L’Agence des Micro Projets et les énergies renouvelables

Remise des Dotations énergies renouvelables par Bertrand Piccard

SER

Un article de Cécile Vilnet


L’Agence des Micro Projets a participé au 18ème colloque annuel du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) , le 31 janvier 2017 à la Maison de la mutualité à Paris.

Cette journée a été l’occasion pour l’Agence des Micro Projets, en partenariat avec Finergreen et d’autres mécènes, de remettre les Dotations microprojets “ENR” à des petites associations françaises de solidarité internationale porteuses de projet.

Ce colloque se déroulait dans un contexte particulièrement important pour les filières des énergies renouvelables : deux mois après la COP22 de Marrakech, à quelques semaines des élections présidentielles, après la loi de transition énergétique pour la croissance verte et au moment de négociations européennes importantes pour l’évolution du marché électrique et pour le déploiement des énergies renouvelables.

Intitulé “les énergies renouvelables, un élan mondial”, il s’organisait autour de quatre tables rondes.

  • Les énergies renouvelables : nouvel acteur incontournable du mix énergétique mondial
  • Europe : construire l’Union de l’énergie
  • Énergies renouvelables, quels enjeux pour les territoires ?
  • France : quel rôle pour les énergies renouvelables dans les différents programmes politiques ?

A l’issue de la journée ont été remises aux 7 associations lauréates les Dotations ENR 2016, par Bertrand PICCARD, fondateur et pilote du Solar Impulse :

– Association des Ressortissants de la Commune de Ségéla en France, Mali, 5 000 €

Projet “Eau potable pour vivre et produire à Kalaou”

– Association des Ressortissants Maliens de Yaguiné Banda en France, Mali, 7 000 €

Projet “Électrification solaire de l’adduction d’eau de Yaguiné Banda”

– Association laïque des Centrafricains, République centrafricaine, 5 000 €

Projet “Amélioration de l’état de santé des populations d’un village par la spiruline”

– Association Grand lieu / Nokoué, Bénin, 4 000 €

Projet “Cyberpiroque solaire”

– Association Bretagne-Vietnam, Vietnam, 10 000 €

Projet “Biogaz familiaux”

– Association pour le développement de Koussané en France, Mali, 10 000 €

Projet “Accès durable à l’eau potable pour Koussané”

– Association Solidarité Échanges Nord Sud, Maroc, 4 0000 €

Projet “Installation de système de chauffage innovant dans les écoles”

Les mécènes

Finergreen : Société de conseil spécialisée dans l’ingénierie financière des projets d’énergies renouvelables (solaire, éolien, méthanisation, hydroélectricité). Fondée en 2013

E-Cube : Cabinet de conseil en stratégie dédiée aux énergies. Basé à Paris, il a été créé en 2009.

Cap Vert Energie : Producteur indépendant d’électricité d’origine renouvelable basé à Marseille. Il est spécialisé dans le solaire et la méthanisation.

Ravetto Associés : Cabinet d’avocat parisien, spécialiste du secteur des énergies, notamment sur les questions d’électricité, de gaz et de chaleur.

Solvéo Energie : Développeur de projets de centrales solaires et éoliennes. Créé en 2008, il compte 30 collaborateurs et est basé à Fenouillet, près de Toulouse.


Découvrez des photos de l’événement :

Journée de restitution de l’AMP

à l'Agence Française de Développement

Un article de Cécile Vilnet


L’AMP a tenu sa réunion annuelle entre acteurs et partenaires des microprojets le 8 décembre dernier.

 

Une journée placée, cette année, sous le signe de la jeunesse et de son implication dans la solidarité internationale, une occasion aussi de réfléchir à l’extension des partenariats face à une demande croissante de porteurs de bons projets.

Valérie Huguenin, responsable adjointe de la Division des partenariats avec les ONG (DPO) de l’Agence française de développement (AFD) a résumé, en ouverture, le partenariat fructueux qui lie l’AFD et l’AMP depuis 2009 et a conduit à la signature d’un deuxième accord triennal de financement, début 2016. « L’AFD soutient traditionnellement des projets d’envergure portés par des ONG de taille conséquente et nous n’avons pas les structures pour accompagner les microprojets. C’est pourquoi votre dispositif qui remplit une mission très structurante auprès des petits acteurs de la solidarité internationale est très important pour nous. »

L’équipe de l’AMP a présenté le bilan 2016 de son dispositif et les perspectives pour 2017

En 2016, l’AMP s’est attachée à renforcer son implantation dans les nouvelles régions et ses liens de coopération avec les réseaux régionaux multiacteurs (RRMA). Le bilan des dotations 2016 (462 projets reçus, 62 dotés) se double d’un constat : l’AMP rencontre aujourd’hui des difficultés à doter comme elle le souhaiterait un nombre croissant de projets de qualité. Parmi ses réalisations de l’année, l’Observatoire a édité un guide méthodologique pour la mise en place d’une activité génératrice de revenus (AGR) au sein des microprojets, capitale pour assurer leur pérennité.

L’Internet évolue, de nouvelles plateformes ont été créées, avec une adresse à part : le moteur de recherche de financement (chantier lancé avec le soutien de la Fondation de France), la médiathèque où le téléchargement de documents est désormais accessible aux partenaires du Sud en bas débit. En 2017, ce sera le tour de la plateforme de dépôt de projet, ce qui permettra aux fondations partenaires de l’AMP (Impala et Agir sa vie, pour l’instant) de profiter de la dématérialisation des dossiers et aux associations de solliciter en une fois plusieurs bailleurs.

Comment impliquer les jeunes dans le développement ?

L’association Ninos del Rio, qui travaille à la réinsertion des enfants des rues au Pérou, a livré un témoignage intéressant sur leur capacité à se mobiliser, en France comme au Sud. Témoignage corroboré par celui de Léandro Carignano sur deux projets menés par Solidarité laïque à Haïti et au Maroc : « il ne faut pas faire de projets pour les jeunes mais les aider à gagner en légitimité au sein de la société civile pour monter les leurs ». Pour Nicolas Lejosne, chargé de mission à la DPO de l’AFD, leur implication transversale à chaque étape d’un projet doit figurer, au même titre que l’approche genre, comme un indice de pertinence du projet. Ousmane Syll, directeur du Cercoop de Franche-Comté, a évoqué les outils mis en place par les régions dans le sens de cette implication.

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Oumou Ba, consultante indépendante a ensuite attesté de la pertinence des évaluations menées en externe en zone rouge, en rendant compte de quatre projets soutenus par l’AMP en Mauritanie.

Une seconde table ronde a réuni des représentants des fondations (Myriam Bincaille pour le Fonds Suez Initiatives qui rejoint aujourd’hui l’AMP, Jean-Bernard Véron pour la Fondation de France, Benoit Miribel pour le Centre Français des fonds et fondations) ainsi que Damien Ricordeau, représentant d’une entreprise-partenaire (Finergreen), Vincent Rattez, pour la Guilde et Marie-Odile Waty pour l’AFD, afin de s’interroger sur le rôle des fondations dans le financement des microprojets et l’intérêt qu’elles peuvent y trouver. La convergence avec leurs propres objectifs, l’assurance d’une expertise sur les projets et la possibilité de mutualiser les financements apportés par la médiation de l’AMP ont été évoqués. Il reste beaucoup à construire.

Virginie Escudié, du cabinet Led Entreprise a ensuite exposé les intéressantes conclusions d’une étude menée sur les petites associations françaises de solidarité internationale. Elle dresse un portrait dynamique d’acteurs fidèles sur le terrain (majoritairement en Afrique de l’Ouest) où ils sont bien implantés mais d’acteurs plus très jeunes et, hélas, souventhappéspar la recherche de financements !

Lamine Traoré, chargé de mission au Forim, plateforme nationale regroupant les Osim, organisations de solidarité internationale issues de l’immigration, dont l’AMP s’est rapprochée, est venue témoigner des points (nombreux) de convergences entre les deux associations par-delà leurs différences. Une complémentarité qui s’oriente vers le partage d’informations, la participation croisée à divers comités et la convergence des dossiers via leur dématérialisation. De son côté, Linda François, présidente d’Apese Haïti, a témoigné concrètement de l’action d’une Osim.

Olivier Allard, Délégué Général de La Guilde
Olivier Allard, Délégué Général de La Guilde

Pour finir, Michel Tarran, nouveau délégué pour les relations avec la société civile et les partenaires au ministère des Affaires Etrangères et du Développement (MAEDI) a rappelé l’attachement du ministère au rôle des acteurs de la société civile dans la solidarité internationale. Elle a fait l’objet d’une évaluation dont les résultats viennent d’être rendus publics et l’engagement de la présidence à doubler l’aide publique au développement en direction de ces acteurs a été tenu : elle devrait se monter à 87 millions cette année.

Olivier Allard, délégué général de La Guilde a conclu cette riche journée d’échanges en remerciant les participants et l’AFD, son hôte, « pour son soutien sans faille ». « La Guilde est là depuis 33 ans, elle répond à de vrais besoins, nous continuerons, avec la jeunesse, qui est au cœur de notre ADN. »

Annick Lacroix, Journaliste

 

 

L’Agence des Micro Projets, un incubateur d’initiatives solidaires

Interview de Cécile Vilnet, coordinatrice de l'AMP

Un article de Cécile Vilnet


L’Agence des Micro Projets est un incubateur d’initiatives solidaires, pouvez-vous nous en dire plus ?”

L’Agence des Micro Projets (AMP) accompagne depuis plus de 30 ans des milliers de petites associations françaises de solidarité internationale qui mènent des projets à travers le monde sur différentes thématiques (éducation, eau, santé, agriculture, environnement, droits de l’homme…).

Les microprojets sont reconnus pour leur pertinence et leur validité sur le terrain : une coopération de proximité, un coût global faible, un impact géographique à petite échelle et un éventuel caractère innovant et réplicable. A l’opposé de tout misérabilisme les microprojets s’inscrivent dans une vision dynamique des initiatives portées par les organisations du Sud.

L’exemple du projet « Opération handicap international » financé en 1983, et qui deviendra plus tard l’association Handicap International, montre bien l’intérêt de donner à des microprojets une première impulsion grâce à laquelle les petites associations peuvent acquérir une vraie légitimité.

Mais la multiplication des initiatives des petites associations de solidarité internationale engendre un manque de lisibilité et dans certains cas une suspicion. C’est pour cette raison que se sont développées au fur et à mesure des années les missions de l’AMP. Centre ressources national, l’AMP est un programme de l’ONG La Guilde et a pour rôle d’accompagner et de financer la réalisation de microprojets à l’international. Elle se définit comme incubateur d’initiatives solidaires. Près de 500 demandes de financements par an sont réceptionnées et une soixantaine sont retenues.

  • Quel est votre rôle au sein de l’association ?”

En tant que coordinatrice du programme de l’AMP, je m’assure du bon déroulé des activités et je supervise une équipe de 3 personnes en charge de l’octroi des financements, de la capitalisation des expériences et de la communication.

Nous assurons les missions de l’AMP : appuyer les porteurs de projets dans leur démarche solidaire, au niveau méthodologique et au niveau financier.

L’AMP propose des moyens méthodologiques à travers des entretiens individuels et des formations. Ces dernières permettent aux associations de renforcer leurs capacités et de présenter leurs projets de manière plus « professionnelle ». C’est aussi l’occasion d’échanger avec d’autres participants dans le cadre d’une mutualisation des expériences. L’appui méthodologique se traduit également par la mise à disposition de documents dans une médiathèque accessible en ligne : fiches pratiques, guides méthodologiques, études, revues…La capitalisation des expériences est en outre nécessaire pour s’inspirer des bonnes pratiques et éviter de tomber dans l’écueil des mauvaises pratiques.

L’AMP finance par ailleurs la réalisation de microprojets de solidarité internationale grâce à des subventions qui vont jusqu’à 15 000 € par projet. Plusieurs thématiques de l’aide au développement : éducation, accès à l’eau, agriculture, santé, environnement, droits de l’homme…Chaque association qui dépose un dossier en ligne reçoit un avis personnalisé : points positifs, points de vigilance et recommandations. Les projets lauréats sont par ailleurs valorisés sur une plateforme de dons en ligne www.microprojets.org qui permet au grand public d’abonder sur des bons projets en recherche de compléments financiers. Ces projets sont géolocalisés et peuvent être triés par continent, pays, thématique et région d’implantation en France de l’association. Le but est de partager les différentes expériences de solidarité qui sont menées à travers le monde.

  • Quels sont les besoins et objectifs de votre association ?”

L’AMP est soutenue par l’Agence Française de Développement. Grâce à l’AFD, 600 000 € par an sont distribués à des petites associations françaises oeuvrant à l’international, en lien avec des partenaires locaux. Environ 60 associations par an reçoivent une subvention. Mais l’AMP est victime de son succès : les fonds alloués aux ONG ne sont pas suffisants dans la mesure où un certain nombre de bons dossiers ne peuvent pas être soutenus par manque de financement disponibles. L’AMP cherche donc à diversifier ses sources de financements pour pouvoir aider un plus grand nombre de projets. Elle est en recherche de partenaires qui souhaiteraient soutenir une session de Dotations, une thématique ou une zone géographique particulière. Exemple : la session « énergies renouvelables » lancée lors de la COP21 avec 3 PME et le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Les entreprises bénéficient de l’expertise de l’AMP dans la sélection de projets. Elles peuvent ainsi valoriser auprès de leurs employés et du grand public le soutien qu’elles apportent à ces projets. Le suivi et l’évaluation de l’AMP confirment sa légitimité et son sérieux en tant que bailleur de fonds. Les associations qui souhaitent déposer une demande de financement n’ont plus qu’un seul formulaire à remplir en ligne et peuvent solliciter plusieurs bailleurs de fonds.

C’est un gain de temps considérable pour les associations et une assurance de la sélection de bons projets pour les partenaires de l’AMP.

Par ailleurs, l’AMP est toujours en recherche d’experts externes bénévoles pour instruire des dossiers de qualité sur des thématiques ou zones géographiques précises. En effet, chaque dossier reçu à l’AMP est instruit en interne par l’équipe et les dossiers pré-sélectionnés de qualité bénéficient d’une lecture externe bénévole avec des commentaires personnalisés.

Les microprojets peuvent donner naissance à des programmes de plus grande envergure

Interview réalisée par l'Agence Française de Développement

Interview AMP

Un article de Cécile Vilnet


La construction et l’équipement d’une école, le forage d’un puits, la formation d’agriculteurs aux techniques d’agro-écologie, le développement d’un centre de santé… autant d’exemples qui reflètent la multiplicité des microprojets. Ces projets constituent des solutions simples et parfois innovantes pour améliorer la qualité de vie des populations les plus démunies de la planète. Entretien avec Cécile VILNET, coordinatrice de l’Agence des Micro Projets.

Qu’est-ce qu’un microprojet de solidarité internationale ?

Un microprojet peut être défini comme une action pérenne de développement initiée localement en réponse aux besoins exprimés par les bénéficiaires, acteurs de leur propre développement. Il se caractérise par : une coopération de proximité, un coût global faible (leur budget moyen avoisine les 50 000 € sur une période de 18 mois), un impact géographique à petite échelle, un éventuel caractère innovant et réplicable.

Un de ses principaux atouts est d’être au plus proche des bénéficiaires des pays du Sud et de leurs besoins quotidiens. Il existe dans cette démarche une réelle dimension humaine de proximité. Des relations de confiance et de longue durée se tissent lors de la mise en oeuvre de ces projets souples et évolutifs dans des contextes en perpétuelle mutation.

Microprojet, micro-impact ?

Pas nécessairement,  car parmi les microprojets déployés à travers le monde, on détecte des projets pilotes qui donnent naissance à des programmes de plus grande envergure (à plus grande échelle et/ou dans d’autres zones géographiques du globe) qui pourront être repris par des acteurs majeurs de l’aide au développement. Leur impact est alors démultiplié lorsqu’ils sont reproduits.

Par exemple,  le concept de bûchettes de résidus biodégradables qui permettent de chauffer les aliments,  initialement développé au Mali, s’est répandu dans différents pays, voire différents continents, en adaptant seulement la « recette » aux réalités locales.

De plus, je pense que leur impact sur le terrain se trouve parfois plus fort que celui de projets à plusieurs millions d’euros. En effet, les fonds injectés dans le projet, bien que moindres, permettent d’avoir un impact direct et rapide sur les populations bénéficiaires avec un nombre d’intermédiaires restreint. La durée de mise en œuvre d’un microprojet étant en moyenne de 18 mois, les effets sur les bénéficiaires sont visibles à court terme.

Qui sont les porteurs de ces microprojets ?

La plupart des microprojets sont portés par des associations de bénévoles plus ou moins jeunes et pleinement investis dans des causes qui leur sont chères. Engagés de manière personnelle, tant au niveau du temps consacré au projet (soirs, week ends, vacances scolaires) que des moyens financiers déployés (déplacement sur le terrain et frais de vie sur place à leur charge), ces bénévoles n’en sont pas moins professionnels. Parfois experts dans un domaine précis ou une zone géographique déterminée, ils souhaitent mettre leurs compétences au service de l’aide au développement, suite à un voyage ou une rencontre qui ont bouleversé leur vie. Leur engagement est en ce sens admirable.

Les bénévoles travaillent dans un souci permanent d’amélioration de la qualité de leur projet et sont sensibles à l’accompagnement proposé par certaines structures : entretiens individuels, formations, accès à des fiches pratiques, guides méthodologiques, rencontres entre acteurs du secteur…

Ces citoyens engagés jouent un rôle prépondérant dans la sensibilisation de leurs concitoyens aux réalités des pays du Sud à travers leurs expériences de terrain. Ces démarches favorisent la solidarité entre les territoires, les générations, les groupes sociaux…

A quelles difficultés se heurtent les porteurs de microprojets ?

Les microprojets sont portés par une multitude de petits acteurs de nature hétérogène qui ne sont généralement pas connus du grand public, ce qui peut engendrer un manque de lisibilité et dans certainscas une suspicion.

Leur impact sur le terrain peut s’avérer pour certains difficilement mesurable en raison d’un manque de moyens humains et financiers des porteurs de projets qui n’ont pas les ressources nécessaires pour mener à bien des évaluations. Ces porteurs de projets manquent par ailleurs de communication et valorisation de leurs actions de terrain, petites mais néanmoins remarquables. Ceci s’explique à nouveau par des ressources humaines et financières plus faibles que celles des associations de taille plus importante qui ont pignon sur rue et qui bénéficient d’une notoriété nationale voire internationale.

On constate également qu’une partie des porteurs de projets manque de méthodologie dans la conception de leur projet et la recherche de financements. L’affectif, moteur de leur action, tient une place prépondérante dans leur envie d’agir. Certains ne considèrent pas l’accompagnement comme nécessaire car ils pensent avoir les compétences et capacités requises, d’autres au contraire, vont suivre des formations, rencontrer des professionnels et acteurs spécialisés sur des thématiques ou zones géographiques pour avoir accès à l’information et ainsi se positionner sur des appels à projets en ayant déjà un dossier bien ficelé.

Les difficultés sont fortes pour les porteurs de projets dans les zones classées rouges par le Ministère des Affaires Étrangères, car les bailleurs de fonds étant devenus de plus en plus frileux pour financer les projets dans ces zones. Parmi ces bailleurs, certains continuent néanmoins à soutenir ces initiatives qui se déroulent dans les zones les plus difficiles du globe, en faisant réaliser des missions d’évaluation par des prestataires locaux.

La recherche de financements est-elle difficile ?

Oui, les porteurs de projet consacrent plus de temps à la recherche de financements qu’ à la conception et au montage de leur initiative. C’est pourquoi Coordination Sud et l’Agence des Micro Projets ont mis en place sur leur site des aides à la recherche de financements, cependant cela reste une phase très chronophage.

De plus, les critères d’éligibilité, montant des sommes allouées, délais d’instruction, versement des fonds en plusieurs tranches des bailleurs de fonds retardent le lancement des projets. Il faut généralement s’y prendre plus d’un an à l’avance avant de pouvoir espérer démarrer un microprojet !

Qu’est ce qu’une plateforme comme l’Agence des Micro Projets leur apporte ?

Elle apporte accompagnement individualisé, formations et financement aux porteurs de projets dans toute la France, en lien avec les réseaux régionaux.

Elle regroupe par ailleurs sur sa cartographie tous ces petits acteurs et leurs initiatives de terrain, triés par thématique et pays d’intervention. Ce répertoire permet la mutualisation des expériences et ainsi la prise de contacts directs entre porteurs de projets. Elle leur met à disposition en accès libre différentes publications (fiches pratiques, guides méthodologiques, études, revue, comptes-rendu…) afin qu’ils se nourrissent de l’expérience des autres.

Enfin, elle offre aux associations la possibilité de solliciter plusieurs bailleurs de fonds sur un même dossier. Cela représente un gain de temps considérable pour les porteurs de projets qui n’ont désormais plus qu’une seule demande de financement à rédiger pour obtenir des subventions de la part de plusieurs bailleurs de fonds.

Quelles recommandations souhaitez-vous adresser aux porteurs de microprojets ?

La réalisation d’un microprojet entraîne le changement de réalités sur le terrain : le but étant bien entendu d’avoir un impact positif. Pour ce faire, la définition des besoins des bénéficiaires est essentielle, en coordination avec le partenaire local. Les autorités compétentes doivent également être mises au courant de l’objectif du projet. Le temps alloué à la préparation d’un projet et à sa durée de réalisation conditionnent sa réussite. Améliorer les conditions de vie de dizaines, centaines, voire milliers de bénéficiaires ne se fait pas du jour au lendemain et le dialogue entre les acteurs du Nord et du Sud doit être permanent. Ainsi, les phases de suivi et d’évaluation ne doivent surtout pas être négligées.

Les différentes parties prenantes ne doivent pas hésiter à se faire accompagner en fonction de leurs lacunes afin de les combler et ainsi mettre toutes les chances de leur côté pour assurer le succès de leur projet. Suivre des formations, rencontrer des acteurs spécialisés, échanger avec d’autres porteurs de projets qui travaillent sur les mêmes thématiques ou zones géographiques, faire partie d’un réseau, participer à des salons, forums, conférences sont autant de moyens qui permettent la mutualisation et capitalisation des expériences, gages d’amélioration de l’impact des projets sur le terrain.

Enfin, rapprocher le secteur associatif du secteur privé s’avère être une piste intéressante à creuser pour agir ensemble, techniquement et financièrement, dans l’optique d’améliorer la qualité de l’aide au développement. Ainsi, l’Agence des Micro Projets lance des appels à projets thématiques en lien avec des entreprises du secteur privé telles que celles des énergies renouvelables (Syndicat des énergies renouvelables). Coupler des financements publics avec des financements privés permet premièrement, d’augmenter la part du financement des associations et deuxièmement, de bénéficier d’avis techniques de professionnels qui participent à la sélection des projets et à leur suivi sur le terrain. Tous ensemble, les acteurs de la solidarité agissent pour le développement d’un monde meilleur.

Réunion d’informations sur le dépôt de dossiers à l’Agence des Micro Projets

Mercredi 14 septembre de 18h à 20h

Un article de Kerstin Schönauer


Vous souhaitez déposer un projet à la session Automne 2016 des Dotations ?

De nombreuses questions subsistent et vous ne comprenez pas bien le dépôt de projet, les critères d’éligibilité et le processus de sélection des projets ?

Alors rejoignez-nous à la prochaine réunion d’informations sur les Dotations de l’Agence des Micro Projets pour tout savoir sur le dépôt de projet :

– Présentation de La Guilde et de l’Agence des Micro Projets

– Dépôt du projet en ligne (critères d’éligibilité et de sélection, partenaire local, bénéficiaires, activités, etc.)

– Présentation du budget

– Explication du processus de sélection, etc.

Vous pourrez poser toutes vos questions concernant le dépôt de projet en ligne.

Date: Mercredi 14 Septembre 2016 de 18h00 à 20h00

Lieu: La Guilde 7, rue Pasquier 75008 Paris

Accès: gratuit (inscription obligatoire)

Pour vous inscrire, envoyez un mail à : adja.deme@la-guilde.org, sans oublier de préciser : votre nom, votre prénom, le nom de votre association et votre adresse mail.

Cette réunion collective ne permettra pas d’entrer dans les détails des projets de chacun. Nous aborderons donc les questions générales au dépôt de projet. Si vous souhaitez aborder plus en détail le cas de votre projet de manière individuelle, vous pouvez solliciter un entretien individuel en écrivant à: amp@la-guilde.org