L’édito de la lettre de février

Pousser à l'action

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Pousser à l’action

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En janvier 2021, La Guilde a pu faire démarrer trente-cinq missions de Volontariat de solidarité internationale, contre une vingtaine seulement en 2020, deux mois avant la tempête du Covid. C’est un signal de rattrapage et de vitalité.

Pourtant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Dans de nombreux pays, les ambassades de France ou le ministère des Affaires étrangères lui-même maintiennent un véto pour le redémarrage du volontariat. Comme si les règles propres de chaque pays et le jugement de nos organisations n’y suffisaient pas. Cette situation est regrettable à trois titres :

  • aux jeunes d’abord, qui forment l’innombrable cohorte des victimes innocentes d’un virus qui ne les concerne pas. Posons des actes pour les aider, ouvrons-leur les frontières ;
  • à la coopération internationale ensuite : à l’heure où le Liban – à titre d’exemple – panse ses plaies multiples, et alors que la France entend lui démultiplier son aide, il est impossible de faire fonctionner ou redémarrer des programmes à fort impact local, faute de volontaires pour les animer ;
  • à l’indépendance des organisations de la société civile enfin : une sorte de mise sous tutelle, compréhensible en mars 2020 lorsque nous étions en plein inconnu face à la pandémie, mais humiliante et injustifiée un an plus tard.

Au sein de l’Agence du service civique, dont la présidente Béatrice Angrand a reçu récemment notre président Bernard de La Villardière, la volonté de développer les missions avec La Guilde est bien là. L’enthousiasme réciproque de La Guilde a été rappelé, y compris pour s’attaquer aux fractures sociales en France. Pour autant, la crise sanitaire internationale mais aussi une prudence administrative excessive bloquent ces énergies à l’international. Il serait aussi urgent d’anticiper la mise en place des passeports sanitaires, inévitables dans quelques mois pour les échanges internationaux.

Cette pénible histoire sans fin doit compter avec deux passagers éprouvants : l’écueil bureaucratique et le découragement face à tant de vents contraires. Gardons pour cap que la jeunesse aspire plus que jamais à l’engagement et à l’action.

Soyons tous mobilisés pour libérer les énergies !

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

Une journée avec Samir, journaliste de Radio Al Salam au Kurdistan irakien

Nous avons suivi Samir Yahya, directeur adjoint de Radio Al Salam, dans son travail de terrain. Ce jour-là, Samir enquête sur les conditions de vie des populations du camp de Hasan Sham, un camp de déplacés irakiens localisé sur la route d'Erbil à Mossoul et peuplé d’environ 1500 familles.

Samir Yahya interroge les habitants du camp de Hasan Sham

Un article de Baptiste Violi, responsable de la coordination et du développement des programmes


Lors de son enquête, Samir Yahya va tour à tour interroger le manager du camp qui travaille pour la BCF (Barzani Charity Foundation), ainsi que divers habitants, femmes et hommes acceptant de répondre à son micro. Il rappelle que la mission de Radio Al Salam est justement de porter la voix des réfugiés et déplacés.

Samir Yahya avec le manager de la Barzani Charity Foundation

Les sujets abordés portent sur les conditions de vie et problèmes du quotidien, mais aussi sur l’organisation des élections  législatives irakiennes. La plupart des habitants sont originaires de Mossoul ou du village d’Hasan Sham à quelques kilomètres de là, que l’on traverse pour rejoindre le camp. Ce village a été abandonné par la population après avoir été repris par les peshmergas dans leur combat contre Daech. Certains vivent dans le camp depuis quatre ans et restent dans l’impossibilité de retourner chez eux. Non seulement pour des raisons politiques, mais également parce que leurs anciennes habitations n’ont pas été reconstruites, qu’il n’y a ni eau, ni électricité, et aucun service public.

Le camp de Hasan Sham

Alors que les autorités irakiennes prennent des mesures fortes pour inciter les populations déplacées à retourner dans leur ville ou région d’origine, les autorités du Kurdistan irakien continuent d’accueillir ceux qui ne peuvent rentrer chez eux ou craignent pour leur vie : ainsi, à Hasan Sham, tandis que du côté de l’Irak fédéral de nouveaux camps vont fermer dans les jours qui viennent, la BCF étudie la possibilité d’y recevoir 500 familles de plus. Le camp a une capacité d’accueil théorique de 10 000 personnes, cependant divers problèmes se poseraient, notamment celui du rationnement alimentaire ou de l’acceptation de la population déjà présente.

Quand il s’agit d’évoquer les élections  législatives irakiennes de 2021, qui doivent se tenir le 10 octobre (et pour lesquelles pour la première fois les populations déplacées par la guerre seront invitées à voter), les Irakiens qui acceptent de s’exprimer n’ont que désespoir à la bouche et formulent souvent un rejet catégorique à l’égard de partis politiques qu’ils considèrent corrompus.

A son retour dans les locaux de Radio Al Salam, à Erbil, Samir écrit son reportage

Soutien à la reconstruction du Liban : une première étape auprès des créateurs

Le 4 août dernier, une double explosion a ravagé plusieurs quartiers de Beyrouth et abimé tout un pays. La Guilde a voulu réagir et apporter son soutien aux populations touchées, suivant ses domaines d’expertise. Première étape, auprès des artisans d'art et créateurs.

Un article de Cécile Massie, consultante - coordinatrice projets au Moyen-Orient


« Nous conservons pieusement la légende selon laquelle la transmission se fait “verticalement”, d’une génération à la suivante, au sein des familles, des clans, des nations et des communautés de croyants ; alors que la vraie transmission est de plus en plus “horizontale”, entre contemporains, qu’ils se connaissent ou pas, qu’ils s’aiment ou se détestent. »

Amin Maalouf, Le naufrage des civilisations

Les deux quartiers les plus touchés autour du port de Beyrouth ont été ceux de Gemmayzeh et de Mar Mikhael, particulièrement connus pour leurs cafés et leurs ateliers d’art. La première phase de reconstruction des habitations et de secours auprès de la population était en cours, la Guilde a voulu réfléchir à l’étape suivante, celle de l’aide au patrimoine culturel et entrepreneurial de ces quartiers.

Avec la contribution décisive de la Fondation du Grand-Duché du Luxembourg et l’expertise du pôle Microprojets de La Guilde, nous avons lancé le projet de soutien aux artisans d’art et créateurs de Beyrouth en novembre 2020. Modeste, dotée d’une enveloppe de 18 000 euros, cette première action a été suivie d’un appel à microprojets de plus grande envergure, pour le soutien des petites associations libanaises et françaises, lancé le 5 janvier 2021.

A travers cette première étape, ce sont cinq entrepreneurs, dont quatre femmes, qui ont pu être soutenus. Les besoins étant divers (restauration des locaux, ré-équipement en matériel de production, informatique…), La Guilde a choisi de répondre aux spécificités de chacun avec un maximum de flexibilité : de la restauration du showroom de Sandra Mansour, créatrice de prêt-à-porter haut de gamme qui emploie 14 couturières, au rachat des ordinateurs de l’architecte Karine Fakhry, dont le cabinet FaR Architects a représenté le Liban à la Triennale de Milan en 2016.

Si La Guilde s’est rendue sur place à Beyrouth, en cours de projet, la présence d’un partenaire opérationnel local était indispensable. L’association libanaise Beit el Baraka, en la personne de sa présidente Maya Chams Ibrahimchah, a immédiatement répondu à notre sollicitation. Ses équipes, déjà profondément impliquées dans le soutien à la population beyrouthine, ont suivi chaque dossier avec une efficacité et un professionnalisme remarquable.

L’équipe de Beit el Baraka dans l’atelier de Sandra Mansour – photo Cécile Massie

Les liens entre le Liban et la France remontent à loin et ne bénéficient pas seulement aux héritiers directs des deux pays tel Amin Maalouf. Français comme Libanais sont enrichis par de telles initiatives de coopération, sans ignorer pour autant les défis historiques. Entreprendre de petits actes de solidarité dans les deux sens, s’assurer que les artistes continuent à pouvoir créer et évoluer dans des environnements dans lesquels s’épanouir, soutenir les organisations qui cherchent à améliorer le quotidien des populations locales, tout cela contribue à une transmission horizontale.

Afin de poursuivre son action au Liban, La Guilde a donc lancé l’appel à projet « Liban 2021 ». En collaboration avec l’Agence française de développement et la Fondation de France, ce programme vise à soutenir le tissu associatif, pour la mise en œuvre de projets de reconstruction matérielle, sociale, économique ou humaine.

L’édito de la lettre de janvier

Fixer la lanterne

Un article de Vincent Rattez


Lire la lettre dans son intégralité : Fixer la lanterne

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La Guilde, en 2021, demeure et se réinvente, avec la sagesse de ses cinquante ans et la curiosité des guetteurs d’horizon. Notre ambition est tout entière contenue dans le trait de René Char choisi pour accompagner nos vœux : « L’impossible, nous ne l’atteignons pas mais il nous sert de lanterne ».

La Guilde se réinvente par ses forces rassemblées, dressées contre l’habitude, celles des ouvreurs de route – ces Compagnons de La Guilde éparpillés autour du globe, ces jeunes Volontaires de solidarité internationale ou du Service civique qui s’engagent sous toutes les latitudes pour incarner le donner et le recevoir, ces centaines de porteurs de projets animés parfois de leur seule volonté de hisser l’avenir au-dessus du présent, ces arpenteurs d’océans, de forêts, de sommets, de déserts, jamais assoiffés. Les voici, nos lanternes ! Elles éclairent d’immenses paysages, territoires de la conquête du sens, ce saut qui transforme l’expérience en conscience. Ces lanternes s’éclairent aussi les unes les autres, et forment un ciel étoilé.

Les traversées 2021 de La Guilde, comme toutes celles du demi-siècle passé, ne peuvent s’envisager que dans la puissance du collectif. Nous aurons à cœur de partager les valeurs qui fondent la solidarité, à l’international comme en France, et déclenchent l’aventure humaine. Déjà un an, un an d’effroi pandémique, de frontières redessinées, de peuples repliés, d’échanges sociaux profondément modifiés : beaucoup de choses à réinventer. De notre côté, nous rechercherons la preuve par l’action, et pourquoi pas l’échec quelquefois, par la force du témoignage, l’enseignement des rapports d’activité décrivant succès et difficultés, les récits écrits et filmés qui seront proposés à notre festival, à l’automne d’une année 2021 qui marque ses trente ans.

Tout cela avec vous, membres de l’association, amis et donateurs, avec tous ceux qui tressent un peu de leur avenir à travers mille initiatives, avec de nouveaux partenaires appelés à nous rejoindre.

A bientôt. Avec vous.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

« Tanks abandonnés, barbelés et obus jonchent les flancs de cette montagne »

Marie Poulain et Jean Miczka sont lauréats des Bourses de l'Aventure 2020. Au programme : une traversée en stop de la France au Pakistan pour aller explorer les frontières par le biais des sports de montagne, avec l’ascension de quatorze sommets transfrontaliers. Ils partagent les dernières nouvelles d'un projet forcément chamboulé par le contexte.

Un article de Cléo POUSSIER-COTTEL


« Nous avons réalisé la première partie du projet – à savoir la traversée des Alpes françaises à pieds (le GR5) pendant trois semaines – ce qui nous a permis de réaliser l’un des sommets de The Cross-Border Mountain Trip : le Grand Mont / Gramondo, sur la frontière franco-italienne. C’est un sommet intéressant, puisqu’il permet de mettre en lumière l’histoire commune à la France et l’Italie, la Savoie et le Comté de Nice faisant partie du Royaume de Sardaigne jusqu’à la fin du XIXe siècle. »


A LIRE AUSSI : Marche, bushcraft et canoë : une histoire brute et sauvage


« Mi-octobre, nous avons quitté la France en bus, direction la Croatie. La problématique des tests et quarantaines en Suisse, Italie et Autriche rendaient l’auto-stop impossible. Nous avons gravi le Dinara, plus haut sommet de Croatie, jouxtant la frontière bosnienne. Il se trouve dans la région de Knin, lieu d’intenses combats durant la dislocation de la Yougoslavie. Après la proclamation de l’indépendance croate, les forces serbes de l’Armée populaire yougoslave envahirent les territoires où les Serbes représentaient une forte minorité. Ils créent ainsi la République serbe de Krajina, territoire autoproclamé dont la capitale est Knin. Celui-ci sera par la suite reconquis par la Croatie en 1995, provoquant l’exode de nombreux Serbes. Les vestiges de ces guerres sont visibles tout le long de la randonnée vers le Dinara : tanks abandonnés, barbelés et obus jonchent les flancs de cette montagne. »

Au sommet du Dinara

« Ensuite, la Covid a fortement remonté en Europe et les frontières terrestres dans les Balkans ont fermé, nous empêchant de continuer l’aventure dans la région. Nous avions peur de devoir être soumis à un confinement, chose évidemment impossible en étant nomades et sous la tente ! Nous avons alors réussi à nouer un partenariat avec un institut de recherches à Istanbul, pour accéder à leur centre. Pendant un mois, nous avons pu faire des recherches sur les frontières turques avec les pays du Caucase du Sud et l’Iran, notamment aux confins du Mont Ararat, sommet prévu de The CBMT. »

Au sommet du mont Halgurd

« Nous avons décidé d’intégrer une région qui n’était pas prévue dans le projet. Nous sommes actuellement au Kurdistan irakien, région autonome de l’Irak, ce qui en fait un objet d’analyse passionnant. Nous avons exploré la frontière irako-iranienne, et surtout nous avons gravi le plus haut sommet d’Irak à ski de randonnée, le mont Halgurd, 3607m d’altitude, qui est à la frontière avec l’Iran. Nous sommes très heureux d’avoir pu réaliser son ascension, car il posait de gros problèmes en termes de logistique : de nombreuses mines sur la montagne depuis la guerre Iran-Irak, de nombreux checkpoints militaires où les étrangers ne sont pas les bienvenus, des opérations militaires qui bloquent l’accès… Mais l’ascension était vraiment magnifique ! »

Jean et Marie

Plus de nouvelles et d’images sur la page Instagram @the_cbmt.

Tous les lauréats des Bourses de l’Aventure 2020 sont à retrouver ici.

Les Bourses de l’Aventure 2021 sont lancées ! Envoi des dossiers jusqu’au 31 mars.

L’édito de la lettre de décembre

Aider le Liban, reflet d’un monde abîmé

Un article de Vincent Rattez


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Au compteur des activités de La Guilde en 2020 figurent 180 microprojets soutenus à travers le monde ; le double de 2019, avec une attention égale pour la fabrication de masques sanitaires au Kivu ou un programme d’éducation de la jeunesse à la santé par le sport au Mozambique. Quel bilan !

À côté de ces actions ciblées, qui impliquent aussi un renforcement de notre organisation, de jeunes volontaires commencent à repartir sur le terrain de leurs missions, au gré des autorisations administratives. Quel soulagement pour une organisation de jeunesse !

En cette fin d’année, notre regard se porte particulièrement vers le Liban, pays ruiné, épuisé par des crises multiples et que l’explosion du port de Beyrouth est venu mettre un peu plus à genoux. Nous ne laisserons pas les Libanais seuls dans la difficulté. La Guilde a mis en œuvre un premier microprojet au profit de quelques artisans situés près de l’explosion, en aidant cinq ateliers à ré-ouvrir.

Et dans cette veine pragmatique, La Guilde lance un appel à microprojets dédié au Liban (TOUTES LES INFORMATIONS ICI), pour que fleurissent des initiatives locales donnant aux Libanais davantage de moyens de se relever. Avec l’appui décisif de la Fondation de France et de l’Agence française de développement, nous comptons ainsi apporter notre contribution, échoppe par échoppe, petit pas après petit pas. Et nous manifestons l’amitié franco-libanaise qui nous tient à cœur dans la tempête. Le lancement officiel de cette campagne interviendra le 4 janvier prochain. Voilà qui nous projette à la fois vers l’action et 2021.

Vincent RATTEZ
Délégué général de La Guilde

L’édito de la lettre de novembre

Se tourner vers l'avenir

Un article de Bernard de La Villardière


Lire la lettre dans son intégralité : Se tourner vers l’avenir

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Après une année d’observation pour redécouvrir La Guilde et faire la connaissance de ceux qui l’animent, j’ai accepté d’en prendre la présidence avec enthousiasme. C’est une nouvelle étape d’un engagement de longue date dans l’humanitaire. Chez Solidarités International, ACF et Care France, j’ai assisté, aux premières loges, à l’évolution de la doctrine. Le « sans-frontiérisme », guidé par l’idéal universaliste et le goût de l’action, a cédé la place à des critères d’efficacité et d’opportunité sous l’influence des grands bailleurs. La Guilde est restée fidèle à l’esprit de ses fondateurs et de tous ceux qui l’ont accompagnée et servie au fil des années. Au nom d’une certaine idée de l’homme. Un homme debout et fraternel.

Depuis quelques mois, la crise du Covid et les tensions internationales bouleversent notre rapport au monde. Les questions culturelles et religieuses forment de nouvelles frontières. L’intolérance et le ressentiment ravivent des fractures que l’on croyait résorbées. Elles n’épargnent pas la France.

Grâce à son Agence des Microprojets, La Guilde est bien placée pour relever ces nouveaux défis en cultivant proximité et authenticité. Des valeurs furieusement dans l’air du temps. J’ai assisté au fil des années à trop de colloques sur l’humanitaire où les questions institutionnelles – du type relations ONG-Armée ou ONG-ONU – l’emportaient sur les études d’impact ou les besoins des bénéficiaires. Avec son réseau de volontaires, La Guilde construit les solidarités de demain et contribue à renforcer l’autonomie des pays du Sud vis-à-vis de l’aide internationale.

Avec radio Al Salam à Erbil, nous explorons un nouveau champ d’action dans la culture et l’information pour réconcilier les communautés. Au Cameroun, l’expérience Weeecam de retraitement des déchets électroniques devrait permettre à La Guilde de créer une nouvelle singularité.

J’aimerais que nous puissions capitaliser sur ces actions pour les dupliquer ailleurs et que nous développions des programmes en propre. Je souhaiterais que nous puissions accroître la visibilité et la notoriété de La Guilde. Je suis heureux de pouvoir y travailler aux côtés de Vincent Rattez, de Hugues Dewavrin et des autres membres du Conseil d’Administration dont j’apprécie la diversité des parcours et des compétences. Armand de Villoutreys et Christine Rodwell nous ont rejoints. Ils se sont engagés avec La Guilde autrefois et leur nouvel engagement illustre sa force d’attraction.

Comme l’a dit le Général de Villiers lors de notre dernière AG, le monde a plus que jamais besoin de confiance et d’authenticité. Je nous souhaite de travailler dans cet esprit au développement de La Guilde.

Bernard DE LA VILLARDIÈRE
Président de La Guilde

L’édito de la lettre d’octobre

Des Ecrans au terrain, et inversement

Un article de Cléo Poussier-Cottel


Lire la lettre dans son intégralité : Des Ecrans au terrain, et inversement

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Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur mal-voyant et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un rêve sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.

Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie des films de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.

Bonne séance !

Cléo POUSSIER-COTTEL
Directrice adjointe
Ecrans de l’aventure

Les lettres de l’année :
Octobre 2020 : Des Ecrans au terrain, et inversement
Septembre 2020 : A l’aventure dans un monde incertain
Juillet-août 2020 : Hors-série spécial été : l’appel de l’Aventure
Juin 2020 : Conjuguer le temps présent
Mai 2020 – Deuil et résilience
Avril 2020 – L’action, mère de la solidarité
Mars 2020 – Panser un monde confiné
Février 2020 – S’engager malgré tout
Janvier 2020 – 2020, année du lien

L’engagement, par Pierre de Villiers

La dernière Assemblée Générale annuelle de la Guilde a reçu la visite du général Pierre de Villiers, venu s’exprimer sur l’engagement.

Un article de Sophie de Courtivron


Décalée au 24 septembre faute de n’avoir pu se tenir en juin à cause du Covid, la dernière assemblée générale annuelle de la Guilde a reçu la visite du général Pierre de Villiers, venu s’exprimer sur l’engagement. Cette notion est peut-être ce qui nous réunit tous, membres et amis de La Guilde. Engagés que nous sommes dans une aventure en préparation ou qui n’en finit pas de nous nourrir, engagés dans un projet, engagés pour aider, engagés dans une vie dont nous ne souhaitons résolument pas être spectateurs.

Pour le général, « la vie est une grande aventure dès lors qu’elle est au service des autres ». Depuis qu’il a démissionné de son poste de chef d’état-major des armées (19 juillet 2017), il se donne pour mission de transmettre son expérience à la jeunesse (celle des cités comme celle des « surdiplômés » des grandes écoles) et aux entreprises (de la très petite à celles du CAC 40). Une expérience qui lui a enseigné que l’autorité n’est pas avoir un pouvoir sur les autres mais le contraire : « toute autorité est un service », affirme-t-il. Là est la clé pour entraîner l’engagement. Autrement dit, c’est l’altruisme qui fédère, attire, renverse des montagnes. Après l’avoir vécu dans l’Armée, il souhaite transmettre son idée directrice à la société civile : face aux fractures, il faut remettre l’homme au centre de toutes les entreprises.

Les freins à l’engagement

Le monde d’aujourd’hui présente des caractéristiques qui incitent insidieusement les personnes à ne pas s’engager. D’abord, nous vivons dans un contexte instable. Il y a les ex-puissances qui font pression sur le monde (et augmentent régulièrement leur budget de défense chaque année) ; il y a le terrorisme islamiste radical, mouvant et mutant, « pas près de s’arrêter », pour qui « la violence est une fin » (nous venons d’en avoir une abjecte illustration). Il y a aussi les migrations massives dues à la pauvreté, au réchauffement climatique… Tout ceci, face à une mondialisation débridée, incite au repli. Deuxième frein majeur, « nous avons perdu le sens du temps ». Nous vivons dans un « zapping » permanent. Un exemple entre mille, la stratégie (anticipation, réflexion…) a laissé la place à la tactique (réaction à chaud). Or, nous dit le général, « le temps ce sont les racines, les racines c’est l’équilibre. Et l’équilibre c’est le bonheur ».

La révolution technologique œuvre aussi contre l’engagement, car les « cyber » guerres, les réseaux sociaux, etc. ont pour conséquence la déshumanisation. Enfin, l’autorité est en crise. Une majorité des Français ne croient plus en la politique, ne croient plus aux responsables politiques1. Il y a un fossé entre les élites dirigeantes et le peuple. Deux « pelleteuses » n’en finissent pas de le rendre plus profond : la bureaucratie (les lourdeurs administratives) et la finance (les choix sont faits d’après des critères financiers et non pas d’après les conséquences sur les citoyens)2. Le général décrypte donc pour nous les moteurs de l’engagement de ses hommes, autant de clés que nous pouvons transposer à notre niveau pour que nos projets non seulement aboutissent, mais portent du fruit.

Les ressorts de l’engagement

Le sens est ce qui fait avancer ; plusieurs notions viennent s’agréger autour de cet azimut. D’abord, la confiance. « Un vrai dirigeant est un absorbeur de confiance », nous dit Pierre de Villiers ; la confiance libère l’homme de lui-même, ouvre les horizons, mène à l’innovation. La confiance en l’autre, qui est une lutte contre notre propre orgueil, est par ailleurs « le carburant de l’autorité ». Car « il n’y a pas d’engagement sans autorité ». Mais attention, « autorité » au sens étymologique : « faire grandir, élever vers » ; le général va jusqu’à pointer qu’« un vrai chef n’a pas besoin de donner des ordres ». Le processus d’autorité se décline selon lui en quatre étapes3 : la conception (avoir une vision), convaincre, conduire, le contrôle (faire part de son retour d’expérience). Il nous raconte une anecdote : un jour qu’il râlait contre un ordre qu’il jugeait inapproprié (il n’était pas encore général, NDLR.), un caporal lui a rétorqué : « On est gouvernés par des cons, votre tour viendra »… Voilà de quoi rester humble.

Vient ensuite la stratégie. Elle implique de la profondeur, dans l’espace et le temps. L’anticipation permet de maîtriser les incertitudes. « C’est ce qui amène les jeunes au combat ». Et enfin, dernier moteur notable de l’engagement, le « leadership ». Quézako ? C’est un agrégat de plusieurs qualités telles que l’exemplarité (le chef est devant, pas derrière), l’authenticité envers soi-même (si on dit quelque chose, c’est qu’on va le faire), l’optimisme (l’intelligence ne suffit pas), l’humilité (et la modestie qui va avec), ainsi que l’ouverture aux autres. « La vraie richesse est là, assure-t-il, il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ».

Pour susciter l’engagement, une cause (militaire, personnelle, altruiste…) doit selon le général mettre la personne au centre de tout, viser l’unité, et apporter de l’espérance. La jeunesse attend cet appel ; « elle est généreuse mais très seule, elle a perdu le sens du collectif ». La Guilde pourrait ainsi diversifier son action vers les jeunes des banlieues, menacés à la fois par la drogue et le salafisme, car eux aussi débordent d’une « énergie positive qui ne demande qu’à changer de pôle ». Ils attendent cet appel, ont soif de valeurs, d’être responsabilisés pour ce qu’ils sont (sens du mot « respect »). Quel qu’il soit, l’engagement, le vôtre, celui de La Guilde, « repose sur une prise de risque ». C’est la définition de l’aventure, c’est notre moteur… Actions !

Sophie de Courtivron
Administratrice de La Guilde

1.Voir les baromètres de la confiance politique du Cevipof pour Sciences Po.

2.La gestion de la crise sanitaire actuelle en serait-elle un exemple ? (NDLR.)

3.Un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir : les quatre « cons »…

Deux textes qui ont fortement marqué le général :

le chapitre sur l’amalgame du maréchal de Lattre de Tassigny, Histoire de la Première Armée française, Paris, Plon, 1949.

Le serment de Koufra de Leclerc.

Festival Ecrans de l’aventure : le palmarès et les films à revoir en ligne

Du 15 au 18 octobre à Dijon et du 19 au 25 octobre en replay, le festival Ecrans de l'aventure diffuse le meilleur des documentaires d'aventure

Molly et Jesse Dufton, aventuriers de l'année aux Ecrans de l'aventure 2020

Un article de La Guilde


Du 15 au 18 octobre, un vent d’aventure a soufflé sur Dijon. Le 29e festival Ecrans de l’aventure a en effet pu se tenir, avec près de 10 000 entrées pour les 18 films projetés durant ces quatre jours, dans cinq salles dédiées au cinéma Olympia. Au coeur d’une période si particulière, La Guilde est heureuse d’avoir réussi à maintenir cet événement, avec le soutien de la Ville de Dijon.

Trombinoscope Ecrans de l'aventure Dijon 2020

Cette année, le palmarès consacre une diversité d’aventures au-delà des frontières : l’extraordinaire histoire, venue de Grande-Bretagne, d’un grimpeur aveugle et la cordée qu’il forme avec sa femme ; une famille de surfers guidée par la simplicité ; la persévérance d’un homme sur l’océan glacial arctique ; des Amérindiennes sur le toit de l’Amérique ; un homme volant au-dessus des mers ; ou encore le tragique destin de huit femmes sur le Pic Lénine.


Tous les films et livres primés sont à découvrir ici :
Palmarès des Ecrans de l’aventure 2020


Et le festival n’est pas terminé ! Pour la première fois, nous proposons à la location une large partie de la sélection. Du lundi 19 au dimanche 25 octobre, 13 films – dont l’intégralité des films primés – sont accessibles en replay, sur le site du festival.


Rendez-vous sur la plateforme VOD du festival :
Les Ecrans de l’aventure en ligne


affiche VOD Ecrans aventure Dijon 2020