et à des défis solidaires, ils ont dû adapter leurs missions en menant des activités adaptées et respectueuses des protocoles sanitaires et sécuritaires pour soutenir les communautés locales.

En première ligne lors de la période la plus virulente de la pandémie, ils ont su se réinventer et mettre à profit de nouvelles initiatives à travers leur créativité et leur solidarité.

Découvrez leurs témoignages et leurs actions solidaires à travers cette vidéo !

Ma plus belle année

Vers 20 ans j'ai su que je voulais m'engager à l'étranger en qualité de volontaire, mais je savais aussi qu'il fallait attendre d'être prête.

Un article de Solenn MAZON, Service Civique avec l'association EBENE, Togo, 2019


Alors c’est ce que j’ai fait. J’ai attendu. Je suis restée en France où j’ai travaillé pour diverses associations et cela m’a alors permis de découvrir et de mieux connaître le milieu du volontariat. Aussi, petit à petit, j’ai su ce que je voulais défendre et comment je voulais le faire. 

Trois années plus tard et mon projet en tête, je me suis renseignée sur la façon dont je pouvais venir en aide dans un pays en voie de développement. J’avais compris, à travers les associations avec lesquelles je travaillais, qu’il était préférable de s’engager sur du long terme afin de pérenniser des projets, mes recherches ne furent donc pas longues puisque je prévoyais déjà partir pour un minimum d’un an. J’ai donc opté pour le Service Civique !

Une fois sur le site, j’entrais dans la barre de recherche « éducation / animation », je ne cherchais pas de pays en particulier mais c’est aux cotés de l’association Ebène au Togo que j’ai décidé de travailler, ses valeurs et les missions qu’elle proposait me semblaient totalement en adéquation avec ce que j’attendais.

 C’était parti ! Lettre de motivation et CV envoyés, je rencontrais dans le mois qui suivait, les responsables de cette association. Ils me détaillèrent alors la mission qui consistait à donner des cours d’alphabétisation aux adultes d’un petit village, fonder un club de théâtre pour adolescents, intervenir dans les écoles primaires pour un soutien scolaire et créer une bibliothèque. J’entendais parler pour la première fois du Togo et ses coutumes, et j’apprenais les conditions de vie dans lesquelles j’allais vivre. Ce rendez-vous m’avait définitivement conforté dans mon choix. Signature et billet d’avion en main, il me restait trois mois pour préparer mon départ ! 

Alors, ai-je réellement vécu cette mission comme elle se présentait ? 

Afin de mieux nous préparer au départ, notre organisme La Guilde Européenne du Raid nous a convié à 3 jours de formation qui furent très intéressants et dont je garde de très bons souvenirs. Je rencontrais 15 autres volontaires, tous envoyés pour de belles missions à travers le monde. Puis, en août 2019, je m’envolais pour un nouveau continent. 

Le directeur de l’association, présent à l’arrivée, me conduisait dans ma nouvelle maison, elle se situait au milieu d’une jungle. C’est donc en plein milieu de la nature, sans eau courante ni électricité que j’allais vivre. Cette maison je ne l’avais jamais vue avant mon arrivée. Je l’avais donc tant imaginée, avec parfois beaucoup d’appréhension, mais sans aucune peur car je savais La Guilde serait présente en cas de besoin et j’avais confiance en mon association. Notre voiture s’approchait petit à petit et je découvrais alors deux jolies maisons dans un endroit qui me semblait le plus paisible au monde. La maison en face de la mienne était habitée par une famille, qui allait devenir la mienne. Et cet environnement qui me paraissait si paisible, se confirmait de jour en jour. Je m’acclimatais une petite semaine à tout ce changement avant de commencer concrètement le travail. A trois kilomètres se trouvait le petit village d’Assomé, je rencontrais son chef, ses habitants, ses coutumes mais surtout trois garçons du village qui allaient devenir mes collègues et mes meilleurs amis.

J’avais longtemps idéalisé cette mission, mais à aucun moment je ne pouvais imaginer qu’elle puisse surpasser mes pensées. Et pourtant, sans le savoir, j’allais vivre ma plus belle année, j’allais découvrir une mission remplie de merveilleuses rencontres et surtout de travail passionnant. Ce qui m’a permis cela, ce sont les responsabilités et la confiance qu’Ebène me donnait.

Mon quotidien fut fort agréable, je me réveillais au milieu des palmiers, des cocos, des oiseaux, et je rejoignais chaque midi le village ou je retrouvais mes amis. Nous partagions le fufu le midi et le sodabi le soir. Je rendais visite à chacun et me liais d’amitié avec les familles et les commerçants : les vendeurs de pagne, les couturières, les professeurs. Leur joie de vivre me remplissait de bonheur, un soleil planait au-dessus de nous, même les jours de pluie.

Le début de semaine était consacré aux cours d’alphabétisation qui auront définitivement été mes plus beaux souvenirs. J’enseignais le français à 18 femmes du village qui n’avaient jamais fréquenté l’école et qui étaient âgées de 27 à 63 ans. Il m’a alors fallu adapter un programme de CP1 en langue française et ewe. Je n’aurais jamais pu y parvenir sans le précieux soutien de mes collègues du village. Nous avons travaillé ensemble tous les jours, afin de permettre aux élèves de pouvoir comprendre chaque cours. Ces femmes ont été mes plus belles rencontres, j’ai tant appris en leur apprenant et tant reçu en leur donnant.

La fin de semaine je la passais aux cotés des adolescents et des enfants. Nous avions créé ensemble un club de théâtre. J’apprenais à revoir tous mes cours habituels pour ainsi les adapter au mieux au quotidien togolais, avec la contrainte de parfois travailler avec une centaine d’élèves, mais comme ce fut passionnant, et comme nous avons pu rire ! 

Lomé, la capitale du pays, se situe à 1h en voiture, et je la rejoignais chaque week-end. Au début de l’année, lors d’un événement, je rencontrais un petit groupe de togolais et de volontaires en Service Civique. M’étant liée d’amitié avec eux, nous avions loué ensemble une petite maison où nous passions presque tous nos week-ends. Mes semaines étaient douces et pleines d’émotions, et mes weekends eux, festifs. La vie à Lomé était animée, nous sortions le soir et nous nous reposions à la plage la journée. Et puis la semaine reprenait, je regagnais ce doux village que j’ai tant aimé, je retrouvais les visages, les voix, les rires, qui font la vie à Assomé. 

A travers ce quotidien et ce travail, j’en apprenais un peu plus chaque jour sur moi, sur mes capacités, sur ma sociabilité. Cette mission m’a beaucoup apporté sur mon développement personnel, d’autant plus qu’il m’a fallu vivre dans des conditions bien différentes de celles auxquelles j’étais habituée. Puiser l’eau le matin, se protéger chaque jour du paludisme, manquer d’électricité, ne pas perdre une goutte d’eau des poches potables, travailler sous 40 degrés et devoir gérer la saison des pluies. Mais à aucun moment je n’ai perçu ces « obstacles » de manière négative. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié vivre ainsi, du premier au dernier jour, et à aucun moment je ne me suis sentie en insécurité.

Mes jours étaient beaux, des matins calmes et des nuits douces. Je savais qu’il me fallait rentrer un jour mais n’y pensais jamais. Je tentais au maximum de profiter de chaque instant avec mes élèves, mes amis, ma famille togolaise et la nature. 

Mars 2020

Nous entendions parfois parler du coronavirus mais cela nous semblait loin. Nous étions tous conscients du danger que cela pourrait être, mais au Togo, les habitants ont cette belle faculté à positiver.  Alors nous nous sommes confinés en nous disant que plus vite on se protégera, plus vite nous pourrons retravailler. J’ai donc plutôt bien vécu le confinement bien que la fermeture de l’accès à Lomé me contraignait à ne plus voir mes amis. Mes élèves me manquaient, mais je leur écrivais depuis le village d’à coté. A cet instant, je pensais que c’était l’affaire de 2/3 semaines de confinement. Il n’en fut rien.

Un peu plus de 7 mois après le début de cette mission, lors d’un matin aussi reposant que chacun, je me fis réveiller vers 6h par un message, les yeux à peine ouverts, je pouvais lire « Le secrétaire d’Etat aux Transports demande le rapatriement de tous les français ».Je me souviens avoir pleuré avant de me rendormir, me persuadant qu’à mon second réveil ce message n’aurait jamais existé. Mais à 9h, il existait toujours. Mes amis volontaires et moi-même avons tous été rapatriés au cours du mois d’avril. Je me souviens de la route, des militaires à l’entrée des villes ne laissant passer que les personnes se rendant à l’aéroport. Je me souviens de mes yeux mouillés, cherchant le soleil du matin pour le regarder une dernière fois et ne jamais l’oublier. 

5 juillet 2020. Je suis rentrée en France il y a trois mois, où je continue ma mission à distance. J’ai été aidée par La Guilde et Ebène durant deux mois, pour digérer ce retour prématuré, me ramenant à un pays et à un quotidien que je n’avais pas imaginé retrouver si vite. Aujourd’hui, je suis toujours en contact avec mes amis du village, je retrouve ma famille togolaise par Skype toutes les semaines. Je prépare le programme pour la nouvelle année scolaire et j’ai mes billets en main pour y passer Noël et nouvel an !

Je tenais à remercier chaleureusement La Guilde, et tout particulièrement Ebène, cette association aux belles valeurs dont je suis fière d’être membre. 

Je conseille à chacun de s’engager en mission de Service Civique, que ce soit en France ou à l’étranger, car on aura beau donner tout ce qu’on a, on recevra toujours plus, tant dans l’aspect professionnel que pour le développement personnel.

Se dire que rien n’est impossible

Les rebondissements d'une mission consacrée au développement de vergers/potagers dans des orphelinats du Viet Nam au temps du COVID-19.

Un article de Alban MONTAZEL, Service Civique avec l'association Enfance Partenariat VIET NAM


Nous sommes le mercredi 19 février 2020, et c’est le cœur serré que je monte à bord de ce vol Vietnam Airlines à destination de Hanoï. Nous y voilà, enfin. L’aboutissement d’un travail préparatoire de plus d’un an et demi. De mon hublot, je vois la France s’éloigner, puis disparaître dans les nuages. Je me sens prêt, déterminé à aller au bout de ce projet imaginé avec Florence Cavalier, présidente de l’association Enfance Partenariat Vietnam. Je le sais déjà : il y aura des imprévus, des contraintes et des obstacles à contourner. Mais je suis convaincu de pouvoir tous les surmonter. A cet instant, dans l’avion, j’ai beaucoup d’attentes concernant mon Service Civique de 6 mois avec La Guilde. Ce que j’ignorais, c’est que la situation m’empêchera de toutes les exaucer.

Ce projet de développement agricole, c’est avant tout un développement humain. L’idée est d’optimiser les potagers et vergers de 30 familles défavorisées et 2 orphelinats au Vietnam du Nord (région de Sapa) et du Centre (région de Kontum). Le principal objectif est d’apporter aux familles et orphelins un meilleur équilibre alimentaire, en leur proposant de nouvelles espèces de légumes et arbres fruitiers riches en vitamines (et particulièrement la vitamine A). Certains membres des familles souffrant de maladies liées à des carences en vitamines, la nutrition est en effet la priorité du projet. Le second objectif est la diversification de leurs revenus par la vente des surplus. Les espèces d’arbres fruitiers sélectionnées sont d’une part riches en différentes vitamines, mais également à forte valeur ajoutée. Le prix au kilo de leurs fruits ainsi que les rendements sont élevés, ce qui permettra aux familles de dégager un revenu par leur vente. Le troisième objectif vient compléter les deux autres. Il s’agit de la formation en agronomie et en nutrition. L’idée est d’apporter aux familles et orphelinats les moyens de réaliser ce type de projet par eux même à l’avenir. En effet, il serait illogique de créer une dépendance de ces familles à nos connaissances et compétences. Une grande partie du projet sera donc dédiée à la formation en agronomie pour apprendre aux locaux les pratiques, et en nutrition pour que ceux-ci comprennent les enjeux qui résultent de ce projet. 

Le projet est donc cohérent, mais est-il réalisable ? La réponse est bien évidemment oui. Grâce à l’aide financière des mécénats, nous avons eu les fonds nécessaires pour acheter le matériel, les outils agricoles, les semences et repiquages, financer les frais de transports, et payer le salaire de ma guide interprète Bdao. Bdao a été essentielle dans la réalisation du projet, car ne parlant pas Vietnamien, et encore moins les langages ethniques, il aurait été compliqué pour moi de communiquer avec les locaux. En plus de me servir de traductrice, Bdao m’a accompagné dans mes choix et m’a conseillé grâce à sa connaissance des cultures ethniques (elle vient elle-même d’un village de l’ethnie Jaraï). Outre le travail, nous avons créé une véritable relation d’amitié. 

Vous l’avez compris, le projet est bien ficelé. Mais comment assurer sa bonne réalisation avec la pandémie du Covid19 ?

Vous le savez déjà, le contexte mondial du Covid19 a pris une toute autre tournure en mars, et comme tous, je n’y ai pas échappé. Le 29 mars, j’ai été contraint par l’ambassade de rentrer en France, laissant ainsi le projet aux mains de Bdao. Je savais que des imprévus allaient impacter le projet d’une manière ou d’une autre. Je n’imaginais évidemment pas qu’une pandémie allait menacer sa bonne réalisation. Ceci étant, je considère mon rapatriement comme une contrainte supplémentaire qu’il faudra surmonter. Le projet continue et ne sera pas abandonné. 

Pendant ce mois passé au Vietnam, j’ai eu le temps de tout mettre en place. J’ai rencontré chaque famille, j’ai diagnostiqué chaque terrain et chaque potager, j’ai créé des relations de confiance avec des locaux et j’ai sélectionné les variétés de légumes et arbres qui seront plantés. Je me suis également formé auprès d’une Sœur agronome sur l’agro-écologie en milieu tropical et j’ai pu commencer avec les locaux à creuser les trous qui accueilleront les futurs arbres et à poser le fumier. Plus concrètement, j’ai estimé les chiffres relatifs au projet et préparé un planning des tâches à réaliser. 

  • Dans la région de Sapa, 2 villages et 9 familles sont concernés par le projet. Parmi ces 9 familles, 4 possèdent des enfants atteints de xérophtalmie (maladie provoquant la cécité et due à des carences en vitamine A). L’urgence est donc d’implanter de nouveaux légumes riches en vitamine A pour pallier à ces carences. Les légumes et arbres sélectionnés sont la carotte, le potiron, la coriandre, le piment et le pêcher. Nous avons sélectionné des variétés présentant un taux élevé en vitamine A et adapté au climat froid et humide de la région. 
  • Dans la région de Kontum, 2 villages et 2 orphelinats sont concernés par le projet. Dans ces deux villages, nous accompagnons 21 familles. Au total, ce sont près de 300 personnes, dont 220 enfants qui bénéficieront du projet. Dans cette région, l’enjeu est triple : diversifier les apports nutritionnels des locaux, leur assurer un revenu avec les surplus et leur permettre de gagner en autonomie. Nous planterons sur les terrains des familles et orphelinats près de 300 arbres fruitiers de différentes espèces d’intérêt nutritionnel et économique : durian, ramboutan, jacquier, manguier et avocatier. La plantation des arbres est prévue pour fin-avril.

Aujourd’hui, 10 juin 2020, alors que j’écris ces quelques lignes depuis mon appartement à Paris, je continue de suivre ma mission de loin. Malgré la difficulté de travailler à distance, je trouve la force de continuer. Car, à mes yeux, la réalisation du projet est ce qu’il y a de plus important à l’heure actuelle, qu’importe ma déception. Voilà plus de 2 mois que je suis de retour au pays du fromage et du vin, et je commence à prendre du recul sur ma situation. Je réalise que malgré ma désillusion face à ce que j’attendais de cette expérience, il faut être humble et reconnaissant. Reconnaissant de voir la mission continuer ; reconnaissant d’avoir pu vivre ce projet à 100% pendant plus d’un mois ; reconnaissant de toutes les rencontres que j’ai pu faire et qui m’ont fait grandir. Ces rencontres, je ne les oublierai jamais. Ces relations d’amitié dépassant les cultures et les langages, se fondant simplement sur la bienveillance et l’ouverture, c’est ce qui me porte et me motive aujourd’hui à continuer la mission, coûte que coûte. 

Comment parler de mon expérience sans évoquer la culture vietnamienne et ses pratiques culinaires… Au Vietnam, et particulièrement dans la région de Kontum, le café est une boisson très consommée. Le Vietnam est le deuxième producteur de café mondial, après le Brésil, et le premier producteur de café Robusta. Et la majorité de sa production se trouve dans le centre du Vietnam. Autant dire qu’ici, on ne rigole pas avec le café! Cette boisson amère est totalement ancrée dans la tradition et la culture vietnamienne. Et ils le mélangent avec toutes sortes de choses : coco, miel, lait concentré, … Bref, étant grand amateur de café, je n’ai pu que me réjouir. Outre le café, le Vietnam regorge de plein de spécialités! Et certaines sont assez douteuses, il faut l’admettre… Entre les nouilles aux escargots, les piments crus, ou encore les œufs contenant un poussin, j’ai connu un choc culinaire assez fort! Parmi toutes ces étonnantes façons de se nourrir, une seule m’a réellement brisé le cœur : la mangue verte (non mûre). Etant un grand fan de mangues, il a été particulièrement difficile d’accepter de manger une mangue qui n’a pas encore atteint sa maturité. Une texture croquante et un goût particulièrement acide : on est bien loin de la subtilité de la saveur que je connais. Et pourtant, les vietnamiens en raffolent…

Si je devais retenir une chose de cette expérience, c’est que rien n’est impossible. Une contrainte impensable vient menacer mon projet après à peine un mois de travail, et pourtant, grâce à la motivation à toute épreuve des locaux, la mission continue!

Si vous souhaitez en savoir plus sur mon projet, je vous invite à consulter mon blog créé pour l’occasion : https://missionsolidairevietnam-epvn.blogspot.com

A l’heure actuelle, il est difficile de savoir si je pourrai retourner au Vietnam pour terminer ma mission, j’ai cependant l’espoir de pouvoir revenir en mi-juillet pour un mois, afin de clôturer mon Service Civique. 

Affaire à suivre …

Poursuivre ses activités malgré le confinement : le défi de 3 volontaires sur le terrain

C'est possible et c'est ce qu'ils font au quotidien aux quatre coins du monde, car de nombreux volontaires ont fait le choix de rester sur place (lorsque les conditions le permettaient) et de continuer à soutenir leur structure d'accueil.

Un article de Lucie PREDINAS


Le défi de Meïlie au Cambodge (Foyer Lataste)

Durant le mois de mars 2020, le Cambodge a décidé de fermer les écoles du pays pour une durée indéterminée. Ma mission de Service Civique se déroulant dans un Foyer pour enfants et pour jeunes, la question de la suite des activités de l’association s’est naturellement posée.

Après réflexion, la majorité des enfants sont retournés dans leurs familles jusqu’à l’amélioration de la situation sanitaire. Néanmoins, si le Foyer Lataste tourne au ralenti, ma mission ne s’est pas pour autant arrêtée.  Toute l’équipe du Foyer cherche désormais à assurer la santé des enfants et leur suivi à distance. Nous avons diffusé autant que possible les consignes sanitaires auprès des familles, tout en limitant les contacts extérieurs pour les résidents de centre. 

Les actions de l’association étant réduites, je m’efforce de développer des stratégies de fond et les actions du volet Environnement & Agriculture. Cette période est aussi l’occasion d’améliorer l’environnement du centre, à travers le jardinage et la décoration en particulier. 

Je participe également à l’organisation d’activités pédagogiques et créatives pour les enfants restés ou rentrés au Foyer. Jeux ludiques sur ordinateur, ateliers artistiques ou encore défrichage du potager sont au programme. Enfin, je prépare d’ores et déjà le retour de nos bénéficiaires afin de leur proposer de nouvelles activités dès que possible. 


Le défi de Wendy en Equateur (Fondation Futuro)

Je reste très motivée et mon confinement à San Vicente ne rencontre pas de problème particulier. Nous avons commencé avec succès des enregistrements de contes pour enfants via Facebook et le groupe Whatsapp, avec l’aide des mamans des enfants de la ludothèque. 

Nous sommes toujours en confinement strict jusqu’à la fin du mois. Les contaminations Covid-19 à San Vicente semblent diminuer depuis une semaine (peu de cas dans le Centre de Santé de proximité ), ce qui se reflète aussi sur la confiance d’un dénouement que nous espérons tous le plus rapidement possible.


Le défi de Louise aux Philippines (Passerelles Numériques)

Le confinement pour beaucoup, c’est rester à la maison, profiter de ces proches, faire du sport ou faire du télé-travail…

Pour nous, ici, à Passerelles Numériques aux Philippines, 61 étudiants n’ont pas eu la chance de rentrer chez eux car il n’y a plus de bateaux, les îles étant complètement bloquées. C’est donc avec eux que nous continuons notre aventure en tant que Service Civique.

Ce n’est pas facile tous les jours, certains étudiants auraient voulu être aussi chanceux que leurs camarades et retrouver leurs proches. C’est pourquoi nous avons décidé de ne pas se laisser aller et nous créons des activités pour que chaque jour soit différent, pour qu’ils continuent à apprendre, à évoluer mais aussi pour que nous aussi, nous donnions du sens à ce que nous faisons ici.

Voici donc les différentes activités que nous avons mené : du sport (Danse, Yoga, Volleyball, Ping-pong…), des jeux en lien avec leur cursus (IT), des projets comme le “design project” où les étudiants devaient nous présenter un objet réalisé suite à des recherches, en lien avec un matériau et un lieu choisi, des Team building, etc…

Mais rester ici ce n’est pas qu’organiser des activités, c’est aussi apprendre à découvrir chacun et à se découvrir soi-même, apprendre à vivre tous les jours avec les mêmes personnes, faire que son travail devienne sa vie quotidienne et vice-versa. Rester ici c’est passer des moments avec chaque étudiant, vivre cette expérience comme jamais on n’aurait imaginé la vivre : INTENSEMENT !

Le volontariat : au-delà d’une mission, un mode de vie !

Le volontariat m'a fait énormément grandir et a véritablement donné du sens à ma vie. Je me sens impliquée et je pense mon expérience, non comme une mission, mais comme un mode de vie.

Un article de Annabel WIEST, Service Civique auprès de l'association Clara Luna (EQUATEUR)


Je suis Annabel et j’ai 25 ans. J’ai passé ces cinq dernières années à l’université et, aujourd’hui, je suis diplômée d’un Master en études cinématographiques. Je suis tombée amoureuse de l’Amérique Latine d’abord à travers de nombreux films qui m’avaient profondément marqués. Et c’est à la suite d’un voyage en Colombie, puis au Costa Rica, que je me découvris une véritable passion et un souhait de passer une partie de ma vie dans cette partie du monde, et y faire quelque chose de bien.

Mais faire quelque chose de bien, c’est d’abord savoir ce que l’on veut. L’opportunité du Service Civique et du volontariat s’est présentée comme une suite logique après la fin de mes études. J’avais gagné en maturité et souhaitais vivre une expérience inédite qui ferait sens et qui aiderait les gens.
Le volontariat, c’est se consacrer à cette expérience, être dévoué, c’est créer du sens et de la cohésion entre les personnes. J’ai eu la chance de pouvoir faire un volontariat en Equateur, une mission dont les objectifs m’ont immédiatement frappés, auprès d’une communauté qui m’a intégrée comme dans une grande famille.

C’est à Puerto Lopez (Manabi) que je travaille tous les jours. Ici, l’accès à la culture, à l’art, et aux livres, est difficile et trop coûteuse. L’association Clara Luna accueille chaque mercredi et chaque vendredi, un groupe d’enfants dans notre « club de niños ». Les enfants viennent lire, puis écouter un conte à voix-haute, pour finir sur une activité ludique artistique ou plus sportive, préparée à l’avance par le soin des volontaires.
Les enfants prennent goût à la lecture et nous lisons le conte de la manière la plus théâtrale et divertissante possible. Paola, la directrice, est une experte en la matière ! Le mardi, c’est le club des tous petits que nous accueillons avec le même système, version miniature. Toute la semaine, 3 groupes d’enfants viennent en cours d’anglais dans un mode de soutien scolaire. Nous avons également un groupe adulte qui vient pour des cours d’anglais et un échange interculturel : les hispanophones parlent anglais, pour le reste, ce sera en espagnol ! Nous travaillons également avec un groupe de personnes / enfants avec handicap physique ou mental. Avec eux, c’est activité artistique, culinaire, et surf ! J’ai aussi la chance de travailler avec un groupe d’ados très motivés à ouvrir une bibliothèque à Clara Luna, l’unique bibliothèque communautaire de la ville, qui offrira un accès gratuit aux livres, pour tous. Mes journées sont donc rythmées à la préparation de cours d’anglais et des différentes activités, entraînement à la lecture du conte (surtout pour mon accent encore trop français à mon goût…), préparation des espaces, et plage, évidemment !

L’Equateur regorge de lieux secrets, de légendes, de nourriture variée et délicieuse, et les équatoriens sont très accueillants. J’ai été agréablement surprise par leur patience et leur calme, et très amusée de l’ambiance musicale à chaque coin de rue. Je suis arrivée à la période « froide » de la région, mais la chaleur humaine prenait le pas sur le climat.
Puerto Lopez est une ville côtière, un paradis sur terre, que l’on reconnaît tout de suite par ses bateaux de pêcheurs bleus. Il y a une ambiance très tranquille, familiale, et où chaque samedi transforme la ville en fête, où la salsa est toujours au rendez-vous. C’est une ville où les gens vous connaissent, je suis très vite devenue « la niña de Clara Luna » et où vous prenez vite vos habitudes !

Mais au regard de la situation actuelle, je suis frustrée de ne pas pouvoir continuer à travailler quotidiennement auprès des enfants et je suis particulièrement inquiète pour certaines familles dont les parents ne peuvent plus exercer leur métier, et qui n’ont plus aucune source de revenus. Je ne peux pas rester les bras croisés, nous organisons donc des activités à distance, nous distribuons des livres aux enfants, nous avons fait nos premiers lives sur Facebook avec les enfants de la communauté, et je sauve une partie de mes indemnités pour acheter des vivres à certaines familles très vulnérables.

Faire un volontariat, c’est s’ouvrir aux autres et apprendre de ces personnes. Certains pensent que le volontariat devrait être fait à 18 ans, pour gagner en maturité et en responsabilité. À 25 ans, je découvre tant de choses et en apprends davantage chaque jour. Je me sentais déjà mature, et j’en ressors plus grande.
Il n’y a pas d’âge, seulement et surtout de la volonté !

Mieux vivre son engagement en temps de confinement

Nous vous proposons un condensé de bien-être et d'informations utiles pour pouvoir aborder avec sérénité cette période de changement personnel et professionnel.

Un article de Lucie PREDINAS


Cela fait déjà plusieurs semaines voire plusieurs mois que nous sommes plus ou moins confinés aux quatre coins du monde ! Certains se démarquent par leur créativité, d’autres en se lançant dans de nouvelles actions solidaires, et pour la majorité d’entre vous, vous continuez à soutenir vos partenaires et les communautés dont ils s’occupent depuis la France ou directement sur place !

Nous vous félicitons pour votre engagement, qui dans cette période, révèle encore plus son utilité et son sens !

Nous avons pensé à vous et nous vous avons concocté un condensé de bien-être et d’informations utiles pour garder votre motivation au top :

📅 1. RYTHMER SON QUOTIDIEN ET SE FAIRE CONFIANCE

Retrouvez les précieux conseils de Sandra Bernardht, psychologue, pour continuer son volontariat en « mode confiné » : Lien de la vidéo

🔍 2. S’INFORMER

Et si cette période était un moment de bascule pour l’humanité, une opportunité à saisir pour repenser notre rapport au vivant ? 37 minutes pour réfléchir à l’après : Podcast de l’émission de France Culture

🧘3. NOURRIR SON CORPS ET SON ESPRIT

Rejoignez l’Instagram de La Fondation GoodPlanet présidée par Yann ARTHUS BERTRAND (@fondationgoodplanet) pour découvrir des news écolos, méditer, cuisiner, bouger…

🤝 4. RESTER VOLONTAIRE ET SOLIDAIRE

Découvrez 4 niveaux d’action pour rester volontaire et solidaire pendant le confinement : L’article complet sur le site de la Guilde

Nous espérons que ces quelques pistes pourront vous accompagner et vous donner des idées d’actions pour maintenant ou pour après !

Témoignage de Solenn au Togo

Association EBENE - Animation cours de français et club de théâtre

Un article de Solenn MAZON


“Trois mois sont passés – Je ne me vois plus quitter Assomé. Pourtant, le 24 août 2020, il le faudra, alors je mesure chaque jour la chance qui m’est donnée de travailler dans ce village pour une année.

Jeudi 28 novembre 2019 – Réveillée comme tous les matins à 4h32 par le coq, je m’octroie une heure de sommeil encore. Je ne me lève jamais bien tard, tant il m’est agréable de profiter de mes journées. 32 degrés, Theo est partit en vacance visiter le nord du pays, moi, allongée dans le hamac je révise mon ewe (langue locale). Résidant au milieu de la jungle, seuls les sifflements des oiseaux sont perceptibles, les rayons du soleil caressent ma joue, je somnole à moitié tant il est reposant d’être ici. Ma maison se situe à 2 kilomètres du petit village d’Assomé, il faut traverser un long chemin perdu au milieu des palmiers pour y accéder. Un sentiment de sécurité permanent, comme si rien ne pouvait m’arriver, comme si les arbres, habités par les esprits, me protégeaient. Il est bientôt 9h , je prépare le cours que je donnerai cet après-midi. Theo et moi-même nous partageons une classe de 35 élèves, âgés de 27 à 65 ans. Lui, s’occupe des 17 ayant déjà fréquenté l’école. Moi, des 18 autres ne parlant pas (ou très peu) français. Leur volonté si intense se fait ressentir chaque semaine, en trois mois nous avons déjà fait un gros travail, ce qui est très encourageant pour la suite. Aujourd’hui, il s’agira de travailler la lettre « C », et je concentrerai la deuxième partie de la séance sur les salutations/présentations. Mon cours est traduit par Philippe, notre ami togolais, membre de notre association partenaire. En écrivant ces lignes il me tarde déjà de retrouver ces visages, celui d’Holali, d’Abla, Akosiwa, Adjo et tous mes autres élèves animés par cette envie d’apprendre le français. Chacun a ses raisons d’être ici, pour Akou il s’agit de pouvoir traduire les versets bibliques, Kodjo, lui, souhaite pouvoir se défendre en cas d’injustice, Albla, elle, désire simplement savoir écrire son prénom, et tous ressentent le besoin de comprendre les devoirs de leurs enfants, afin de pouvoir venir en aide.

Ce soir, éclairée par le groupe électrogène, je travaillerai les premières lignes de la pièce de théâtre que nous allons écrire (les enfants et moi-même) pour le club d’art dramatique que j’ai créé au village. Hier, nous avons procédé à une liste de thèmes suggérés par les enfants membres. L’idée était de proposer à chacun d’eux de soumettre des sujets afin de répondre aux besoins d’expression de tous. La pièce portera donc sur la place de la femme dans la société togolaise, la grossesse précoce et la valeur de l’école.

10h, il me faut aller puiser l’eau et la bouillir afin de préparer mon déjeuner.

À bientôt, Solenn”

IVO4ALL – Le Service Civique International pour tous!

La Guilde s'engage pour améliorer l'accès de tous les jeunes au volontariat international et au Service Civique

Un article de Nathalie Chaverot


Le projet IVO4All, International Volunteering Opportunities For All, s’inscrit dans le cadre d’un appel à propositions de l’Union Européenne (Programme Erasmus + action clé n°3).

Il a pour objet de contribuer à l’évolution des dispositifs de volontariat international pour les jeunes européens. Au travers d’expérimentations à grande échelle, il s’agit de tester, d’évaluer et de généraliser des mesures garantissant un meilleur accès de tous les jeunes aux opportunités de volontariat international, quel que soit leur profil.

Pleinement engagée dans ce projet, La Guilde s’est associée à deux partenaires associatifs historiques pour accueillir 4 jeunes volontaires très motivés par l’expérience et les découvertes qu’ils vont faire.

Le 4 avril dernier, 4 volontaires venus de toute la France se sont engagés auprès de nos partenaires marocain et roumain pour renforcer leurs équipes locales d’animateurs et tirer profit de cette expérience qui les attend!

To be continued…

 

Service Civique – Journée à l’attention des responsables associatifs

Une journée pour partager ses pratiques et son experience du Service Civique !

Un article de Nathalie Chaverot


Dans le cadre de votre accueil de volontaire en Service Civique, nous vous convions à une journée qui vous est destinée, responsables d’associations et tuteurs de volontaires.

Les actualités du Service Civique sont denses et nous vous proposons d’échanger ensemble sur nos expériences le mercredi 14 septembre 2016.

Pilotés par la Guilde, ces modules se veulent collaboratifs et seront un lieu d’échanges de pratiques et de synergies pour optimiser vos expériences.

Cette journée sera découpée en 2 modules organisés sous formes d’ateliers:

1- Matinée de 9h30 à 12h30 : préparer le projet d’accueil
a. Identifier un projet et définir une mission de Service Civique
b. Recruter et accueillir

2- Après-midi de 14h à 17h00 : accompagner le volontaire
c. Accompagner: rôle et responsabilité du tuteur : au quotidien et dans la définition du projet d’avenir
d. Gérer les difficultés liées à l’international : gestion du stress, des risques d’exposition des volontaires à un événement traumatique réel

Nous espérons donc vivement que vous serez des nôtres! Pour ceux ou celles qui ne seraient pas disponibles à cette date, une autre journée sera organisée le jeudi 17 novembre.

Pour vous inscrire, c’est par ici !

Appel à candidatures de l’Institut de l’engagement

Du 15 juin au 20 septembre 2016, déposez votre dossier pour intégrer la prochaine promotion de l'Institut

Un article de Nathalie Chaverot


L’Institut de l’Engagement ouvre du 15 juin au 20 septembre une deuxième session de candidatures pour cette année 2016.

Il s’adresse à des volontaires du Service Civique et de Solidarité Internationale (VSI) repérés pour leur potentiel, la qualité de leur engagement et l’intérêt de leur projet d’avenir. Il leur apporte des outils pour révéler leurs talents et leur permet d’accéder à des formations, des emplois et des soutiens pour réaliser ce potentiel et développer leur projet.

200 jeunes seront retenus pour faire partie de la session d’automne. La liste d’admission sera publiée le 21 novembre.

Pour pouvoir candidater, le volontaire doit avoir commencé sa mission entre le 1er janvier 2015 et le 31 mai 2016.

Pour le détail des informations, cliquez ici !