Mission : autonomisation

Louis est VSI depuis un an aux Comores, avec pour mission d'accompagner les partenaires de la Fondation SADEV dans leur autonomisation. Un objectif fondamental.

Un article de Volontariat


Tu es en VSI avec La Guilde et la Fondation Sadev depuis un an. Comment définir ta mission ?

J’occupe un poste transverse, visant notamment à développer les actions de formation professionnelle menées par la Fondation Sadev en lien avec la CADF, une association de la diaspora. L’objectif à long terme est de parvenir à l’autonomisation des structures appuyées par la Fondation. Cela passe par des missions diverses. Citons le renforcement du programme d’insertion professionnelle mené à Djomani, qui propose des formations techniques diplômantes sur l’île de Ngazidja pour lutter contre le chômage des jeunes ; l’accompagnement du projet d’extension du réseau d’eau de Chamlé-Mitsamiouli ; ou la mise en œuvre du programme Facilité Emploi, pour le développement de l’écotourisme à travers la valorisation du patrimoine architectural et naturel de la Grande Comore.

La Fondation est récemment devenue partenaire de La Guilde pour l’envoi de VSI. Pourquoi ce projet d’envoi de volontaires est-il pertinent, d’après toi ?

La présence d’un représentant d’une organisation extérieure permet de faciliter les liens entre les acteurs locaux mobilisés autour des projets. Une présence longue durée sur le terrain (les missions de VSI durent de un à six ans, ndlr) offre par ailleurs un dialogue direct et continu avec les acteurs locaux, favorisant une meilleure compréhension des besoins, donc une meilleure adaptation des réponses. Je suis pour cela bien appuyé par l’équipe siège de la Fondation Sadev, composée d’Antoine Huart, délégué général, et de Soiny Duval, chargée de mission.

Lancement de projet avec la gouverneur de l'île de Grande Comore

C’est une expérience professionnelle… et familiale, puisque tu n’es pas parti seul.

Au départ, après avoir travaillé trois ans au siège d’une association et malgré les missions régulières effectuées en République du Congo, mon souhait était d’apporter une dimension plus terrain à mon travail. Le fait de pouvoir partager cette expérience de VSI avec ma compagne m’offre un certain équilibre personnel, que je pense indispensable dans le bon déroulement d’une mission VSI. Je la remercie pour ses efforts d’adaptation et le soutien qu’elle m’apporte chaque jour !

L’Union des Comores est un pays insulaire à la culture très marquée. Comment s’est passée ton intégration ?

J’ai été très bien intégré, que ce soit de la part des partenaires, des autorités ou de la population. L’accueil y est formidable et la bienveillance règne. La taille humaine de Ngazidja, l’île de Grande Comore, et de sa capitale Moroni fait que tout le monde se connaît et se reconnaît dans la rue, créant une ambiance très agréable. La volonté des gens de partager leur culture à travers de longues discussions ou d’évènements facilite également l’intégration. Et puis cet archipel de l’océan Indien possède presque tous les atouts naturels de ses voisines – Seychelles, Maurice, Réunion – avec des plages et des fonds marins magnifiques, et des randonnées à couper le souffle dans ce paysage volcanique. On ne peut rêver mieux pour une expérience de VSI !

©L.Rosas

Propos recueillis par Lucille Caron


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En VSI, au service des politiques nationales de développement

Focus sur la mission de Louis, VSI en fonction support depuis octobre 2020 sur une mission dirigée par le gouvernement libérien et mise en oeuvre par l’IECD au Libéria.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Après plus de huit ans d’expérience professionnelle sur des projets allant de l’urgence au développement en Asie, en Afrique et en France, Louis s’est engagé avec La Guilde en tant que VSI pour accompagner l’IECD (Institut européen de coopération et de développement) dans l’ouverture d’un nouveau bureau à Monrovia. Il nous parle des challenges de sa mission et des spécificités d’un engagement au Libéria, pays qui s’ouvre petit à petit aux volontaires.

Tu travailles avec l’IECD sur le projet STRIVE. En quoi consiste-t-il ?

Le projet STRIVE (Strengthening Integration through Vocational Education) dispose du soutien du gouvernement français via l’Agence française de développement, mais il est dirigé par le gouvernement libérien et mis en œuvre par l’IECD depuis 2020. Il vise à permettre un meilleur accès à l’emploi et à favoriser les opportunités économiques des jeunes grâce à la formation professionnelle. Je suis l’adjoint du Directeur Pays IECD Libéria, responsable des fonctions supports : comptabilité, finances, ressources humaines, logistique des programmes. Mon équipe est composée d’un comptable (Austin), d’un chargé RH (Roosevelt) et d’un logisticien-acheteur (Nelson). Le projet est très récent. L’ouverture d’une nouvelle mission constitue autant de challenges et d’expériences qui, d’un point de vue purement « support », sont très enrichissants !

 ©IECD

Qu’est-ce qui a motivé ton arrivée sur ce projet ?

En travaillant plusieurs années dans différentes organisations, principalement en Afrique, j’ai mûri ma vision sur le développement. L’économie et la formation sont deux domaines essentiels pour le développement d’un pays, voilà pourquoi la mission avec l’IECD a retenu mon attention. D’autant que ce Libéria post-crise se trouve dans un moment stratégique pour travailler sur ces secteurs. Les activités de l’IECD entrent pleinement dans le cadre des politiques nationales menées par le gouvernement libérien, qui est en lead sur le projet STRIVE.

Le Libéria accueille d’ordinaire peu de volontaires ou d’ONG. Cela n’a pas dû simplifier ton installation…

En effet, quand nous avons ouvert le bureau au Libéria, nous avions un soutien limité. Le pays n’héberge pas d’antenne de France Volontaires et les (rares) autres volontaires présents sur le territoire n’étaient pas à Monrovia (la capitale). Nous avons dû rapidement nous rapprocher d’ONG partenaires et des autorités locales pour avoir toutes les informations utiles à l’ouverture de la mission. Aujourd’hui encore, nous continuons d’apprendre !

 ©IECD

Quels sont les principales satisfactions dans une mission support telle que la tienne ?

D’une part, le fait de participer à l’ouverture d’une mission et d’exercer une fonction aussi transversale me permet de travailler sur des dossiers très variés durant des étapes uniques dans la vie d’une organisation. Bien qu’il faille faire preuve de patience dans un contexte de développement, c’est très motivant de voir un programme prendre forme progressivement. D’autre part, la dynamique de travail avec mes collègues, aussi bien libériens qu’internationaux, est très satisfaisante. Nous avons tous quelque chose à apporter pour l’atteinte des objectifs du programme STRIVE, et chacun agit avec un grand professionnalisme. J’en profite pour remercier en particulier Roosevelt, Austin et Nelson qui doivent me supporter au quotidien !

Sais-tu déjà ce que tu souhaites faire à l’issue de ton VSI ?

Il me reste encore du temps pour réfléchir à mes projets. Je saurai me rapprocher de La Guilde en temps voulu pour bénéficier d’un accompagnement au retour !

Propos recueillis par Lucille Caron


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Passer du siège au terrain et partir en mission de VSI en famille

Développement professionnel, aventure familiale, envie d’ailleurs… Après sept ans au siège d'Inter Aide-ATIA, Vincent Griffaton s’est engagé en 2018 pour un VSI en Inde. Tout juste rentré, il participe à une session d’accompagnement au retour organisée par La Guilde ; l’occasion pour lui de revenir sur son expérience de volontariat en famille.

Un article de Volontariat de solidarité internationale


Comment a été définie ta mission, et ta bascule de la supervision depuis le siège à un lancement de projet sur le terrain ?

La bascule s’est faite assez naturellement, suite à un parcours professionnel très riche avec ATIA. Avant mon départ en Inde, j’avais déjà fait une mission à Madagascar de 4 ans avec Inter Aide, puis travaillé sept ans en France au siège d’Inter Aide-ATIA en tant que chef du secteur « Développement Social », dont les programmes étaient réalisés en Inde et à Madagascar. Quand j’ai proposé l’extension de notre stratégie à Jaipur, j’avais une idée bien précise de ce qu’il fallait y faire. On m’a demandé de développer moi-même ce projet et j’en étais ravi ! Ça faisait longtemps que je voulais repartir sur le terrain. Cette fois, j’y suis parti en famille.

Awareness meeting sur l’éducation © V.Griffaton

Cette arrivée à quatre, en famille, demande-t-elle plus d’anticipation ?

Je connaissais un peu l’Inde pour avoir supervisé les projets d’ATIA à Bombay et Pune, mais le Rajasthan restait à découvrir. Nous avions prévu ce départ un an à l’avance. Mais l’arrivée a été beaucoup moins anticipée ! A Jaipur, la logistique du début était assez chaotique pour ma femme et moi, nos deux enfants et nos 7 valises. Depuis notre chambre d’hôtel, ma femme gérait notre installation (logement, documents administratifs) pendant que je contractualisais avec les partenaires associatifs indiens pour faire commencer le projet. L’enregistrement au Foreign Office nous a aussi pris beaucoup de temps et d’énergie.

Comment avez-vous géré cette transition ? L’équilibre a t’il rapidement été trouvé ?

Finalement, les enfants ont été scolarisés assez rapidement et ma femme m’a épaulé sur plusieurs aspects du programme ATIA. Nous avions déjà travaillé ensemble et nous nous sommes bien complétés. Notre force a été d’être deux à gérer tout ça sans trop inquiéter les enfants et freiner leur intégration. On a pu rapidement se stabiliser et poursuivre notre périple administratif pour obtenir les documents de base, ouvrir un compte en banque, etc. Les enfants se sont vite acclimatés dans leur école malgré leurs difficultés pour communiquer, les longs transports en bus… et une cantine très pimentée !

Quel était l’objectif de ta mission ?

Le programme que nous avons mis en place propose un accompagnement social aux familles vulnérables vivant dans plusieurs bidonvilles des agglomérations indiennes, et rencontrant des difficultés pour obtenir des documents administratifs, trouver un emploi, accéder à un moyen de contraception, vacciner leurs enfants, les inscrire ou les maintenir à l’école. Plutôt que d’apporter des services de manière ponctuelle, le programme renforce l’accès aux services existants et efficaces, publics ou privés. Au moyen d’un accompagnement à domicile de six mois, il s’agit surtout d’aider les familles à reprendre confiance durablement en leurs capacités à améliorer leurs conditions de vie.

Aujourd’hui, le programme tourne sans toi. C’est une satisfaction ?

Tout à fait. Cette mission avait pour objectif d’essayer un modèle de programme de développement socio-économique pour les familles très pauvres. J’ai pu lancer la phase sociale, qui a très bien marché. L’équipe locale a aujourd’hui les capacités d’en poursuivre le développement. Je suis confiant car cette équipe est très stable et motivée. Mon adjointe est devenue cheffe de programme, et on a recruté une nouvelle adjointe pour la seconder. Il y a sur place une équipe indienne de 13 personnes qui vont continuer à travailler sur ce projet durant trois ans au moins, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de besoins au sens où on l’entend. Dans deux ans, ATIA réévaluera les besoins pour décider si le programme doit se maintenir, et sous quelle forme.

Formation d’équipe à Mumbai © V.Griffaton

Sais-tu déjà ce que tu souhaites faire maintenant que tu es rentré en France ? Le VSI t’a-t-il aidé en cela ?

Depuis mon retour, Inter Aide-ATIA m’a proposé quelques postes à l’étranger, soit en brousse – désormais difficile avec des ados – soit en ville – mais à un poste très administratif et à mon sens assez pénible, que je n’ai plus envie de faire ! Je me dirige donc à nouveau vers un poste de chef de secteur, ou même de capitalisation. J’aimerais participer à identifier de nouvelles méthodes efficaces pour le développement des plus pauvres et inspirer de nouveaux projets. J’ai aussi l’opportunité d’aller découvrir d’autres approches dans d’autres structures. Je veux continuer à apprendre et essayer de nouvelles choses !

© V.Griffaton

Propos recueillis par Lucille Caron


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Adrian, VSI en coopération décentralisée France/Moldavie

"Dans la gestion des déchets, ils y a beaucoup de choses que la communauté peut faire."

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Adrian est VSI depuis presque un an en Moldavie en tant que Chargé de mission pour l’organisation Savoie Déchets, et en partenariat avec La Guilde.

Il est le premier VSI issu de ce partenariat, et sa mission est particulière à plus d’un titre ! En effet :

  • De nationalité roumaine, il fait partie des 5% des volontaires non-français à bénéficier du dispositif VSI avec La Guilde. Le VSI, bien qu’encadré par la loi française, est ouvert à toutes les nationalités.
  • Sa mission s’inscrit dans le cadre de la coopération décentralisée entre Savoie Déchets et 5 communes du Raion de Telenesti en Moldavie ; elle fait donc partie des trois coopérations décentralisées avec lesquelles La Guilde collabore pour l’envoi de VSI.
  • Il travaille dans le secteur du développement durable pour le traitement des déchets, un secteur complexe et peu représenté par les VSI.

Au sein des programmes de Savoie Déchets, Adrian intervient plus particulièrement pour la mise en oeuvre du projet « Vers une gestion intercommunale efficace et pérenne des déchets ménagers dans la zone Centre Est ». Découvrez son témoignage en vidéo, et en intégralité ici*.

En quoi cette mission s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel ?

Je travaillais déjà dans le secteur du développement, ce qui fait que cette mission entre dans la continuité de mon parcours. N’étant pas spécialiste technique de la gestion des déchets (ma formation plus large regroupe surtout le travail avec les services publics et la gestion de la gouvernance), cette opportunité me permet d’apprendre de ce secteur, et je suis pour cela guidé par le directeur de Savoie déchets. Jusqu’à présent cette expérience est une expérience heureuse.

J’avais aussi le souhait de travailler dans un autre pays pour apprendre d’un autre contexte et d’une autre culture.

En effet, quand on parle du rôle du service public et du degré de connaissance du recyclage des déchets par les citoyens, on trouve beaucoup de différences selon les régions et les pays. Cette expérience m’était donc apparue comme très enrichissante professionnellement et personnellement.

Comment est né ce projet ?

Le projet sur lequel je travaille est une initiative de cinq municipalités moldaves et de Savoie Déchets, par le biais de la coopération décentralisée.

Le secteur du déchet en Moldavie n’est pas très développé actuellement, et il y a beaucoup de travail en ce qui concerne le développement de l’infrastructure et de la « culture » de la gestion des déchets, à titre individuel et collectif. Ce n’est pas une thématique très adressée généralement.

Le programme d’action porté par la coopération Moldavie/France a pour objectif de soutenir l’implémentation de la stratégie nationale dédiée aux déchets. Nous organisons ces actions sur quatre piliers :

  • La communication et la sensibilisation (jeunes, élus locaux, communes).
  • Le développement des capacités des élus locaux à organiser les services de gestion de déchets.
  • La promotion du compostage : en comparaison avec d’autres pays de l’Ouest, ici la proportion du déchet organique est de plus de 50 %. Le compostage a donc un fort potentiel, et peut être individuel ou municipal.
  • Développer la capacité de coordination avec les autorités moldaves pour intégrer la gestion du déchet à l’échelle du pays en partant des régions et de leurs districts.

Après plus d’un an sur le terrain, quels sont les succès dont tu es le plus fier ?

Voir le résultat concret des efforts investis dans le projet. En effet, le projet n’est pas facile car le sens du collectif et l’importance du traitement des déchets n’est souvent pas présent dans les communes où nous intervenons. L’un des gros défis auquel j’ai été confronté a été de réussir à mobiliser les citoyens et les responsables communautaire à l’intérêt du traitement des déchets.

De plus, le travail que nous réalisons auprès des citoyens consiste essentiellement à des actions à petit échelle, là où certains s’attendaient à de grandes constructions, de grandes machines, … Or, il y a beaucoup de choses que la communauté, avec l’administration de sa commune, peut faire sans grande technologie. Cela suscitait peu d’enthousiasme au début.

Ainsi, quand les gens ont commencé à s’approprier nos composteurs, et à réaliser leur intérêt, ça a été très belle réalisation.

La transmission des recommandations et des plans d’actions du projet aux élus locaux et la communauté a aussi constitué une source de satisfaction pour moi, car nous avons pu fédérer et générer de l’enthousiasme autour du projet.

Evidemment, il y a des éléments plus techniques qui restent à achever, mais la conscience des habitants des collectivités a évolué, et cela constitue le principal pour moi.

Un dernier aspect qui m’a beaucoup marqué concerne les ateliers d’animation à la gestion des déchets, réalisés auprès des enfants dans des écoles. Nous avons été surpris de l’intérêt et la capacité de mobilisation de ces jeunes. Les problèmes écologiques, de santé, et les effets de la gestion inappropriée des déchets les concernent peut-être de plus près ! C’est pourquoi sur une nouvelle phase du projet nous souhaiterions les impliquer davantage.

A titre personnel, que retires-tu de cette année de volontariat ?

Je suis convaincu de pouvoir réutiliser les compétences développées durant cette mission dans la suite de mon parcours professionnel. En évoluant dans le cadre de ma mission au sein de la gouvernance locale et du travail avec les administrations et leur communauté, j’ai beaucoup appris.

Je travaille dans un secteur qui m’intéresse, et si le résultat est satisfaisant pour Savoie Déchets et pour les communautés, c’est le cadre parfait !

*Texte retranscrit d’un entretien vidéo


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Clémentine, grandir à Mada’

En 2015, Clémentine partait à Madagascar en tant que Volontaire de solidarité internationale au sein de l'association APDRA Pisciculture Paysanne. Elle avait signé pour 19 mois : sa mission aura finalement duré six ans. Histoire d'un coup de foudre.

APDRA Clémentine M

Un article de La Guilde


Nous sommes en 2015 et tu t’envoles pour Madagascar. Quel est ton état d’esprit à ce moment-là ?

Quand je pars à Tamatave pour commencer mon VSI, je n’ai aucune idée de ce que je vais découvrir. Je ne dirais pas que j’avais tout à apprendre, mais presque. Les premières années, j’ai beaucoup aimé être en contact régulier avec les pisciculteurs, participer aux pêches. Cela m’a permis d’apprendre la langue malagasy et de me familiariser avec la vie rurale, ses difficultés et ses richesses. C’était pour moi indispensable, pour être à l’aise dans ma mission et dans mon nouveau pays d’accueil.

Et puis, année après année, tu prolonges ta mission… jusqu’à atteindre le maximum possible sous statut de VSI.

Au total je pense que j’ai signé neuf avenants à mon contrat initial ! Pour moi, ce sont autant de modifications qui témoignent de mon évolution durant ces six années. J’ai occupé trois positions différentes, au sein de trois projets menés par l’APDRA. J’ai également pu découvrir le pays en étant basée à Tamatave puis à Antsirabe, et en suivant des projets localisés dans six régions différentes. À la fin de ma mission de VSI, j’étais Responsable Chaîne de Valeur d’un projet de développement de la « rizipisciculture » sur les Hautes Terres de Madagascar. Ce projet vise à améliorer les revenus des exploitations agricoles familiales, mais également la consommation en poissons des ménages malagasy.

Au-delà de la mobilité géographique, tu connais donc une véritable évolution professionnelle dans ton volontariat.

Tous les ans, j’ai pu discuter avec mes référents de mon travail, de mes missions et de leurs évolutions potentielles. Nous avons ainsi identifié les compétences utiles que je voulais développer. J’ai pu me former en étant toujours accompagnée et ces évolutions m’ont énormément motivée. Au fil des années donc, j’ai commencé à être plus en lien avec la stratégie de développement des programmes de l’APDRA. J’ai pu étudier des notions passionnantes telles que les innovations paysannes, être associée à des réflexions très intéressantes sur l’amélioration des référentiels piscicoles que l’on propose aux paysans, et chaque année, multiplier mes compétences.

Il y a l’évolution professionnelle, et puis il y a la vie personnelle. À Madagascar, tu as construit les deux…

En effet ! Je suis tombée amoureuse à Madagascar et je suis devenue maman. J’y ai construit une famille ! Bien sûr, tout ceci est particulier à ma situation et ne veut pas dire que vivre loin de ma famille et de mes amis en France n’est pas difficile. Surtout aujourd’hui dans un contexte où il est devenu compliqué de voyager… C’est même très difficile parfois.

Madagascar est désormais un pays d’adoption pour toi ?

Madagascar est un pays passionnant, tant il est riche dans ses paysages, dans sa biodiversité, dans ses traditions et sa nourriture. Même si la vie des Malagasy est dure, et qu’il est important pour moi de toujours garder ces éléments en tête, le peuple malagasy participe à cette richesse. Je ne me lasse pas de découvrir Madagascar et le quotidien de ses habitants.

Clémentine avec une piscicultrice à l’époque des litchis en 2015 ©Clémentine M

Aujourd’hui, ton volontariat a pris fin et tu es salariée de l’association. Quel bilan peux-tu faire de ta mission ?

Quand je suis partie en tant que jeune ingénieure agronome diplômée, je n’avais que très peu d’expérience malgré mes stages, et peu de recul par rapport au secteur du développement agricole. Aujourd’hui je dirais que c’est un secteur qui n’est pas parfait, et c’est pour cela qu’il est important de bien se renseigner sur l’organisation dans laquelle on s’engage au départ. Par ailleurs, avec le VSI, j’ai appris à mettre en œuvre ces compétences au sein d’un projet de développement rural, et à comprendre les rouages et les enjeux du développement agricole. Ma mission de VSI m’a donc permis de grandir et de contribuer à mon échelle, tel le colibri, à la diversification des productions agricoles malagasy pour in fine, améliorer les conditions de vie des paysans.

Quels seraient les conseils que tu aurais aimé entendre au début de ta mission ? Y a-t-il eu des choses que tu aurais pu faire différemment ?  

Je pense que nous sommes bien accompagnés par La Guilde avant notre départ. La première année, je ne suis pas rentrée en France pendant 15 mois et avec le recul je vois combien cela a pu être difficile pour moi et ma famille. Il est important de garder le contact, de ne pas s’isoler dans sa mission et de retourner voir ses proches, si cela est possible. Un autre conseil pourrait être d’apprendre la langue du pays dans lequel vous vivez. Sans ça, trop de choses nous échappent. Le langage est le premier pas vers l’autre et c’est ce qui permet la meilleure intégration dans un nouveau pays. Je le conseille autant pour 12 mois de mission que pour 72 !

Propos recueillis par Lucille Caron, Chargée de mission VSI

Le dispositif VSI est ouvert jusqu’à six années dans la vie d’une personne. À La Guilde, si la durée moyenne des missions est de 21 mois, environ 5 % des volontaires effectuent des missions de cinq ou six ans consécutifs. Découvrez le dispositif.


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Le VSI, une immersion à la rencontre des autres

Il ne faut pas hésiter à se lancer, changer ses habitudes de vie, bouleverser son environnement.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Solène termine une mission de VSI de 18 mois au Cambodge, durant laquelle elle a été complètement plongée dans la culture, le mode de vie et l’ambiance de la campagne khmère entourant l’association AEC-Foyer Lataste.

Après une première expérience à Phnom Penh, la capitale, Solène a poursuivi son expérience dans le nord-ouest du pays et vécu en immersion dans le foyer Lataste et sa communauté.

Qu’est-ce qui a motivé ton départ en VSI ?

À la suite de mon Master en Relations Internationales, de divers engagements associatifs et de plusieurs expatriations, un départ à l’étranger s’est imposé à moi comme une évidence.

En cela, le VSI est une formidable opportunité pour pouvoir s’engager dans une action de solidarité internationale et de lier engagement, interculturalité et compétences professionnelles.

C’est aussi une façon d’aller à la rencontre des autres, de découvrir de nouvelles cultures et de partager des expériences uniques.

AEC-Foyer Lataste est l’une des associations partenaires de La Guilde pour l’envoi de VSI. Qu’est-ce qui t’a particulièrement attiré dans la mission que l’association t’a proposée ?

J’avais à cœur d’effectuer une mission au Cambodge après avoir vécu une expérience professionnelle à l’Ambassade de France à Phnom Penh. En effet, j’y avais découvert la culture khmère, riche et vibrante, et j’avais la volonté de participer à l’émancipation des futures générations à travers l’éducation.

C’est avec ces envies en tête que j’ai rencontré l’association AEC-Foyer Lataste, et de suite adhéré à ses valeurs.

AEC-Foyer Lataste est spécialisée dans la protection de l’enfance et l’accès à l’éducation pour les enfants vulnérables du Cambodge. En partenariat avec le ministère des Affaires Sociales, le foyer Lataste accueille en son sein près de 45 enfants et adolescents dans le but de répondre à leurs besoins essentiels, de leur permettre de se rendre à l’école et de suivre un cursus scolaire complet. 

Situé dans la province de Banteay Meanchey, au nord-ouest du pays, et excentré des grandes villes, le foyer Lataste m’apparaissait aussi comme un lieu me permettant une immersion totale tant professionnelle que personnelle. C’est un vrai atout !

Quelles sont tes missions et leurs intérêts principaux ?

En tant que coordinatrice terrain de programmes éducatifs, je suis la médiatrice entre le siège en France et le terrain, et je m’assure de la bonne utilisation des fonds levés.

J’assure notamment la coordination à travers le contrôle financier, le suivi, le reporting et le développement des programmes. J’accompagne également le Directeur Exécutif dans la gestion quotidienne du foyer, et forme l’équipe locale à la communication ou encore à la gestion du cycle de projet.

Ce poste polyvalent est très formateur, et je peux dire avec plaisir qu’aucun jour ne se ressemble.

La mission comporte également un aspect terrain qui me plait énormément, car il me permet d’être en contact direct avec les enfants et leurs familles. Les enfants viennent d’environs très divers, ce qui est vraiment enrichissant.

Quelles ont été les principales barrières culturelles auxquelles tu as été confrontée ?

Je dirais que la barrière de la langue a été la première difficulté, tant pour la communication quotidienne que pour ma compréhension dans le milieu professionnel.

Car même si de plus en plus de jeunes parlent anglais dans les villes, c’est plus rare en zone rurale. Mais cela m’a poussée à redoubler d’efforts pour m’insérer dans la communauté, et j’apprécie d’apprendre la langue khmère.

Un autre point important pour moi, et particulièrement avec mes missions de management, a été de comprendre et d’intégrer la culture locale dans mes rapports avec l’équipe : dans tout pays, il y a des règles tacites de relation aux autres et de façon de s’exprimer et d’agir.

Et bien entendu, la crise du Covid-19 a totalement bouleversé les activités terrain du foyer Lataste. Par exemple, je n’ai eu que très peu l’opportunité d’accueillir des volontaires, visiteurs ou encore parrains-marraines, pan tout de même important de ma mission.

À la différence de ton expérience précédente à Phnom Penh, le foyer Lataste se situe dans une zone rurale isolée. Là aussi, on peut parler d’une immersion très forte dans la culture.

Pour la première fois, j’ai vécu l’expérience enrichissante de vivre en communauté avec des enfants et adolescents. J’en retire énormément de positif, leurs sourires et joie de vivre ont été un moteur pour moi ici : le fait de pouvoir observer les résultats de notre travail m’a aidée à me surpasser chaque jour, et il n’y a rien de plus réjouissant.

J’ai apprécié l’atmosphère toute particulière qui règne dans la province de Banteay Meanchey.

Bien qu’en étant à la campagne, on y trouve rarement le silence car l’attraction favorite des Cambodgiens, c’est sans aucun doute le karaoké!

Or, l’objet indispensable de tout karaokiste, ce sont les haut-parleurs… mêlés au son des cloches et aux chants de la pagode, sans oublier les cris et rires des enfants de l’école primaire de proximité, et ceux du marchand de glaces et des autres vendeurs, un brouhaha nait qui fait vite partie du quotidien.

Ta mission se termine demain (!). Quelles sont tes impressions ?

J’ai certainement gagné en maturité grâce aux responsabilités qui m’étaient assignées, et c’est exactement ce que je recherchais. J’ai eu l’opportunité de développer des projets qui me tenaient à cœur et diverses activités avec les enfants, et je pense également que le fait de vivre à la campagne a forgé mon adaptabilité et ma persévérance.

C’est vraiment sur une note d’accomplissement que je termine ma mission.

Elle m’a confortée dans mon choix de carrière dans l’humanitaire et l’aide au développement, et je sais désormais que j’aimerais rester en Asie, et de préférence au Cambodge, dans mon prochain poste !

Le VSI, c’est une formidable opportunité pour se dépasser professionnellement et personnellement. Il ne faut pas hésiter à se lancer, changer ses habitudes de vie, bouleverser son environnement. 


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Être VSI au sein d’une communauté religieuse : une intégration totale

« Les Filles de la Charité ont fait bien plus que m’accueillir. […] Chacune, à leur manière, me révèle qui je suis. »

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Marine est VSI en Égypte avec l’Œuvre d’Orient. Elle travaille et vit avec les Filles de la Charité, et est devenue un membre à part entière de la communauté. Ce lien privilégié et cet engagement profond rythment son expérience et ses missions de VSI.

Qu’est-ce qui a motivé ton départ en VSI ?

J’ai décidé de m’engager dans une action de solidarité internationale après l’obtention de mon diplôme d’État d’infirmière, mais je ne voulais surtout pas contribuer au fléau du volontourisme. J’ai donc été séduite par un parcours plus légitime et je me suis rapprochée de l’association Intercordia et de l’un de ses partenaires, l’œuvre d’Orient.

Le but d’Intercordia est de permettre à des jeunes entre 18 et 30 ans d’acquérir une formation diplômante et de s’engager dans un projet de solidarité internationale pour le compte d’ONG locales, sur des durées allant de 6 mois à 1 an.

De son côté, l’œuvre d’Orient soutient la mission de communautés religieuses auprès des populations de vingt-trois pays au Moyen-Orient, dans la Corne de l’Afrique, en Europe Orientale et en Inde. L’Œuvre d’Orient recense les besoins exprimés par les communautés orientales, et propose ensuite d’y répondre. Pour moi, cela a plus de sens : ma présence est réellement utile sur place.

Ainsi, mon volontariat est doublement encadré : par Intercordia et par l’œuvre d’Orient. A cela s’ajoute le suivi de La Guilde. C’est très rassurant, à la fois pour moi, mais aussi pour ma famille.

Être VSI en tant qu’Assistante de soin t’amène à effectuer une grande diversité de tâches, différentes de celles qu’effectuerait une infirmière diplômée en France. Peux-tu nous les présenter ?

Depuis novembre 2020, je vis avec la communauté des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul, établie à Al Qusiyah, en Haute-Égypte. Ma mission première consiste à assister les infirmières travaillant dans le dispensaire tenu par les Filles de la Charité, autour de tâches qui vont du prélèvement sanguin à la réfection de pansements, en passant par la visite à domicile des patients et des familles soutenues par les Filles de la Charité.

Je participe également à l’encadrement des enfants qui viennent pour le soutien scolaire sur le temps du déjeuner, et parfois lors de leurs sorties durant les vacances scolaires.

En dehors de mes missions de VSI, je suis également engagée avec les Sœurs dans les activités des mouvements de jeunesse à destination des familles les plus démunies. Je vis au sein de la communauté, et de ce fait, je suis intégrée à l’ensemble des activités.

Il n’est pas rare pour les volontaires de l’Œuvre d’Orient de résider au sein des communautés où ils/elles effectuent leurs missions. Qu’est-ce que cette proximité avec les Filles de la Charité t’apporte en complément de ton volontariat ?

Les Filles de la Charité ont fait bien plus que m’accueillir. En effet, je sens que j’ai ma place auprès d’elles. Elles ont à mon égard de multiples attentions au quotidien. Chacune, à leur manière, me révèle qui je suis.

Qu’est-ce qui te satisfait le plus dans ton expérience égyptienne ?

Vaste question ! Chaque jour m’apparaît plus beau que le précédent, avec son lot de joies et d’imprévus. Je vis en communauté, mais j’ai mon propre espace. Je peux vivre ma Foi intensément et je trouve en toute personne une Espérance infinie.

J’ai les sens en ébullition : une nouvelle langue, de nouvelles saveurs, de nouvelles odeurs, de nouvelles rencontres. Que demander de mieux ?

Sais-tu déjà ce que tu souhaites faire à ton retour en France ?

Mon volontariat n’est pas terminé, mais je sens déjà qu’un changement s’est opéré en moi. J’ai pris de l’assurance en m’adaptant à un nouveau mode de vie. J’ai été bousculée dans mes habitudes et j’ai aimé cela. J’apprends tous les jours et j’exerce mon métier avec passion. Je souhaite à l’avenir m’investir dans le milieu humanitaire. C’est là mon rêve d’enfant, et le VSI est pour moi un tremplin.

Découvrez l’expérience de Marine et Astrid, au dispensaire de Al Qusiyah :


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« Chaque soir je me couche en me disant que c’était la meilleure journée », témoigne Marine.

Lancement de la plateforme Engage

La Guilde accompagne ses partenaires et ses volontaires avec une nouvelle plateforme en ligne : Engage !

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Association agréée au titre du volontariat de solidarité internationale, La Guilde déploie plus de 500 volontaires de solidarité internationale (VSI) sur le terrain chaque année, au profit d’une centaine d’organisations partenaires.

Depuis un mois, les volontaires et les représentants de leurs organisations d’envoi ont pu découvrir Engage, la nouvelle plateforme dématérialisée de La Guilde.

Véritable outil de suivi des missions de volontariat, Engage permet  une simplification des interactions entre les volontaires, les organisations d’envoi et La Guilde, et de nos procédures administratives communes.

Un outil au service des organisations partenaires du pôle VSI

Chaque organisation d’envoi dispose d’un espace personnel sur cette plateforme, d’où elle peut suivre toutes les missions de ses VSI, en cours et passées.

Dates de mission, documents contractuels, coordonnées du volontaire… toutes les informations sont accessibles en un clic !

Via Engage, nos partenaires peuvent inscrire leurs volontaires aux sessions de préparation au départ*, modifier les missions et retrouver des guides et autres documents d’information sur le VSI.

Un outil utile aux volontaires

A l’instar des organisations d’envoi, les volontaires ont également accès à un espace personnel sur Engage, qui regroupe tous les documents liés à leurs missions de VSI.

La plateforme leur permet de s’inscrire aux sessions d’accompagnement au retour, de remplir leurs bilans et de suivre l’historique de leurs missions.

Accompagnement du changement 

Engage permet des échanges plus fluides, sans perdre en relations humaines !

Les équipes de La Guilde restent aux côtés des partenaires et volontaires pour leurs démarches, et continueront à être en lien direct avec eux.

De plus, pour accompagner les nouveaux utilisateurs d’Engage, les équipes du pôle VSI de La Guilde ont été pleinement mobilisées. Des ateliers en présentiel et en visio ont été mis en place pour répondre aux questions de chacun et permettre une prise en main facile.

Ces ateliers s’accompagnent de tutoriels pas-à-pas et de guides d’utilisation.


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Contactez-nous et devenez partenaires de La Guilde pour l’envoi de VSI

*Les sessions de préparation au départ  

La Guilde organise et prend en charge des sessions de préparation au départ de 4 jours auxquelles assistent tous les VSI. Des intervenants extérieurs, experts dans leurs domaines, sont mobilisés sur des thématiques précises :

  • la solidarité Internationale (acteurs, terminologie, contextes, gestion de projet…)
  • les différences culturelles (connaissance de soi et résilience, choc des cultures,  comportement du volontaire…)
  • la gestion de la mission (gestion du temps, efficacité collective, gestion du stress…)
  • la préparation au départ (santé, sécurité, statut, démarches administratives, assurances…).

L’objectif de cette formation est tant de favoriser l’échange d’expériences entre volontaires que permettre à chacun.e de partir avec les outils nécessaires à la réussite de sa mission.

La Fondation Énergies pour le Monde accueille sa première VSI au Sénégal

Chaque année, une cinquantaine d’organisations se rapprochent de La Guilde avec l’objectif de devenir partenaires pour l’envoi de VSI.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Au final, un cinquième d’entre elles transforment l’essai, qu’elles soient fondations, ONG, associations ou collectivités territoriales, et décident d’envoyer leur(s) premier.e(s) VSI avec La Guilde.

C’est ainsi qu’en 2020, la Fondation Energies pour le Monde (Fondem) a rejoint le pôle VSI de La Guilde, et a déployé sa première mission de VSI au Sénégal avec Mallaury Carlo en janvier 2021.

Entre les valeurs qu’elle défend, ses objectifs de carrière, et sa volonté d’engagement personnel, Mallaury nous partage ses motivations et ses premières impressions sur le pays de la Teranga*.


Qu’est-ce-qui a motivé ton départ en VSI ? 

Beaucoup de choses m’ont motivée à partir en VSI.

D’abord, j’ai toujours été très inspirée par le récit de mon père, qui au même âge que moi, est parti plusieurs années en service volontaire pour la promotion de la culture attelée en agriculture paysanne au Bénin. Ensuite, j’ai beaucoup entendu parler du contrat VSI pendant mon master en coopération internationale et j’imaginais toujours à quoi pouvait ressembler cette vie hors du commun où l’on change complètement d’environnement et de quotidien pour se consacrer entièrement à une mission de solidarité internationale.

Mallaury (au centre) et certains des partenaires de la FONDEM

Le VSI m’a semblé idéal pour entrer dans la vie professionnelle tout en valorisant ce que peut apporter « l’aventure du voyage », notamment dans notre construction en tant qu’individu. 

Pour moi, le VSI ne s’arrête pas à la fin de sa journée de travail, il continue à chaque expérience vécue dans le pays d’accueil et c’est à mon sens ce qui donne autant de valeur à ce type de mission.

Pourquoi as-tu choisi la Fondem en particulier pour ce VSI ? 

En étudiant les problématiques liées à la coopération internationale, j’avais à cœur de ne pas participer à de grands projets, qui sont souvent trop éloignés des besoins du terrain et ainsi, sont à mon sens plus des freins au développement que des moteurs.

C’est notamment ce qui m’a attirée dans les méthodologies de la Fondem.

La Fondation entretient des liens très étroits avec les municipalités et les associations locales, avec qui elle collabore en qualité de « partenaire » et non en tant que « maître d’ouvrage ». De plus, elle propose des formations et de l’accompagnement au renforcement de capacités, si bien qu’à la fin du projet, c’est le partenaire local qui doit être en mesure de gérer en autonomie les actions mises en œuvre. Il s’agit vraiment d’une approche d’autonomisation au niveau local, qui me convient particulièrement.

Réunion de travail FONDEM

Par ailleurs, quand j’ai découvert les actions de la Fondem à travers les énergies renouvelables, j’ai été impressionnée de voir qu’une telle expertise technique pouvait être mise à contribution pour des projets de solidarité, et particulièrement en zone rurale d’Afrique subsaharienne, où l’accès à l’électricité par l’énergie solaire représente un réel vecteur d’autodétermination pour les habitants de zones rurales enclavées. Là encore, je me suis totalement retrouvée dans cette vision.

D’un point de vue professionnel, la mission correspond-elle à tes attentes ?

Mes journées de travail commencent souvent comme celles de beaucoup d’autres: aller au bureau, allumer mon ordinateur, répondre à des mails et organiser des réunions.

Mais ce qu’il y a d’extraordinaire, et que j’aime particulièrement, c’est que certains jours je peux également me retrouver aux aurores à bord d’un minibus en direction des petites localités à 1 ou 2 heures de route de la ville, pour assister à une cérémonie d’inauguration d’un projet ou encore travailler sur la création d’une campagne de sensibilisation pour le recyclage des déchets électroniques avec une association partenaire locale.

Cette organisation enjoint d’être réactive, patiente, et de savoir accepter les situations telles qu’elles sont, car les changements de programme de dernière minute sont assez fréquents au Sénégal ! Mais j’apprécie ce côté dynamique et imprévisible d’une semaine à l’autre.

Mallaury et certains partenaires de la FONDEM

J’ajoute qu’il faut parfois fournir beaucoup d’énergie pour se faire entendre en tant que jeune femme au milieu de collaborateurs qui ont parfois plus de deux fois mon âge…

Toutefois, ce déploiement en autonomie m’amène également à rendre compte le plus souvent possible de la situation du terrain au coordinateur de projets et au reste de l’équipe Fondem basée à Paris, et d’y trouver soutien et écoute.  

Et d’un point de vue personnel, comment s’est passée ton intégration ?

Il m’a semblé plutôt simple de me sentir chez moi ici à Ziguinchor. A mon arrivée, je me suis sentie soutenue par mon association et également bien conseillée par les autres expatriés ici.

N’étant pas citadine, l’échelle de la ville m’a grandement facilité la tâche ; on peut se retrouver calmement en tête-à-tête avec le coucher de soleil au bord du fleuve Casamance à seulement quelques minutes à pied du centre-ville, et on croise aisément plusieurs fois des visages qui deviennent peu à peu familiers.

Par ailleurs, je crois qu’il existe une entraide naturelle et un accueil bienveillant au sein de la communauté casamançaise. En apprenant les salutations en langue diola, on peut très vite se retrouver invitée à boire le thé.

Tu viens de commencer ta mission, mais à ce stade, qu’est-ce qui la caractérise selon toi ?

Pour l’instant, le principal élément que je retire de ma mission est l’adaptabilité. Que ce soit d’un point de vue personnel ou professionnel, il s’agit toujours d’essayer de comprendre comment fonctionnent les mécanismes d’ici, afin de pouvoir s’ajuster soi-même pour obtenir gain de cause.

Cela peut s’appliquer à la plus simple démarche administrative, comme à la recherche complexe de la bonne synergie de travail dans l’interculturalité ; il y a toujours une démarche d’adaptation à enclencher.

©FONDEM

As-tu un exemple d’une de ces différences culturelles auxquelles tu as dû t’adapter ?

Quand j’ai débuté ma mission, j’ai été quelque peu troublée par l’utilisation du terme « Inch’Allah », incontournable ici au Sénégal. Je pensais en effet que ce terme signifiait l’incertitude de toute chose vis-à-vis des attentes que l’on peut avoir sur l’avenir. Ainsi, quand je proposais des rendez-vous professionnels à des partenaires locaux et qu’ils me répondaient: « oui, Inch’Allah » je comprenais « oui, peut-être » et proposais donc une autre date à laquelle ils répondaient là encore « oui, Inch’Allah ».

J’ai finalement compris que cette expression venait simplement rappeler qu’en tant qu’être humain, bien que l’on puisse planifier des actions pour la semaine prochaine, nous ne pouvons pas maîtriser l’ensemble des évènements qui peuvent survenir d’ici là. Cela n’empêche aucunement de prévoir des rendez-vous, et je me surprends parfois à utiliser cette expression moi aussi désormais.

Un conseil que tu voudrais partager avec de futurs volontaires ?

Je conseillerais de se lancer pleinement dans cette aventure en laissant derrière soi les éventuels doutes et craintes qui peuvent être véhiculées par l’inconnu, car ce type d’expérience a toujours quelque chose d’important à nous enseigner.

Découvrez les actions de la FONDEM

* « En wolof, Teranga vient de « teer/teerul » qui signifie accueillir. Elle désigne les valeurs d’hospitalité, de partage et de solidarité des Sénégalais. Ce terme, fièrement revendiqué, rappelle que le Sénégal a toujours été un lieu de brassage des peuples et des cultures. »  Source : Gaëlle Picut – https://lepetitjournal.com/dakar/


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Reprise des envois de volontaires !

En 2021 : missions de VSI et COVID-19

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


En 2020 et durant 8 mois, en réaction au développement de la pandémie du COVID-19 au niveau mondial, l’ensemble des nouveaux départs de volontaires avaient été suspendus sur décision du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE).

En octobre 2020, les partenaires et volontaires de La Guilde ont reçu la nouvelle tant attendue de l’autorisation d’un redéploiement partiel des VSI et VSC.

Depuis le début du mois de mars 2021, le MEAE reconnaît les missions de volontariat international comme « motif impérieux » de sortie du territoire français. Cette reconnaissance permet le départ vers leurs pays de mission des nouveaux VSI formés par La Guilde.

Nous faisons le point sur ces annonces et vous informons des évolutions.

Les nouvelles du terrain: Etat des lieux

L’envoi de volontaires est désormais ré-autorisé dans un certain nombre de pays répondant à des critères sanitaires et d’ouverture des frontières.

Mise à jour le 31/05/2021

Cette liste sera actualisée tous les 15 jours par le MEAE, en concertation avec les Ambassades et le Centre de Crise et de soutien.

De plus en plus de VSI (re)partent dans leur différents pays de mission

Cet été, dès que les conditions sanitaires en France l’ont permis, La Guilde a rouvert ses sessions de préparation au départ pour répondre au besoin de ses partenaires et former les volontaires dans la perspective d’une reprise à l’automne. Ainsi, entre nouveaux formés lors des préparations au départs chaque mois et volontaires en pause, de plus en plus VSI de La Guilde sont amenés à s’envoler vers leurs pays de mission.

Pour tous les pays en vert de cette liste, le départ est imminent ! La Guilde met à disposition de ses volontaires un arsenal d’assurances qui leur garantissent une bonne prise en charge santé. Chaque VSI sera bien sûr responsable de respecter les mesures sanitaires de son pays de mission et de les gestes barrières.

Préparation au départ à La Guilde en juillet 2020

De nombreux VSI restent en attente de la « réouverture » de leurs pays de mission

Quid des pays qui ne figurent pas sur cette liste ?

Le retour des VSI sur ces zones n’a pour l’instant pas été considéré favorablement par le réseau diplomatique, pour des raisons liées aux pics d’épidémie qu’ils rencontrent, aux difficultés d’accès aux soins et au rapatriement, ou aux conditions de sécurité. Toutefois, cette position n’est pas définitive et pourra être réévaluée chaque mois.

La Guilde reste engagée aux côtés de tous ses partenaires et volontaires

Depuis le début de la crise, La Guilde et l’équipe du pôle VSI ont été aux côtés de leurs 80 partenaires et 350 volontaires. Nous ne relâcherons pas nos efforts pour les aider à faire (re)partir au plus vite les volontaires, dans le respect des directives du MEAE.

Nous réaffirmons notre soutien à tous nos partenaires et volontaires dans la poursuite de leurs projets dans cette période difficile, et les remercions de leur confiance et de leur engagement.

Découvrez les actions mises en place par La Guilde pour accompagner partenaires et volontaires :

  • Mise en place d’un numéro d’urgence interne au pôle VSI et disponibilité des équipes ;
  • Organisation de sessions de préparation au départ inédites à distance ;
  • Mise en place de groupes de discussion pour les volontaires ;
  • Augmentation du nombre de nos sessions retour pour accueillir les VSI rentrés en France, et organisation de sessions en ligne ;
  • Annulation de l’appel à cotisation prévisionnel des partenaires de La Guilde ;
  • Plaidoyer.

Malena a été VSI pour La Guilde sur le projet WEEECAM. En pleine période du Covid-19, elle a participé à une session retour à distance.


Envie de retrouver des témoignages de volontaires Guilde engagés malgré le Covid ?

Visionnez ici la vidéo de Brune, volontaire MEP devenue infirmière bénévole en France

Écoutez Guillaume, volontaire avec l’Ordre de Malte dans un hôpital au Congo, mobilisé contre le virus : https://bit.ly/3dqWGbm