Un Café de l’aventure sur l’île aux Ours

Nicolas Marcillaud revient d’une expédition en Arctique avec deux équipiers. Ils ont passé quatre mois en mer au départ de la Baie de Somme sur un voilier de 9m2. Le skipper raconte lors des prochains Cafés de l'aventure, le mardi 5 octobre au Zango.

Un article de Aventure


Depuis 2002, le Zango Les Halles accueille les Cafés de l’aventure organisés par La Guilde. Ils rassemblent de manière conviviale et régulière les acteurs de l’aventure animés par le même esprit de découverte du monde.

Tous les premiers mardis du mois, retrouvez-nous à partir de 20h au Zango Les Halles (15 rue du Cygne 75001 Paris, métro Etienne Marcel), pour exposer vos projets ou partager un retour d’expédition, de manière informelle.

Pour que l’entrée reste gratuite, nous vous remercions de prendre une consommation avant de monter à l’étage !

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Mardi 5 octobre, l’invité de la soirée est Nicolas Marcillaud, skipper des glaces

De la baie des phoques à l’île des ours – avril-août 2021

Nicolas, Julien et Théophile sont revenus à la fin du mois d’août d’une expédition de 4 500 milles nautiques en Arctique. 8 mois plus tôt, ils ne s’étaient jamais rencontrés. 

Puisque les images satellites montrent une nette tendance au recul des glaces en Arctique, un petit voilier ne pourrait-il pas naviguer sur des eaux réservées aux brises-glaces ? Que réservent les côtes auparavant bloquées par la banquise ? Comment navigue-t-on là où s’arrêtent les cartes marines, et au milieu des plaques de banquise dérivantes ? Ce sont quelques-unes des questions qui les ont motivés à partir durant quatre mois, après trois mois de préparation intensive pour mêler exploration maritime et terrestre autour de l’archipel du Svalbard. 

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L’édito de la lettre de septembre

Demandez le programme !

Un article de La Guilde


Lire la lettre dans son intégralité : Demandez le programme !

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Les déchets, compagnons encombrants

Le Congrès mondial de l’UICN* vient de se tenir en France, avec sa liste grandissante d’animaux en voie de disparition. Dans un mouvement inverse, les déchets poursuivent eux leur prolifération. La Guilde s’est saisie du problème depuis longtemps et alertait il y a dix ans – sans grand succès médiatique à l’époque – sur les gigantesques vortex de plastique se constituant au milieu des océans (réunion internationale sur les déchets plastiques ; Écrans de la Mer, 2011). À terre, la situation n’est guère meilleure, hormis dans les pays les plus éduqués.

Toutefois, les réactions à ce désastre n’ont jamais été aussi nombreuses. Dans son jardin, La Guilde a ainsi attribué une Bourse de l’aventure 2021 à deux jeunes alpinistes grenoblois bien décidés à installer un incinérateur que des villageois d’une haute vallée népalaise réclament. Dans le cadre de notre nouveau programme TANDEM, nous envoyons aussi ce mois-ci au Bénin un binôme de deux jeunes Services civiques auprès de l’association Gbobéto. Ils vont y prêter main forte au projet de valorisation des déchets d’un quartier populaire de Cotonou. La Guilde attribue par ailleurs des financements aux microprojets qui, à leur échelle, initient des réponses à ce défi majeur : ici pour valoriser des déchets agricoles, là pour faciliter la pré-collecte et le tri des déchets urbains.

Depuis 2013, La Guilde opère enfin au Cameroun, avec Solidarité Technologique, un projet pilote de collecte et traitement des déchets électroniques. La conclusion est que seul un écosystème complexe permet une prise en charge efficace : il faut des lois, des textes règlementaires, un système d’écotaxe qui pérennise les financements, des sites de stockage transitoires pour les déchets sans solution (ils sont nombreux) et des filières de traitement spécialisées qui apportent ces solutions.

Les déchets sont partout, sources de pollutions multiples, décourageants pour les habitants des favelas comme pour les navigateurs qui les retrouvent en Arctique. Les législations sont souvent balbutiantes dans les pays pauvres, et les financements tout autant. Mais gageons qu’en renforçant encore la mobilisation de tous, nous saurons un jour renverser ces montagnes de déchets.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

*Union Internationale pour la Conservation de la Nature

VIDEO – La Guilde x Terres en Mêlées

Transformer l'essai avec le programme ALAFIA !

Un article de Sport & Développement


Découvrez le formidable travail de Terres en Mêlées, lauréat par deux fois de notre programme Sport & Développement, au Burkina Faso et au Togo.

Le programme ALAFIA transmet des valeurs de paix et de vivre-ensemble à travers le rugby. Comment ?

  • Par des séances bi-hebdomadaires de pédagogie par le rugby en zone urbaines et rurales ;
  • Par des formations continues et du renforcement de compétences des éducateurs et des formateurs ;
  • Par la mixité sociale et filles – garçons dans les activités ;
  • Par des tournois de la fraternité, avec un arbitrage éducatif :

Un grand bravo à nos partenaires d’Horizon Sport pour cette belle production.


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TANDEM, épisode 1 : Partir

La Guilde lance TANDEM : deux jeunes venus d’horizons très différents au service d’un même projet solidaire ou culturel. Une initiative à suivre chaque mois avec les volontaires, depuis le terrain. Premier épisode : partir.

Un article de Service civique


Partir…

Hésiter, s’interroger, appréhender, se projeter et puis finalement, se décider.

Décider de s’élancer, d’aller de l’avant, à l’écoute cet irrésistible besoin d’ouvrir ses perspectives. Décider de grandir en sortant de sa zone de confort, au contact de l’autre.

Il y a quelques mois, Bruno, Félicia, Julie, Justine, Marcia, Maurice, Morgane, Salomé, Sébastien et Sophia ne se connaissaient pas. Pourtant, l’envie d’essayer les a amenés à se rencontrer, puis à s’embarquer dans une expérience de huit mois aux quatre coins du monde.

Ils forment cinq TANDEMS ; ils sont dix jeunes à avoir relevé le défi proposé par La Guilde, celui de vivre un engagement loin de la France et de leurs proches, au service de projets d’intérêt général pour une société plus juste et plus ouverte.

En septembre, ils ont donc rejoint la Belgique, le Bénin, l’Italie, la Roumanie et le Togo pour apporter leur appui à des actions menées par des partenaires locaux de La Guilde.

Loin de chez eux, ils vont se découvrir et s’apprivoiser, sans perdre de vue ce qui les réunit : avoir, à leur niveau, un impact positif et faire grandir les projets tout autant qu’eux-mêmes.

Tout au long de ces huit mois, ils vont vivre, en tandems, la grande aventure du volontariat.

Tous en selle !

Dans sa mission au contact de personnes en situation de handicap, Félicia veut apprendre à s’adapter à leurs besoins, en sachant toujours « apporter de la bonne humeur, être positive ». Elle ne veut pas que son action soit « quelque chose d’éphémère » ; d’une manière ou d’une autre, elle souhaite l’inscrire dans le temps. C’est aussi le sentiment de Sébastien, qui part avec Félicia à Bruxelles et qui compte sur son engagement de Service Civique pour « accomplir quelque chose d’utile ».

Quant à Maurice, en mission avec Morgane au Togo, il veut profiter de cette expérience pour « découvrir des écrivains togolais ». La culture, voilà l’une des motivations de Justine et Marcia en rejoignant l’Alliance française de Turin. Elles comptent bien « découvrir la gastronomie italienne » – qui ne le voudrait pas ? – mais aussi et surtout « vivre une mission humaine et enrichissante ».

Bruno, lui, part avec Sophia au Bénin. Il est conscient d’être à l’orée d’une « grande aventure » et fourmille d’impatience en pensant à toutes les activités qui les attendent. Mais il sait aussi qu’une mission de huit mois se vit dans la durée : il faudra « aller au bout de l’expérience, ne pas lâcher ».

Tous s’accordent à dire que les jours ayant précédé leurs départs n’ont pas été faciles, entre anxiété de laisser derrière soi ses repères et peur de l’inconnu qui s’annonce. Mais le sentiment qui prédomine reste la hâte de découvrir enfin leurs nouveaux environnements.

Pendant huit mois, ils vont vivre au gré des émotions partagées par les plus de 1 000 jeunes qui s’engagent chaque année dans le Service Civique à l’international. Avec une perspective unique : celle de vivre une expérience fondatrice, au service de l’intérêt général.

Rendez-vous le mois prochain pour l’épisode 2 de la série TANDEM : Découvrir.


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Sélection spéciale 30 ans des Écrans : 30 films primés en VOD

A l'occasion de sa 30e édition à Dijon (14-17 octobre), le festival des Écrans de l'aventure propose 30 films primés en VOD, jusqu'au 31 octobre

Un article de Aventure


Les séances sont ouvertes ! Pour fêter les 30 ans des Écrans de l’aventure à Dijon (du 14 au 17 octobre), le festival propose une sélection de 30 films primés accessibles à la location.

Du document inédit Ils vivent au sommet des arbres (mention spéciale du jury, 1997) à l’acclamé Climbing Blind (Toison d’or du film d’aventure, 2020), tout un pan de l’histoire de l’aventure est ainsi mis en lumière, marqué du sceau de la qualité.

Philosopher avec Sylvain Tesson sur les rives du Baïkal, marcher avec les Poussin à travers l’Afrique, s’envoler avec Yves « Jetman » Rossy, chercher un fils disparu en Amazonie ou y construire une pirogue, se lancer dans une méharée, grimper des buildings, voler en ULM malgré la maladie, vaincre le handicap, se plonger dans les vies passionnées d’Alain Colas, Paul-Émile Victor, Haroun Tazieff ou Marco Siffredi… Autant d’histoires étonnantes, parfois saisissantes, toujours inspirantes.

Les films sont proposés à 3 € pour une location de 7 jours. À l’occasion du lancement, un forfait de 50 € permet d’accéder à l’ensemble des 30 films de la sélection rétrospective jusqu’au 31 octobre.

films.lesecransdelaventure.com/ecrans30ans

Bonnes séances !


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Les Cafés de l’aventure rouvrent leurs portes !

Mardi 7 septembre, Hugo Subtil racontera comment, parti avec deux frères, il est arrivé seul au lac Baïkal après 3700 km à pied.

Un article de Aventure


Depuis 2002, le Zango Les Halles accueille les Cafés de l’aventure organisés par La Guilde. Ils rassemblent de manière conviviale et régulière les acteurs de l’aventure animés par le même esprit de découverte du monde.

Après une pause forcée de 18 mois, les Cafés de l’aventure reviennent le mardi 7 septembre 2021 !

Tous les premiers mardis du mois, retrouvez-nous à partir de 20h au Zango Les Halles (15 rue du Cygne 75001 Paris, métro Etienne Marcel), pour exposer vos projets ou partager un retour d’expédition, de manière informelle.

Pour que l’entrée reste gratuite, nous vous remercions de prendre une consommation avant de monter à l’étage !

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Pour la reprise, l’invité de la soirée est Hugo Subtil, lauréat des Bourses de l’aventure 2021 :

« 3700 km, trois paires de pieds, quatre mois, de Bichkek la capitale du Kirghizistan au lac Baïkal, en Sibérie. L’Itinéraire ? À définir. Au départ nous n’en savions pas plus. Nous serions trois. Deux frères, Tom et Jimmy, et moi leur pote, Hugo. Nous avions 23 et 24 ans, tous en « année de césure », nous voulions conclure celle-ci par un projet commun. Quoi de mieux qu’une petite balade à pied ? L’idée était de marcher ─ mais vraiment marcher : pas d’auto-stop, pas de bus, pas de train ni de vélo. Une paire de bottes, une paire de potes. Dans le dos, un sac de 6 kg ─ autant dire le strict nécessaire pour bivouaquer. Forts de quelques belles randonnées sur le GR 20 en Corse, la Haute Route des Pyrénées ou quelques sommets dans nos Alpes, nous avions tout des parfaits marcheurs. Et nous étions prêts à suivre tous les chemins qui nous mèneraient jusqu’au Baïkal. Nous partirions de Bichkek le 11 avril 2019, à la rencontre de l’Asie centrale, de ses peuples et de ses montagnes. Pourtant nous étions loins d’imaginer les conséquences de la seule promesse que nous nous étions faits : il faudrait uniquement marcher. C’était la seule règle. 104 jours plus tard, j’arrivai seul au Lac Baïkal. »

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Nous resterons aux côtés des Afghans

Communiqué spécial

Un article de La Guilde


Nous venons d’assister, effarés, au départ calamiteux des Occidentaux de Kaboul, dont les images resteront dans l’Histoire.

Il ne s’agit pas ici de condamner qui que ce soit ; les éditorialistes professionnels vont s’en charger, avec plus ou moins de bonheur.

Il s’agit plutôt d’affirmer haut et fort que le lien qui unit La Guilde à ce pays mythique est plus solide que jamais.

L’histoire n’est pas écrite, elle s’écrit.

Nous avons la ferme volonté, à notre place, de rédiger une nouvelle page, avec toutes les ONG qui décideront, elles aussi, de ne pas jeter l’éponge.

Leur efficacité, leur capacité d’adaptation, leur hauteur de vue et, réaffirmons-le, leur générosité ne sont plus à démontrer. Nous allons, nous devons, prendre le relai de politiques défaillantes sans perdre un instant. Ce n’est malheureusement pas la première fois dans le grand fracas du monde que les gouvernements et les opinions publiques se lassent et finissent par plier bagage.

Pendant ces vingt années qui s’achèvent par une immense déception, les Afghanes, les Afghans ont pris goût à la liberté. La chape de plomb, d’intolérance, de violence qui s’abat aujourd’hui sur eux va susciter un mouvement de résistance que nous avons le devoir de soutenir avec une grande détermination, comme nous l’avons fait avec succès dans les décennies précédentes.

À nouveau, La Guilde a rendez-vous avec l’Afghanistan.

À nouveau elle répondra présent.

Hugues Dewavrin
Vice-président de La Guilde


La Guilde et l’Afghanistan, une longue histoire

Dans les années 1970, Kessel et les vols charters sur Kaboul attirent lauréats des Bourses de l’aventure, ethnologues, photographes, cinéastes… qui se retrouvent au premier local de La Guilde, place Vendôme.

En 1972, le premier « Raid Orion », organisé par La Guilde, relie Paris à Ispahan et Kaboul en moto. Deux cents motards partent des Champs-Elysées.

1980, l’Afghanistan est sous occupation soviétique : une première mission de secours est organisée dans le Wardak, financée par des entreprises mécènes.

Durant les années 80, La Guilde lance des appels aux dons avec la Fondation de France, signés par son président d’honneur, Paul-Émile Victor.

Des dizaines de jeunes volontaires se succèdent dans les missions du Service Intervention et Développement de La Guilde pendant toute l’occupation soviétique.

La Guilde prend également l’initiative d’une Coordination européenne des ONG pour l’Afghanistan.

Enfin, La Guilde établit à Peshawar la base arrière des quatre ONG françaises opérant en Afghanistan occupé.

En 2003, un nouveau raid Paris-Kaboul est monté par La Guilde avec des missions scientifiques et le concours de l’hebdomadaire Le Point.

Un soutien est également apporté à la réhabilitation du plus grand cinéma de Kaboul : l’Ariana, symbole de la renaissance d’une culture libre.

Ces dernières années, La Guilde a soutenu divers microprojets et l’envoi de Volontaires de solidarité internationale à chaque fois que cela était possible.


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5 histoires pour avancer

La lettre de l'été - juillet-août 2021

Un article de La Guilde


Quels sont les ressorts de l’action ? Voilà la question à laquelle tentent de répondre les histoires racontées ici. Des récits à hauteur d’hommes et de femmes – parfois à plus de 8000 mètres – qui ont en commun de mener des vies entières, faites de passions et d’engagements. Cela peut être issu d’un cheminement personnel ou bien d’une aventure collective ; cela peut être dirigé par un rêve intime ou exprimer une responsabilité sociale ; cela peut prendre toutes les formes, pourvu qu’il s’agisse d’accomplissement.

Du Kurdistan dans les pas du French doctor Tissot à Madagascar pour une vie placée sous le signe du volontariat, des extrémités gelées de la planète aux entrailles d’une ville déchirée par la guerre, le volontarisme humain s’exprime avec autant de force que de simplicité. Chacun de ces témoignages aspire, à sa façon, à indiquer la voie de l’action. Pour nous inspirer, et pouvoir à notre tour répandre ce souffle vital.


Le Docteur et les Écrans

Pendant 40 ans, le Docteur Frédéric Tissot s’est donné tout entier pour soigner les populations abîmées, au plus près du terrain. Aujourd’hui, il travaille à répandre l’ouverture à travers Les Écrans de la paix. L’occasion de s’interroger sur les rapports entre corps et esprit.

Soigner les lendemains.


À Mossoul, Fahad pour un nouveau récit

Le Book Forum de Mossoul est un exemple d’initiative culturelle visant à repenser dans sa profondeur une société ébranlée. Son co-fondateur, Fahad Sabah Mansoor Al-Gburi, raconte une aventure née dans les flammes.

Lire pour renaître.


Clémentine, grandir à Mada’

En 2015, Clémentine partait à Madagascar en tant que Volontaire de solidarité internationale au sein de l’association APDRA Pisciculture Paysanne. Elle avait signé pour 19 mois : sa mission aura finalement duré six ans. Histoire d’un coup de foudre.

Tout donner au présent.


« Aller explorer ses talents jusqu’au bout »

Explorateur polaire, pionnier de l’ULM, concepteur d’avions… Hubert de Chevingy a placé sa vie sous le sceau de l’action. Président pendant 15 ans et désormais Compagnon de La Guilde, l’homme se confie sur les ressorts de l’aventure, depuis la terre qui le fait vivre aujourd’hui.

Décoller en liberté.


Elisabeth Revol, sur un air de jouvence

Présidente du jury pour les 30 ans des Écrans de l’aventure, l’himalayiste Elisabeth Revol suit un parcours hors normes, fait de farouche indépendance, d’oxygène rare donc précieux, mais aussi de drames et de remises en question. Elle tente avec lucidité de comprendre les mobiles qui la poussent à l’action.

S’élever dans la passion.


Les Écrans de l’aventure sont en ligne

Alors qu’il s’apprête à fêter ses 30 éditions à Dijon (14-17 octobre), le festival des Écrans de l’aventure propose depuis le 1er juillet une sélection de films primés, accessibles gratuitement tout l’été. À la rentrée, cette offre sera enrichie d’une sélection exclusive pour les 30 ans des Écrans.

Explorer l’inspiration.


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À Mossoul, Fahad pour un nouveau récit

Le Book Forum de Mossoul est un exemple d'initiative culturelle visant à repenser dans sa profondeur une société ébranlée. Son co-fondateur, Fahad Sabah Mansoor Al-Gburi, raconte une histoire née dans les flammes.

Un article de La Guilde


Le 6 septembre 2017 restera un jour gravé dans le cœur de Fahad. Ses deux fils, des jumeaux, soufflent ce jour-là quatre bougies chacun. C’est leur premier anniversaire dans un Mossoul libéré du joug de l’autoproclamé État islamique deux mois plus tôt. Mais ce n’est pas tout. Ce 6 septembre, le cœur de l’ingénieur de 30 ans est pris dans un tourbillon : 3 000 personnes sont venues au premier festival littéraire organisé dans la ville irakienne. Des milliers de livres ont été distribués gratuitement. Et l’idée que la culture puisse contribuer à reconstruire la société mossouliote a été confortée. Elle ne restera pas sans suite. Alors, quatre ans plus tard, Fahad peut l’affirmer sans hésitation : ce 6 septembre 2017 a tout simplement changé sa vie.

Une graine entre les pages

Début 2014. Fraîchement diplômé en mécanique, Fahad Sabah Mansoor Al-Gburi a prévu de partir étudier aux Etats-Unis. Il a obtenu une bourse de l’Etat irakien, s’affaire aux milles préparatifs. Il adore ses études, travaille sur la publication d’un article dans un journal scientifique de renommée internationale. Et puis les soldats de Daech prennent sa ville. C’est le début de l’occupation. « Une période horrible. Nous ne pouvions pas fuir avec ma famille de peur des représailles. Il n’y avait pas d’emploi, pas d’éducation. Alors je lisais. Des publications scientifiques, mais aussi des livres d’histoire ou de société, comme Ali Al-Wardi, un grand écrivain irakien. Tout m’intéressait. Avec ma femme, on passait nos journées à lire et à en discuter. » Une période paradoxalement féconde, puisque Fahad publiera son article dans le Journal of Porous Media (Journal des Milieux Poreux, en VF). Surtout, se forger une idée : « si on veut reconstruire et ne pas revivre cette situation, nous devons absolument développer la conscience, l’esprit critique et l’ouverture aux autres, affirme-t-il. Nous devons déployer les capacités d’analyse de la société, de ses problèmes et des manières de les résoudre ».

La graine est plantée. Elle va germer dans les cendres d’un souvenir douloureux. « C’était un après-midi de décembre 2016, reprend Fahad. J’étais sur ma terrasse et je pleurais en voyant une colonne de fumée noire s’élever dans le ciel. » Car à l’origine du feu, il y a des livres : ceux de la bibliothèque de l’université de Mossoul, jadis riche de 700 000 volumes. En pleine bataille de Mossoul, Daech l’a incendiée. Un crève-cœur pour Fahad, qui a ciré les bancs de la bibliothèque pendant six ans. « Nous avons entendu dire qu’il restait 30 000 livres. Avec d’autres, nous avons aussitôt lancé une campagne pour les déplacer et les sauver, car les toits de l’université étaient détruits. Nous nous sommes mis au travail alors que la bataille n’était pas encore terminée dans l’ouest de la ville. Nous avons également lancé un appel aux dons pour récolter de nouveaux ouvrages. » Fahad ne le sait pas encore, mais une mécanique est lancée.

Des rencontres et des mots

Et c’est par des rencontres, comme souvent, que de nouvelles étapes sont franchies. La première a lieu lors de la campagne de réhabilitation des collections universitaires, avec l’éditeur bagdadi Sattar Muhsin. Un projet de festival littéraire émerge. « Une folie, relève Fahad. Nous étions à peine libérés, les gens souffraient des pertes, du manque de nourriture, de santé. On avait peur d’être pris pour des irréalistes. Mais pour nous, c’était évident : nous devions travailler sur le culturel pour faire évoluer les mentalités dans la société irakienne. » La folie devient réalité le 6 septembre 2017. Deux enfants ont quatre ans et 3 000 personnes viennent choisir des livres, distribués gratuitement parmi le surplus d’une campagne qui avait permis d’en récolter plus de 15 000 pour l’université, largement au-delà des espérances de ses initiateurs. Parmi les présents, un homme pour une nouvelle rencontre et un nouveau prolongement : Harith Yaseen Abdulqader.

« Harith travaillait pour une ONG, IHAO, qui avait donné des livres de médecine lors de la campagne. On a discuté et j’ai envoyé mon CV pour travailler avec eux – tu sais, à l’époque, les conditions économiques étaient difficiles. On a commencé à travailler ensemble avec Harith, parlant beaucoup de nos projets personnels. Lui voulait ouvrir un café. Je lui ai dis « OK, mais faisons quelque chose d’unique, avec une bibliothèque, un endroit où les gens pourraient lire, boire du café, discuter des livres, les présenter, les dédicacer… » » Les énergies se rassemblent et très rapidement, l’idée prend forme : 30 décembre 2017, le Book Forum ouvre dans l’une des plus larges artères du quartier animé de l’université de Mossoul.

« Comment te décrire cette journée… Il me faudrait beaucoup plus de mots que je n’en connais ! Tant de gens sont venus. J’ai senti que c’était pas important pour Mossoul, pas seulement pour Harith et moi. Cet endroit appartient à tout le monde. Beaucoup de jeunes écrivains évoquent le Book Forum comme leur maison. Ce jour-là, je me suis dit qu’un petit pas était fait pour tous ceux qui souhaitent voir Mossoul avec un regard différent. »

Le goût des autres

Rapidement, le Book Forum attire l’attention au-delà de Mossoul, au-delà même du pays. En France Hugues Dewavrin, alors vice-président de La Guilde, s’y rend dès 2018, accompagné de Cécile Massie et Amélie Banzet, chargées de mission. Ils proposent au Book Forum d’organiser des sessions de projections, en lien avec Les Écrans de la paix. Puis font venir Sylvain Tesson, président de La Guilde de 2011 à 2017. « Une session extraordinaire ! s’enthousiasme Fahad. Sylvain est venu parler de son voyage dans l’écriture, de la manière de l’utiliser comme relation au monde. Nombre d’écrivains sont venus, ils ont parlé pendant plus de trois heures, de littérature, de liberté, des sociétés françaises et irakiennes… » Et puis c’est au tour de Fahad et Harith de venir en France, à l’occasion du festival Le Goût des autres. Ils dressent des ponts entre Mossoul et Le Havre, libérée 70 ans plus tôt avec la bataille de Normandie. Rencontrent l’UNESCO. Mettent sur pied un nouveau festival culturel à Mossoul : « tout ça était organisé avec les équipes de La Guilde, qui nous soutenaient, nous poussaient à améliorer notre travail et nos compétences dans le domaine culturel. Vraiment, notre relation avec La Guilde est très forte ».


À LIRE AUSSI : Le Docteur et les Écrans


Tout n’est évidemment pas rose. La pandémie est passée par là, rendant les équilibres financiers précaires. Une période que les équipes du Book Forum, en partenariat avec La Guilde, ont mise à profit pour organiser des distributions alimentaires aux familles les plus pauvres de Mossoul. Et demain ? Après avoir réouvert les portes du café, le Book Forum veut pousser ses murs et devenir une organisation de promotion de la culture et de l’éducation à travers tout le pays. Ce qui laisse une dernière question en suspens : quid de la formation de Fahad, brutalement interrompue en 2014 ? « En travaillant dans le domaine culturel, mes aspirations ont changé, note le jeune père de famille. J’ai le sentiment que mes responsabilités sociales se sont développées, je peux être davantage acteur de changement dans la société. Mais finalement, ce n’est pas si éloigné de ma formation d’ingénieur. Car les problèmes de la société, leurs mécanismes et la façon de les résoudre engagent une analyse en profondeur. C’est exactement ce que je faisais sur les transferts de masse en milieu poreux, par exemple. » Et si, finalement, la vocation de Fahad était inscrite dans son sujet d’études ?


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