De Service Civique à VSI : engagement volontaire en Alliance Française

Après une année passée en Service Civique international avec La Guilde et l’Alliance Française de Sao-Tomé-Et-Principe, Lauriane a fait évoluer sa mission pour passer en statut VSI et continuer son travail au sein de l’Alliance deux années de plus.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Montée en compétence, découverte d’une nouvelle culture et confiance en l’avenir, Lauriane est fière de son engagement.

Aujourd’hui, elle revient sur les opportunités qu’elle a pu saisir et les nouveaux projets qui s’ouvrent à elle grâce à son expérience de volontariat.

Qu’est-ce qui a motivé ton départ en Service Civique puis le changement vers une mission VSI  ?

Ce qui a motivé mon départ en service civique pour la première fois a été l’envie de construire une expérience professionnelle plus longue qu’un stage à l’étranger. À la vue de la mission au sein de l’Alliance Française de Sao Tomé-Et-Principe et surtout suite à un entretien très enthousiasmant, je n’avais aucun doute sur ma décision. Mais ce qui m’a convaincue, ce fut surtout la disposition de la direction à adapter mon poste à mes envies et mes compétences et à le faire évoluer à mon image en fonction des besoins locaux.

En effet, le choix de la destination n’avait pour moi aucune importance du moment que c’était à l’étranger, c’est donc bien la mission en elle-même qui a motivé mon choix.

La volonté de ma direction de me garder au sein de l’équipe a été exprimée très tôt au cours de ma première année en Service Civique. Une fois ma décision prise de continuer ma mission, avec quelques évolutions liées à mon expérience et au changement de statut, le choix d’un contrat de VSI a été fait.

Tu l’as dit, la volonté d’acquérir une expérience professionnelle forte était une de tes motivations principales au moment de t’engager.

Pourquoi l’Alliance Françaises de Sao-Tomé-Et-Principe correspondait à tes attentes ?

Ayant suivi une formation de master en relations interculturelles et coopération internationale, j’avais déjà une bonne connaissance du réseau culturel français de l’étranger. J’avais aussi déjà effectué un stage en Alliance Française en Suède et un en Institut Français de Recherche au Kirghizstan. Aussi, le choix de rester dans ce réseau s’est inscrit dans la continuité de mon parcours et en corrélation avec mes compétences.

©Alliance Française de Sao Tomé et Principe

Les actions d’une Alliance Française sont la diffusion de la langue française et la promotion des cultures francophones et locales sur place, en France et à l’international. Ce qui m’intéresse c’est donc de travailler au service de l’échange interculturel à la fois pour mon pays, la France, mais aussi pour mon pays d’accueil.

Deux ans après le début de ta mission, quel est ton bilan sur ce point ?

D’un point de vue professionnel, je suis convaincue d’être parfaitement dans ma voie et l’expérience riche que je construis ici au quotidien me servira sans aucun doute dans mon parcours professionnel futur. J’élargis mes connaissances, j’apprends une nouvelle langue, j’apprends de nouvelles compétences et mets à jour mes anciennes, j’élargis mon réseau mais surtout, la durée et la qualité de cette expérience me font gagner en crédibilité sur le marché de l’emploi.

A me retour en France, je souhaite chercher un emploi dans le domaine de la coopération internationale, cette expérience me sera donc très utile.

De plus, la crise sanitaire du COVID-19 a poussé toute l’équipe à revoir ses objectifs et à s’adapter très rapidement à une situation imprévisible. Ce challenge nous a permis d’expérimenter de nouveaux modes de travail et aussi de se concentrer sur les travaux de fond. Paradoxalement, cette crise nous a fait redoubler d’efforts et nous a permis d’apprendre beaucoup sur notre capacité d’adaptation.

Tu t’es également engagée pour connaitre cette expérience de vie qu’est l’expatriation. Comment s’est passé ton intégration ? A-t-elle était différente de ce que tu imaginais ?

Mon intégration à Sao Tomé-et-Principe a été plus longue que je ne l’imaginais du fait de la grosse différence culturelle de mon naturel plutôt introvertie. Cependant ma très rapide intégration professionnelle et les excellentes relations avec mon équipe m’ont permis de trouver un équilibre assez rapidement. Depuis mon arrivée il y a deux ans, j’ai désormais eu largement le temps de m’intégrer à tous point de vue et je considère avoir une vie sociale et professionnelle épanouie.

Concert mars 2019 ©Alliance Française de Sao Tomé et Principe

Avec un peu de recul, que penses-tu avoir retiré de ta mission d’un point de vue personnel ?

Cette mission m’a appris à relativiser, à m’ouvrir un peu plus aux autres, en particulier à travers l’apprentissage du portugais. La patience et l’acceptation sont deux qualités sur lesquelles je travaille quotidiennement.

Si cette mission m’a ouvert les yeux sur mes défauts, elle a aussi mis en lumière mes qualités d’adaptation et de persévérance. Mes réussites tant personnelles que professionnelles me confortent dans mes choix et me donnent l’assurance dont j’ai besoin pour continuer ici ou ailleurs.

J’ai l’opportunité d’apprendre chaque jour, de me voir capable de réaliser mes tâches avec succès et de me voir confier des responsabilités. Par ailleurs, la confiance que m’apporte ma cheffe et sa satisfaction sur mon travail me motivent tout autant que de voir mon travail porter ses fruits.

Un conseil que tu voudrais partager avec d’autres personnes qui seraient intéressés par le VSI ?

Le VSI est une expérience très enrichissante à tous points du vue, à condition que la mission nous corresponde un tant soit peu et que le contexte nous convienne. Même si l’indemnité d’un VSI est, la plupart du temps, bien inférieure au SMIC français, l’expérience en vaut largement la peine. De plus, ce temps est investi à bon escient car c’est un réel tremplin professionnel, en particulier en cas d’insertion professionnelle. En effet, les employeurs recherchent avant tout l’expérience, et c’est ce qu’offre un VSI.

Enfin, ce qui me semble essentiel est d’avoir un bon rapport avec ses supérieures et son équipe sur le terrain car s’expatrier n’est pas toujours facile et il est bon de savoir que l’on n’est pas seul dans cette expérience radicale, en particulier pour les démarches administratives (visa), la recherche de logement et la résolution de problèmes du quotidien (santé par exemple) qui peuvent parfois être stressants lorsque l’on arrive dans un nouveau pays.

En cela, je recommande d’être très vigilant sur les missions proposées sur la fiche de poste et de s’assurer qu’elles correspondent bien au travail sur le terrain.

De plus, la majeure partie du temps sera passée sur le lieu de travail, aussi, si les conditions ou l’ambiance de travaillent ne sont pas agréables, cela peut complètement remettre en question le bon déroulement d’un volontariat.

La Guilde est partenaires de 40 Alliances Françaises à travers le monde pour le Service Civique, 2 pour le VSI. Plus d’informations sur le rôle des AF : https://www.fondation-alliancefr.org/

L’Alliance Française de Sao Tomé : http://www.afstp.org/

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Découvrez le témoignage d’Anaïs. Elle a elle aussi commencé son engagement pour Qosqo Maki en tant que Service Civique, puis s’est vue proposer une montée en compétence et le passage sur une mission de VSI.

Prévue pour 1 ans, son expatriation en a finalement duré 4 ! Elle nous raconte son parcours et sa vie péruvienne.


En première ligne lors de la période la plus virulente de la pandémie, ces volontaires en Service Civique ont su se réinventer et mettre à profit de nouvelles initiatives à travers leur créativité et leur solidarité.

Découvrez leurs témoignages et leurs actions solidaires à travers cette vidéo !

VSI à Cali : au rythme des klaxons

Témoignage de Fanny, en VSI en Colombie pour le développement de la mobilité urbaine durable

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


A l’heure où nous évitons les foules et où nos temps de déplacement doivent être limités, les questions de l’optimisation des transports en commun sont au cœur des enjeux sanitaires des villes.

Dans de nombreux pays, les défis de mobilité urbaine sont également facteurs de développement économique, social et environnemental. En Amérique du Sud, en Afrique, en Asie et en Europe, l’association Codatu agit pour le développement de la mobilité durable.

Pour Codatu, le dialogue entre les différents acteurs du secteur doit permettre de trouver des solutions communes, qui puissent s’adapter aux situations particulières de chaque ville.

C’est dans ce cadre que s’est intégrée la mission de volontariat de Fanny en Colombie auprès de Codatu. L’occasion de partager son retour d’expérience, et de se projeter vers l’avenir !

Peux-tu nous présenter ta mission avec Codatu?

Codatu est une association française spécialisée sur la mobilité durable. Elle réalise des projets de coopération technique, des conférences internationales, et participe à la production de connaissance dans le domaine des transports urbains, des mobilités douces, des nouveaux services de mobilité et des politiques publiques. 

Je me suis engagée pour un an de VSI, et ma mission consiste à animer une coopération technique entre la France et la Colombie, pour aider les autorités locales et régionales de la ville de Cali à se structurer et à monter une Autorité Régionale de Transport. 
Mon rôle est de faire le lien entre les différentes parties engagées dans la coopération (experts, bailleurs, bénéficiaires), d’organiser des ateliers pour renforcer les capacités des administrations locales dans le champ de l’organisation institutionnelle du transport, de réaliser le suivi d’études techniques, de recruter des experts pour des appuis ponctuels, etc. Je suis accompagnée dans cette tâche par un expert en France.

Durant un atelier participatif avec les partenaires locaux. ©F.Bertossi

Qu’est ce qui te plait le plus dans ce VSI ?

J’apprécie le caractère très concret et la variété de mes missions, les contacts quotidiens avec les acteurs locaux, le travail de recherche demandé, et le fait de créer des ponts entre la France et la Colombie. 

L’expérience de vivre et de travailler à Cali est également très enrichissante. Il s’agit d’une grande ville de 2,4 millions d’habitants, en terre chaude, entourée d’une très belle nature de montagnes et de champs de canne à sucre qui est baignée dans la culture du Pacifique colombien. 

Vivre à Cali, c’est déguster de la lulada (boisson au fruit régional lulo), du guarapo (jus de canne à sucre), des aborrajados (beignets de banane plantain au fromage), écouter de la salsa tous les jours en marchant dans la rue ou dans les transports, être coincés dans des embouteillages de 2h30 en plein cœur de la ville (un comble pour moi !), ou se promener sur le Bulevar del río (promenade piétonne le long du fleuve Cali dans le centre-ville). 

Au sommet « Pico de Loro » dans les montagnes « Farallones de Cali » à l’ouest de Cali. ©F.Bertossi

Mais travailler à Cali signifie aussi s’adapter à l’organisation locale, au degré de formalité des échanges, aux canaux de communication utilisés (whatsapp est le principal mode de communication professionnel, et il est courant de recevoir des messages professionnels le soir ou le week end !), et bien sûr, un autre rapport à la ponctualité… !

Tu sembles très attachée à ton pays d’expatriation et à tes missions. Toutefois, tu n’as pas reconduit ton VSI pour une année supplémentaire. Quels sont tes projets ?

Mon VSI avec Codatu ne peut pas être prolongé, car les financements pour le poste ne courraient que sur un an, mais je souhaiterais en effet rester en Colombie et dans le même secteur d’activité, qui me plaît et sur lequel j’ai acquis une vraie expertise durant cette année. J’aimerais donc trouver un contrat local pour continuer à travailler sur les projets de transport en cours à Cali ou à la capitale Bogotá, où je vivais depuis 2 ans avant de débuter mon VSI. La Colombie est un très beau pays, il est facile de s’y intégrer et de s’y sentir bien, et il y a énormément de défis et de projets en cours dans le champ du développement urbain et de la mobilité durable.

Voie de bus dans la ville de Cali. ©Codatu

Aurais-tu des conseils pour celles et ceux qui souhaitent s’engager ?

Malgré les difficultés liées au fait de vivre dans un pays distant de la France, de se sentir parfois seule sur place pour mener à bien ses missions, l’expérience du VSI a été très positive pour moi !

Je trouve que le volontariat permet d’établir un très bon équilibre entre la France et son pays d’expatriation, d’avoir des missions concrètes, intéressantes et à fort impact, et d’être autonome dans son travail. 


CODATU recrute ! Découvrez les missions ici


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Changez de thème, pas de continent ! Découvrez le témoignage d’Eloïse et son VSI avec Coeur de Forêt en Bolivie

Volontariat à Madagascar: allier engagement religieux et VSI

Les missions de VSI sont au service de l'intérêt général sans distinction, mais cela n'empêche pas de choisir de donner à sa mission une dimension spirituelle. C'est le cas de Lucile, partie en VSI avec les Missions Etrangères de Paris.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Lucile s’est engagée en décembre 2019 pour une mission de VSI avec La Guilde et les Missions Etrangères de Paris (MEP). Les MEP sont une association confessionnelle catholique tricentenaire qui, depuis 15 ans, envoie des jeunes laïcs pour des missions de volontariat allant de 3 mois à 2 ans, alliant le service, la relation à Dieu et la rencontre de l’Église dans le monde.

Une trentaine de missions de 1 à 2 ans sont portées conjointement avec La Guilde chaque année, sur des postes aconfessionnels d’intérêt général, en Asie et à Madagascar.

Après de longues réflexions et plusieurs rencontres avec les MEP, c’est dans ce dernier pays que Lucile s’est engagée et effectue encore sa mission. Entre besoin de changements professionnels et acte de foi, elle nous raconte sa mission et sa découverte de l’Île Rouge.

Qu’est-ce qui a motivé ton départ en VSI auprès des MEP ?

L’idée de m’engager comme volontaire est présente depuis longtemps dans ma tête. J’ai d’ailleurs vu plusieurs de mes amis partir en mission et cela procurait toujours une petite pointe d’envie au fond de moi. Mais je l’ai repoussée, car mes expériences professionnelles se sont enchaînées, je ne me sentais pas prête à quitter mon quotidien et mes attaches personnelles.

Néanmoins je me lassais, j’avais l’impression d’entrer dans une routine, dans un contexte où la seule manière d’évoluer était de re-négocier mon salaire, alors que j’avais surtout envie de diversifier mes tâches et les sujets sur lesquels je travaillais.

En parallèle de mon travail, j’étais très engagée dans le mouvement des Scouts et guides de France. J’y passais mes week-ends et beaucoup de mes soirées. Là, j’avais l’impression d’avoir de vraies et belles relations avec les gens, non faussées par une reconnaissance d’un bon travail par un bon salaire.

J’ai eu envie le temps d’une année d’être, tous les jours de la semaine, la personne que j’étais le week-end aux scouts. En tant que chrétienne, j’ai eu également envie de donner une année au Seigneur et aux personnes vers lesquelles Il m’enverrait.

Lorsque l’idée de partir pour une mission de volontariat a commencé à prendre forme dans ma tête, j’en ai parlé avec un prêtre dont je suis proche et je lui ai demandé conseil. C’est lui qui m’a parlé des Mission Etrangères de Paris. Aux MEP, on ne choisit ni sa mission, ni son pays. On les reçoit et on peut les accepter ou les refuser et ne pas partir. Après plusieurs entretiens qui ont confirmé mon projet, la chargée de mission m’a appelé pour me donner ma destination et mon poste.

En octobre, j’ai eu une semaine de formation aux MEP avec 26 autres futurs volontaires. C’était très riche : beaucoup de temps de prière pour nous apprendre à revenir à l’essentiel lorsque la mission sera difficile, des cours théoriques, des ateliers, des mises en pratique et de beaux moments de fraternité avec les autres volontaires ! Pendant cette semaine, j’ai été convaincue et j’ai donc décidé de m’engager pour 1 an. En décembre, je me suis envolée pour Madagascar avec une mission d’architecte auprès du diocèse de Port-Bergé, situé dans le nord-ouest du pays.

Ta mission a été perturbée par le coronavirus, peux-tu nous en parler ?

Nous sommes 2 volontaires à travailler sur les nouvelles constructions du diocèse, à destination des habitants de la région : Emmanuel, qui est ingénieur, et moi-même, nous partageons le travail en fonction de nos compétences.

Cette organisation bien réglée n’a duré que quelques mois et tout a été bouleversé avec l’arrivée du coronavirus dans le pays. Avec le confinement, les chantiers ne se sont pas arrêtés mais il a été plus difficile, voire impossible de s’y rendre. Mes missions ont donc évolué.

De plus, au début de ma mission nous étions 4 volontaires MEP à Port-Bergé, et c’était une vraie joie d’être si nombreux dans cette ville de brousse, assez excentrée dans le pays.  Malheureusement, lors de l’annonce du confinement, les MEP nous ont demandé de choisir : rester à Madagascar ou être rapatrié. Sachant que le confinement y serait sans doute difficile, et que certains d’entre nous seraient au chômage technique pendant une durée impossible à déterminer, beaucoup ont décidé de rentrer en France.

J’ai moi-même beaucoup douté, mais aujourd’hui je dois dire que je ne regrette rien, je ne me suis jamais sentie en insécurité, j’ai toujours pu donner de mon temps d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui, Emmanuel et moi sommes les 2 derniers volontaires MEP dans le pays.

Avec les 4 volontaires et le Père Francklin à Port-Bergé

Certains de tes objectifs à travers le VSI était d’avoir accès à de nouvelles compétences et responsabilités professionnelles en tant qu’architecte, et de trouver une façon de rapprocher ta carrière et tes aspirations personnelles. Qu’en est-il aujourd’hui ?

J’ai beaucoup appris au cours de cette première année.

L’autonomie. Avant de partir en mission, j’ai travaillé dans des grosses agences d’architecture où mes responsabilités étaient limitées et subordonnées à l’avis de mon supérieur. Dans ma mission d’architecte à Madagascar, je travaille avec un « prêtre bâtisseur » qui me présente les projets et me donne généralement un croquis comme point de départ. Néanmoins, l’intérêt d’avoir une architecte est de faire différemment de  ce qu’on a « toujours fait » et si celle-ci est têtue comme je le suis, elle ne manque pas de proposer de nouvelles idées et d’insister !

Enfin, j’ai accès à des projets d’envergure dont tout architecte rêve !

La patience. Si l’on en croit les guides touristiques, on apprend que Madagascar est le pays du « mora  mora » à traduire par « doucement ». C’est en réalité toute une façon de vivre, tranquillement et sans se prendre la tête. Alors, pour moi française, qui plus est parisienne, pour qui tout doit aller vite, tout temps doit être rentabilisé. Quand le métro a 2 minutes de retard, comment réagit-on ? On s’impatiente ! Dans le métro, que fait-on ? On lit pour ne pas perdre ce temps que l’on pense si précieux. On vient à Madagascar et là on voit les choses tout à fait différemment !

L’adaptabilité. En arrivant, j’ai dû m’adapter aux surprises « de base » du volontaire : il n’y a pas tout le temps d’eau et d’électricité, pas de machine à laver, il y a rarement un programme, s’il y en a un, on ne le respecte pas, on se laisse donc porter ! Cependant, ma « grande chance » en partant en volontariat en 2019-2020, c’est que je n’étais pas au bout de mes surprises ! Alors que je pensais avoir trouvé une forme d’équilibre dans ma mission, que je maîtrisais plus ou moins mes tâches, que je savourais les moments à 4 volontaires dans la même ville, le coronavirus a pointé le bout de son nez !

Mes capacités d’adaptabilité ont donc été fortement testées, j’avoue qu’il y a eu des moments difficiles, j’ai perdu mes colocs et donc le lieu où j’habitais, j’ai expérimenté 3 villes différentes, et j’ai dû trouver ma place dans chacune d’elles et faire évoluer ma mission… Mais je dirais que La Providence fait bien les choses et on m’a finalement permis d’expérimenter autre chose que mon métier !

L’humilité. Nous arrivons avec notre conception de la vie où tout travail mérite salaire, ou même où tout service mérite remerciement. Le Christ nous apprend pourtant à être à son image, « à être généreux, à donner sans compter, à travailler sans chercher le repos » (prière scoute). À Madagascar, je reçois pleinement sa leçon. Avec ma mission d’architecte, j’apprends l’humilité, j’apprends à travailler pour la gloire de Dieu et à me faire toute petite devant Sa volonté.


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Découvrez le témoignage vidéo de Brune : volontaire La Guilde et les MEP en Malaisie, elle avait dû suspendre son VSI à cause du déclenchement du COVID

Lisez le témoignage de Sabine : formatrice en anglais, Sabine a décidé de mettre son expérience et ses méthodes d’enseignement ludique au service de l’association Agir pour le Cambodge. Aujourd’hui, elle coordonne l’enseignement de l’anglais auprès de jeunes Khmers issus de milieux défavorisés, dans le cadre de formations professionnalisantes.

Découvrez plus des missions des partenaires de La Guilde à Madagascar ici :


D’autres témoignages des Volontaires MEP et de Lucile sont disponible ici : Volontaires MEP

Reprise des envois de volontaires !

En 2021 : missions de VSI et COVID-19

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Depuis mars 2020, en réaction au développement de la pandémie du COVID-19 au niveau mondial, l’ensemble des nouveaux départs de volontaires avaient été suspendus sur décision du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE).

En octobre 2020, les partenaires et volontaires de La Guilde ont reçu la nouvelle tant attendue de l’autorisation d’un redéploiement partiel des VSI et VSC. 

Nous faisons le point sur cette annonce et vous informons des évolutions.

Les nouvelles du terrain: Etat des lieux

Depuis le 01/10/2020 l’envoi de volontaires est désormais ré-autorisé dans un certain nombre de pays répondant à des critères sanitaires et d’ouverture des frontières.

Mise à jour le 18/02/2021

Cette liste sera actualisée tous les 15 jours par le MEAE, en concertation avec les Ambassades et le Centre de Crise et de soutien.

D’ores et déjà, plus de 80 VSI de La Guilde sont repartis dans leur différents pays de mission

Cet été, dès que les conditions sanitaires en France l’ont permis, La Guilde a rouvert ses sessions de préparation au départ pour répondre au besoin de ses partenaires et former les volontaires dans la perspective d’une reprise à l’automne. Ainsi, entre nouveaux formés lors des préparations au départs chaque mois et volontaires en pause, de plus en plus VSI de La Guilde sont amenés à s’envoler vers leurs pays de mission.

Pour tous les pays en vert de cette liste, le départ est imminent ! La Guilde met à disposition de ses volontaires un arsenal d’assurances qui leur garantissent une bonne prise en charge santé. Chaque VSI sera bien sûr responsable de respecter les mesures sanitaires de son pays de mission et de les gestes barrières.

Préparation au départ à La Guilde en juillet 2020

De nombreux VSI restent en attente de la « réouverture » de leurs pays de mission

Quid des pays qui ne figurent pas sur cette liste ?

Le retour des VSI sur ces zones n’a pour l’instant pas été considéré favorablement par le réseau diplomatique, pour des raisons liées aux pics d’épidémie qu’ils rencontrent, aux difficultés d’accès aux soins et au rapatriement, ou aux conditions de sécurité. Toutefois, cette position n’est pas définitive et pourra être réévaluée chaque mois.

La Guilde reste engagée aux côtés de tous ses partenaires et volontaires

Depuis le début de la crise, La Guilde et l’équipe du pôle VSI ont été aux côtés de leurs 80 partenaires et 350 volontaires. Nous ne relâcherons pas nos efforts pour les aider à faire (re)partir au plus vite les volontaires, dans le respect des directives du MEAE.

Nous réaffirmons notre soutien à tous nos partenaires et volontaires dans la poursuite de leurs projets dans cette période difficile, et les remercions de leur confiance et de leur engagement.

Découvrez les actions mises en place par La Guilde pour accompagner partenaires et volontaires :

  • Mise en place d’un numéro d’urgence interne au pôle VSI et disponibilité des équipes ;
  • Organisation de sessions de préparation au départ inédites à distance ;
  • Mise en place de groupes de discussion pour les volontaires ;
  • Augmentation du nombre de nos sessions retour pour accueillir les VSI rentrés en France, et organisation de sessions en ligne ;
  • Annulation de l’appel à cotisation prévisionnel des partenaires de La Guilde ;
  • Plaidoyer.

Malena a été VSI pour La Guilde sur le projet WEEECAM. En pleine période du Covid-19, elle a participé à une session retour à distance.


Envie de retrouver des témoignages de volontaires Guilde engagés malgré le Covid ?

Visionnez ici la vidéo de Brune, volontaire MEP devenue infirmière bénévole en France

Écoutez Guillaume, volontaire avec l’Ordre de Malte dans un hôpital au Congo, mobilisé contre le virus : https://bit.ly/3dqWGbm

Adapter sa mission à la crise sanitaire: le VSI vécu depuis Madagascar et le Burkina

Chloé et Matthieu sont tous deux VSI avec l'organisation Jardins du Monde dans deux pays différents. Leurs activités ont évolué pour lutter contre le coronavirus à Madagascar et au Burkina, découvrez-les !

Un article de Lucille Caron, chargée de mission VSI


Jardins du Monde (JdM) œuvre dans le domaine de la santé et de l’agroécologie depuis 1997, en encourageant le recours aux plantes médicinales dont l’efficacité est scientifiquement prouvée.

L’essentiel des activités de l’association se concentre actuellement à Madagascar et au Burkina Faso. Un VSI de La Guilde est présent sur chacun de ces pays : Matthieu, au Burkina depuis 2017 et Chloé, récemment recrutée à Madagascar.

Avec les équipes locales, leur rôle est d’assurer et de coordonner le suivi de la production de plantes médicinales de qualité, mais également de former les populations rurales à leur utilisation et au suivi de leur santé.

Chloé et Matthieu nous offrent un portrait croisé de leurs activités, qui n’ont pas ralenti malgré le Covid-19.

Chloé – VSI à Madagascar

Mon début de mission en mars 2020 a coïncidé à quelques semaines près avec l’arrivée du Coronavirus sur la Grande Île. Les activités habituelles ont été très chamboulées avec le confinement et les restrictions : impossibilité de réaliser nos sensibilisations et dépistages, les formations étaient retardées, etc.

C’était sans compter sur la réactivité et la capacité d’adaptation de l’équipe de JdM Madagascar !

Dans le cadre d’une collaboration avec la Direction Régionale de la Santé Publique et le Centre de Commandement Opérationnel Covid-19 de la Région Diana, nous avons décidé d’apporter un appui matériel aux dispensaires et aux hôpitaux.

Grâce à  des  financements  exceptionnels,  nous avons pu les doter de dispositifs lave main, de pulvérisateurs, de masques, de gel hydroalcoolique et de savon. La sensibilisation auprès des populations en brousse a également été renforcée par la diffusion d’un message audio animé par un DJ réputé et la distribution de dépliants.

 Sensibilisation COVID-19, Ankarongana, juillet 2020 ©JdM

De plus, certaines de nos activités ont été adaptées au contexte. Nous avons réalisé un film de sensibilisation qui pourra ensuite être diffusé auprès d’un large public. Nos formations ont repris avec un renforcement de la sensibilisation aux gestes barrières et la distribution de masques.

L’équipe de Jdm Madagascar, juillet 2020 ©JdM

Ce temps a également permis la réflexion autour de nouveaux supports didactiques de formation et de communication. Malgré les difficultés rencontrées lors de ce contexte particulier, j’en ressors aujourd’hui avec une expérience très enrichissante pleine d’entraide et de solidarité.

Matthieu – VSI au Burkina Faso

Au Burkina Faso non plus, la pandémie ne nous a pas refroidis et nous nous y sommes adaptés.

Comme nous ne pouvions pas organiser de rassemblements ni donner de représentations théâtrales de sensibilisation, nous avons concocté des vidéos taillées sur mesure pour les réseaux sociaux.

Une première série s’est attaquée de front à la pandémie, pour en expliquer les tenants et les aboutissants.

 La réussite de cette première réalisation nous a donné l’idée de mettre en scène les formations de la responsable Santé de Jardins du Monde Burkina Faso sur les méthodes de préparation des plantes médicinales. Décoction, inhalation, cataplasme, et autres infusions… vous pouvez les retrouver sur notre page Facebook.

Photo de famille Laado’s Family et JdM BF suite au tournage de nos capsules vidéos ©JdM

Et en-dehors des écrans ?

Si la fermeture des écoles nous a empêché de mener à bien une partie des formations pour les élèves, nous avons pu poursuivre d’autres activités pour préparer au mieux la saison hivernale. Le lancement de notre jardin biologique en partenariat avec l’Université de Ouagadougou a pu se concrétiser. D’ici 2021, cinquante jeunes chercheurs seront formés à l’usage des plantes médicinales au sein de l’Université.

Formation à la production d’insecticide bio, village de Mogueya, juillet 2020 ©JdM

Le dernier trimestre de l’année sera également consacré au développement d’activités génératrices de revenus auprès de nos partenaires ruraux, et verra la poursuite de nos projets de lutte contre la malnutrition infantile, de soutiens à nos villages et quartiers partenaires, et de formation à l’agriculture biologique.


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Découvrez la vidéo réalisée par La Guilde avec Christine, prédécesseure de Chloé comme VSI au poste de coordinatrice de Jardins du Monde Madagascar :


Lisez le témoignage de que Matthieu avait réalisé en mai 2019 et découvrez plus en détails ses activités à Koudougou:


Article issu des témoignages de Chloé GOURLIE, Matthieu LAURENTIN et de la newsletter de Jardin du monde de septembre 2020.

Mesmin, VSI béninois en Guinée Conakry: un engagement au service de la santé

Mesmin est de nationalité béninoise et réalise une mission de VSI en Guinée Conakry depuis le 1er octobre 2018 avec l’association ESSENTIEL.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Mesmin est le premier VSI de La Guilde issu d’un partenariat avec ESSENTIEL, et fait partie des 9% de volontaires de La Guilde engagés sous statut VSI et de nationalité autre que française.

Le statut de VSI est ouvert à toutes les nationalités sauf celle du pays de mission, et cela afin de favoriser les échanges interculturels et le transfert de compétences.

En janvier dernier ESSENTIEL a lancé le programme CAP CSU* (Coordination des acteurs pour la promotion de la couverture sanitaire universelle) sur deux territoires : au Bénin et en Guinée, où moins de 10% de la population bénéficie d’une protection sociale.

Mesmin, peux-tu nous présenter ton parcours et ta mission ?

J’ai aujourd’hui une longue et solide expérience (25 années) d’intervention terrain sur des projets qui visent à faciliter l’accès des populations démunies et/ou marginalisées aux services de base (santé et éducation) dans plusieurs pays d’Afrique Occidentale et Centrale.

Je suis marié et père de deux enfants, né en 1967, de nationalité béninoise, titulaire d’un DU en Santé Publique et Communautaire (UHP Nancy) avec des connaissances et compétences avérées en gestion de projet, ingénierie de formation, relation d’aide et renforcement institutionnel.

J’ai commencé mon VSI en tant qu’Assistant Technique et Coordinateur auprès d’ESSENTIEL, puis ma mission a évolué et m’a permis de devenir Chef de projet CAP CSU en août 2020.

Mon engagement avec ESSENTIEL se fonde essentiellement sur la logique d’intervention que porte l’association : ESSENTIEL favorise à la fois la responsabilisation des communautés par rapport à leur santé (au sens large du terme), mais aussi le transfert de compétences aux acteurs locaux. Ces principaux éléments constituent pour moi un gage d’efficacité pour un véritable développement local.

D’après toi, quelles sont les différences de contexte entre le Bénin et la Guinée ?

On ne saurait parler de différences de contexte étant donné qu’à ce jour, l’accès à la santé est un enjeu majeur pour la population de ces deux pays et les barrières financières qu’elles rencontrent dans l’accès aux soins sont nombreuses.

En Guinée comme au Bénin, le financement de la santé reste caractérisé par la faible contribution des ressources publiques aux dépenses de santé. Les ménages constituent ainsi la principale source de financement de la santé sous forme de paiement direct. Or, aucun mécanisme de protection sociale n’existe pour les acteurs du secteur informel qui représentent plus de 90% de la population active dans ces deux pays.

Et d’un point de vue plus personnel, peux-tu nous parler de ton intégration en Guinée, et ce qui t’a plu dans cette culture nouvelle ?

Mes séjours et expériences de travail antérieurs en Guinée, notamment un poste avec l’ONG française SOLTHIS (ndlr : également partenaire de La Guilde pour l’envoi de VSI) et diverses missions de consultations avec Expertise France et PSI Guinée, m’ont permis une intégration rapide sur ma mission.

L’intégration est d’autant plus agréable pour moi que la Guinée est un pays officiellement laïc malgré une population majoritairement musulmane. La coexistence entre cette dernière et la communauté chrétienne est remarquable. En d’autres termes Chrétiens et Musulmans vivent ensemble dans la paix, et dans un respect mutuel qui résistent aux rivalités politiques. Cela constitue un point important pour moi.

De plus, la Guinée reste un pays ouvert à l’expertise étrangère, ce qui y justifie la présence de cadres provenant de multiples pays et exerçant dans divers secteurs d’activités.   

Mon intégration n’a donc pas vraiment été un problème.

Que retiens-tu de ta mission à ce stade ?

Toute nouvelle expérience est source d’apprentissage ; je gagne donc beaucoup au plan personnel dans cette mission, d’autant plus qu’elle concerne une nouvelle thématique dans laquelle j’avais très peu d’expérience : la protection sociale en général, la mutualité en santé en particulier.

Sur le plan professionnel, le bilan reste aussi globalement positif car je suis fier d’apporter une contribution significative et appréciée par ESSENTIEL et ses partenaires, pour l’organisation de l’équipe terrain et la réorientation des stratégies. Tous mes savoirs, savoir-faire et savoir-être ont été mis au service de l’action au-delà de ceux sollicités au moment de mon arrivée sur le terrain.

Depuis août 2020, tu as changé de poste, en pleine épidémie de Covid-19. Comment la pandémie a-t-elle affecté ce lancement ?

La survenance du Covid-19 a énormément perturbé les activités prévues dans le cadre du démarrage du projet, notamment celles nécessitant des rencontres sur le terrain avec les partenaires.

Toutefois, c’est pour moi une note de satisfaction de pouvoir vous affirmer qu’aujourd’hui, malgré le contexte sanitaire, le dispositif de coordination du projet a été mis en place dans chaque pays et les premières actions de soutien aux Unions Communales des Mutuelles de Santé (UCMS) et aux Mutuelles de Santé Préfectorales (MSP) ont été engagées respectivement au Bénin et en Guinée.

Et enfin, as-tu des conseils pour les futurs volontaires ? 

Une phrase que j’ai tirée des échanges avec un ami pour résumer mon message à l’endroit des futurs volontaires : « Connaître les autres pays fait changer de paradigmes et ouvre l’esprit…Cela devrait rendre les Hommes plus cultivés, plus ouverts, plus intelligents, plus tolérants et moins guindés».

Mesmin Emmanuel DOSSOU-YOVO – VSI en Guinée Conakry avec l’association ESSENTIEL

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Article issu du témoignage de Mesmin Dossou-Yovo et de la newsletter de ESSENTIEL du 16/09/2020.

Les couleurs de l’Inde, vues par une VSI

Juliette est rentrée de mission de VSI en Inde avec LP4Y. Entre découverte, dépassement de soi et rencontre des autres, elle nous raconte son année de mission au bout du monde!

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Juliette est partie en VSI en Inde avec l’organisation Life Project 4 Youth (LP4Y) en février 2019. Durant sa mission elle a été particulièrement touchée par les jeunes filles qu’elle accompagnait dans leur insertion professionnelle.

Fascinée par la découverte de l’Inde, la frénésie qui l’anime et la multitude de ses couleurs, elle partage aujourd’hui son regard sur cette expérience à travers les photos qu’elle a pu saisir.

Pourquoi as-tu décidé de partir en volontariat ?

J’ai toujours eu envie de partir en volontariat, vivre une expérience radicalement différente, au plus proche des populations locales. Mais c’est vrai qu’entre la famille, le travail, les amis, les amours… il faut trouver le bon moment pour se lancer dans l’aventure. C’est finalement après 4 ans chez Microsoft en tant que Responsable Marketing à Paris que je décide de franchir le cap, «ça y est » c’est le moment de partir et redonner du sens à ma vie !

Démission faite, je me suis engagée dans ce virage à 90° avec mon quotidien et ma petite vie comblée pour aller vivre dans un bidonville en Inde.

Passionnée par les voyages, je réalise alors l’un de mes rêves les plus fous, vivre une expérience humaine forte, découvrir une nouvelle culture en immersion totale et retrouver ce plaisir des choses simples, de l’authenticité.

Avec quelle association es-tu partie ?

En février 2019, je suis partie pour 15 mois en volontariat avec l’ONG Life Project 4 Youth qui œuvre en faveur de l’insertion sociale et professionnelle de jeunes en situation de grande pauvreté et victimes d’exclusion. L’objectif de notre équipe de volontaires est de redonner confiance à ces jeunes déscolarisés et leur permettre de se familiariser avec le monde professionnel au travers d’un cursus pédagogique de 9 mois.

Le centre où je suis affectée est implanté dans le bidonville “DJ Halli” de Bangalore (sud de l’Inde). Avec 2 autres volontaires, nous y vivons et accueillons tous les jours, de 9h à 18h, une vingtaine de jeunes Femmes qui ont entre 15 et 24 ans.

Lire le témoignage de Juliette sur sa découverte de DJ Halli publié en janvier 2020. 

A quoi ressemble une journée avec les jeunes ?

Avec les jeunes il n’y a pas une journée pareille !

La journée type s’articule autour de sessions collectives, les “Training” : cours d’informatique, d’anglais, de communication professionnelle etc. mais aussi des moments plus personnels afin que les jeunes réfléchissent et élaborent leur “Projet de vie” : j’apprends à me découvrir, me projeter, me poser des questions…

Afin de mettre en pratique leurs acquis, les jeunes développent également une micro-activité économique organisée en départements comme dans une entreprise. Dans notre centre, les femmes ont lancé l’activité “Digi’Women” et dispensent deux fois par semaine des cours d’informatique à la communauté locale afin de lutter contre l’illettrisme numérique.

En plus d’être entrepreneuses de leurs vies, ces jeunes femmes sont donc actrices du changement au sein de leur communauté.

Aussi, grâce à un écosystème de partenaires, les jeunes découvrent le monde professionnel à travers des visites d’entreprises, des formations, des témoignages et rencontres avec des professionnels.

En plus des compétences professionnelles que tu as pu développer, quels moments forts retiens-tu de ton expérience ?

L’un des moments forts avec les jeunes est la “Family visit”, l’occasion de rencontrer leur famille pour mieux comprendre leur situation et leur environnement familial. Je suis impressionnée par la petitesse de leur habitation, souvent une pièce sombre et poussiéreuse qui rassemble un lit pour toute la famille (ou un tapis au sol qui en fait office), un lavabo et un amas de vaisselle en acier, parfois un frigo et une télé dans le meilleur des cas, tous les besoins d’une famille dans une pièce de 7 mètres carrés. Cette modestie apparente ne les empêche pas de nous faire profiter de leur grande générosité, ils sortent pour l’occasion leurs plus beaux attirails : le thé indien “chai” accompagné de ses inséparables petits sablés. La barrière de la langue avec les parents qui ne parlent pas un mot d’anglais ne nous empêche pas de communiquer d’une autre manière, les sourires que l’on échange et nos yeux qui pétillent en disent long. 

Il y a aussi les “Ceremony of Graduation” que nous organisons une fois par mois, l’occasion de remettre à chaque jeune son diplôme attestant qu’elle gravit des échelons dans son apprentissage. Les familles et leurs proches sont conviés à cette cérémonie, les jeunes apprennent ainsi à prendre la parole en public.

Une fois par semaine c’est “Lunch Together” sur le rooftop (le toit), l’occasion de partager nos recettes indiennes et françaises et faire le point sur la semaine passée. Nous partageons un repas très convivial, même si la plupart du temps les épices de leur bon petit plat me brûlent littéralement le palais ;).

Peux-tu nous partager quelques images de ton lieu de vie, qui t’a tant touché ?

Le quartier dans lequel nous sommes implantés est à forte majorité musulmane, notre centre est entouré de 4 mosquées, autant vous dire qu’on ne loupe pas l’appel à la prière. De notre rooftop on a une vue imprenable sur le bidonville dans lequel je pars souvent m’aventurer.

Ici pas de trottoir ni de passage piéton, on se faufile comme on peut dans le dédale des rues entre chèvres, scooters, marchés de fruits et légumes. Sur mon chemin je croise le tailleur du coin, le boucher qui donne envie d’arrêter de manger de la viande à tout jamais, les mamas du coin en pleine discussion, les vendeurs de fruits ambulants sur leurs vieux vélos rouillés, les ouvriers de chantier, les vendeurs de samosas agglutinés sur le trottoir et bien sûr les centaines d’enfants qui courent partout… un quartier d’une effervescence sans pareille, un mélange de bruits, de couleurs, d’épices et d’odeurs.


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Lisez le passionnant article rédigé par Juliette à son arrivée en Inde et découvrez son Instagram

Découvrez la formation professionnelle des jeunes dans un autre pays et embarquez pour la Côte d’Ivoire avec le témoignage photo d’une autre VSI, Marion

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Retour de mission à l’heure du coronavirus

Quitter son lieu de vie, ses collègues et ses amis presque du jour au lendemain, devoir rebondir en France sans l’avoir anticipé,… telle est la situation difficile qu'a vécue Amélie, comme bon nombre de VSI depuis le début de la crise sanitaire, entre fermetures de frontières et montée en puissance de l’épidémie.

Amélie et ses collèges au Cambodge pour Toutes à l’École

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Amélie s’est engagée en septembre 2019 pour une mission d’un an avec l’organisation Toutes à l’école au Cambodge. Avec le développement du Covid-19 en Asie, sa mission a pris fin en mars 2020 après 7 mois de VSI, la forçant à un retour en France dans l’urgence.

Autant de facteurs qui rendent nécessaires un accompagnement au retour et une prise de recul par rapport à sa mission de VSI et l’expérience de ces derniers mois.

Rentrée en mars au début de confinement français, tu as été placée dans une situation compliquée. Comment se sont passés ces premiers mois ?

Effectivement le contexte de ma fin de mission était très particulier et le retour en lui-même n’était pas du tout prévu dans ces conditions.

Une fois en France en plein confinement, j’ai dû attendre 1 mois et demi pour voir mes parents, et 3 mois pour retrouver le reste de ma famille.  

De plus la reprise d’une activité professionnelle n’est pas favorisée par le contexte, et ma situation est un peu particulière car je réside depuis plus de 10 ans à Singapour. Ainsi, 6 mois après mon retour je n’ai toujours pas d’activité professionnelle bien que quelques pistes intéressantes se profilent.

Pour moi, l’idée maintenant est de capitaliser sur cette expérience VSI afin de donner plus de relief et de force à mes nouveaux projets professionnels.

La session retour de La Guilde et divisée en deux jours, un sur l’insertion professionnelle, et un sur la relecture personnelle de son expérience. Qu’est-ce que ces journées t’ont apporté ?

Pour moi cette session a été un énorme plus, je recommande très vivement ces 2 jours de formation au retour. Je trouve formidable que La Guilde et l’Etat français aient le souci de ce retour et qu’ils mettent en place ces accueils, tout ceci gratuitement.

Une session pendant le COVID, où intervenants et VSI s’organisent

C’est l’occasion de voir d’autres VSI et de se découvrir des points communs, parler du retour à la vie en France et de ses joies, mais aussi de la nécessité de se réadapter et s’ajuster. Cela m’a permis une grande prise de recul par rapport au retour dramatique COVID.

De façon générale, la session nous a tous permis, aux autres participants et à moi, de reprendre confiance en soi. Certains ont vécu des choses pas très simples et en parler ensemble permet de s’appuyer sur de nouveaux repères, de nouvelles bases.

Enfin, cela m’a permis de faire un bilan de compétences avec toutes les choses apprises durant mon VSI, ce qui me valorise considérablement par rapport à l’avant. Donc je résumerais cette session avec 2 mots : s’ajuster et se valoriser.

D’un point de vu pratico-pratique sur le retour à l’emploi j’ai pu recevoir des tips comme revoir mon CV, quelques aides au niveau de la conduite d’interviews, la définition d’un nouveau projet professionnel mais surtout, la possibilité d’identifier post-VSI les traits uniques de mon profil qui font que mes candidatures futures seront très différenciatrices. C’est pour moi un atout indiscutable pour décrocher le fameux job que j’ai identifié.

Quel est le moment qui t’a le plus marqué durant cette session ?

Sûrement les premières 30 minutes au 1er tour de table. Comme la grande majorité du groupe, je suis allée à la session un peu sceptique, à reculons, avec un sentiment de perte de temps et surtout une envie de tourner la page du VSI et passer à autre chose. Je n’avais jamais trop reparlé de mon VSI.

Mais sur place dès les premiers moments, avec un tour de table puis grâce au contenu de la session et des formateurs, tout s’est enclenché très vite ; on a tous ressenti que cela serait 2 jours à forte valeur ajoutée, un moment nécessaire pour nous.

En savoir plus sur les actions de Toutes à l’écoles et leurs offres de missions VSI !

Découvrez la vidéo de Anne : elle nous parle également de sa session retour réalisée en octobre 2019


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Sur le même sujet :

VSI pour la formation professionnelle en Côte d’Ivoire

Marion a réalisé sa mission de VSI en Côte d’Ivoire au sein du programme Graines d’Espérance de l’IECD. Son but ? Soutenir la formation professionnelle de jeunes ivoiriens dans les domaines de l’électrotechnique et l’électromécanique.

© Marion Four

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Le programme Graines d’Espérance de l’IECD propose l’accompagnement de structures ivoiriennes de formation par la réhabilitation de leurs salles de TP, la formation pédagogique et technique des professeurs et l’orientation des jeunes pour leur insertion sur le marché du travail une fois leur CAP obtenu.

En 2019 grâce au programme, 582 jeunes ont été accompagnés et 77 professeurs et personnels d’écoles ont bénéficié de formations.

Cette mission a aussi été pour Marion l’occasion d’opérer une réorientation professionnelle après 10 ans passés dans l’industrie, afin de mettre ses compétences au service de projets et d’organisations avec des valeurs plus proches des siennes.

Rentrée en France après plus de deux ans de mission, Marion partage avec nous 5 photos illustrant des moments forts de sa mission, un petit bout de sa vie là-bas.

1/ Intégration des filles dans une filière technique essentiellement masculine

© Marion Four

Photo 1 – Fév. 2019: Nous organisons avec les filles du Centre Technique de Bonoua une table ronde pour échanger avec elles sur leur orientation en filière électricité, leur vie à l’école et leurs ambitions après les trois années de CAP.

Ce type d’atelier sera déployé avec les filles et garçons de chaque école partenaire afin de bien comprendre les problématiques, besoins et attentes spécifiques à chaque groupe.

2/ Le réconfort et le bon esprit

© Marion Four

Photo 2 – Mars. 2019: Moment détente avec les élèves de la filière électricité du Centre Professionnel Artisanal et Rural de Duékoué (CPAR), après une journée portes ouvertes à succès. Elle a réuni les autorités locales et 13 établissements de l’enseignement secondaire général qui ont fait le déplacement pour découvrir les différentes filières de l’école.

3/ La recherche de l’employabilité des jeunes avant tout

© Marion Four

Photo 3 – Déc. 2019: Les élèves de 3ème année de la filière électricité du Centre de Formation Professionnelle d’Abengourou bénéficient d’explications sur un équipement motorisé lors de la visite du site industriel de la Société Multiservices de l’Indénié. Ces évènements sont des moments importants pour consolider leur formation et les accompagner dans leur orientation professionnelle.

4/ La formation n’est pas réservée qu’aux professeurs, et l’IECD accompagne la montée en compétences de ses équipes

© Marion Four

Photo 4 – Nov. 2019: Les équipes ivoiriennes de l’IECD sont réunies pendant 3 jours à l’occasion d’une formation et d’ateliers sur le thème du genre. L’IECD s’engage dans une réflexion organisationnelle afin d’améliorer la prise en compte du genre dans la conception et le déploiement des programmes. La délégation ivoirienne fera office de pilote avant l’extension à d’autres géographies.

5/ La mise en partenariat pour enrichir le programme et apporter plus aux élèves

© Marion Four

Photo 5 – Fév. 2020: Grâce à un partenariat entre l’IECD et la fondation EDF, les élèves de 3ème année du CPAR de Duékoué bénéficient de deux semaines de formation sur les installations solaires photovoltaïques, dispensée par des volontaires EDF.

Légende :

“J’ai sélectionné ces photos, tout d’abord, parce qu’elles sont représentatives du programme Graines d’Espérance et des actions mises en place pour améliorer l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi. C’est aussi parce que ces évènements ont été des moments forts de partage et d’apprentissage avec les jeunes et mes collègues de l’IECD.”


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Alex et Helena : deuxième reportage photo de VSI au Nicaragua. A lire ici
Hélène : Un VSI au Burkina, la 1ère expérience d’expatriation longue qui a tout changé. A lire ici

Fanny: Le pari du Volontariat de Solidarité Internationale après ses études

Entre engagement, valeurs personnelles et choix de carrière, Fanny a décidé d’effectuer un VSI aux Philippines en 2017 avec l’association Virlanie et La Guilde.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Le statut de Volontaire de Solidarité Internationale a été créé en 2005. Il permet aux organisations françaises menant des programmes à l’étranger de bénéficier de ressources humaines qualifiées pour une longue durée. Le VSI attire également les volontaires car il offre des garanties (droit à la retraite, assurances,…) et permet d’accéder à des missions à haut niveau de responsabilité.

Fanny est partie en VSI en 2017. Elle a été attirée par le statut avant tout, puis a été séduite par le pays et la mission qu’elle a pu découvrir.

Fanny, tu as choisi le statut de VSI avant de choisir ta mission. Peux-tu nous dire comment tu en es venue à ce choix ?

Je terminais ma 2ème année de master en communication publique/ journalisme et j’avais le projet de partir vivre et travailler à l’étranger une fois mon diplôme obtenu. J’ai découvert le statut de VSI en effectuant des recherches sur de futures opportunités professionnelles. Je suis tombée sur l’offre de mission de Virlanie postée sur le site de La Guilde.

Celle-ci m’a paru tout à fait correspondre à mes qualifications et attentes professionnelles et personnelles : partir à l’étranger, partir au moins un an, acquérir une première expérience professionnelle liée à mes études, travailler dans le domaine de la solidarité internationale.

Mon départ a été assez précipité mais j’étais sûre de moi et je ne regrette absolument pas d’avoir pris cette décision tant elle a entraîné de conséquences bénéfiques sur ma vie professionnelle et personnelle.

Qu’est-ce qui t’a attirée sur ce poste ?

La Fondation Virlanie est une organisation non-gouvernementale (ONG) philippine qui œuvre auprès des enfants, des jeunes et des familles en situation de rue aux Philippines, et notamment à Manille. Elle a pour mission d’aimer, de protéger et d’autonomiser les enfants les plus défavorisés pour qu’ils atteignent leur plein potentiel et s’intègrent à la société. Pour cela, elle prend soin d’enfants ayant besoin d’une protection particulière, ceux qui ont été abandonnés, abusés, exploités, négligés, les orphelins et les plus pauvres des plus pauvres.

J’ai choisi l’association Virlanie parce que la cause des enfants me tient à cœur et parce qu’une partie des programmes de Virlanie se trouve tout près du siège où je travaille quotidiennement, ce qui me permettait de donner sens au quotidien à mon travail de bureau. En effet, nous sommes tous les jours au contact des bénéficiaires, ce qui est très motivant.

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©Fanny Porot

En tant que responsable de la communication francophone, je suis la première personne en charge de traduire tous les supports de communication de Virlanie pour les publics français (je suis la seule française dans mon équipe). Je suis aussi en charge d’entretenir les relations avec nos publics et visiteurs francophones. Mais très vite, mes missions se sont élargies et ont largement dépassé le cadre de la seule communication francophone.

Avant ton VSI, tu travaillais en Europe. Comment s’est passée ton intégration aux Philippines ? 

Il me semble que, par rapport à d’autres pays d’Asie, il est très facile de s’intégrer aux Philippines. Les Philippins sont extrêmement amicaux et accueillants, et la plupart d’entre eux parlent couramment l’anglais, ce qui permet de créer rapidement des liens.

Pour les Français, le seul élément perturbant (auquel on s’adapte facilement à condition d’être tolérant) est l’omniprésence du catholicisme dans la vie publique voire professionnelle (« opening prayer » avant les évènements importants ou célébrations – même dans le cadre professionnel). Le concept d’athéisme est très obscur pour les locaux.

Un autre aspect interculturel à prendre en compte, qu’on apprend au fil du temps, est le type de communication « triangulaire » pratiquée par les Philippins, dans le cadre professionnel comme dans le cadre personnel. Il est très rare de s’adresser à quelqu’un frontalement, surtout pour lui faire des reproches, et cela peut-être très mal perçu. Aussi, on apprend à s’adresser à une tierce personne pour certaines communications.

©Fanny Porot

La propension des Français à s’énerver ou à hausser le ton (même si ce n’est pas contre une personne en particulier) est également très mal vue, on apprend donc à canaliser ses frustrations pour éviter à tout prix les situations conflictuelles.

En ce qui me concerne, j’ai tissé des relations très riches avec certains de mes collègues philippins, me suis fait beaucoup d’amis philippins en dehors du travail également, et suis tombée amoureuse d’un Philippin trois mois après mon arrivée.

Enfin, depuis l’année dernière, nous avons la chance d’avoir des cours de tagalog très abordables par l’intermédiaire de France Volontaires. Le fait que nous apprenions le tagalog rend nos amis et collègues très enthousiastes, et certains d’entre eux se mettent même à apprendre le français !

Quel est ton bilan de ce VSI ?

Pour moi qui ai passé la majeure partie de mes études sans savoir ce que je voudrais faire plus tard, et relativement angoissée à l’idée de travailler un jour, ça a été une révélation !

Je me suis très bien intégrée dans l’organisation et ai noué de profondes amitiés avec mes collègues. J’ai toujours été passionnée et investie dans ce que nous faisions et eu la chance de voir mon équipe évoluer pour le meilleur. Je n’ai cessé d’apprendre au fil des ans. J’ai aussi gagné des compétences techniques et en professionnalisme. Je souhaite continuer de travailler en ONG à l’avenir.

Je ne suis plus la même. Je me sens grandie et épanouie.


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Sabine: Elle a choisi le VSI pour redonner du sens à son métier et transmettre ses compétences, son témoignage ici .

Guillaume : C’est un habitué de La Guilde grâce à son engagement de longue date en VSC et VSI dans plusieurs pays d’Afrique. Son témoignage, collecté entre ses deux missions de VSI, montre le parcours d’un passionné qui repart malgré les difficultés, et qui construit sa carrière dans l’engagement.