L’édito de la lettre d’avril

Découvrir. Comprendre. Explorer.

Un article de Vincent GARRIGUES


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Culture du dialogue

La Guilde aime les grands chantiers. Elle ose, par tradition. Née de l’histoire du 20e s., notre maison doit faire son chemin entre les balises de la post-modernité, en acceptant de confronter son goût fondamental de l’action en profondeur au nouvel acteur orwellien du débat public, cette conversation globalisée qui commente en mode flash beaucoup plus qu’elle n’agit.

La communication, il s’agit bien d’elle, c’est un peu l’affaire de tous : chacun se sent fondé d’exister à travers elle, tant le reflet de l’ensemble embarque les facettes de chacun.

Notre communication doit donc porter le témoignage de ce que j’appellerais notre « mission », ou notre « fonction sociale » : oser la permanence têtue de l’engagement par l’action, aller vers les autres pour bâtir un patrimoine de l’en-commun et inscrire les actes dans la geste la plus sensée qui soit. Nous savons, avec Hannah Arendt, qu’être isolé, c’est être privé de la capacité d’agir.

Les outils digitaux – ces fascinants sillages qui produisent autant d’étincelles que d’effroi – aiguillonnent un désir mimétique, et forgent une emprise plus qu’une empreinte ; notre défi apparaît donc d’abord culturel. Les femmes et les hommes de La Guilde, dans chacune de leurs actions sur la terre humaine, donnent et reçoivent. Cet échange symbolique, et bien réel, se tisse volontiers dans les ailleurs, lesquels n’existent que parce qu’il y a un ici. Sur ce chemin, notre récit se dresse contre les entreprises de séparation, affirmant sa vocation à fortifier le dialogue, à jeter des ponts, à tendre des livres.

Lorsque tout se bouscule, que tant d’inquiétudes virevoltent entre charivari du net et doxa propagandiste, notre ambition de communiquer nous propulse comme bâtisseurs enthousiastes de mémoires et d’innovations.

En partageant sa bibliothèque, en organisant un grand festival de films, en animant ses canaux sociaux, à travers sites et plate-formes, avec ses nouvelles visio-sessions aventurières, La Guilde veut explorer tous les territoires de la rencontre.

Vincent GARRIGUES
Responsable de la communication institutionnelle

Le point sur les volontariats, tous les volontariats

Le volontariat est toujours profondément impacté par la crise sanitaire. Respectivement Délégué général et Responsables des pôles Service civique et Volontariat de solidarité internationale, Vincent Rattez, Vanessa Gilles et Aurélie Colladon font le point.

Un article de La Guilde


Les missions courtes, qui permettaient à des étudiants ou de jeunes professionnels d’expérimenter bénévolement l’action solidaire au loin sont toujours en sommeil. Faire partir les jeunes en volontariat international demeure difficile : de nombreux pays d’Asie et d’Amérique Latine sont soit inaccessibles sur décision des pays, soit par véto règlementaire du Ministère des Affaires Etrangères.

En apparence, Les jeunes en Service Civique et les Volontaires de Solidarité Internationale retrouvent un rythme d’embarquement satisfaisant. 35 jeunes sont partis avec La Guilde en service civique depuis janvier, contre 39 en 2019 sur la même période. Pareillement 64 VSI sont partis au premier trimestre avec La Guilde, contre 59 en 2019. Ces chiffres sont toutefois en trompe l’oeil : un phénomène de rattrapage dans certains pays ouverts masque provisoirement l’inaccessibilité administrative de nombreuses destinations aux volontaires : Maroc, Brésil, Colombie, Liban, Israël, Afrique du Sud, Géorgie… D’autres pays, comme le Cambodge ou le Vietnam, fixent des conditions d’entrée drastiques qui limitent considérablement l’accès international.

La réouverture générale paraît la seule manière de retrouver une activité en ligne avec les besoins de la jeunesse et des projets .

Cela implique la vaccination des volontaires et le déploiement du passeport sanitaire international pour leur permettre de rejoindre leur pays de mission.

Vincent RATTEZ
Délégué Général de La Guilde


La crise actuelle impose à chacun et chacune d’entre nous, de faire preuve d’adaptation, de patience et parfois même d’une certaine forme de renoncement face à un évènement que l’on ne maitrise pas et qui nous dépasse.

Si la tranche d’âge des 18 – 25 ans est particulièrement touchée par la crise et ses impacts, elle est aussi formidablement mobilisée à travers des initiatives solidaires, des engagements associatifs et une volonté farouche de continuer à avoir, à son niveau, un impact positif sur la société. Ils/elles sont aussi nombreux à souhaiter s’engager auprès de nos partenaires aux quatre coins du monde, malgré la pandémie, malgré un contexte très volatile et souvent anxiogène.

Les jeunes volontaires que nous accompagnons continuent à déployer beaucoup d’énergie et de volonté, essayant par tous les moyens de poursuivre leurs rêves, leurs projets, pour ne pas devenir « la génération sacrifiée » que certains évoquent.  Ils/elles veulent rester libres de rêver à une expérience de volontariat, malgré les contraintes multiples qu’elles soient sanitaires, administratives, de mobilité (…) ; les volontaires veulent être sur le terrain avec les associations locales qui, elles aussi, essayent coûte que coûte de poursuivre leurs engagements au plus près des populations encore plus fragilisées.

La Guilde essaye d’accompagner au mieux ses 90 volontaires actuellement en mission de Service Civique, avec une attention toute particulière portée à la santé psychologique.

Les besoins, les attentes ont évolué de même que les craintes et les fragilités intrinsèques à une expérience de volontariat à l’étranger où l’on repousse ses limites, où l’on sort de sa zone de confort.

La Guilde propose un accompagnement personnalisé pouvant aller jusqu’à l’intervention d’une psychologue lorsque le ou la volontaire en ressent le besoin. Les équipes locales sont également fortement mobilisées, dès la préparation de la mission, pour essayer de rassurer les volontaires et les tenir informés de l’évolution, en temps réel, de la situation. 

Le Réseau des Engagés de la Guilde (« REG ») permet également de « faire du lien », d’encourager l’entre-aide et ainsi peut être, de limiter le sentiment de solitude au profit d’une forme de solidarité.

En interagissant sur le réseau, les volontaires se sentent moins seuls et trouvent là une communauté qui vit les mêmes incertitudes… en attendant, peut-être de retrouver bientôt une forme de sérénité.

Vanessa GILLES
Responsable du Pôle Service Civique


Malgré la pandémie, le volontariat continue d’offrir des perspectives.

Un an après le début de la crise qui a vu la fermeture totale des frontières internationales pendant près de 8 mois, force est de constater que les acteurs du volontariat n’ont eu de cesse de se réinventer, pour continuer à agir et répondre aux besoins du terrain.

Au quotidien, les volontaires font preuve de résilience quelle que soit leur situation. La plupart ont maintenu le cap malgré les quatorzaines à l’arrivée, les confinements successifs, les fermetures de leurs programmes. D’autres attendent depuis des mois de pouvoir partir, sans jamais perdre espoir.

Les organisations partenaires de La Guilde pour l’envoi des volontaires se sont adaptées, en recrutant des volontaires sur place, en les formant à distance, en aménageant les projets en attendant l’arrivée des volontaires et en permettant à leurs partenaires locaux de tenir le choc.

Les équipes de La Guilde sont à leurs côtés, pour les accompagner, trouver des solutions, en collaboration avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ou les ambassades, pour apporter du réconfort aussi parfois.

Un mot d’ordre commun nous anime : l’engagement solidaire.

Aurélie COLLADON
Responsable du Pôle Volontariat de Solidarité Internationale

30 ans des Écrans de l’aventure : 1992-1999, le temps des Feuillants

En 2021, les Écrans de l'aventure célèbrent leurs 30 ans à Dijon. Retour sur une épopée démarrée en 1992 avec deux protagonistes de l'époque : Patrick Edel, cofondateur de La Guilde et du festival, et Antoine de Maximy, réalisateur multi-primé.

Un article de Eric Carpentier


30 ans des Écrans de l’aventure :
expositions, tables rondes, cafés littéraires,
sélections officielle et rétrospective,
à partir du 11 octobre 2021 à Dijon
.


« L’idée, c’était de créer quelque chose de durable, qui s’enracine dans le temps » : quand il évoque les débuts à Dijon du festival international du film d’aventure, Patrick Edel ne feint pas la surprise de voir l’évènement perdurer à travers les décennies. « On voulait être là pour des dizaines d’années » insiste le cofondateur de la manifestation et de La Guilde, organisatrice des Écrans de l’aventure avec le soutien de la capitale bourguignonne. En 2021, le pari est gagné : malgré les changements de salles, malgré la crise sanitaire, pas un automne ne s’est passé sans voir la crème de l’aventure française et internationale débarquer à Dijon. Une évidence ? Avec le recul, peut-être. Mais les premières années, le pari était loin d’être gagné.

Du Dr Pierre Fyot à Sir Peter Blake

Il en rit aujourd’hui ; en 1992, les sourires étaient plus pincés. « La première année était catastrophique ! » remet Patrick Edel. « C’était une belle édition en termes de contenu, mais le succès populaire n’était absolument pas au rendez-vous. » C’est pourtant l’envie d’ouvrir le festival au grand public qui le conduit à Dijon. Car en installant sa manifestation en Bourgogne, La Guilde change de cadre au regard de ce qu’elle faisait depuis plusieurs années à La Plagne. À Dijon, l’ambition est claire : faire venir le public le plus large possible au contact des acteurs de l’aventure. 30 ans plus tard, avec 20 000 entrées annuelles, l’objectif est atteint.

Il y a un désir de renouvellement. Il y a aussi et surtout un homme. Mieux, « un monument de notre histoire contemporaine » rappelle Patrick Edel. Cet homme, c’est le Dr Pierre Fyot. Natif de Dijon (établie depuis Jean Sans Peur, sa famille a donné son nom à une rue de la ville), engagé dans la Résistance en 1943, cofondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, le Dr Fyot a tracé sa vie dans l’esprit d’aventure au service de l’humanitaire. C’est lui qui propose à La Guilde de faire grandir son festival à Dijon. Les volontés font le reste : « il faut rendre hommage à Michèle Curtil-Faivre, l’adjointe à la culture de l’époque », complète Patrick Edel. « C’est elle qui, au sein de la municipalité, a voulu le festival. »

Voilà le festival installé à Dijon. Après une première année au cinéma ABC, sous la présidence de Pierre Fyot, les Écrans de l’aventure prennent leurs quartiers d’automne au Théâtre des Feuillants jusqu’en 1999. Et voient se succéder des personnalités prestigieuses à la présidence du jury : Gérard d’Aboville pour commencer (dont le film réalisé par Laurent de Bartillat, Seul, la traversée du Pacifique, avait reçu la Toison d’or l’année précédente), puis Sir Edmund Hillary en 1994 (premier vainqueur de l’Everest avec le sherpa Tensing Norgay en 1953), James Lovell en 1995 (commandant de la mission Apollo XIII, dont le documentaire Apollo 13 – To the edge and back a reçu la Toison d’or un an plus tôt), Sir Peter Blake en 1996… Les Écrans de l’aventure se font une place dans le paysage dijonnais. Et grâce au bouche-à-oreille, le public répond présent.

« Ingé son, libre de suite pour partir en expé n’importe où »

Antoine de Maximy, lui, reçoit sa première distinction en 1993 : le prix spécial du jury pour Alexandra David Néel, du Sikkim au Tibet interdit, co-réalisé avec Jeanne Mascolo de Filippis. Suivront encore une mention spéciale en 1998 (La civilisation perdue du Rio La Venta), et surtout une Toison d’or en 1995 pour Le gaz mortel du lac Nyos. Une autre époque, pour la chemise rouge la plus célèbre de l’audiovisuel français ? « Ça ne me paraît pas si loin que ça, non. Parce qu’en fait, j’ai continué dans la même énergie depuis. »

À LIRE AUSSI : Alexandra David-Néel aux Écrans de l’aventure 2021

Car bien avant J’irai dormir chez vous – dont Antoine de Maximy se souvient avoir « montré les premiers épisodes, pas encore finalisés, dans un hall d’hôtel dijonnais » – le réalisateur a lancé sa carrière à La Guilde. C’était en 1983 : « j’ai mis une petite annonce sur le tableau de la rue de Vaugirard : “ingé son, libre de suite pour partir en expé n’importe où”. Et je suis parti quatre mois au Pérou. Pas seulement pour faire le son, mais pour réaliser deux films ! Voilà comment ça a démarré. J’essayais tout à l’époque. De toute façon, ce n’est jamais le bon moment et on ne sait jamais ce qui va marcher ! »

Aujourd’hui, Les Écrans de l’aventure restent un des seuls festivals auquel participe encore Antoine de Maximy, à nouveau récompensé d’un prix spécial du jury en 2004 pour Nyiragongo : un volcan dans la ville. Pourquoi ? « Parce que c’est une bourse de voyageurs, un endroit de convergence de plein de gens qui ont plein de bonnes idées. Tu en parles, tu te motives les uns les autres, et tu les réalises. C’est ça qui est formidable ! » Formidable, aussi, sa prestation sur scène en 2020, qui a conquis le public après la diffusion de sa fiction (hors compétition) J’irai mourir dans les Carpates.

Esprits libres, actions concrètes

Si, en 30 ans, l’aventure et ses films ont pu changer, Patrick Edel préfère en retenir l’essence. « L’évolution de l’aventure, ce sera le sujet de discussions pour l’édition 2021. Mais ce qui restera toujours propre à l’aventure, c’est l’originalité de la démarche. L’aventure, c’est quelqu’un qui a eu une idée, même modeste, et qui l’a matérialisée. Le film d’aventure par excellence est celui d’une démarche originale ». Et de prendre pour exemple la Toison d’or du film d’aventure 1998 : La marche dans le ciel, réalisée par un certain Pierre Barnerias.

« Quand Alexandre Poussin et Sylvain Tesson traversent l’Himalaya pratiquement sans aucun équipement, c’est une idée originale. D’Aboville qui travers le Pacifique à la rame, à l’époque, pareil… Quelque soit l’évolution des sociétés, il y aura toujours des personnalités fortes qui s’affirment par des tentatives originales. C’est comme ça qu’est née l’aviation ! On n’aurait jamais pensé que le premier vol de Clément Ader laisse place, quelques dizaines d’années, plus tard à des vols commerciaux d’un continent à l’autre. »

Alors, l’aventure comme avant-garde de tendances de demain ? On peut le souhaiter. Prenons deux exemples d’invités qui seront présents à Dijon du 14 au 17 octobre 2021*, pour souffler les 30 bougies d’un festival précurseur en France : Dany Cleyet-Marrel et Corentin de Chatelperron. L’un a transmis la beauté et la fragilité de la forêt, et avec elles la nécessité de sa protection, à travers les images tournées depuis son radeau des cimes ou son cinébulle. L’autre œuvre à répandre la low-tech comme réponse écologique aux problématiques locales – il présentera d’ailleurs aux Écrans de l’aventure son dernier film en avant-première. Deux démarches originales. Mais ô combien nécessaires.

https://twitter.com/EcransAventure/status/1378022523577765890

* Antoine de Maximy l’assure : il fera son maximum pour être présent à Dijon en 2021. Mais il préfère aussi prévenir : « je ne peux pas m’engager si tôt. Et il vaut mieux être une bonne qu’une mauvaise surprise ! »


En 2021 les Écrans de l’aventure retrouvent le Théâtre des Feuillants pour une programmation rétrospective unique, en complément de la sélection officielle diffusée au cinéma Olympia. Rendez-vous du 14 au 17 octobre 2021 à Dijon !

L’édito de la lettre de mars

Que vive l'aventure !

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Que vive l’aventure !

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Depuis 1992, La Guilde organise le festival des Écrans de l’aventure avec la ville de Dijon. En 2021, pour fêter les 30 ans d’une collaboration incroyablement riche et porteuse de sens, toute l’équipe de La Guilde est mobilisée pour vous proposer une édition exceptionnelle.

Ce festival vous fera revivre des moments forts de trois décennies d’aventures. Il proposera également les meilleurs films et livres de l’année, ainsi que des échanges uniques avec des aventuriers audacieux et engagés, curieux des autres et soucieux de nous faire découvrir la beauté fragile de notre planète.

En octobre 2020, l’édition était passée entre les gouttes des restrictions sanitaires, réunissant près de 10 000 spectateurs. En 2021, les Écrans comptent bien voir le soleil se lever sur des mondes inconnus !

Nous vous donnons rendez-vous régulièrement, dans cette lettre et sur les canaux de communication des Écrans de l’aventure (siteFacebookInstagramTwitter), pour ne rien rater de la mise en place de cette édition anniversaire.

Les 30 ans du festival Écrans de l’aventure auront lieu la semaine du 11 au 17 octobre 2021 à Dijon.

A bientôt, tous ensemble,

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe des Écrans de l’aventure

Alexandra David-Néel aux Écrans de l’aventure 2021

Pour les 30 ans du festival Écrans de l'aventure, Dijon accueille Alexandra David-Néel. Sous la forme d'une exposition immersive et ludique, l'exploratrice plongera les visiteurs dans le bain de ses grands voyages.

Un article de Eric Carpentier


Alexandra David-Néel, La femme aux semelles de vent,
une exposition scénographiée et contée de Céline Moulys,
du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021 au cellier de Clairvaux,
dans le cadre des 30 ans des Écrans de l’aventure de Dijon.


« Imaginez… Vous êtes à Samten Dzong, la maison où Alexandra David-Néel a rassemblé tous ses souvenirs et où, 22 années durant, après son dernier voyage, elle a travaillé d’arrache-pied pour rédiger, d’après ses notes et expériences, la plupart des nombreux ouvrages de sa bibliographie. Nous sommes en 1969, la dernière année de sa vie. Elle a 101 ans… »

Voilà comment Céline Moulys présente l’installation documentaire qu’elle consacre à Alexandra David-Néel et qui sera installée au Cellier de Clairvaux du 11 au 13 octobre 2021, dans le cadre de la 30e édition des Écrans de l’aventure de Dijon. Une exposition immersive et ludique, pour plonger dans la vie de ce « monument de l’exploration, libre-penseur, anarchiste et révolutionnaire, une orientaliste passionnée et, avant tout, une femme indépendante », introduit la scénographe.

Au menu, la reconstitution des 2 pièces qui ont accueilli Alexandra David-Néel lors des dernières années de sa vie. Un bureau et une chambre, envahis d’objets évoquant ses décennies de voyages. Moulin à prière, lampes à beurre, masques tibétains, bijoux de l’Himalaya, photos, cartes et bibliothèque… Un ensemble accessible sous forme de visite libre ou d’escape game accompagné, à destination des plus jeunes. L’important, pour Céline Moulys, réside dans l’expérience. Car « que ce soit en voyage, dans une installation ou en festival, c’est l’expérience qui imprime des souvenirs ».

Barons perchés et standing ovations

Céline Moulys connaît bien les Écrans de l’aventure. En 2010, pour les 20 ans du festival à Dijon, elle reçoit le prix du public du Festival Off pour son film Föllmi’s Destiny, sur les 30 ans de vie en Himalaya du photographe Olivier Föllmi et de sa femme, l’éditrice Danielle Föllmi. Membre du jury l’année suivante, puis festivalière régulière, elle retient avant tout du festival l’enthousiasme de son public : « il est exceptionnel, se lève sans hésiter, offre de beaux moments de communion », loue-t-elle. « Une standing ovation, c’est toujours un moment très particulier. »

Et un film en particulier ? Peut-être Treeverse, « ce film réalisé comme un documentaire d’aventure au bout du monde, alors que l’histoire se passe dans un parc local ». Dans ce film, les deux protagonistes décident de parcourir un kilomètre dans les arbres sans jamais toucher le sol. Un voyage de cinq jours qui n’est pas sans rappeler la vie du Baron perché, ce personnage d’Italo Calvino qui, un jour, décida de vivre dans les houppiers.

Alors, après les trois jours de son exposition, Céline Moulys retrouvera avec plaisir les journées consacrées aux films, « ces journées hors du temps, plongées dans le noir, huis-clos paradoxal qui t’emmène aux confins du monde, propice à la réflexion et au voyage intérieur ». Un programme que n’aurait pas renié Alexandra David-Néel.


Alexandra David-Néel, la femme aux semelles de vent, installation documentaire du lundi 11 au mercredi 13 octobre 2021, au cellier de Clairvaux.

Visite libre. Escape game commenté ouvert aux groupes.

Retour sur la visite du pape François en Irak

Début mars et pour la première fois, un pape s'est rendu en Irak. Radio Al-Salam était présent pour couvrir la visite du souverain pontife.

Un article de Baptiste VIOLI


Du 5 au 8 mars 2021, le pape François a effectué son premier voyage apostolique depuis le début de la crise sanitaire de la Covid-19. C’était la première fois dans l’histoire que le souverain pontife se rendait en Irak, et Radio Al-Salam, outil de paix et de dialogue inter-religieux  opéré par La Guilde avec ses partenaires depuis 2015, se trouvait peut-être plus que jamais au cœur de sa mission et de sa raison d’être en couvrant un événement d’une telle portée symbolique.

Le pape a visité Bagdad, la ville d’Erbil, ainsi que Mossoul et Qaraqosh dans la plaine de Ninive. Partout, il a transmis un message de paix et de fraternité auprès de la population irakienne, meurtrie par des décennies de guerre et de souffrance. L’entretien avec le leader chiite irakien, l’ayatollah Al-Sistani, qui a eu lieu dans la ville sainte de Najaf, a été une des rencontres religieuses les plus importantes de ces derniers temps : que ce dernier proclame que les chrétiens d’Irak devaient « vivre en paix » et bénéficient de « tous les droits » en Irak a évidemment marqué les esprits.

Dans les semaines précédant cette visite, Radio Al-Salam a produit plusieurs reportages sur les préparatifs (travaux, décorations et nettoyage de certaines villes) et fait un grand nombre d’interviews, femmes et hommes d’Eglise, mais également simples habitants, afin de leur donner l’occasion d’exprimer leurs points de vue et attentes. Tout au long du séjour du pape à Mossoul et Qaraqosh, les journalistes de la radio étaient en étroite coordination avec les pigistes présents sur place. A Erbil, trois journalistes de Radio Al-Salam ont pu être accrédités par les autorités locales (Département des Médias du KRG) et assister à la messe donnée en plein air, sous haute sécurité, au stade Franso-Hariri d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

« L’Irak restera toujours avec moi, dans mon cœur », a lancé le pape François à la fin de celle-ci, concluant ainsi une visite historique devant des milliers de fidèles. Les journalistes présents de Radio Al-Salam étaient heureux de se trouver sur la même estrade que n’importe quel autre média, et fiers de couvrir un événement d’une telle importance.

Cette visite marquera assurément d’une pierre blanche la vie de la Radio et, au-delà, celles de tous les croyants d’Irak. Sa portée symbolique, sa force mobilisatrice, illustrées au fil de nombreuses étapes sur quelque 1800 km bouclés en 56h, demeureront dans les mémoires. Un pèlerinage sur les pas d’Abraham, aux sources des monothéismes, là même où la paix se reconstruit. La présence incarnée du témoignage qui engage les populations au dialogue. L’exacte mission de Radio Al Salam.


Établie au Kurdistan irakien, Radio Al-Salam est un projet initié par La Guilde. Pour la 6e année consécutive, un volontaire de La Guilde dirige la radio depuis Erbil, avec le soutien de l’Œuvre d’Orient, du Centre de crise du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et de donateurs. En savoir plus.

À cœur vaillant rien d’impossible !

Vincent Grison est lauréat de la Bourse de l'Aventure Maritime 2019 pour son projet Rennes - pôle Nord. Une aventure ambitieuse soumise aux aléas de la période, qui l'oblige à se réinventer avant même de pouvoir partir. Il donne les dernières nouvelles de son expédition, avec un maître-mot : adaptation.

Un article de Vincent Grison


Dans la vie il est rare que tout se passe comme prévu : En raison du contexte sanitaire européen, nous avons décidé de modifier l’itinéraire et le calendrier de l’expédition Rennes – Pôle Nord.

Pour maintenir l’objectif inébranlable d’atteindre la banquise le 1er juin afin de réaliser les programmes éducatifs et scientifiques, nous ne pouvons hélas pas traverser les six pays du parcours terrestre initial, qui ont mis en place des mesures de confinement et de quarantaine pour la sécurité de leurs habitants. 

En attendant les glaces du Nord, Vincent s’entraîne sur la Vilaine.

Afin de garder le cap vers le Pôle Nord, nous avons construit une réponse alternative : remplacer la traversée aller et retour de l’Europe à vélo, par une navigation en voilier et en équipage depuis la France vers la banquise. Celui-ci partira fin avril de Saint-Malo, afin de porter Vincent et son Breizh Glace (nom donné au canot par les enfants de la ville de Rennes) sur la banquise au Nord-Est de l’Islande.

Une fois sur place, les interactions avec les classes du programme éducatif s’intensifieront avec la production de podcasts, de photos et vidéos à destination des enfants. L’université Rennes 2 aura aussi besoin d’informations de première main afin de calibrer les images satellites prise de la banquise. Un programme intense qu’il faudra organiser dans des journées déjà bien remplies par la progression entre eau et glaces !

Depuis quelques semaines, Vincent visite les classes de la métropole rennaise. Des rencontres inoubliables avec plus de 800 enfants, premiers supporters du projet et très curieux de voir ce petit bateau jaune partir sur la banquise.

La suite, très prochainement.

Bien à vous,

Vincent & l’équipe de Rennes – Pôle Nord


Toutes les informations sur la Bourse de l’Aventure Maritime de La Guilde.

Pour suivre l’expédition de Vincent Grison et de son Breizh Glace, rendez-vous ici.

L’édito de la lettre de février

Pousser à l'action

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Pousser à l’action

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En janvier 2021, La Guilde a pu faire démarrer trente-cinq missions de Volontariat de solidarité internationale, contre une vingtaine seulement en 2020, deux mois avant la tempête du Covid. C’est un signal de rattrapage et de vitalité.

Pourtant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Dans de nombreux pays, les ambassades de France ou le ministère des Affaires étrangères lui-même maintiennent un véto pour le redémarrage du volontariat. Comme si les règles propres de chaque pays et le jugement de nos organisations n’y suffisaient pas. Cette situation est regrettable à trois titres :

  • aux jeunes d’abord, qui forment l’innombrable cohorte des victimes innocentes d’un virus qui ne les concerne pas. Posons des actes pour les aider, ouvrons-leur les frontières ;
  • à la coopération internationale ensuite : à l’heure où le Liban – à titre d’exemple – panse ses plaies multiples, et alors que la France entend lui démultiplier son aide, il est impossible de faire fonctionner ou redémarrer des programmes à fort impact local, faute de volontaires pour les animer ;
  • à l’indépendance des organisations de la société civile enfin : une sorte de mise sous tutelle, compréhensible en mars 2020 lorsque nous étions en plein inconnu face à la pandémie, mais humiliante et injustifiée un an plus tard.

Au sein de l’Agence du service civique, dont la présidente Béatrice Angrand a reçu récemment notre président Bernard de La Villardière, la volonté de développer les missions avec La Guilde est bien là. L’enthousiasme réciproque de La Guilde a été rappelé, y compris pour s’attaquer aux fractures sociales en France. Pour autant, la crise sanitaire internationale mais aussi une prudence administrative excessive bloquent ces énergies à l’international. Il serait aussi urgent d’anticiper la mise en place des passeports sanitaires, inévitables dans quelques mois pour les échanges internationaux.

Cette pénible histoire sans fin doit compter avec deux passagers éprouvants : l’écueil bureaucratique et le découragement face à tant de vents contraires. Gardons pour cap que la jeunesse aspire plus que jamais à l’engagement et à l’action.

Soyons tous mobilisés pour libérer les énergies !

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

Une journée avec Samir, journaliste de Radio Al Salam au Kurdistan irakien

Nous avons suivi Samir Yahya, directeur adjoint de Radio Al Salam, dans son travail de terrain. Ce jour-là, Samir enquête sur les conditions de vie des populations du camp de Hasan Sham, un camp de déplacés irakiens localisé sur la route d'Erbil à Mossoul et peuplé d’environ 1500 familles.

Samir Yahya interroge les habitants du camp de Hasan Sham

Un article de Baptiste Violi, responsable de la coordination et du développement des programmes


Lors de son enquête, Samir Yahya va tour à tour interroger le manager du camp qui travaille pour la BCF (Barzani Charity Foundation), ainsi que divers habitants, femmes et hommes acceptant de répondre à son micro. Il rappelle que la mission de Radio Al Salam est justement de porter la voix des réfugiés et déplacés.

Samir Yahya avec le manager de la Barzani Charity Foundation

Les sujets abordés portent sur les conditions de vie et problèmes du quotidien, mais aussi sur l’organisation des élections  législatives irakiennes. La plupart des habitants sont originaires de Mossoul ou du village d’Hasan Sham à quelques kilomètres de là, que l’on traverse pour rejoindre le camp. Ce village a été abandonné par la population après avoir été repris par les peshmergas dans leur combat contre Daech. Certains vivent dans le camp depuis quatre ans et restent dans l’impossibilité de retourner chez eux. Non seulement pour des raisons politiques, mais également parce que leurs anciennes habitations n’ont pas été reconstruites, qu’il n’y a ni eau, ni électricité, et aucun service public.

Le camp de Hasan Sham

Alors que les autorités irakiennes prennent des mesures fortes pour inciter les populations déplacées à retourner dans leur ville ou région d’origine, les autorités du Kurdistan irakien continuent d’accueillir ceux qui ne peuvent rentrer chez eux ou craignent pour leur vie : ainsi, à Hasan Sham, tandis que du côté de l’Irak fédéral de nouveaux camps vont fermer dans les jours qui viennent, la BCF étudie la possibilité d’y recevoir 500 familles de plus. Le camp a une capacité d’accueil théorique de 10 000 personnes, cependant divers problèmes se poseraient, notamment celui du rationnement alimentaire ou de l’acceptation de la population déjà présente.

Quand il s’agit d’évoquer les élections  législatives irakiennes de 2021, qui doivent se tenir le 10 octobre (et pour lesquelles pour la première fois les populations déplacées par la guerre seront invitées à voter), les Irakiens qui acceptent de s’exprimer n’ont que désespoir à la bouche et formulent souvent un rejet catégorique à l’égard de partis politiques qu’ils considèrent corrompus.

A son retour dans les locaux de Radio Al Salam, à Erbil, Samir écrit son reportage

Soutien à la reconstruction du Liban : une première étape auprès des créateurs

Le 4 août dernier, une double explosion a ravagé plusieurs quartiers de Beyrouth et abimé tout un pays. La Guilde a voulu réagir et apporter son soutien aux populations touchées, suivant ses domaines d’expertise. Première étape, auprès des artisans d'art et créateurs.

Un article de Cécile Massie, consultante - coordinatrice projets au Moyen-Orient


« Nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait “verticalement”, d’une génération à la suivante, au sein des familles, des clans, des nations et des communautés de croyants ; alors que la vraie transmission est de plus en plus “horizontale”, entre contemporains, qu’ils se connaissent ou pas, qu’ils s’aiment ou se détestent. »

Amin Maalouf, Le naufrage des civilisations

Les deux quartiers les plus touchés autour du port de Beyrouth ont été ceux de Gemmayzeh et de Mar Mikhael, particulièrement connus pour leurs cafés et leurs ateliers d’art. La première phase de reconstruction des habitations et de secours auprès de la population était en cours, la Guilde a voulu réfléchir à l’étape suivante, celle de l’aide au patrimoine culturel et entrepreneurial de ces quartiers.

Avec la contribution décisive de la Fondation du Grand-Duché du Luxembourg et l’expertise du pôle Microprojets de La Guilde, nous avons lancé le projet de soutien aux artisans d’art et créateurs de Beyrouth en novembre 2020. Modeste, dotée d’une enveloppe de 18 000 euros, cette première action a été suivie d’un appel à microprojets de plus grande envergure, pour le soutien des petites associations libanaises et françaises, lancé le 5 janvier 2021.

A travers cette première étape, ce sont cinq entrepreneurs, dont quatre femmes, qui ont pu être soutenus. Les besoins étant divers (restauration des locaux, ré-équipement en matériel de production, informatique…), La Guilde a choisi de répondre aux spécificités de chacun avec un maximum de flexibilité : de la restauration du showroom de Sandra Mansour, créatrice de prêt-à-porter haut de gamme qui emploie 14 couturières, au rachat des ordinateurs de l’architecte Karine Fakhry, dont le cabinet FaR Architects a représenté le Liban à la Triennale de Milan en 2016.

Si La Guilde s’est rendue sur place à Beyrouth, en cours de projet, la présence d’un partenaire opérationnel local était indispensable. L’association libanaise Beit el Baraka, en la personne de sa présidente Maya Chams Ibrahimchah, a immédiatement répondu à notre sollicitation. Ses équipes, déjà profondément impliquées dans le soutien à la population beyrouthine, ont suivi chaque dossier avec une efficacité et un professionnalisme remarquable.

L’équipe de Beit el Baraka dans l’atelier de Sandra Mansour – photo Cécile Massie

Les liens entre le Liban et la France remontent à loin et ne bénéficient pas seulement aux héritiers directs des deux pays tel Amin Maalouf. Français comme Libanais sont enrichis par de telles initiatives de coopération, sans ignorer pour autant les défis historiques. Entreprendre de petits actes de solidarité dans les deux sens, s’assurer que les artistes continuent à pouvoir créer et évoluer dans des environnements dans lesquels s’épanouir, soutenir les organisations qui cherchent à améliorer le quotidien des populations locales, tout cela contribue à une transmission horizontale.

Afin de poursuivre son action au Liban, La Guilde a donc lancé l’appel à projet « Liban 2021 ». En collaboration avec l’Agence française de développement et la Fondation de France, ce programme vise à soutenir le tissu associatif, pour la mise en œuvre de projets de reconstruction matérielle, sociale, économique ou humaine.