Les couleurs de l’Inde, vues par une VSI

Juliette est rentrée de mission de VSI en Inde avec LP4Y. Entre découverte, dépassement de soi et rencontre des autres, elle nous raconte son année de mission au bout du monde!

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Juliette est partie en VSI en Inde avec l’organisation Life Project 4 Youth (LP4Y) en février 2019. Durant sa mission elle a été particulièrement touchée par les jeunes filles qu’elle accompagnait dans leur insertion professionnelle.

Fascinée par la découverte de l’Inde, la frénésie qui l’anime et la multitude de ses couleurs, elle partage aujourd’hui son regard sur cette expérience à travers les photos qu’elle a pu saisir.

Pourquoi as-tu décidé de partir en volontariat ?

J’ai toujours eu envie de partir en volontariat, vivre une expérience radicalement différente, au plus proche des populations locales. Mais c’est vrai qu’entre la famille, le travail, les amis, les amours… il faut trouver le bon moment pour se lancer dans l’aventure. C’est finalement après 4 ans chez Microsoft en tant que Responsable Marketing à Paris que je décide de franchir le cap, «ça y est » c’est le moment de partir et redonner du sens à ma vie !

Démission faite, je me suis engagée dans ce virage à 90° avec mon quotidien et ma petite vie comblée pour aller vivre dans un bidonville en Inde.

Passionnée par les voyages, je réalise alors l’un de mes rêves les plus fous, vivre une expérience humaine forte, découvrir une nouvelle culture en immersion totale et retrouver ce plaisir des choses simples, de l’authenticité.

Avec quelle association es-tu partie ?

En février 2019, je suis partie pour 15 mois en volontariat avec l’ONG Life Project 4 Youth qui œuvre en faveur de l’insertion sociale et professionnelle de jeunes en situation de grande pauvreté et victimes d’exclusion. L’objectif de notre équipe de volontaires est de redonner confiance à ces jeunes déscolarisés et leur permettre de se familiariser avec le monde professionnel au travers d’un cursus pédagogique de 9 mois.

Le centre où je suis affectée est implanté dans le bidonville “DJ Halli” de Bangalore (sud de l’Inde). Avec 2 autres volontaires, nous y vivons et accueillons tous les jours, de 9h à 18h, une vingtaine de jeunes Femmes qui ont entre 15 et 24 ans.

Lire le témoignage de Juliette sur sa découverte de DJ Halli publié en janvier 2020. 

A quoi ressemble une journée avec les jeunes ?

Avec les jeunes il n’y a pas une journée pareille !

La journée type s’articule autour de sessions collectives, les “Training” : cours d’informatique, d’anglais, de communication professionnelle etc. mais aussi des moments plus personnels afin que les jeunes réfléchissent et élaborent leur “Projet de vie” : j’apprends à me découvrir, me projeter, me poser des questions…

Afin de mettre en pratique leurs acquis, les jeunes développent également une micro-activité économique organisée en départements comme dans une entreprise. Dans notre centre, les femmes ont lancé l’activité “Digi’Women” et dispensent deux fois par semaine des cours d’informatique à la communauté locale afin de lutter contre l’illettrisme numérique.

En plus d’être entrepreneuses de leurs vies, ces jeunes femmes sont donc actrices du changement au sein de leur communauté.

Aussi, grâce à un écosystème de partenaires, les jeunes découvrent le monde professionnel à travers des visites d’entreprises, des formations, des témoignages et rencontres avec des professionnels.

En plus des compétences professionnelles que tu as pu développer, quels moments forts retiens-tu de ton expérience ?

L’un des moments forts avec les jeunes est la “Family visit”, l’occasion de rencontrer leur famille pour mieux comprendre leur situation et leur environnement familial. Je suis impressionnée par la petitesse de leur habitation, souvent une pièce sombre et poussiéreuse qui rassemble un lit pour toute la famille (ou un tapis au sol qui en fait office), un lavabo et un amas de vaisselle en acier, parfois un frigo et une télé dans le meilleur des cas, tous les besoins d’une famille dans une pièce de 7 mètres carrés. Cette modestie apparente ne les empêche pas de nous faire profiter de leur grande générosité, ils sortent pour l’occasion leurs plus beaux attirails : le thé indien “chai” accompagné de ses inséparables petits sablés. La barrière de la langue avec les parents qui ne parlent pas un mot d’anglais ne nous empêche pas de communiquer d’une autre manière, les sourires que l’on échange et nos yeux qui pétillent en disent long. 

Il y a aussi les “Ceremony of Graduation” que nous organisons une fois par mois, l’occasion de remettre à chaque jeune son diplôme attestant qu’elle gravit des échelons dans son apprentissage. Les familles et leurs proches sont conviés à cette cérémonie, les jeunes apprennent ainsi à prendre la parole en public.

Une fois par semaine c’est “Lunch Together” sur le rooftop (le toit), l’occasion de partager nos recettes indiennes et françaises et faire le point sur la semaine passée. Nous partageons un repas très convivial, même si la plupart du temps les épices de leur bon petit plat me brûlent littéralement le palais ;).

Peux-tu nous partager quelques images de ton lieu de vie, qui t’a tant touché ?

Le quartier dans lequel nous sommes implantés est à forte majorité musulmane, notre centre est entouré de 4 mosquées, autant vous dire qu’on ne loupe pas l’appel à la prière. De notre rooftop on a une vue imprenable sur le bidonville dans lequel je pars souvent m’aventurer.

Ici pas de trottoir ni de passage piéton, on se faufile comme on peut dans le dédale des rues entre chèvres, scooters, marchés de fruits et légumes. Sur mon chemin je croise le tailleur du coin, le boucher qui donne envie d’arrêter de manger de la viande à tout jamais, les mamas du coin en pleine discussion, les vendeurs de fruits ambulants sur leurs vieux vélos rouillés, les ouvriers de chantier, les vendeurs de samosas agglutinés sur le trottoir et bien sûr les centaines d’enfants qui courent partout… un quartier d’une effervescence sans pareille, un mélange de bruits, de couleurs, d’épices et d’odeurs.


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Lisez le passionnant article rédigé par Juliette à son arrivée en Inde et découvrez son Instagram

Découvrez la formation professionnelle des jeunes dans un autre pays et embarquez pour la Côte d’Ivoire avec le témoignage photo d’une autre VSI, Marion

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Reprise des envois de volontaires !

9 mois après : missions de VSI et COVID-19

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Depuis mars 2020, en réaction au développement de la pandémie du COVID-19 au niveau mondial, l’ensemble des nouveaux départs de volontaires avaient été suspendus sur décision du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE).

Cette semaine, les partenaires et volontaires de La Guilde ont reçu la nouvelle tant attendue de l’autorisation d’un redéploiement partiel des VSI et VSC. 

Nous faisons le point sur cette annonce.

Les nouvelles du terrain: Etat des lieux

Depuis le 01/10/2020 l’envoi de volontaires est désormais ré-autorisé dans un certain nombre de pays répondant à des critères sanitaires et d’ouverture des frontières.

Mise à jour du 15/11/2020

Cette liste sera actualisée tous les 15 jours par le MEAE, en concertation avec les Ambassades et le Centre de Crise et de soutien.

D’ores et déjà, plus de 40 VSI de La Guilde sont repartis dans leur différents pays de mission

Cet été, dès que les conditions sanitaires en France l’ont permis, La Guilde a rouvert ses sessions de préparation au départ pour répondre au besoin de ses partenaires et former les volontaires dans la perspective d’une reprise à l’automne. Ainsi, entre nouveaux formés et volontaires en pause, ce sont 35 VSI de La Guilde qui seront amenés à s’envoler très rapidement vers leurs pays de mission.

Pour tous les pays en vert de cette liste, le départ est imminent ! La Guilde met à disposition de ses volontaires un arsenal d’assurances qui leur garantissent une bonne prise en charge santé. Chaque VSI sera bien sûr responsable de respecter les mesures sanitaires de son pays de mission et de les gestes barrières.

Préparation au départ à La Guilde en juillet 2020

De nombreux VSI restent en attente de la « réouverture » de leurs pays de mission

Quid des pays qui ne figurent pas sur cette liste ?

Le retour des VSI sur ces zones n’a pour l’instant pas été considéré favorablement par le réseau diplomatique, pour des raisons liées aux pics d’épidémie qu’ils rencontrent, aux difficultés d’accès aux soins et au rapatriement, ou aux conditions de sécurité. Toutefois, cette position n’est pas définitive et pourra être réévaluée chaque mois.

La Guilde reste engagée aux côtés de tous ses partenaires et volontaires

Depuis le début de la crise, La Guilde et l’équipe du pôle VSI ont été aux côtés de leurs 80 partenaires et 350 volontaires. Nous ne relâcherons pas nos efforts pour les aider à faire (re)partir au plus vite les volontaires, dans le respect des directives du MEAE.

Nous réaffirmons notre soutien à tous nos partenaires et volontaires dans la poursuite de leurs projets dans cette période difficile, et les remercions de leur confiance et de leur engagement.

Découvrez les actions mises en place par La Guilde pour accompagner partenaires et volontaires :

  • Mise en place d’un numéro d’urgence interne au pôle VSI et disponibilité des équipes ;
  • Organisation de sessions de préparation au départ inédites à distance ;
  • Mise en place de groupes de discussion pour les volontaires ;
  • Augmentation du nombre de nos sessions retour pour accueillir les VSI rentrés en France, et organisation de sessions en ligne ;
  • Annulation de l’appel à cotisation prévisionnel des partenaires de La Guilde ;
  • Plaidoyer.
Malena a été VSI pour La Guilde sur le projet WEEECAM. En pleine période du Covid-19, elle a participé à une session retour à distance.

Envie de retrouver des témoignages de volontaires Guilde engagés malgré le Covid ?

Visionnez ici la vidéo de Brune, volontaire MEP devenue infirmière bénévole en France

Écoutez Guillaume, volontaire avec l’Ordre de Malte dans un hôpital au Congo, mobilisé contre le virus : https://bit.ly/3dqWGbm

Retour de mission à l’heure du coronavirus

Quitter son lieu de vie, ses collègues et ses amis presque du jour au lendemain, devoir rebondir en France sans l’avoir anticipé,… telle est la situation difficile qu'a vécue Amélie, comme bon nombre de VSI depuis le début de la crise sanitaire, entre fermetures de frontières et montée en puissance de l’épidémie.

Amélie et ses collèges au Cambodge pour Toutes à l’École

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Amélie s’est engagée en septembre 2019 pour une mission d’un an avec l’organisation Toutes à l’école au Cambodge. Avec le développement du Covid-19 en Asie, sa mission a pris fin en mars 2020 après 7 mois de VSI, la forçant à un retour en France dans l’urgence.

Autant de facteurs qui rendent nécessaire un accompagnement au retour et une prise de recul par rapport à sa mission de VSI et l’expérience de ces derniers mois.

Rentrée en mars au début de confinement français, tu as été placée dans une situation compliquée. Comment se sont passés ses premiers mois ?

Effectivement le contexte de ma fin de mission était très particulier et le retour en lui-même n’était pas du tout prévu dans ces conditions.

Une fois en France en plein confinement, j’ai dû attendre 1 mois et demi pour voir mes parents, et 3 mois pour retrouver le reste de ma famille.  

De plus la reprise d’une activité professionnelle n’est pas favorisée par le contexte, et ma situation est un peu particulière car je réside depuis plus de 10 ans à Singapour. Ainsi, 6 mois après mon retour je n’ai toujours pas d’activité professionnelle bien que quelques pistes intéressantes se profilent.

Pour moi, l’idée maintenant est de capitaliser sur cette expérience VSI afin de donner plus de relief et de force à mes nouveaux projets professionnels.

La session retour de La Guilde et divisée en deux jours, un sur l’insertion professionnelle, et un sur la relecture personnelle de son expérience. Qu’est-ce que ces journées t’ont apporté ?

Pour moi cette session a été un énorme plus, je recommande très vivement ces 2 jours de formation au retour. Je trouve formidable que La Guilde et l’Etat français aient le souci de ce retour et qu’ils mettent en place ces accueils, tout ceci gratuitement.

Une session pendant le COVID, où intervenants et VSI s’organisent

C’est l’occasion de voir d’autres VSI et de se découvrir des points communs, parler du retour à la vie en France et de ses joies, mais aussi de la nécessité de se réadapter et s’ajuster. Cela m’a permis une grande prise de recul par rapport au retour dramatique COVID.

De façon générale, la session nous a tous permis, aux autres participants et à moi, de reprendre confiance en soi. Certains ont vécu des choses pas très simples et en parler ensemble permet de s’appuyer sur de nouveaux repères, de nouvelles bases.

Enfin, cela m’a permis de faire un bilan de compétences avec toutes les choses apprises durant mon VSI, ce qui me valorise considérablement par rapport à l’avant. Donc je résumerais cette session avec 2 mots : s’ajuster et se valoriser.

D’un point de vu pratico-pratique sur le retour à l’emploi j’ai pu recevoir des tips comme revoir mon CV, quelques aides au niveau de la conduite d’interviews, la définition d’un nouveau projet professionnel mais surtout, la possibilité d’identifier post-VSI les traits uniques de mon profil qui font que mes candidatures futures seront très différenciatrices. C’est pour moi un atout indiscutable pour décrocher le fameux job que j’ai identifié.

Quel est le moment qui t’a le plus marqué durant cette session ?

Sûrement les premières 30 minutes au 1er tour de table. Comme la grande majorité du groupe, je suis allée à la session un peu sceptique, à reculons, avec un sentiment de perte de temps et surtout une envie de tourner la page du VSI et passer à autre chose. Je n’avais jamais trop reparlé de mon VSI.

Mais sur place dès les premiers moments, avec un tour de table puis grâce au contenu de la session et des formateurs, tout s’est enclenché très vite ; on a tous ressenti que cela serait 2 jours à forte valeur ajoutée, un moment nécessaire pour nous.

En savoir plus sur les actions de Toutes à l’écoles et leurs offres de missions VSI !

Découvrez la vidéo de Anne : elle nous parle également de sa session retour réalisée en octobre 2019


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VSI pour la formation professionnelle en Côte d’Ivoire

Marion a réalisé sa mission de VSI en Côte d’Ivoire au sein du programme Graines d’Espérance de l’IECD. Son but ? Soutenir la formation professionnelle de jeunes ivoiriens dans les domaines de l’électrotechnique et l’électromécanique.

© Marion Four

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Le programme Graines d’Espérance de l’IECD propose l’accompagnement de structures ivoiriennes de formation par la réhabilitation de leurs salles de TP, la formation pédagogique et technique des professeurs et l’orientation des jeunes pour leur insertion sur le marché du travail une fois leur CAP obtenu.

En 2019 grâce au programme, 582 jeunes ont été accompagnés et 77 professeurs et personnels d’écoles ont bénéficié de formations.

Cette mission a aussi été pour Marion l’occasion d’opérer une réorientation professionnelle après 10 ans passés dans l’industrie, afin de mettre ses compétences au service de projets et d’organisations avec des valeurs plus proches des siennes.

Rentrée en France après plus de deux ans de mission, Marion partage avec nous 5 photos illustrant des moments forts de sa mission, un petit bout de sa vie là-bas.

1/ Intégration des filles dans une filière technique essentiellement masculine

© Marion Four

Photo 1 – Fév. 2019: Nous organisons avec les filles du Centre Technique de Bonoua une table ronde pour échanger avec elles sur leur orientation en filière électricité, leur vie à l’école et leurs ambitions après les trois années de CAP.

Ce type d’atelier sera déployé avec les filles et garçons de chaque école partenaire afin de bien comprendre les problématiques, besoins et attentes spécifiques à chaque groupe.

2/ Le réconfort et le bon esprit

© Marion Four

Photo 2 – Mars. 2019: Moment détente avec les élèves de la filière électricité du Centre Professionnel Artisanal et Rural de Duékoué (CPAR), après une journée portes ouvertes à succès. Elle a réuni les autorités locales et 13 établissements de l’enseignement secondaire général qui ont fait le déplacement pour découvrir les différentes filières de l’école.

3/ La recherche de l’employabilité des jeunes avant tout

© Marion Four

Photo 3 – Déc. 2019: Les élèves de 3ème année de la filière électricité du Centre de Formation Professionnelle d’Abengourou bénéficient d’explications sur un équipement motorisé lors de la visite du site industriel de la Société Multiservices de l’Indénié. Ces évènements sont des moments importants pour consolider leur formation et les accompagner dans leur orientation professionnelle.

4/ La formation n’est pas réservée qu’aux professeurs, et l’IECD accompagne la montée en compétences de ses équipes

© Marion Four

Photo 4 – Nov. 2019: Les équipes ivoiriennes de l’IECD sont réunies pendant 3 jours à l’occasion d’une formation et d’ateliers sur le thème du genre. L’IECD s’engage dans une réflexion organisationnelle afin d’améliorer la prise en compte du genre dans la conception et le déploiement des programmes. La délégation ivoirienne fera office de pilote avant l’extension à d’autres géographies.

5/ La mise en partenariat pour enrichir le programme et apporter plus aux élèves

© Marion Four

Photo 5 – Fév. 2020: Grâce à un partenariat entre l’IECD et la fondation EDF, les élèves de 3ème année du CPAR de Duékoué bénéficient de deux semaines de formation sur les installations solaires photovoltaïques, dispensée par des volontaires EDF.

Légende :

“J’ai sélectionné ces photos, tout d’abord, parce qu’elles sont représentatives du programme Graines d’Espérance et des actions mises en place pour améliorer l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi. C’est aussi parce que ces évènements ont été des moments forts de partage et d’apprentissage avec les jeunes et mes collègues de l’IECD.”


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Alex et Helena : deuxième reportage photo de VSI au Nicaragua. A lire ici
Hélène : Un VSI au Burkina, la 1ère expérience d’expatriation longue qui a tout changé. A lire ici

Fanny: Le pari du Volontariat de Solidarité Internationale après ses études

Entre engagement, valeurs personnelles et choix de carrière, Fanny a décidé d’effectuer un VSI aux Philippines en 2017 avec l’association Virlanie et La Guilde.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Le statut de Volontaire de Solidarité Internationale a été créé en 2005. Il permet aux organisations françaises menant des programmes à l’étranger de bénéficier de ressources humaines qualifiées pour une longue durée. Le VSI attire également les volontaires car il offre des garanties (droit à la retraite, assurances,…) et permet d’accéder à des missions à haut niveau de responsabilité.

Fanny est partie en VSI en 2017. Elle a été attirée par le statut avant tout, puis a été séduite par le pays et la mission qu’elle a pu découvrir.

Fanny, tu as choisi le statut de VSI avant de choisir ta mission. Peux-tu nous dire comment tu en es venue à ce choix ?

Je terminais ma 2ème année de master en communication publique/ journalisme et j’avais le projet de partir vivre et travailler à l’étranger une fois mon diplôme obtenu. J’ai découvert le statut de VSI en effectuant des recherches sur de futures opportunités professionnelles. Je suis tombée sur l’offre de mission de Virlanie postée sur le site de La Guilde.

Celle-ci m’a paru tout à fait correspondre à mes qualifications et attentes professionnelles et personnelles : partir à l’étranger, partir au moins un an, acquérir une première expérience professionnelle liée à mes études, travailler dans le domaine de la solidarité internationale.

Mon départ a été assez précipité mais j’étais sûre de moi et je ne regrette absolument pas d’avoir pris cette décision tant elle a entraîné de conséquences bénéfiques sur ma vie professionnelle et personnelle.

Qu’est-ce qui t’a attirée sur ce poste ?

La Fondation Virlanie est une organisation non-gouvernementale (ONG) philippine qui œuvre auprès des enfants, des jeunes et des familles en situation de rue aux Philippines, et notamment à Manille. Elle a pour mission d’aimer, de protéger et d’autonomiser les enfants les plus défavorisés pour qu’ils atteignent leur plein potentiel et s’intègrent à la société. Pour cela, elle prend soin d’enfants ayant besoin d’une protection particulière, ceux qui ont été abandonnés, abusés, exploités, négligés, les orphelins et les plus pauvres des plus pauvres.

J’ai choisi l’association Virlanie parce que la cause des enfants me tient à cœur et parce qu’une partie des programmes de Virlanie se trouve tout près du siège où je travaille quotidiennement, ce qui me permettait de donner sens au quotidien à mon travail de bureau. En effet, nous sommes tous les jours au contact des bénéficiaires, ce qui est très motivant.

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©Fanny Porot

En tant que responsable de la communication francophone, je suis la première personne en charge de traduire tous les supports de communication de Virlanie pour les publics français (je suis la seule française dans mon équipe). Je suis aussi en charge d’entretenir les relations avec nos publics et visiteurs francophones. Mais très vite, mes missions se sont élargies et ont largement dépassé le cadre de la seule communication francophone.

Avant ton VSI, tu travaillais en Europe. Comment s’est passée ton intégration aux Philippines ? 

Il me semble que, par rapport à d’autres pays d’Asie, il est très facile de s’intégrer aux Philippines. Les Philippins sont extrêmement amicaux et accueillants, et la plupart d’entre eux parlent couramment l’anglais, ce qui permet de créer rapidement des liens.

Pour les Français, le seul élément perturbant (auquel on s’adapte facilement à condition d’être tolérant) est l’omniprésence du catholicisme dans la vie publique voire professionnelle (« opening prayer » avant les évènements importants ou célébrations – même dans le cadre professionnel). Le concept d’athéisme est très obscur pour les locaux.

Un autre aspect interculturel à prendre en compte, qu’on apprend au fil du temps, est le type de communication « triangulaire » pratiquée par les Philippins, dans le cadre professionnel comme dans le cadre personnel. Il est très rare de s’adresser à quelqu’un frontalement, surtout pour lui faire des reproches, et cela peut-être très mal perçu. Aussi, on apprend à s’adresser à une tierce personne pour certaines communications.

©Fanny Porot

La propension des Français à s’énerver ou à hausser le ton (même si ce n’est pas contre une personne en particulier) est également très mal vue, on apprend donc à canaliser ses frustrations pour éviter à tout prix les situations conflictuelles.

En ce qui me concerne, j’ai tissé des relations très riches avec certains de mes collègues philippins, me suis fait beaucoup d’amis philippins en dehors du travail également, et suis tombée amoureuse d’un Philippin trois mois après mon arrivée.

Enfin, depuis l’année dernière, nous avons la chance d’avoir des cours de tagalog très abordables par l’intermédiaire de France Volontaires. Le fait que nous apprenions le tagalog rend nos amis et collègues très enthousiastes, et certains d’entre eux se mettent même à apprendre le français !

Quel est ton bilan de ce VSI ?

Pour moi qui ai passé la majeure partie de mes études sans savoir ce que je voudrais faire plus tard, et relativement angoissée à l’idée de travailler un jour, ça a été une révélation !

Je me suis très bien intégrée dans l’organisation et ai noué de profondes amitiés avec mes collègues. J’ai toujours été passionnée et investie dans ce que nous faisions et eu la chance de voir mon équipe évoluer pour le meilleur. Je n’ai cessé d’apprendre au fil des ans. J’ai aussi gagné des compétences techniques et en professionnalisme. Je souhaite continuer de travailler en ONG à l’avenir.

Je ne suis plus la même. Je me sens grandie et épanouie.


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Sabine: Elle a choisi le VSI pour redonner du sens à son métier et transmettre ses compétences, son témoignage ici .

Guillaume : C’est un habitué de La Guilde grâce à son engagement de longue date en VSC et VSI dans plusieurs pays d’Afrique. Son témoignage, collecté entre ses deux missions de VSI, montre le parcours d’un passionné qui repart malgré les difficultés, et qui construit sa carrière dans l’engagement.

Les sessions retour à distance : prendre du recul sur son expérience

Maléna a été VSI sur le projet WEEECAM porté par La Guilde. A la fin de son VSI, elle a pu participer à l'une des 3 sessions retour à distance organisées par La Guilde.

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


La Guilde organise 8 sessions d’accompagnement au retour par an. Elles représentent un droit et un devoir pour les VSI, et sont un moment important de relecture de leurs années de volontariat.

En général en présentiel à Paris, les sessions retour regroupent un petit nombre de volontaires sur deux journées : un jour d’échanges sur la mission de VSI animé par une intervenante psychologue et spécialiste de l’expatriation, et un jour de réflexion sur l’orientation professionnelle à la suite de la mission, animé par une spécialiste RH.

Dans le cadre de la pandémie du Covid-19, des sessions de formation à distance ont été développées, regroupant une dizaine de volontaires durant une journée. Maléna nous partage son retour d’expérience.

Les sessions retour sont une occasion de capitaliser sur son expérience professionnelle

Lorsqu’on est cheffe de projet dans une ONG à Yaoundé, on ne rencontre pas exactement les mêmes difficultés professionnelles que sur un poste équivalent à Nantes. Soft skills, management interculturel, adaptation au changement, résilience,… autant de compétences qu’un VSI va devoir développer plus vite qu’un salarié resté en France.

Durant la mission de VSI, il est difficile de prendre le temps pour réfléchir à son expérience et faire siennes ces compétences que l’on déploie pourtant tous les jours.

La session retour sert aussi à cela !

Grâce au module RH en petits groupes et à l’accompagnement du test EaSY, la session permet d’utiliser son VSI pour se projeter vers l’avenir.

Être en groupe permet de confronter son vécu à celui des autres

Se retrouver entre anciens VSI pendant la session retour, c’est aussi l’occasion de confronter ses expériences.

Faire le point, se rendre compte des choses, prendre de la hauteur et mettre des mots sur son vécu, pour Maléna, la session a été un moment nécessaire.

Chaque volontaire, que ce soit ou non sa première expatriation, a grandi, testé et été surpris pendant sa mission. Mené par la psychologue de La Guilde, le module de relecture et de partage en groupe est toujours un temps important.


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Seuls 1% des déchets d’Équipement Électrique et Électronique (D3E) sont recyclés en Afrique : L’ambitieux projet WEECAM à travers les chiffres

Un autre point de vue : le projet WEEECAM raconté par un VSI

Retrouvez le projet WEEECAM et toutes ces actualités sur le site Solidarité technologique France et sur Solidarité technologique Cameroun.

L’Arche Internationale partenaire de La Guilde

L’Arche est partenaire du pôle VSI de La Guilde depuis 2014, et envoie des VSI partout dans le monde au sein des « Communautés de l’Arche ».

Tobias Gerken - Rencontre des partenaires de La Guilde 2019

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission communication et VSI


Tobias Gerken est Directeur des ressources humaines pour l’Arche internationale. En pleine période du Covid-19, il raconte pourquoi le statut de VSI a été un avantage pour son organisation, et les bénéfices qu’il retire du partenariat avec La Guilde.

L’Arche Internationale et La Guilde

Présentation de l’Arche

Chacune des 154 communautés de l’Arche travaillent à faire connaître le don des personnes avec un handicap intellectuel et créer des réseaux de soutien autour d’elles, sur la base de quatre dimensions de leurs projets: l’aide et le soin, la vie communautaire, la vie spirituelle et la sensibilisation de nos sociétés.

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Noelia Grifell, volontaire rencontrée en Inde par le pôle VSI de La Guilde en juin 2019.
©La Guilde

Le partenariat face à la crise du COVID-19

Pour Tobias, le statut de VSI et ces garanties ont été un soutien pour faire face à la crise du COVID. « Ça nous a donné plus de marge de manœuvre […] face à la pandémie. »

En effet, les 3 VSI de l’Arche Internationale sont restés dans leur pays de mission et ont pu continuer leur travail auprès des communautés, en bénéficiant d’une couverture sociale et d’assurances qui les protègent malgré la pandémie.

Mais plus qu’un statut, l’accès au partenariat permet de bénéficier des 15 ans d’expérience de La Guilde pour le VSI, et de près de 50 ans d’expertise de volontariat : « La Guilde apporte une compétence, un cadre légal, un accompagnement, […] quelqu’un avec qui on peut discuter sur les défis que représentent les missions à l’international. »

La Guilde travaille en lien étroit avec le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères dans cette période particulière, pour faciliter le travail de nos partenaires et des VSI qu’ils déploient.


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Les nouvelles du terrain, la préparation de l’après COVID : retrouvez toutes les informations de La Guilde et des VSI ici https://la-guilde.org/les-missions-de-vsi-continuent/

Devenez partenaire de La Guilde et bénéficiez de l’intermédiation : Déposez votre dossier

Reportage Photo avec Alex et Helena, VSI au Nicaragua

Alex et Helena ont commencé fin 2019 un VSI avec La Guilde et blueEnergy à Bluefields au Nicaragua.

Un article de Lucille Caron Chargée de mission VSI


Alex et Helena s’inscrivent dans la mission de blueEnergy pour améliorer les conditions de vie de populations isolées au Nicaragua et en Éthiopie, en y développant les énergies renouvelables et l’accès aux services essentiels.

Passionné de photographie, Alex nous fait découvrir son quotidien et nous raconte sa mission, perturbée par la pandémie, à travers ses clichés.

Tu es parti avec ta compagne, peux-tu nous présenter ton parcours et les raisons qui vous ont amenés à vous engager ensemble ?

C’est une longue histoire ! En 2014 j’ai fait un voyage de neuf mois du Canada au Pérou, au terme duquel j’ai voulu changer d’orientation professionnelle. Je suis passé de la logistique aux énergies renouvelables, et j’ai cherché à appliquer ce domaine à la solidarité. Ma chérie Helena, qui est mexicaine, travaillait déjà dans la solidarité internationale, en particulier avec les migrants et les réfugiés. On a tous les deux trouvé un boulot à Paris où on est resté quelques années. On rêvait souvent de retourner en Amérique Latine sur un projet commun, ça semblait presque impossible et pourtant…

Ascension du volcan Concepción, sur l’île d’Ometepe. ©Alex Lemetais

Peux-tu présenter votre organisme d’envoi et son action ? Pourquoi avoir choisi cette organisation en particulier ?

blueEnergy travaille sur la résilience des communautés de la côte Caraïbes du Nicaragua, qui est la zone la plus isolée et la plus vulnérable du pays. Ils travaillent essentiellement sur les trois axes de l’accès à l’eau et à l’hygiène, de l’accès aux énergies propres et de la sécurité alimentaire via l’agroécologie. L’idée directrice est de fusionner toutes ces composantes pour réaliser des projets intégraux d’adaptation au changement climatique.

Projet de reproduction et conservation de graines adaptées au climat de la côte Caraïbes, par blueEnergy. ©Alex Lemetais

Quelles sont tes missions ?

Je suis en charge de relancer le programme « Energies renouvelables », qui était plus ou moins en friche après le départ des volontaires qui s’en chargeaient en 2018, quand est survenue une crise politique qui a forcé l’évacuation de tous les expatriés. Je dimensionne, conçois, construis et assure la maintenance des installations solaires en projet ou déjà installées. Un autre axe important est la création d’un parcours de formation pour permettre à des employés locaux de prendre le relai, pour que ce programme dépende moins des volontaires étrangers.

La toiture solaire de notre « centre modèle ». Grâce à elle nous avons l’électricité H24, même lors des fréquentes coupures de courant. ©Alex Lemetais

Comment s’est passée ton intégration à Bluefields ?

Notre intégration n’a posé aucun problème. L’équipe locale nous a accueillis à bras ouverts et nous avons peu à peu tissé des liens avec des amis, locaux ou expatriés, jusqu’à composer une belle équipe. Les aspects interculturels ? C’est surtout les habitudes de travail qui sont assez différentes ici par rapport à la France. Notamment le rapport au temps, et à la gestion des incertitudes.

Ensuite, la côte Caraïbes est un berceau des civilisations, six ethnies différentes y cohabitent ! Nos projets se font en étroite collaboration avec les communautés, et chacune a ses spécificités culturelles. Les comprendre et les appréhender fait partie intégrante du travail, c’est même parfois l’aspect le plus complexe.

Javier est un ami de culture préhispanique Rama. Il nous a beaucoup aidés à nous mettre en relation avec les Ramas sur un projet au sud de Bluefields. ©Alex Lemetais

Votre bilan personnel et professionnel pour l’instant?

Pour ma part, je suis très satisfait de mes missions et des compétences professionnelles que j’ai pu développer. Je pense avoir beaucoup progressé en très peu de temps car j’ai dû tout apprendre seul et vite. Personnellement, j’ai toujours été très à l’aise avec les cultures latines, donc je me suis rapidement acclimaté à Bluefields, d’autant que j’en ai profité pour pratiquer mon autre passion : le reportage photo.

Helena travaille à la recherche de fonds et à la définition des projets pour leur financement. Elle a dû faire face à d’autres types de difficultés car son poste était moins bien défini que le mien. Elle a développé une capacité d’adaptation à toute épreuve. Pour exemple, elle s’est reconvertie en responsable de la mise en place des plans sanitaires COVID au sein de l’organisation en quelques jours !

Extrait d’un reportage sur le nettoyage des puits à Bluefields ©Alex Lemetais

Des conseils pour les futurs volontaires ?

Pour ceux qui hésitent à partir :

Demandez-vous d’abord comment vous réagissez en général quand vous ne pouvez pas tout contrôler autour de vous, et quand vous êtes éloignés d’un endroit connu. Si l’incertitude et/ou l’éloignement vous angoissent, alors demandez-vous si vous souhaitez surmonter ces peurs. Si oui, partir vous mettra peut-être en face de vos inquiétudes, mais vous en ressortirez vraiment plus fort. Si non, ce n’est probablement pas la peine de tenter le coup.

Si par contre vous êtes d’un naturel plutôt « flex » et ouvert à l’inconnu, la question ne se pose pas.

Cependant destination mise à part, demandez-vous si la mission correspond à ce que vous souhaitez, à votre projet professionnel, c’est très important. Ne partez pas simplement « pour aller ailleurs », il n’y a rien de pire que d’être éloigné pendant très longtemps pour faire quelque chose qui nous rebute.

Partir loin, un choix à double tranchant…©Alex Lemetais

Conseils pratiques :

  • Souscrivez à une banque en ligne si la vôtre n’a pas de partenariat avec une banque locale.
  • Pensez à la redirection de courrier si vous laissez votre appartement ou maison
  • Pensez au forfait free à 2euros si vous souhaitez conserver votre numéro de téléphone.

Tu as pu rencontrer un autre VSI de La Guilde pendant tes congés, peux-tu nous parler de cette rencontre ?

Pendant la fermeture de Noël nous avons voyagé sur la côte Pacifique pour découvrir ce côté du pays. Nous en avons profité pour contacter Vincent, en VSI dans un village côtier au sud du Nicaragua. On s’est retrouvé le soir du jour de l’an et nous avons tout de suite sympathisé. Il nous a fait découvrir la côte et ses projets de conservation des espèces dans le corridor biologique « Paso Pacifico ». Nous avons même participé à un grand comptage ornithologique à bord d’un bateau motorisé. Malheureusement, ses missions ont dû être interrompues à cause de la situation sanitaire et il est rentré en France. On essaiera de se revoir là-bas !

Lire l’article de Vincent sur son VSI, publié en novembre 2019.

Préparation du comptage ornithologique à l’aube, plage d’Ostional. ©Alex Lemetais


Envie de continuer la lecture ?

Pour continuer d’en prendre plein les yeux et suivre les chroniques nicaraguayennes d’Alex : Découvrez sa page de photographie https://www.alex-lemetais.com/

Instagram : @alex_lem_photography

Vous voulez découvrir plus de photos de VSI ? Notre concours photo est pour vous !

L’enjeu de l’eau et l’assainissement vous intéresse ? Retrouvez le travail de Eau & Vie, un autre partenaire avec La Guilde pour le déploiement de 19 VSI dans 3 pays : https://la-guilde.org/world-toilet-day-quelle-reponse-du-vsi/

Chronique d’un volontaire contre le Covid, au Sénégal

Face au Covid, découvrez l'activité de Michel, directeur d'hôpital au Sénégal, avec l’Ordre de Malte

© CHOM

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Issu d’une longue carrière dans l’armée et les ressources humaines, Michel a rejoint La Guilde et l’Ordre de Malte au Sénégal en juin 2018. En mission de VSI, il dirige le Centre Hospitalier de l’Ordre de Malte (CHOM) à Dakar.

Avec l’arrivée de la crise du Covid dans la capitale, le CHOM s’est retrouvé en première ligne. Michel a dû réorganiser ses activités et mettre personnel et hôpital en « marche de guerre » contre la maladie. Il raconte son quotidien et l’évolution de sa mission, au service de la population dakaroise.

Le CHOM, 50 ans de savoir-faire à Dakar

Le CHOM a vu le jour en 1967. Autrefois consacré exclusivement au traitement de la lèpre, il a été rénové en 2011 et on y développe désormais une chirurgie orthopédique centrée sur la prise en charge du handicap locomoteur. Cette activité de chirurgie répond tout particulièrement aux besoins des plus défavorisés du Sénégal, et l’établissement dispose aujourd’hui d’un plateau technique et d’un niveau de compétences qui en font l’un des établissements de référence de l’Afrique de l’Ouest.

Depuis l’apparition de la pandémie, 20 lits de l’hôpital ont changé de statut

“En accord avec mon médecin-chef nous avons complètement changé l’orientation de l’hôpital depuis le 15 mars, en le mettant à la disposition du Ministère de la Santé du Sénégal et en proposant d’accueillir des patients atteints du COVID-19. Ainsi nous avons pu offrir une capacité de vingt lits” explique Michel.

“Cette évolution de l’activité du CHOM m’a paru indispensable. En tant que dépositaire d’une tradition d’activité hospitalière presque millénaire de l’Ordre de Malte, j’ai pensé que le CHOM ne devait pas rester spectateur non actif face à cette pandémie. Nous avons donc décidé, par une demande volontariste, de participer à l’effort de cohésion nationale au Sénégal pour lutter contre le COVID-19.”

Transformation de l’hôpital

L’une des premières mesures a été de fractionner le CHOM en deux zones, afin de continuer à accueillir les patients habituels, tout en répondant aux nouveaux enjeux du Covid. Dans la « zone verte » la circulation est libre, dans le respect des consignes du Ministère de la Santé de de l’Action Sociale sénégalais. La deuxième zone, la « zone rouge » est strictement réservée aux patients atteints du Covid et aux soignants.

Enfin, il a fallu adapter les pratiques afin de garantir la protection des soignants, point sur lequel l’Ordre de Malte est particulièrement rigoureux et exigeant. Toutes les équipes du CHOM sont équipées d’un matériel de protection individuel normé, et sont astreintes à une discipline stricte d’observation des consignes sanitaires.

Pour permettre un temps de travail optimal, le personnel soignant est divisé en quatre groupes se relayant toutes les 12 heures. Chaque équipe, est placée sous la responsabilité d’un Médecin.

De plus, la collaboration a été renforcée avec le département Infectiologie du Centre hospitalier national universitaire de FANN, et le CHOM, afin d’harmoniser les protocoles médicaux en vigueur dans l’enceint des deux hôpitaux, et coordonner leurs actions.

Depuis le 25 mars, plus de 50 patients ont déjà transité par le CHOM.

Michel conclut: “Par cette démarche anticipatrice, volontariste et proactive, l’Ordre de Malte donne ainsi l’exemple de sa réactivité, de son professionnalisme et justifie bien sa mission «Un hôpital au Sénégal, par les Sénégalais et pour les Sénégalais».

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Découvrez-en plus sur le partenariat de l’Ordre de Malte et de La Guilde avec le témoignage de Guillaume, VSI OdM et La Guilde au Congo : https://bit.ly/2SVI0cy

Ils et elles sont engagé(e)s de Service Civique, VSI ou permanent(e)s au sein de La Guilde. Ils ont en commun d’avoir choisi l’action pour lutter contre la pandémie de Covid-19 : https://bit.ly/2Lbxx8v

Devenez VSI avec La Guilde !

Nos offres de mission

Les missions de VSI continuent

Les partenaires et VSI de La Guilde restent mobilisés, nous aussi !

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


A La Guilde, notre vocation est de vous permettre de vivre l’aventure, vous dépasser professionnellement et aller à la découverte des autres.

Depuis la propagation du Covid-19 et l’annonce du confinement, nous continuons d’accompagner nos partenaires et volontaires confinés.

En cette semaine du 11 mai, quel est le bilan de l’activité des VSI ? Quelles sont les perspectives pour les nouveaux départs en mission ?

Les nouvelles du terrain: État des lieux

Pauline au sein de sa mission avec Virlanie, avec la petite Fe. ©VIRLANIE

En accord avec les recommandations du Ministère de l’Europe de des Affaires Étrangères (MEAE), les volontaires de La Guilde ont été encouragés à continuer leur mission sur le terrain, sauf en cas de fin de contrat prochaine ou situation de grande vulnérabilité.


Actuellement, le MEAE autorise 2 à 3 mois de présence en France pour télétravailler, et 16% des VSI de La Guilde ont bénéficié de cette possibilité.

A l’inverse, un faible nombre de VSI, notamment ceux pour qui le télétravail est impossible (mission dans des établissements scolaires, ou qui nécessitent des déplacements), ont été contraints de mettre fin à leur mission.

Pour les soutenir dans cette épreuve, La Guilde a mis en place des mesures d’accompagnement inédites, sous forme de groupe de paroles, d’entretiens individuels et en développant ses premières sessions d’accompagnement au retour à distance.

Par ailleurs, pour assurer la sécurité des volontaires restés sur place, le dialogue entre les organisations partenaires et les équipes de La Guilde a été renforcé.

La Guilde se fait également le relai des consignes du MEAE, facilite des aménagements de missions et fait remonter au Ministère les questions et demandes.

En France ou à l’étranger, plus de 250 volontaires de La Guilde restent mobilisés dans 57 pays différents.

La majorité des VSI poursuivent leur mission en respectant les consignes sécuritaires de leur pays d’accueil, et en déployant de nouveaux procédés pour continuer à soutenir les équipes et les bénéficiaires de leurs projets.

Certains VSI dans le domaine de la santé, participent à la première ligne contre le Covid.

D’autres, en continuant à appuyer les agriculteurs, les établissements scolaires et les entrepreneurs, soutiennent l’économie locale.

Lilas, Élise et Sabine, au sein de leurs missions avec LP4Y, Cœur de Forêt et Agir pour le Cambodge

Et les enjeux sont grands. Dans les pays d’action des VSI, la cessation de l’activité économique, la chute du prix des matières premières et la fermeture au tourisme ont déjà des conséquences dramatiques pour les habitants qui souvent vivent au jour le jour.

Retrouvez ici les portraits croisés de plusieurs permanents, VSI et Services Civiques de La Guilde, et découvrez la façon dont ils/elles continuent de s’impliquer pour la collectivité et pour la poursuite des activités de leurs associations, malgré la crise : https://bit.ly/2Lbxx8v

Répondre aux nouveaux enjeux de solidarité et préparer l’après

Malgré l’incertitude et la difficulté à se projeter, les partenaires de La Guilde souhaitent continuer à organiser des départs de VSI, et poursuivre leurs projets en aménageant les missions.

A ce titre, nous maintenons à ce jour les sessions de préparation au départ prévues en juillet et septembre. Elles sont ouvertes pour tous les organismes partenaires.

La rencontre annuelle des partenaires de La Guilde en 2019. ©La Guilde

Nous continuons également à recevoir les candidatures de nouvelles associations qui souhaitent devenir partenaires pour l’intermédiation, et ainsi bénéficier du statut de VSI et de notre accompagnement. Retrouvez toutes les informations ici : https://bit.ly/3dtz0TL


Nous réaffirmons également notre soutien à tous nos partenaires dans la poursuite de leurs projets dans cette période difficile, et les remercions de leur confiance et de leur engagement.

 
Enfin, l’équipe de La Guilde a compilé pour vous une liste de diverses pistes d’engagement pour rester solidaire en cette période, au niveau local comme au niveau international.

Envie de retrouver plus de témoignages de volontaires de La Guilde engagés malgré le Covid ?

Visionnez ici la vidéo de Brune, volontaire MEP actuellement infirmière bénévole en France

Écoutez Guillaume, volontaire avec l’Ordre de Malte dans un hôpital au Congo, mobilisé contre le virus : https://bit.ly/3dqWGbm