Rester volontaire et solidaire

4 niveaux d'action pour rester volontaire et solidaire pendant le confinement

Un article de Pôle volontariat de La Guilde


Des pistes pour vous engager à votre niveau

L’équipe de La Guilde a compilé une liste de diverses activités pour rester solidaire et engagé auprès des personnes vulnérables pendant cette période.

Volontaires, ils se sont engagés face à la pandémie : découvrez leurs témoignages.


AU NIVEAU LOCAL

> Les actions sociales de proximité via les CCAS (centres communaux d’action sociale): appelez votre mairie !

Pour agir dans votre quartier, chaque CCAS met en place des actions sociales avec le réseau associatif déjà présent. Rejoignez les unités locales de grandes associations en contactant directement leurs sièges sociaux (Restos du Cœur, Croix Rouge, Les Petits Frères de Pauvres, etc.).

> Le kit gratuit « Coronavirus : et si on s’organisait entre voisins ? » via le lien https://voisinssolidaires.fr/

L’association Voisins solidaires et le ministère de la Cohésion des Territoires et des relations avec les collectivités territoriales, ont élaboré un kit gratuit. Il a pour objectif d’aider les habitants à organiser l’entraide de proximité.

 

> L’application COVIDOM développée par l’AP-HP et pour l’instant uniquement disponible à Paris, vous permet de soutenir l’hôpital de Paris en apportant un télé-suivi à des patients atteints ou suspectés de covid-19, selon vos disponibilités : https://covidom.com

Pour s’inscrire auprès de la cellule volontaire citoyenne, c’est ici .


AU NIVEAU NATIONAL

> La réserve civique via le lien https://covid19.reserve-civique.gouv.fr/

Pour offrir une journée ou une heure, retrouvez les appels de plusieurs structures à travers la France et apportez vos renforts citoyens pour aider sur les missions vitales : aide alimentaire, garde d’enfants, actions auprès des personnes âgées et solidarité de proximité.

> L’aide auprès des agriculteurs via le lien https://desbraspourtonassiette.fr/

Vous avez envie de vous dépenser pour la bonne cause ? Le ministère de l’Agriculture a annoncé que 200.000 emplois saisonniers étaient à pourvoir pour garantir notre sécurité alimentaire.

> L’aide auprès des soignants via les liens https://enpremiereligne.fr/ ou http://www.jaidelhopital.fr/

Si vous avez moins de 60 ans et êtes en bonne santé, ces sites proposent diverses solutions pour aider les soignants et personnes vulnérables à garder leurs enfants et faire leurs courses. Également, n’oubliez pas de donner votre sang et vos plaquettes, ils seront d’une grande aide !

> L’aide auprès des SDF s’organise via le réseau Entraide : https://bit.ly/2VaSkPk , en vous permettant notamment de rejoindre deux programmes selon votre disponibilité : les Bonnes Ondes et Loin des yeux près du cœur.

> Les sites Tous Bénévoles via le lien https://www.tousbenevoles.org/ et Bénévolat via le lien https://benevolat.fr/

Ils regroupent de nombreuses missions bénévoles, et mettent en avant les missions urgentes dans le contexte actuel.


AU NIVEAU INTERNATIONAL

>  Le programme des Volontaires des Nations Unies via le lien https://www.onlinevolunteering.org/fr

A l’étranger ? Les Nations Unies proposent des missions de volontariat en ligne sur diverses thématiques.

> La plateforme de l’Organisation Internationale de la Francophonie via le lien https://www.francophonie.org/solidarite-COVID19

L’OIF propose un dispositif qui regroupe des solutions innovantes au service des communautés francophones.


SANS SORTIR DE VOTRE CANAPÉ

  • Préparer l’avenir et vous former

> Bioforce met à disposition une formation en ligne « STOP COVID-19 – Les essentiels pour la prévention et le contrôle du virus », un outil d’auto-formation destiné aux acteurs nationaux et internationaux qui devront assurer la prévention de la propagation du virus auprès des communautés locales, là où le confinement sera difficile. Un must si vous êtes sur le terrain ! Suivez le lien : https://www.institutbioforce.fr/

> Tech for Good en association avec le MOUVES a conçu un programme hebdomadaire de webinaires et formations pour les entreprises et les associations. Vous trouverez forcément un programme qui vous intéresse : http://mouves.org/

  • Faites un don

‍> Ulule recense pour vous toutes les initiatives qui apportent une solution au Covid-19. Vous pouvez ainsi accorder votre aide à des projets d’utilité capitale : https://fr.ulule.com

 

 

> En discussion avec la Direction des Hôpitaux de Paris, un collectif d’acteurs de la restauration engagés travaille à soulager nos soignants partout en France avec la livraison de paniers repas prêts-à-cuisiner. Vous pouvez participer à la cagnotte ici !

  • Prenez soin de vous

> Pour changer d’ambiance, Voiles et Voiliers, La Guilde et Ouest France vous offrent la possibilité de visionner gratuitement trois films documentaires de mer et de voile. Un cadeau, jusqu’au 17 mai, pour patienter avant un nouvel événement à venir prochainement : le premier Festival du film Voiles et Voiliers avec les Écrans de la Mer, qui se déroulera dans le cadre de la 9e édition du Vendée Globe, aux Sables-d’Olonne. Visionnez ici Vendée Globe 2016-2017, Sea Gypsies, de l’autre côté du monde et L’île de Lumière – Quand la France sauve les boat people

> Le producteur Molécule et des dizaines de musiciens électroniques (parmi lesquels : Étienne de Crecy, Dominique Dalcan, Alex Gopher, ou encore Rone) se sont réunis autour du projet Music for containement. Les fonds sont reversés à la Fondation de France et à son opération “Tous unis contre le virus”. Faites du bien à vos oreilles via le lien ici et la playlist (sur Spotify) ici.

 


 

[!!] Vous avez un bon plan « solidarité » : n’hésitez pas à le publier sur le groupe Facebook Réseau des Engagés de la Guilde.

Le VSI pour redonner du sens à son métier et transmettre ses compétences

Témoignage de Sabine Tourtellier, Coordinatrice d'anglais en VSI pour APLC au Cambodge

Préparation d'une session de "morning pres-checking understading"

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Anciennement comédienne et formatrice en anglais, Sabine a décidé de mettre son expérience et ses méthodes d’enseignement ludique au service de l’association Agir pour le Cambodge. Aujourd’hui, elle coordonne l’enseignement de l’anglais auprès de jeunes Khmers issus de milieux défavorisés, dans le cadre de formations professionnalisantes.

Coup de projecteur sur le parcours de Sabine.


Tu as eu plusieurs vies avant ton VSI, et c’est petit à petit que la mission à Sala Baï s’est imposée, au cours d’une recherche de plus de sens. Peux-tu nous en dire plus ?

Oui, j’ai vécu dans différents pays depuis très jeune, surtout entre la France et l’Angleterre mais aussi en Australie. Petite j’ai été bercée par l’Asie dans les boutiques d’artisanat d’Indonésie qu’avait ma mère. Comédienne pendant 15 ans, j’ai ensuite été formatrice d’anglais et de français pendant 8 années auprès d’adolescents et adultes. J’ai également animé de nombreux séjours « Sport et anglais » avec l’UCPA. J’aime beaucoup travailler avec de jeunes adultes, et apporter un côté ludique à l’apprentissage des langues de par mon passé de comédienne.

Opération Clean-up sur les chapeaux de roues, c’est aussi ça les cours ! © S.Tourtellier

Toutefois, en France le public auprès duquel j’enseignais était un public de « privilégiés » ; le manque d’entrain et d’envie de ces adolescents me fatiguait et j’avais besoin de redonner du sens à mon enseignement. L’appel d’un ailleurs et d ‘une autre culture se faisait sentir, et tout naturellement c’est l’Asie qui s’est imposée.

Comment en es-tu venue à t’engager avec le programme de Agir Pour le Cambodge en particulier ?

Agir Pour Le Cambodge (APLC) est une ONG qui travaille au Cambodge depuis 1985. Elle a créé le programme Sala Baï en 2002 pour lutter contre la pauvreté et le trafic d’êtres humains au Cambodge, par la formation et l’insertion professionnelle de jeunes défavorisés. Cette formation d’un an entièrement gratuite leur permet de trouver un premier travail correctement rémunéré, et pour certains de continuer leurs études. J’ai choisi APLC car cela me paraît essentiel de passer par l’éducation et d’apporter des connaissances et des compétences aux jeunes défavorisés afin de leur permettre de sortir de la pauvreté.

Effectivement, c’est la richesse d’un VSI, tes missions dépassent le simple enseignement d’une langue. Peux-tu nous présenter un peu tes activités ?

Mon poste est celui de Coordonnatrice d’anglais, et mes missions sont d’apporter de nouvelles méthodes d’enseignement aux professeurs d’anglais et d’aider les élèves et les enseignants à obtenir un meilleur niveau d’anglais. Ma priorité est d’orienter la méthode d’apprentissage vers une méthode directe et active. Je mets l’accent sur le rôle de l’oral dans l’apprentissage : immersion, répétition, intuition.

Et la bonne humeur ! Photo d’une morning presentation des élèves. © S.Tourtellier

Cela se concrétise par un travail quotidien avec les professeurs de Sala Baï : J’ai mis en place des ateliers collaboratifs pendant lesquels nous définissons un programme que nous déclinons en fonction des groupes de niveaux. En plus de l’évaluation écrite, nous avons introduit une évaluation orale de chaque élève pour répondre aux exigences de leur futur métier.

Dans ce travail collaboratif avec les professeurs, je peux également suggérer l’utilisation de nouveaux supports plus ludiques : livres, vidéo…

Avec les élèves, je dispose de liberté pour mettre en place des activités nouvelles en anglais . J’ai ainsi développé des activités culturelles (cycle de films en anglais sous-titrés anglais, visites d’expositions comme lors du Angkor Photo Festival, avec une visite guidée de la World Press Exhibition avec la curatrice Yi Wen, séance de cinéma engagé cambodgien, cycle de conférences courtes en anglais sur des thèmes artistiques, English Day le vendredi avec découverte de musiques, séances de conversation avec des bénévoles natifs anglais,…)

Sortie ciné pour le film Boyancy de Rodd Rathjen. © Rod Andrewartha

Tu avais beaucoup d’attente sur cette nouvelle étape de ta vie. Y a-t-il un gros décalage entre l’idée que tu te faisais de ton expatriation, et la réalité ?

J’avoue que je ne trouve pas de décalages. Ayant fait un voyage à Siem Reap il y a 6 ans, pendant lequel j’étais tombée amoureuse de cette ville et des temples d’Angkor, j’ai retrouvé le même enchantement à vivre ici, à être proche des gens et de la nature environnante. L’accueil des Cambodgiens n’a pas changé et me touche toujours autant. Leurs sourires, et surtout ceux des élèves, sont toujours aussi sincères et émouvants. Il est bien entendu différent de venir en tant que touriste et de vivre ici, mais l’adaptation s’est fait assez rapidement et  facilement.

Comment appréhendes-tu les différences ou les incompréhensions de part et d’autre liées à l’interculturalité ?

Finalement, là aussi j’ai l’impression que ces différences ont pu rapidement être discutées, et que mon intégration se passe très bien au niveau personnel et professionnel après quelques ajustements de ma part. Les rythmes ne sont pas les mêmes en Europe et en Asie, et il faut donc s’adapter et laisser le temps à l’équipe d’intégrer les nouveautés, de les faire sienne et de les mettre en place. Ici les enseignants n’ont pas de formation diplômante et deviennent professeurs par expérience uniquement, la pédagogie n’est donc pas très développée. Il faut prendre en compte le parcours de ces enseignants, et ne pas demander le même niveau d’exigence qu’en France, en tout cas pas au début.

Il faut être très à l’écoute, se remettre en question presque quotidiennement et surtout ne pas vouloir aller trop vite. J’ai fait des erreurs et j’ai appris de ces erreurs, et en montrant que j’adaptais mes comportements et mes exigences, je pense pouvoir plus facilement intégrer de nouvelles méthodes d’enseignement.

Première semaine de cours : présentation de l’équipe pédagogique. © S.Tourtellier

Cela fait six mois que tu es sur place, peux-tu déjà en tirer un bilan personnel ?

Pour l’instant, ce n’est qu’une ébauche de bilan. Mais cela me redonne foi en la transmission des savoirs, en l’échange entre cultures et en l’enrichissement que cela procure. Professionnellement, j’ai un poste avec plus de responsabilités que précédemment, et aussi beaucoup plus de libertés. Et cela me convient parfaitement, car je n’aime pas la rigueur parfois trop étriquée que l’on m’imposait en France.

Je pense que au début, cela bouscule nos certitudes de travailler avec des gens dont la culture est si éloignée de la nôtre, mais cela permet de se poser les bonnes questions et de redéfinir ses priorités et ses objectifs.

Je le vois pour moi, l’enrichissement est énorme et me permet de grandir encore, de me questionner sincèrement et de remettre en perspectives mes valeurs pour revenir aux valeurs fondamentales pour moi, que sont l’échange et l’importance de l’humain par-dessus tout, avant la productivité, la consommation et la superficialité de nos sociétés d’hyperconsommation. Cela me permet de relativiser les obstacles que nous nous créons nous-mêmes et qui nous empêchent souvent d’avancer.

Il semble que tu te plaises beaucoup sur ta mission et dans le pays. Envisages-tu déjà de rester ?

Session de conversation. © Rod Andrewartha

Oui je pense vraiment rester sur place si je réussis à créer ma propre activité. Pour l’instant je souhaite déjà prolonger ma mission afin de prendre le temps de mettre en place les changements de façon pérenne pour le staff local, en espérant qu’à l’issue de celle-ci, ils puissent eux-mêmes continuer ce travail de modernisation des méthodes d’apprentissage. C’est tout l’enjeu des missions de VSI !

Ensuite, j’ai plusieurs idées d’entreprise sociale à créer ici. Je me laisse le temps de continuer à découvrir et à apprendre afin de choisir quelle sera la meilleure. Pourquoi rester ici ? Car j’ai le sentiment que les choses sont plus faciles à envisager ici et que le champ des possibles est plus important qu’en Europe.

Un mot de la fin, des conseils pour les futurs volontaires ?

Un conseil surtout : suivez vos envies et foncez, il n’y a qu’en se jetant à l’eau qu’on ne regrette jamais. Et pour ceux qui hésitent, posez-vous une seule question : l’envie de partir est-elle plus forte que l’envie de ne pas partir ?

Une recommandation : N’ayez pas peur de vous lancer et surtout ne vous sentez jamais coincés. Si cela ne fonctionne pas pour vous, rentrez et ne le prenez pas comme un échec mais comme un essai, ce n’était surement pas le bon moment pour vous et il n’y a aucune honte à l’admettre, ce n’est pas une faiblesse que d’être sincère avec soi-même. Et je pense qu’il est mieux pour l’organisme avec lequel vous partez d’être totalement honnête plutôt que de vous forcer à rester et d’être mal dans votre mission. Ainsi, je pense que vous resterez car le fait de savoir que l’on n’est pas coincé suffit souvent à apaiser  les angoisses.

Le Cœur de Sala Baï réalisé par les élèves lors de leur visite à Angkor Wat. © S.Tourtellier

Envie d’en savoir plus sur APLC ?

Rendez-vous sur https://www.agirpourlecambodge.org, et sur le site de Rod Andrewartha, auteur de “Cambodian journeys”, un livre sur des parcours d’élèves de Sala Bai.

S’engager avec La Guilde ? Contrairement au statut de Service Civique ou de VIE, le VSI n’impose pas de limite d’âge. Les VSI de La Guilde ont 32 ans en moyenne, et 30% d’entre eux sont plus âgés que cette moyenne !

De Service Civique à VSI : parcours d’engagement et tremplin professionnel

Témoignage de Anaïs Mesnil, ancienne VSI pour L'Appel au Pérou

Anaïs (2ème à gauche au fond) lors d'une rencontre France Volontaires au Pérou

Un article de Lucille Caron, chargée de mission VSI


La Guilde, avec ses partenaires, envoie des Services Civiques (SC) et des VSI, et les dispositifs sont bien souvent complémentaires ! Ce fut le cas pour Anaïs. Elle a commencé son engagement pour Qosqo Maki en tant que Service Civique, puis s’est vue proposer une montée en compétence et le passage sur une mission de VSI.

Prévue pour 1 ans, son expatriation en a finalement duré 4 ! Elle nous raconte son parcours et sa vie péruvienne.

Anaïs et ses collègues

Comment en es-tu arrivée à être VSI pour l’Appel (Qosqo Maki) et quelle est la mission de l’association ?

L’Appel est une association française de solidarité internationale qui appuie des initiatives locales en Afrique, Asie et Amérique Latine auprès des enfants et adolescents en situation de vulnérabilité. Avec ses partenaires l’Appel agit ainsi dans les domaines de la santé, l’éducation, et l’amélioration des conditions de vie. L’association apporte un soutien différent selon les besoins exprimés par ses partenaires, mais qui peut être technique, humain, financier ou de compétences.

C’est dans ce cadre que j’ai réalisé un Service Civique puis un VSI à Cusco au Pérou, en tant que coordinatrice générale de l’association Qosqo Maki qui est un des partenaires locaux de l’Appel, et qui accompagne les enfants et adolescents travailleurs et/ou en situation de rue.

L’aventure commence donc en 2015 sous le statut de Service Civique: je venais en appui à la coordinatrice générale de l’époque et à l’animation de la bibliothèque-ludothèque de l’association. La coordinatrice étant sur le point de quitter son poste, elle m’a proposé de continuer l’expérience au sein de Qosqo Maki en reprenant sa mission de coordination.

Le VSI s’est donc logiquement imposé, et ce qui devait être une expérience d’un an en Service Civique en aura finalement duré 4, jusqu’en 2019 !

Journée “Intercambio” de Qosqo Maki

Les missions de SC sont à destination de tous les jeunes sans critère d’expérience et de formation. Les volontaires travaillent ainsi en appuis et complémentarité à des projets déjà existants, là où le VSI est un dispositif qui fait appel à des compétences et une expertise précise. En passant d’un dispositif à l’autre, tu as donc pu bénéficier d’une montée en compétence, et d’une reconnaissance de ton engagement de SC.

Peux-tu nous en dire plus ?

La mission de coordination générale en VSI m’a permis de développer de nombreuses compétences liées à la gestion d’une association : gestion du personnel et des ressources humaines, coordination et développement des activités et projets, gestion administrative et budgétaire, relations partenariales, communication… Nous avions également instauré une direction collégiale avec deux autres collègues péruviens, ce qui favorisait la prise commune de décisions et me permettait par ailleurs de réaliser mes missions en m’adaptant au mieux aux réalités locales.

Je participais aussi aux activités que pouvaient proposer les différents espaces éducatifs de Qosqo Maki (accueil de nuit, bibliothèque-ludothèque, ateliers de formation, espace culturel, tourisme solidaire, bibliothèque spécialisée pour travailleurs sociaux) afin de garder un lien avec l’opérationnel et de comprendre au mieux les problématiques que pouvait rencontrer chacun de ces espaces.

Atelier avec les jeunes

Que retiens-tu de cette aventure d’un point de vue professionnel ?

Professionnellement, ce VSI a été un réel tremplin : on m’a en effet très vite fait confiance et donné de nombreuses responsabilités auxquelles j’aurais pu difficilement prétendre en France à la sortie de mes études. La philosophie de Qosqo Maki et la bienveillance de l’équipe donnent ainsi l’opportunité aux VSI et SC d’essayer de nouvelles choses, se tromper et s’améliorer : on a donc là un vrai terrain d’expérimentations qui favorise le développement des parcours d’engagement des volontaires et bénévoles qui décident de s’investir.

Ce volontariat n’est pas pour rien dans ma décision de continuer à travailler dans le secteur associatif maintenant que je suis de retour en France. Travailler sur le terrain auprès d’une équipe aussi engagée et passionnée m’a fait prendre conscience de la force du collectif pour avancer et faire bouger les choses.

Soirée et exposition à l’association

Au-delà des l’expérience professionnelle, le VSI est une immersion dans une culture différente pour un an minimum. Comment as-tu vécu cette immersion, le Pérou est-il un pays qui t’a plu ?

Oui bien sûr, sinon je ne pense pas que j’y serai resté si longtemps ! Il y a une vraie diversité géographique et culturelle entre la côte, les Andes et l’Amazonie, mais l’hospitalité des péruviens fait qu’on se sent très vite chez soi ! En vivant dans les Andes péruviennes, il y a une relation très particulière avec la nature qui a aussi développé en moi une réelle prise de conscience écologique. Cependant, Cusco est une ville très prisée par les volontaires et touristes et de plus en plus d’occidentaux décident de s’y établir, ce qui invite à repenser notre place là-bas car on peut très vite se retrouver dans une sorte d’entre-soi confortable et être déconnectés de la réalité quotidienne de la population péruvienne.

Comment s’est passée ta fin de mission ?

La fin de mission s’est bien passée : il s’agissait d’une décision personnelle de rentrer après 4 ans sur place. Comme beaucoup de petites associations locales, Qosqo Maki rencontre des difficultés quotidiennes pour survivre, et les petites équipes permanentes sont sans cesses sollicitées : il me semblait donc important de laisser ma place à de nouvelles énergies pour reprendre le flambeau. Je me suis préparée et faite à l’idée du retour tout au long de ma dernière année de mission.

Une fois celle-ci terminée, j’en ai profité pour voyager quelques semaines en Amérique Latine pour appréhender d’autres réalités avant de rentrer en France et de commencer à chercher un emploi. J’ai trouvé rapidement du travail à mon retour, cette fois au siège d’une association, ce qui me permet de découvrir d’autres problématiques, mais en aillant toujours dans un coin de la tête l’expérience terrain du VSI.

Au final, que retiens-tu de cet engagement de 4 années ?

On peut dire que cette expérience m’a fortement façonné personnellement et professionnellement. Elle m’a donné les clés et la confiance nécessaire pour dépasser une sorte d’auto-censure qui m’interdisaient de m’orienter professionnellement du côté des ONG, et a impulsé mon parcours d’engagement.

Quelles seraient tes recommandations pour celles et ceux qui souhaitent aussi s’engager dans leur carrière et leur vie personnelle via un SC ou un VSI ?

Tout d’abord, je pense qu’il est important de questionner les motivations qui nous poussent à nous engager dans un volontariat à l’international, et la posture à adopter une fois sur place. Cela permet d’aller au-delà de la simple volonté « d’aider » (aussi louable soit-elle). En effet, si on ne réfléchit pas à ces questions en amont et qu’on ne se prépare pas suffisamment, le risque est d’avoir un impact négatif sur les projets, la structure et les personnes accompagnées.

Il est également vivement recommandé de bien se renseigner en amont sur la situation politique, sociale et économique du pays, car elle façonnera notre expérience à l’international. La tolérance, l’ouverture et le respect sont bien évidemment de mise et il ne faut pas oublier d’enlever ses « lunettes interculturelles », au risque sinon de juger des situations avec notre vision occidentale.

Différents types volontariats existent, correspondant à des missions et durées différentes et pouvant donc répondre aux besoins et envies de chacun. Pour une meilleure connaissance des réalités d’un pays, des associations fiables sur place et des missions proposées, il ne faut pas hésiter à bien se renseigner. Je conseille à tous de se tourner vers les antennes de France Volontaires ou encore vers La Guilde et ses anciens volontaires, qui peuvent grandement vous aiguiller.

En savoir plus sur l’Appel : https://lappel.org

VSI: Reconversion professionnelle pour l’éducation de jeunes

"Allier découverte d’une autre culture et d’un autre pays avec une mission très professionnalisante et un objectif louable, et c’est une très bonne opportunité !"

Un article de Lucille Caron, chargée de mission communication et VSI


En 2019, près de 30% des missions de VSI effectuées dans le monde ont porté sur des projets d’éducation et de formation.

Le partenariat entre l’association Enfants d’Asie et La Guilde est bien représentatif de cette tendance. En effet, les deux structures sont partenaires depuis 2008 et Enfants d’Asie déploie aujourd’hui une dizaine de VSI dans quatre pays différents pour appuyer ses actions.

Jérémy est un de ces VSI. Il s’est engagé comme Coordinateur Pays pour développer et encadrer les actions de l’association au Vietnam, il est le seul VSI dans ce pays pour Enfants d’Asie.

Jérémy, tu as commencé ce VSI à l’issue d’une reconversion professionnelle, peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? 

Jérémy devant ses bureaux, rencontré par Laure en mission terrain pour La Guilde en déc.2019

J’ai 34 ans. Après une école de commerce et des expériences professionnelles variées, j’occupais un poste de chef de produit dans l’informatique. Le poste était intéressant et l’entreprise très humaine ; mais il me manquait quelque chose malgré tout.

J’ai donc décidé de changer et j’ai passé 1 an en 2017 en Équateur puis au Népal en tant que professeur d’anglais bénévole, puis suis revenu en France en 2018.

J’ai décidé de me diriger vers des postes de coordination de programmes de développement et ai fait une formation dans ce domaine à l’IFAID, Pessac. L’année dernière, j’ai étudié la théorie ; cette année, je passe à la pratique au travers de ma mission en VSI pour Enfants d’Asie. À l’issue de cette mission, j’aurais un mémoire professionnel à rédiger pour être diplômé.

Quelles sont les actions menées par EA en Asie ?

Enfants d’Asie est présente au Cambodge, Laos, Philippines et Vietnam. Elle accompagne plus de 10 500 enfants issus de familles très pauvres. L’association subvient à leurs besoins de base et assure leur scolarisation et formation jusqu’à leur insertion professionnelle.

Au Vietnam, nous sommes présents depuis 1995 et nous soutenons avec nos partenaires locaux plus de 2 200 enfants à Ho Chi Minh ville, dans le Delta du Mékong et dans les hauts plateaux ; principalement au travers de programme de distribution de bourses scolaires et de suivi social des familles. Enfants d’Asie envoie des VSI sur place depuis seulement quelques années. Il y a donc différentes de choses à mettre en place ce qui rend la mission très intéressante. Je travaille sur place avec Thuy, qui s’occupe à la fois du suivi social de ce certains bénéficiaires et qui m’assiste beaucoup, notamment sur toutes les démarches administratives.

Le centre d’accueil de La Maison d’Amour à Thu Duc a pour but d’offrir un espace de proximité accueillant et divertissant aux enfants vulnérables. Enfants d’Asie soutient leurs besoins essentiels et assure leur éducation jusqu’à leur insertion professionnelle. Le centre d’accueil accueille 70 enfants d’âges différents. © Young Wild Travelers. Oct.2018

Pourquoi as-tu choisi ce poste ?

Le poste de coordinateur pays pour Enfants d’Asie était pour moi la suite logique de ce parcours. De par mes précédentes missions à l’étranger, j’étais très attiré par le thème de l’éducation. J’avais également eu de très bons échos desactions d’Enfants d’Asie dans le cadre de ma formation et j’avais à cœur pour mon premier poste dans ce domaine d’intégrer une structure à la fois professionnelle et avec des valeurs humaines fortes. Enfin, le poste m’a paru passionnant ; très riche et avec beaucoup de défis à relever.

Quelles sont tes missions ?

Étant le seul VSI sur place, mes missions sont très variées et je touche un petit peu à tout. Les 3 grands axes de mon poste sont :

  • Le suivi des partenaires et programmes existants : cela va du suivi financier à la rencontre des bénéficiaires. Les programmes ont pour objectif de s’assurer que les enfants aient toutes les cartes en mai pour se construire un avenir meilleur.
  • Le développement de nouveaux programmes : actuellement, nous travaillons à développer 3 nouveaux programmes qui visent à distribuer des bourses scolaires à des familles défavorisées dans différents districts d’Ho Chi Minh ville. Nous discutons avec différents partenaires locaux et espérons pouvoir démarrer ces programmes dès la prochaine rentrée scolaire.
  • La recherche de fonds auprès d’entreprises implantées au Vietnam.
Enfants du centre d’accueil à la Maison d’Amour de Thu Duc.
© Young Wild Travelers. Oct.2018

Tu n’avais pas d’expérience précédente en Asie. D’un point de vue personnel, comment se passe ton intégration sur place ? Quels sont les aspects interculturels à prendre en compte ? 

Je n’avais pas d’expérience en Asie du sud-est effectivement. J’avais vécu 3 mois au Népal mais la situation est assez différente ici. Mon intégration se passe très bien. Les gens sont très disposés à aider. De plus, Ho Chi Minh ville est une très grande ville avec tout à disposition. Là-dessus, il y a finalement peu de décalage par rapport à la France.

C’est surtout les différences culturelles que j’observe, et je dirais que la plus notable est le fait que les gens ne veulent pas perdre la face. La plupart des gens avec qui je travaille préféreront ne pas répondre que de dire une chose dont ils pensent qu’elle les mettra en porte-à-faux

Y a-t-il un décalage entre la réalité de la vie sur place et tes attentes vis-à-vis de l’expatriation ?

Assez peu. D’une part je n’avais pas énormément d’attentes, probablement car ce n’est pas la première fois que je vis à l’étranger. D’autre part, la vie sur place et la mission m’avaient été très bien décrites avant mon départ, notamment au travers des 2 jours de préparation que j’avais eu au siège d’Enfants d’Asie.

Ton bilan personnel et professionnel ?

Cette expérience est très enrichissante. Les programmes soutenus et menés par Enfants d’Asie apportent une aide précieuse à beaucoup de familles. C’est un engagement sur le long-terme que l’on peut mesurer en rencontrant de nouveaux diplômés soutenus dans l’accès à l’éducation depuis leur plus jeune âge. Récemment, nous avons aussi eu la chance d’avoir le témoignage de plusieurs anciens bénéficiaires de notre programme de Fondation Étudiante. L’une d’entre elles avait, après son diplôme, créé sa propre entreprise, projet qui lui tenait à cœur depuis des années et malgré une pression familiale forte en sa défaveur.

Enfants d’Asie soutient plusieurs pensionnats dans la région des Hauts Plateaux, qui accueillent des jeunes filles, principalement issues de minorités ethniques et de villages éloignés, notamment dans les alentours de Pleiku. Au mois d’août, nous avons rendu visite à tous les pensionnats et avons visité un village d’une des minorités ethniques dont sont issus plusieurs étudiants.
© Jérémy Péréon. Août.2019

Et puis, les missions sont variées et intéressantes et c’est passionnant de découvrir un pays comme le Vietnam.

Mon seul regret pour le moment est de ne pas être parvenu à développer autant que je l’aurais souhaité de nouveaux programmes ; les complexités administratives ici étant un frein non négligeable. Il me reste malgré tout plusieurs mois pour y parvenir !

Sais-tu déjà ce que tu souhaites faire à ton retour en France ? Le VSI a-t-il aidé en cela ?

1 mois de randonnée ! Je n’ai rien de prévu à plus long terme, peut-être une autre mission à l’étranger mais rien n’est décidé.

Dans le cadre de ma formation à l’IFAID, j’aurais un mémoire professionnel lié à ma mission à rédiger puis soutenir entre septembre et décembre.

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Des conseils pour les futurs volontaires ? Un mot pour celles et ceux qui hésitent à partir ? Des recommandations ?

C’est une expérience que je conseillerais à tout le monde au moins une fois. Allier découverte d’une autre culture et d’un autre pays avec une mission très professionnalisante et un objectif louable, et c’est une très bonne opportunité !

Je pense qu’il ne faut pas en revanche idéaliser complètement la mission ; comme dans toute expérience, il y a des points positifs et négatifs et il faut y être préparé. Mais globalement, ça restera toujours une belle expérience.

A la rencontre des VSI à Madagascar

Itinéraire des activités de La Guilde et ses partenaires à Madagascar, à travers le témoignage de 8 VSI

Un article de Lucille Caron, chargée de mission communication et VSI


Carnet de missions : Venez à la découverte des projets portés par les VSI de La Guilde à Madagascar ! Éducation, santé, accès à la formation et agro-écologie, en 2019, 33 VSI étaient présents auprès de 16 organisations.

Chaque année, les équipes du pôle VSI de La Guilde se rendent à la rencontre des volontaires pour récolter des informations sur leur mission, et effectuer un suivi in situ. En moyenne, ce sont 6 déplacements par an qui sont effectués, et fin 2019 c’est Lucille, Chargée de Mission VSI sur la zone Afrique, Océan Indien et Amérique Latine, qui s’est rendue 10 jours à Madagascar.

Elle a pu rencontrer 20 volontaires, sur les 33 que comptait alors La Guilde sur l’Île Rouge.

A l’occasion de cette mission terrain, nous vous proposons de découvrir le carnet interactif du voyage de Lucille, avec à chaque étape des rencontres vidéo ou des témoignages des VSI !

Cliquez ici

Vous avez envie de connaître nos partenaires, les missions proposées, les parcours des VSI ? Ce carnet de voyage est fait pour vous !

Rendez-vous au fil de nos témoignages pour en savoir plus.

Merci à Julian, Marina, Cécile, Amandine, Althéa, Christine, Sylvain et Eric pour leurs témoignage, ainsi qu’à tous ceux qui ne sont pas passés par la caméra, pour leur accueil, leur conseil et leur disponibilité!

A très bientôt

https://www.myatlas.com/LaGuilde/vsi-madagascar-2019

Plongée dans la frénésie de la vie du bidonville de DJ Halli avec Juliette

Témoignage de Juliette Cesvet, VSI pour LP4Y en Inde

Un article de Lucille Caron, chargée de mission communication et VSI


Juliette est partie en VSI en Inde avec l’organisation Life Project 4 Youth (LP4Y) en février dernier, accompagnée de son frère Quentin (nous avions également réalisé le témoignage vidéo de Quentin). Aujourd’hui, tous deux travaillent dans des centres LP4Y distincts et des villes différentes.

Plongée dans la frénésie de la vie du bidonville de DJ Halli à Bangalore, Juliette travaille sur le développement de projets digitaux pour LP4Y et accompagne au quotidien avec 2 autres volontaires une équipe de 25 jeunes femmes en situation de grande pauvreté et victimes d’exclusion.

Juliette est passionnée par sa mission, les jeunes, la communauté et la vie qu’elle a découvert à Bangalore et je vous mets au défi de ne pas vouloir faire vos bagages et vous envoler pour l’Inde à la lecture de son témoignage plein de couleur et d’énergie !

“Voici 7 mois que je suis en mission à l’autre bout du monde avec l’ONG Life Project 4 Youth (LP4Y) et il est grand temps pour moi de vous donner quelques nouvelles 🙂

Je suis donc arrivée en Inde début février et nous avons commencé l’aventure par une formation de 15 jours dans le centre LP4Y de New Delhi, avec tous les nouveaux volontaires de l’ONG. Pour la plupart d’entre nous, nous découvrions New Delhi pour la première fois, cette ville qui bourdonne et où règne une incroyable frénésie mêlant klaxons, pollution et saleté, mais aussi odeurs d’épices, couleurs vives et sourires d’enfants. Marquée par le chaos de cette ville, je me souviens très bien des premiers jours : intenses, bouleversants, parfois déroutants.

Lors de cette formation, la journée qui m’a le plus marquée était lorsque nous avons passé nos premières heures dans un des bidonvilles de la ville appelé “Tigri”, réputé pour sa grande misère. Par groupe de 4 volontaires, nous partions à la rencontre des communautés qui y vivent, un seul mot d’ordre pour cette sortie peu courante : OSER. Au départ, nous partions quelque peu dubitatifs quant à cette démarche peu banale de se balader dans ces petites rues étroites, au milieu des tôles et des chiens errants, à la rencontre de familles qui ne sont guère habituées à de la visite, et encore moins à nos petites têtes blanches ! Pour ces indiens qui vivent dans une grande pauvreté, la rue fait office de maison à ciel ouvert, c’est ici que se passe la plupart de leurs activités quotidiennes : se laver, cuisiner, échanger. De par leur promiscuité, les familles qui vivent dans ces bidonvilles sont devenues de vraies communautés où chacun se connaît, s’épaule, s’entraide (ou parfois se dispute à la Bollywood style !). Il y règne une grande misère mais à la fois une grande humanité. Lors de notre passage, nous croisons leurs regards étonnés, presque méfiants pour certains, mais lorsque nous leur sourions avec notre plus beau “Namaste” (Bonjour en Hindi), leurs visages fermés s’illuminent soudainement. D’autres, plus curieux et hardis, viennent eux-mêmes vers nous, nous posent une montagne de questions et nous font découvrir là où ils vivent. Le soir venu, nous nous retrouvons avec tous les volontaires pour partager nos ressentis, nos rencontres et nos aventures : tous ébahis, épuisés mais enchantés de cette journée mémorable !

Après New Delhi, direction Bangalore ! Dans le sud de l’Inde, là où je passe la majeure partie de ma mission. Le centre de Bangalore venait d’être aménagé le jour de notre arrivée. Encore en travaux, nous posions donc nos valises au milieu de la poussière, des cartons, de la peinture fraîche et… des cafards ! Première nuit : extinction d’une quinzaine de cafards dans la cuisine, histoire de nous mettre direct dans le bain 😉  

Durant les premières semaines, nous n’avions pas l’eau courante, nous prenons conscience de sa valeur inestimable; cette eau qui coulait à flot chez nous devient ici une denrée rare et précieuse. La vaisselle, les toilettes, se laver les dents, les mains et quelques vêtements, des gestes simples presque mécaniques en France, prennent ici une toute autre dimension. Heureusement, volontaires inventifs que nous sommes, toutes les astuces sont bonnes pour contrer cette absence : un petit resto indien pour aller aux toilettes, une session à la salle de sport pour profiter de la douche et des bidons d’eau achetés dans la rue pour le reste. Aujourd’hui l’eau (froide bien sûr) est revenue mais nous avons encore souvent des coupures d’eau et d’électricité.

Les jours passant, notre centre s’aménage petit à petit, nous sortons les cartons, nous allons faire quelques courses… notre “chez-nous” commence à avoir bonne mine. Pour les chambres, bien qu’on ai la chance d’avoir chacun la sienne on ne se bat pas : l’une était encore occupée par un travailleur du chantier pendant la durée des travaux, la 2e est accolée à une décharge et la 3e baignée dans l’ombre n’a pas de fenêtre. J’opterais pour la chambre sans fenêtre, la plus isolée des bruits ambiants qui font le charme de notre tumultueux bidonville. Notre espace de vie est situé au rez-de-chaussée, au 1er étage se trouve les salles de training pour les Jeunes et au 2e étage, cerise sur le gâteau : nous avons la chance d’avoir un magnifique rooftop qui donne une vue 360° sur la communauté, nous y organisons volontiers toutes nos réceptions LP4Y mais aussi nos cours Yoga matinaux et autres séances lecture dans le hamac 😉

Le bidonville dans lequel nous vivons est à forte majorité musulmane, nous sommes d’ailleurs entourés de 4 mosquées… autant vous dire qu’on ne peut pas louper l’appel à la prière ! D’ailleurs, je me réveille dorénavant naturellement tous les jours à 5h du matin, bercée par les chants (cris ?) des muezzins avoisinants. J’affectionne particulièrement le quartier vivant et animé dans lequel nous vivons et où fourmille enfants, rickshaw, scooters, vaches/chèvres et autres animaux que l’on retrouve fréquemment dans les bidonvilles. Je m’y sens comme à la maison. Imaginez-vous… un endroit où tout le monde est heureux de vous voir ! Quand j’arrive dans la rue qui mène à notre centre je croise des sourires d’enfants, des “Hello” et “Hi m’mam” par dizaines, c’est comme une grande famille qui est toujours heureuse de vous retrouver. 

Il y a un moment que j’apprécie particulièrement ici : certains soirs, après une journée intense au centre, je sors me balader, armée de mon appareil photo, dans les rues entremêlées de notre bidonville pour rencontrer les familles, jouer avec les enfants, boire un chai (thé indien). Je me suis découvert une passion pour la photo et l’Inde est tout simplement le paradis de la photo (Je publie mes photos ici). Les Indiens adorent se faire tirer le portrait, quand je leur imprime et leur remet leur photo… une grande fierté illumine soudain leur regard. 

Je me souviens de ma première balade dans le slum (bidonville) où l’on habite comme si c’était hier. Nous étions parti en petite équipe avec les jeunes de notre centre en “session de recrutement” : il s’agit de se balader dans différents quartiers du slum pour aller à la rencontre des familles afin de faire connaître l’existence de notre ONG. Je n’avais pas encore les bons réflexes et avais oublié ma bouteille d’eau, malgré une chaleur écrasante… fatale erreur ! Après 2h de marche et d’échange avec la communauté, le manque d’eau pointa le bout de son nez, j’avais la tête qui tournait et mes jambes commençaient à se défiler. Je me suis doucement retirée de ma petite équipe qui ne se rendit compte de rien, pour aller m’adosser à un mur un peu plus loin et reprendre mon souffle… quand soudain un petit papi sorti de nulle part me pris sous son aile, d’un naturel surprenant. Sans rien demander, il m’emmena chez lui pour que je puisse m’allonger sur une natte colorée qu’il installa à mon attention au milieu de cette petite pièce sombre qui faisait office de maison. Il rapprocha un ventilateur de fortune près de moi et ni une ni deux, parti acheter un jus de fruits (bien sucré !) pour m’en abreuver afin que je reprenne des forces. Cette attention spontanée à mon égard m’a beaucoup touchée… notre slum est plein de rencontres riches et inattendues !

C’est donc dans ce bidonville qu’est implanté notre centre, c’est-à-dire là où je vis et travaille tous les jours de la semaine, avec 2 autres volontaires LP4Y. Notre ONG LP4Y, qui soutient l’insertion professionnelle et sociale de jeunes en situation de grande pauvreté et victimes d’exclusion, a donc mis en place ces “Life Project Centers” dans 6 pays en Asie, ils offrent un cadre rigoureux d’apprentissage et de véritables espaces de vie pour les jeunes. L’objectif de notre équipe de volontaires est de redonner confiance aux jeunes, avant de leur permettre de se familiariser avec le monde professionnel et d’acquérir les compétences nécessaires à l’obtention d’un emploi. 

À Bangalore, nous accompagnons une incroyable équipe de 25 jeunes femmes musulmanes. Leur sympathie et leur affection fait qu’on s’y attache très rapidement. Malgré cela, je dois vous avouer que les premières semaines j’ai eu beaucoup de mal à me rappeler de leurs prénoms, semblables à souhait : Salma, Seema, Sadya, Saba, Sara, Saniya, Sakeena… Pourtant, j’y mets un point d’honneur ! Mais quand soudain, elles remettent leur burqa intégrale, je perds tous mes repères et n’ai plus que la pupille de leurs yeux pour les démasquer … un vrai challenge.

Ce petit groupe énergique de jeunes femmes rythme notre quotidien, Elodie et Aurélie leurs coachs, innovent de jours en jours pour leur transmettre tous les rudiments du business, toujours dans le cadre de LP4Y, la convivialité et la responsabilisation des jeunes. Pendant 9 mois, du mardi au samedi de 9h à 18h, nous accueillons ces jeunes femmes dans notre centre pour des formations d’anglais, d’informatique et de communication professionnelle ; elles se familiarisent également avec le monde de l’entreprise à travers la gestion d’une micro-activité et participent à des visites d’entreprises, des témoignages de femmes entrepreneurs, des événements divers… autant d’initiatives qui font la recette secrète et le succès de ce mouvement basé sur l’entrepreneuriat et la découverte du monde professionnel.

Pour ma part, je travaille essentiellement sur le chantier digital, un nouveau projet stratégique pour LP4Y. Partagée entre les jeunes et les emails, mes journées sont plutôt bien remplies. Ma mission comporte plusieurs piliers : le premier a été de faire en sorte que tous nos centres en Asie soient équipé d’une salle informatique avec des ordinateurs neufs. Aujourd’hui, c’est 18 centres en Asie qui ont été équipés permettant à plus de 700 jeunes de se former à l’utilisation des nouvelles technologies (la plupart d’entre eux n’avaient jamais touché un PC de leur vie). J’ai également eu pour mission de développer une offre digitale afin de permettre à ces jeunes d’acquérir une identité numérique (un email professionnel, un espace de stockage en ligne…) tout en leur apprenant les basiques : écrire un email, organiser leurs documents etc. Enfin, nous nous lançons depuis peu dans un projet à plus long terme : le développement d’une application de e-learning qui vise à digitaliser nos contenus, développer et piloter la formation de jeunes exclus (même en zones reculées) ainsi que celle des volontaires sur le terrain. En parallèle de ces projets qui sont les grands chantiers de ma mission, je suis également responsable de plusieurs partenariats à Bangalore (Microsoft, KPMG, Capgemini…) autant d’entreprises qui sont un soutien indispensable pour l’organisation et le développement de nos centres.

En termes de conditions de travail, ici on se forge une certaine capacité à travailler au beau milieu d’une frénésie quotidienne (c’est peu dire) : l’ambiance animée des rues de notre bidonville, les constantes exclamations des jeunes bien énergiques sans oublier bien sûr l’inconditionnel appel à la prière musulmane qui résonne en bruit de fond et rythme nos journées. Il y a toujours un voisin qui passe ou une mère de famille, le plombier qui vient réparer notre filtre à eau, l’architecte qui s’invite à la fête ou le proprio qui se retrouve comme par magie au beau milieu de notre salon (sans toquer à la porte bien sûr)… bref, ça change des open space calmes, spacieux, propres et climatisés de Microsoft ! Alors parfois, pour le bien de mon cerveau quelque peu éreinté, je m’autorise une petite sortie dans un café, au vert, pour travailler au calme dans une ambiance détendue… et avec du wifi qui fonctionne ! Je retrouve alors tout le plaisir du travail efficace et de la productivité.

Au-delà des formations, de riches moments marquent la vie de notre centre. Les cérémonies de “graduation”, l’occasion de remettre à chacune leur diplôme attestant qu’elles gravissent des échelons dans leur apprentissage. Le samedi midi c’est “Lunch Together”, l’occasion de partager nos recettes indiennes et françaises, découvrir de nouveaux plats et faire un point sur la semaine passée ensemble. 

Les jeunes femmes de notre centre ont toutes entre 17 et 24 ans, mais assument déjà une vie souvent bien compliquée. Elles vivent dans une grande précarité, parfois sans parent ou jeunes mamans plus tôt que prévu : l’une d’entre elle, mariée de force à 14 ans est tombée enceinte la même année et se retrouve donc mère d’un enfant de 6 ans, à 21 ans, avec un mari qui mène une double-vie ailleurs avec une autre femme. Dans notre communauté les femmes ne sont malheureusement pas considérées égales aux hommes, elles peuvent rarement sortir seule dans la rue, sont mariées souvent très jeunes et restent pour la plupart cloîtrées chez elles toute la journée (dans un 5m² sans fenêtre) sans accès à l’éducation (elles n’ont jamais entendu parler de Beethoven, du 11 septembre, des Beatles ou encore du réchauffement climatique…).

Malgré ces histoires qui font le quotidien de ces jeunes, notre rôle est de garder une certaine partialité et une distance nécessaire, pas toujours facile à prendre quand on connaît leur histoire. Nous essayons de nous concentrer sur notre mission et le but ultime pour ces jeunes qui suivent le programme : trouver un emploi. Nous les accompagnons bien sûr dans cette démarche : simulation d’entretien d’embauche, création d’un CV, d’une lettre de motivation. Un moyen certain pour elles de gagner leur indépendance, aider leur famille financièrement et envisager un avenir plus prometteur.

Ce qui m’impressionne le plus chez LP4Y et m’a marqué dès les premières rencontres avec les Jeunes de nos programmes c’est le chemin qu’ils parcourent, leur motivation étant d’ailleurs LE critère d’entrée dans le programme. A leur arrivée, la plupart d’entre eux ne parlent pas un mot d’anglais, n’osent pas nous regarder dans les yeux, prendre la parole ou simplement sourire. 9 mois plus tard, à la fin de leur cursus LP4Y, ces jeunes sont transformés, ils nous serrent la main avec toute leur conviction, le regard sûr et le sourire serein. C’est incroyable d’être témoin de cette transformation.

Mais on se rend vite compte qu’il n’y a pas que les jeunes qui sont dans un processus de transformation. On réalise ici, à travers notre expérience de volontaire, qu’avec la volonté d’apprendre et l’acceptation d’être bousculé, on vit alors une expérience inoubliable qui nous transforme à vie; nécessitant une petite dose de curiosité, d’ouverture d’esprit et pour sûr en Inde… de lâcher prise. C’est aussi une des premières fois de ma vie où je prends un peu de temps pour moi: je passe des heures à lire (j’ai lu une 15aine de livres depuis mon arrivée, avant il me fallait 5 ans pour en lire autant !), je me suis lancée dans la photo et j’ai récemment découvert la médecine ayurvédique… autant de choses que je ne me laissais assez peu le temps de découvrir avec le rythme effréné de ma petite vie parisienne. Passionnée par les voyages, j’ai également eu la chance de voyager en Inde (bien sûr), aux Philippines et au Vietnam pour mener à bien ma mission. Enfin, je réalise à quel point mon épanouissement personnel ici prend le dessus sur le matériel et combien cette expérience nous fait reconsidérer certains acquis, je prends conscience de la chance que j’ai d’être libre, indépendante et d’avoir une reçue une telle éducation.

J’ai encore tant de choses à vous raconter ! Mais je vais m’efforcer de m’arrêter là, au risque de vous perdre pour de bon”  

Juliette à remporté en décembre 2019 le 3ème prix pour une de ses photos, soumise au concours du REG, le Réseau des Engagés de La Guilde

Envie d’en savoir plus sur LP4Y ? De nombreux autres témoignages sont disponibles ici

Quatre ans de VSI et une vie dédiée à la protection du massif du Makay

Témoignage de Bernard Forgeau, VSI pour Naturevolution à Madagascar

©B.Forgeau

Un article de Lucille Caron, chargée de mission VSI et communication


Cette année, la jeune militante écologiste Greta Thunberg a été désignée comme la personnalité de l’année par le magazine américain “Time”. L’occasion de mettre en avant les VSI dont les missions œuvrent à la préservation des écosystèmes et à la réduction des impacts négatifs de l’Homme sur son environnement.

C’est le cas de la mission VSI de Bernard.

Il ne s’en cache pas, Bernard est un amoureux du Makay, ce massif situé au Sud-Ouest de Madagascar et qui constitue une des 11 priorités mondiales en matière de préservation de la biodiversité. Tout au long de sa vie et via quatre ans et demi de VSI avec l’association Naturevolution, il s’est fait l’ambassadeur de cette surface unique, et s’est engagé corps et âme à la protéger.

Leur ambition ? Créer la Nouvelle Aire Protégée du Makay en association avec l’État de Madagascar.

La fin de son VSI est l’occasion pour Bernard de revenir sur le chemin parcouru, et de faire le point sur les nouveaux défis entourant la protection du massif.

Prises de vues du Makay ©B.Forgeau

Genèse du projet : la rencontre du Makay

J’ai passé ma jeunesse dans l’ouest de la France entre une scolarité durant laquelle je m’orientais vers les métiers de la vigne et du vin, puis une formation de sauveteur en mer.

Après quelques participations bénévoles dans les milieux associatifs, c’est à 27 ans que je me suis engagé dans ma première vraie mission de solidarité internationale à caractère médical, dans l’Océan indien en général et à Madagascar majoritairement. Je me suis rapidement passionné pour ce pays et pour sa population. Ma curiosité m’a conduit à sillonner la brousse, j’y ai fait mes découvertes qui alimentaient toujours plus ma passion. En 1992, dans le sud-ouest de Madagascar alors que je descendais en pirogue le fleuve Mangoky, j’ai aperçu pour la première fois le massif du Makay. Des milliers de kilomètres de canyons, un véritable labyrinthe d’une superficie de 4 000 km2 qui était totalement inhabité, un eden constitué d’une nature luxuriante et très abondante. Deux ans plus tard, j’y emmenais quelques amis avec lesquels nous avons trouvé nos premières peintures rupestres dans une grotte et dans un abri sous roche.

©B.Forgeau

En 1996 alors que je guidais un présentateur de documentaires télévisés à la rencontre d’un groupe de nomades dans la forêt Mikea, j’ai eu l’occasion de lui parler de ce massif et de ses communautés installées dans les villages du pourtour. Six ans plus tard, j’acceptais d’encadrer le tournage d’un autre documentaire dans le massif et ce fut la première occasion d’évoquer ensemble notre souhait de solliciter l’Etat malgache pour créer une aire protégée du Makay.

Organisation en France et à Madagascar du groupe de protection : naissance de Naturevolution 

…cinq ans après la diffusion de cette émission, je fus contacté par un jeune vidéaste amateur qui souhaitait se rendre dans le Makay et refaire un nouveau documentaire traitant d’une expédition scientifique dans le massif. En 2011, il réalisa son film et il créa en France l’association Naturevolution qui se déclarait vouloir « sauver les mondes perdus ».

L’association affichait la volonté de reprendre l’idée de créer l’aire protégée du Makay. Mais le manque de connaissance du contexte, de la culture et des populations locales pénalisait le démarrage du projet. En 2013, le président de Naturevolution me sollicita pour créer une structure de droit malgache ayant la capacité de faire les démarches de mise en protection des 400 000 ha du Makay auprès du gouvernement et des populations locales.

©B.Forgeau

Durant ma mission à Madagascar, Naturevolution France a organisé des campagnes médiatiques afin de récolter des fonds pour aider au fonctionnement de l’association malgache, principalement à travers la mise en place d’un programme de missions d’écovolontariats.

Tout le monde relève ses manches : être VSI pour faire bouger les lignes

Ma première mission, en décembre 2014, a été de créer une association de droit malgache, d’obtenir la reconnaissance et l’agrément du ministère de l’environnement (malgache) et la nomination de promoteur du projet de création de la Nouvelle Aire Protégée du Makay.

J’ai présidé cette association jusqu’au mois de février 2019.

Sur le terrain auprès des communautés locales, j’ai dû mettre en place les consultations publiques et les réunions de sensibilisation, initier des Activités Génératrices de Revenus, organiser le développement des activités touristiques, encadrer les missions écovolontaires et les expéditions scientifiques… et ainsi mettre en place un programme de gestion de la Nouvelle Aire Protégée.

J’encadrais également des étudiants, des stagiaires, des volontaires ou des chercheurs qui m’assistaient sur le terrain.

©B.Forgeau

Une connaissance indispensable du terrain : comment la mission grandit en soi 

Pour initier et porter un projet aussi ambitieux dans une des zones les plus reculées de Madagascar, il faut préalablement bien connaitre les populations avec lesquelles nous allons travailler et il faut obligatoirement parler leur dialecte pour éviter toutes incompréhensions. Il faut bien entendu être militant et passionné pour la protection de l’environnement mais surtout pour le développement social et économique des communautés locales, savoir les écouter et préserver leurs savoirs et leur culture.

La mise en protection d’une superficie aussi importante ne peut se concevoir depuis l’étranger ou même depuis les capitales ou zones urbaines, il faut vivre, connaitre et comprendre le quotidien de ces communautés locales pour prétendre apporter ses compétences à un projet aussi enclavé.

Et maintenant ? Bilan personnel de Bernard à l’issue de sa mission

Je ne peux plus être objectif avec Madagascar car j’avoue une véritable passion pour ce pays et sa population.

©B.Forgeau

Madagascar est avant tout une île, donc exempt de frontière à défendre. Le temps a permis à la culture traditionnelle de codifier les potentiels rivalités et les conflits à l’intérieur du pays, l’isolement de chaque ethnie, de chaque groupe ou région en fait un véritable archipel d’isolas à l’intérieur du même pays, la Grande Ile. Il est évidemment regrettable que les élites qui établissent les alliances bradent les richesses malgaches à des étrangers peu scrupuleux…Madagascar est tristement parmi les pays les plus pauvres de la planète.

Le statut de VSI m’a permis de me consacrer pleinement au projet, mon plus gros regret est de partir trop tôt car entre l’initiative de création, les démarches administratives, les consultations publiques, l’accréditation et la confiance des communautés, le maillage du réseau de partenariats… pour arriver à la mise en place du programme d’aménagement et de gestion de l’aire protégée il m’aurait fallu je pense encore plusieurs années.

Cet engagement de quatre ans et demi en VSI restera une très belle période de ma vie, elle m’aura permis de concrétiser et de me consacrer à temps complet pour un projet très ambitieux qui me tenait très à cœur, pour lequel je me suis passionné et j’ai tout donné. J’aurais souhaité continuer et accompagner ce projet pour avoir le temps de constituer des équipes compétentes et motivées auxquelles j’aurais pu transmettre la gestion de l’aire protégée.

©B.Forgeau

L’environnement est un enjeu prioritaire dans notre société si certains l’ont intégré et militent pour améliorer la protection de la biodiversité, la conservation ou la sensibilisation, d’autres ont trop bien compris le pouvoir économique et politique qu’on peut acquérir en gérant de telle grande superficie au nom de la préservation de la planète.

 

 

Aujourd’hui et demain : engagé pour la vie avec le Makay ?

Je vais avoir besoin d’une période de transition, on ne quitte une implication entière et un attachement aussi fort à la réussite d’un projet sans mélancolie. Cette longue mission et les rencontres qu’elle a engendrée n’ont fait que conforter mon envie d’apprendre et de me perfectionner, j’ai conforté mon envie de solidarité aussi.

Le mot de la fin est un appel à l’action et à l’aventure :

Quand vous sentez une légère brise souffler dans le sens de la vie, un vent de curiosité qui vous emmènerait vers d’autres cultures, une envie de comprendre les autres et d’apporter un peu de son savoir et de son expérience… hissez la voile car c’est « l’appel du large ». Ce vent ne souffle pas tous les jours, profitez-en !

©B.Forgeau

 

Découvrez le Teaser du documentaire “Madagascar, expédition en terre Makay” de Naturévolution

 

Grand concours photo pour l’anniversaire du REG

La Guilde a organisé un concours photo réservé aux membres du Réseau des Engagés de La Guilde, à l'occasion des 1 an de sa création !

Un article de L'équipe du REG


Pour répondre à un besoin émanant de ses volontaires VSI et Service Civique, La Guilde Européenne du Raid a lancé le Réseau des Engagés de La Guilde (REG) en novembre 2018.

Le REG apporte un espace de valorisation de l’engagement et de partage d’informations pour échanger avant, pendant ou après leurs expériences de volontariat, aux près de 700 volontaires de longue durée déployés chaque année par La Guilde et ses partenaires.

A l’occasion de son premier anniversaire, le REG a organisé un grand concours photo sur le thème “Mon volontariat avec La Guilde”.

Seuls les membres du REG étaient invités à participer et soumettre une photo prise dans le cadre de leur mission et illustrant le thème…. Mais tout le monde a été invité à participer au vote !

Bravo au 3 lauréats de cet évènements :

1er prix – Axel Jumelin, ancien Service Civique et désormais VSI de La Guilde

Axel a choisi d’illustrer sa mission de service Civique pour l’association Eau et Vie avec ce cliché.

“En Côte d’Ivoire, l’ONG Eau et Vie œuvre sur la thématique de l’accès à l’eau et aux autres services de première nécessité. L’arrivée de l’eau dans les quartiers les plus démunis est toujours un événement marquant qui change le quotidien des familles, et restera à jamais dans les mémoires, même des plus jeunes.”

Axel avait également partagé un témoignage sur sa mission de VSI au Comores, à lire ici.

2ème prix – Jeanne Triol, ancienne Service Civique et désormais VSI de La Guilde

Jeanne met à l’honneur les enfants du centre vietnamien de l’association Enfants d’Asie dans lequel elle travaille dans le cadre de son VSI.

3ème prix – Juliette Cesvet, VSI de La Guilde

Juliette témoigne de son engagement en Inde avec Life Project for Youth.

Notre incroyable équipe de jeunes femmes Indiennes que nous accueillons tous les jours dans notre centre à Bangalore pour des cours d’anglais, d’informatique et de communication professionnelle avec l’ONG Life Project for Youth.

Découvrez le témoignage de Juliette sur son expérience haute en couleur en Inde.

Merci à tous les participants !

Retrouvez les légendes derrières les photos et commentez sur notre communauté

Envie de découvrir les missions VSI et Service Civique ? Lisez les témoignages des volontaires !

Axel, VSI en appui pour la gestion et le traitement des déchets sur la petite île de Mohéli

Le défi ? 400t de déchets déversés chaque jour sur une île de la taille de Marseille

Collecte des déchets à Nioumachoua © A.Jumelin

Un article de Lucille Caron, chargée de mission communication et VSI


Dans les pays d’intervention des VSI, la problématique de la gestion des déchets est de plus en plus importante, et elle devient même cruciale dans le cas de l’île de Mohéli, située dans les Comores et d’une taille presque 30 fois plus petite que la Corse !

Depuis 2006 l’association 2 Mains travaille pour la réduction des déchets et leur revalorisation sur les îles des Comores, entre Madagascar et le continent africain.

Axel est VSI, engagé en mission VSI depuis plus d’un an avec La Guilde et 2 Mains. A l’occasion de cette semaine spéciale, il nous parle de son travail en faveur de l’environnement et de l’autonomisation des villages insulaires pour la gestion des déchets, mais également de la particularité de sa mission, souvent méconnue des volontaires à partir en VSI : la spécificité de l’insularité pour s’expatrier.

Axel au milieu de la faune des Comores © A.Jumelin

2 Mains tire son nom de sa manière de travailler : l’association est en collaboration avec les acteurs locaux pour mettre en place et pérenniser ses actions. C’est cela qui t’a attiré auprès de cette organisation ?

Oui, la méthodologie participative est au cœur même de la spécificité des actions de 2 Mains : les projets sont définis suite à une demande locale puis développés en partenariat, en mettant l’accent sur la mise en place et le renforcement des synergies locales. Les activités visent à rendre les communautés actrices de leur développement et s’inscrivent donc dans la durée. En promouvant une démarche de développement durable et solidaire dans les domaines de l’eau, des déchets et de l’agriculture, 2 Mains contribue à la protection de l’environnement et à l’amélioration durable des conditions de vie des populations.

C’est convaincu par cette méthodologie que je rejoins l’ONG courant 2018, alors âgé de 25ans et diplômé d’une Licence en Géographie et Aménagement du Territoire, ainsi que d’un Master en Gestion de Projets de Développement en Afrique.
Cet engagement dans une mission de VSI s’inscrit comme une suite logique à mes précédentes expériences professionnelles en Côte d’Ivoire, à Madagascar, au Mali ou encore en Tanzanie.

Initié aux enjeux environnementaux mais aussi aux problématiques des services essentiels, cette aventure m’ouvrait les portes d’un contexte culturel nouveau, et me permettait d’acquérir une expérience de la gestion des déchets et de diversifier mes compétences professionnelles, tant en termes de thématique que de méthodologie de travail.

Cérémonie lancement projet Wanani. © A.Jumelin

Ayant déjà pris goût au travail de terrain, à l’Afrique et au monde des ONG, cette opportunité répondait à mes attentes en termes de montée en compétence dans le domaine des déchets, tout en pouvant apporter une plus-value sur un outil tel que la cartographie. Le tout, au sein d’une association dont je partage les valeurs.

En quoi ta mission participe-t-elle directement à l’assainissement et à la réduction des déchets sur l’île ?

L’Union des Comores est un petit état insulaire en développement (PIED), composé de 3 îles principales, situées dans le Canal du Mozambique, entre l’Afrique de l’Est et Madagascar.
Le projet pour lequel je suis actuellement en VSI se propose d’intervenir sur l’ensemble de l’île de Mohéli, plus petite île du pays avec 290km2 (à titre de comparaison, à peine plus que la commune de Marseille) et 50 000 habitants, le tout divisé en 24 villes et villages.
À défaut d’une gestion publique, les déchets solides sont soit abandonnés dans l’espace public (routes, trottoirs, caniveaux, rivières, plages) soit incinérés à ciel ouvert par les ménages. Les préjudices de cette carence de gestion causés à la santé et à l’environnement sont méconnus ou largement sous-estimés par la population. L’île étant en passe de devenir une Réserve de Biosphère de l’UNESCO (fin 2019-début 2020), la problématique des déchets apparait donc comme l’une des priorités sur le territoire.

En tant que Chargé de Mission, et s’agissant d’une ouverture de poste, mon rôle est de mettre en place l’ensemble de ce projet et de ses activités, ainsi que de le suivre et l’évaluer avec l’appui de mes responsables au siège de l’ONG. Ledit projet s’appuie sur trois piliers :

  • La mise en place d’une collecte régulière et efficiente des déchets ménagers ;
  • Le traitement de ces déchets, et quand cela s’avère possible, leur valorisation ;
  • La mise en place d’une « éco-taxe » afin de rendre le projet autonome et pérenne.
Collecte des déchets Nioumachoua © A.Jumelin

Les tâches afin de mener à bien ce projet peuvent s’avérer être très variées et me permettent de faire énormément d’opérationnel : prospections, identification des acteurs locaux, rencontres officielles, créations de plans d’actions ainsi que d’outils de suivi et de gestion, rédaction d’études d’impacts environnementaux et de campagnes de sensibilisation, appui technique (plans de chantiers, choix des équipements, caractérisation), cartographie, logistique du projet, suivi-comptable et business plans des villes et villages, communication, suivi des ressources humaines, … j’occupe un poste couteau-suisse !

 

Comment s’organise 2 Mains pour mettre en place ce projet ambitieux ?

A ce jour, le projet est déjà fonctionnel dans 8 villes et villages de l’île de Mohéli. En effet 3 Centres de Traitements des Déchets Villageois (CTV) ont pu être construits, des poubelles publiques installées, et des véhicules mis à disposition par l’ONG circulent selon des plannings adaptés aux besoins de chacun des villages.

Au niveau des CTV les déchets sont ensuite triés. La majorité peut être compostée et seule une infime partie est incinérée via des équipements adaptés. L’aluminium et autres déchets non incinérables sont stockés sur des sites sécurisés.
Le tout fonctionne aujourd’hui notamment grâce à une prise de conscience née des sensibilisations, ainsi qu’à la mise en place d’une « éco-taxe » villageoise permettant de couvrir les frais de fonctionnement que sont les salaires, le carburant, la maintenance des véhicules…

À titre d’exemple, le village de Nioumachoua, au Sud de l’île, peuplé de 500 foyers (soit environ 2500 habitants), s’est vu remettre 48 poubelles publiques, 2 moto-bennes (adaptées aux faibles largueurs des ruelles) qui circulent 5 jours par semaine, et dispose d’un CTV qu’il pourra par la suite partager avec deux villages voisins. L’emploi de 5 personnes au village a d’ores et déjà permis de collecter et traiter entre 25 et 30 tonnes mensuellement.

Expérimentation système levage et vidage poubelles Nioumachoua © A.Jumelin

Et d’un point de vue plus personnel, comment vis-tu ton expatriation aux Comores, et sur une île de la taille de celle de Mohéli ?

Ce VSI n’est pas ma première expérience de l’expatriation, mais c’est la première fois que je partais en ayant pris si peu de temps pour m’informer sur mon pays d’accueil. Je partais donc sans attente ni apriori, laissant place à la découverte.

Sensibilisation Nioumachoua © A.Jumelin

L’île de Mohéli compte seulement une dizaine d’expatriés, et mon équipe de 2 Mains est composée de 3 mohéliens. De ce fait, la rencontre interculturelle est donc évidente et indispensable !

Au quotidien, cette rencontre s’accompagne de beaucoup de d’inconnus, de surprises, et de codes à déchiffrer. D’autant plus qu’à mes yeux la culture comorienne parait plus proche du Moyen-Orient que de l’Afrique, car le pays est à 100% musulman, ce que je n’avais jamais expérimenté.  La culture mohélienne s’avère jusque-là relativement difficile à appréhender, à cheval entre traditions et modernité : les boubous se mélangent aux maillots de clubs de foot anglais, les orchestres locaux partagent les tracklists avec des rappeurs francophones. Toutefois, la population comorienne ayant l’opportunité de voyager, que ce soit pour le commerce ou les études, l’ouverture d’esprit et la connaissance de l’extérieur surpassent l’entre soi insulaire, et je tente pour ma part de m’intégrer et respecter la culture locale, même si j’ai du mal à obtenir beaucoup d’explications sur les pratiques et coutumes. Par exemple, cette année j’ai pratiqué mon premier ramadan ! Pas moyen de passer à côté dans une si petite communauté.

 

J’ai la chance de vivre dans un village de taille modeste, ce qui facilite les rencontres. Ayant à travailler pour le compte de l’ONG dans ce village (bénéficiaire du projet pilote), je sens également que le regard des habitants et leur volonté à m’intégrer ont évolués positivement à mesure que les activités du projet se mettaient en place et se renforçaient. On est passé du simple “Assalamu alaykum” à l’invitation à déjeuner.
Ces rencontres avec les habitants du village ont donc été plus longues et difficiles à se faire, mais je dois avouer que je les trouve également moins superficielles que ce à quoi j’ai pu être confronté auparavant.

Point de vue sur l’île © A.Jumelin

Chaque expatriation est une nouvelle aventure, il est important de repartir de “zéro” et ne pas s’envoler en pensant qu’on “sait” comment se passe une telle expérience. Mais chacune de ces rencontres, qu’elle soit plus ou moins facile, plus ou moins réussie, reste une belle opportunité et vous changera. Je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans l’aventure à votre tour !

Axel JUMELIN – Chargé de Mission Gestion Durable des Déchets, 2 Mains, Île de Mohéli, Comores. 11/2019

Plus d’informations sur l’association 2 Mains
Découvrez ici le programme de la semaine européenne de la réduction des déchets : SERD 2019 en France


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“World Toilet Day” : Quelle réponse du VSI ?

Témoignage de Morgane Licata, VSI pour Eau & Vie au Bangladesh

Morgane lors de la journée Water & Life Bangladesh © Eau et Vie

Un article de Lucille Caron, chargée de mission communication et VSI


A l’occasion du “World Toilet Day” ce 19 novembre, nous revenons sur l’action de notre partenaire Eau & Vie grâce au témoignage de Morgane, VSI au Bangladesh.

L’importance d’avoir un accès à un système de toilettes et d’assainissement fonctionnel est reconnu par l’ONU depuis 2013 comme un enjeu international, alors que 2,4 milliards de personnes (environ 1 personne sur 3) n’ont pas accès à un assainissement amélioré, et qu’un peu moins de 1 milliard continue à déféquer en plein air (note de l’UNICEF de 2015).

Le « World Toilet Day », c’est l’occasion de revenir sur l’importance de l’enjeu de l’assainissement, et sur le travail des ONG et autorités locales en la matière.

Morgane et les équipes motivées de E&V lors du World Clean Up Day 2019 ! © Eau et Vie

Eau & Vie est partenaire avec La Guilde pour le déploiement de 19 VSI dans 3 pays.

Eau & Vie est majoritairement impliquée dans des bidonvilles et quartiers urbains précaires. Son travail repose sur le constat que la construction d’infrastructures telles que les réseaux d’eau, latrines, et égouts, a un impact positif et durable à condition d’être couplée à un accompagnement sur le changement de comportements (séances de sensibilisation), et à la création d’une structure locale pour assurer la mobilisation de la communauté dans la mise en œuvre des projets.

Une approche innovante en la matière, et qui permet d’assurer la pérennité des projets !

Comment ça fonctionne ?

Le travail d’Eau & Vie repose sur l’entrepreneuriat social : après avoir construit les réseaux d’eau et mis en place les services associés avec le soutien de la communauté et des autorités locales, une entreprise locale met en place la facturation, la collecte des paiements et maintenance des infrastructures avec le soutien d’Eau & Vie.

Eau & Vie crée également des associations locales chargées des formations à l’hygiène, du renforcement des communautés, de la mise en place d’un dispositif d’assainissement et de gestion des déchets. L’association est un incubateur de projets pour l’entreprise sociale.

Implication de la communauté lors de la conception du bloc sanitaire réhabilité. © Eau et Vie

Les activités d’Eau & Vie s’appuient sur les besoins de la population et contribuent :

  • À la diminution des maladies et des dépenses liées à l’eau et à la santé,
  • À l’augmentation des ressources économiques par le gain de temps et la création d’emplois,
  • À l’amélioration de l’environnement et de l’estime de soi des personnes vivants dans les quartiers urbains précaires,
  • À la diminution des tensions et des violences inhérentes à un habitat insalubre,
  • À l’accès à l’éducation et aux droits.

Morgane à 27 ans et est de nationalité belge. Elle est en mission au Bangladesh pour l’association Eau & Vie et La Guilde depuis mars 2019.

Morgane, quel est ton parcours, et pourquoi as-tu décidé de rejoindre Eau & Vie ?

J’ai étudié la coopération internationale à la Haute école de Namur en Belgique. Mon pays d’expatriation est le Bangladesh où je vis avec mon mari depuis 1 an. J’attendais avec impatience de pouvoir m’impliquer dans la vie locale à travers une expérience professionnelle pleine de sens. Choisir un VSI était pour moi la meilleure des options car je débute dans ma carrière et que j’avais besoin d’un cadre professionnel dans lequel je puisse développer mes compétences. De plus, je savais que j’allais pouvoir communiquer dans ma langue maternelle. Cela me manquait car je suis tous les jours impliquée dans ma vie familiale bangladaise où je pratique l’anglais ou le bengali.

J’ai travaillé auparavant dans le secteur de la migration pour l’insertion des demandeurs d’asile. Par la suite, j’ai acquis de l’expérience dans la recherche de fond pour une association défendant le droit des migrants en Malaisie ainsi que pour un projet d’insertion socio-économique d’enfants orphelins au Togo.

Actuellement avec Eau & Vie, nous travaillons pour améliorer les conditions de vie des habitants des bidonvilles en fournissant un accès individuel à l’eau à travers l’installation de compteurs, de citernes, de robinets et en mobilisant une équipe de plombiers, techniciens, … Cela est couplé avec d’autres activités telles que l’installation d’un système d’évacuation des eaux usées, de latrines écologiques mais aussi l’organisation du service de ramassage de déchets, d’entrainement des équipes de pompier pour la lutte anti-incendie ainsi que des campagnes de sensibilisation sur l’environnement, l’hygiène…

Collecte d’eau de pluie et espaces de lavage des mains. © Eau et Vie

Eau & Vie travaille depuis 2010 au Bangladesh et offre ses services à plus de 20,000 bénéficiaires. Nous sommes également implantés aux Philippines, en Côte d’Ivoire et en Bulgarie (hors VSI).

Pourrais-tu préciser quelles sont en particulier tes missions dans ce cadre ?

Mon poste de chargée de partenariat et financement consiste à (1) maintenir les contacts avec les bailleurs de fonds, (2) les accueillir au Bangladesh, (3) récolter et rapporter les nouvelles du terrain aux partenaires, (4) présenter l’organisation à différents acteurs, (5) chercher de nouveaux partenaires afin de pouvoir couvrir le budget de l’organisation.

Ce poste demande d’excellentes capacités rédactionnelles en anglais, relationnelles pour être tenu au courant des avancées sur les projets, organisationnelles car il arrive régulièrement de devoir gérer plusieurs priorités en même temps, décisionnelles afin d’organiser des évènement ou ajuster un budget pour un bailleur, de négociation pour pouvoir expliquer les différentes avancées du projet ainsi que les difficultés rencontrées, d’écoute pour toujours obtenir des informations précises, de résistance au stress face aux multitudes demandes des bailleurs.

Avant- Bloc sanitaire avant réhabilitation. © Eau et Vie

Après- Bloc sanitaire rénové . © Eau et Vie

Certaines tâches sont une découverte pour moi et sont l’occasion d’acquérir de nouvelles compétences tous les jours. Je prends beaucoup de plaisir à remplir mes responsabilités.

Comment s’est passé ta prise de poste et ton intégration ?

Chez Eau & Vie, les responsabilités vont de pair avec l’accompagnement et la coopération. Les équipes locale et française sont sans arrêt à la disposition de mes questionnements. D’une part, de nombreuses missions sont à prendre en main, d’autre part l’équipe est omniprésente pour me soutenir en cas de tâches plus compliquées à gérer. Grâce à cet environnement favorable, je me construis, prend confiance et m’améliore tous les jours. Ces nouvelles responsabilités m’encouragent à évoluer et à devenir plus mature.

De plus, être au service des autres ajoute du sens à ma vie. J’aime énormément travailler avec mes collègues bangladais. Il m’arrive également de passer du temps sur le terrain afin de pouvoir comprendre l’avancée des projets et l’impact que l’organisation apporte aux bénéficiaires.

Signature du contrat par une usagère du bloc de latrines. © Eau et Vie

En quoi le VSI facilite-t-il la vie sur place ?

Ma vie d’expatriée en tant que femme mariée ainsi que femme active est une expérience exceptionnelle où je peux m’accomplir professionnellement mais également personnellement. Il n’est pas rare de se sentir différente ou dans le besoin de se reconnecter à ses racines. C’est pourquoi il est nécessaire de pouvoir s’octroyer des moments pour se retrouver avec les personnes qui nous font sentir nous-même. De cette manière, je suis très heureuse de pouvoir travailler à distance avec une équipe française ainsi qu’avoir la possibilité de prendre une semaine de congé tous les 3 mois pour aller visiter ma famille et mes amis.

Découvrez toutes les actions de Eau & Vie !

PS : Le VSI n’est pas réservé aux citoyens français, vous le saviez ?

Citoyens européens comme Morgane, coopération entre pays africain, solidarité transatlantique, le statut de Volontaire de solidarité internationale est ouvert à tous. Seule restriction : ne pas être VSI dans son propre pays de nationalité !

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