Adrian, VSI en coopération décentralisée France/Moldavie

"Dans la gestion des déchets, ils y a beaucoup de choses que la communauté peut faire."

Un article de Lucille Caron, Chargée de mission VSI


Adrian est VSI depuis presque un an en Moldavie en tant que Chargé de mission pour l’organisation Savoie Déchets, et en partenariat avec La Guilde.

Il est le premier VSI issu de ce partenariat, et sa mission est particulière à plus d’un titre ! En effet :

  • De nationalité roumaine, il fait partie des 5% des volontaires non-français à bénéficier du dispositif VSI avec La Guilde. Le VSI, bien qu’encadré par la loi française, est ouvert à toutes les nationalités.
  • Sa mission s’inscrit dans le cadre de la coopération décentralisée entre Savoie Déchets et 5 communes du Raion de Telenesti en Moldavie ; elle fait donc partie des trois coopérations décentralisées avec lesquelles La Guilde collabore pour l’envoi de VSI.
  • Il travaille dans le secteur du développement durable pour le traitement des déchets, un secteur complexe et peu représenté par les VSI.

Au sein des programmes de Savoie Déchets, Adrian intervient plus particulièrement pour la mise en oeuvre du projet « Vers une gestion intercommunale efficace et pérenne des déchets ménagers dans la zone Centre Est ». Découvrez son témoignage en vidéo, et en intégralité ici*.

En quoi cette mission s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel ?

Je travaillais déjà dans le secteur du développement, ce qui fait que cette mission entre dans la continuité de mon parcours. N’étant pas spécialiste technique de la gestion des déchets (ma formation plus large regroupe surtout le travail avec les services publics et la gestion de la gouvernance), cette opportunité me permet d’apprendre de ce secteur, et je suis pour cela guidé par le directeur de Savoie déchets. Jusqu’à présent cette expérience est une expérience heureuse.

J’avais aussi le souhait de travailler dans un autre pays pour apprendre d’un autre contexte et d’une autre culture.

En effet, quand on parle du rôle du service public et du degré de connaissance du recyclage des déchets par les citoyens, on trouve beaucoup de différences selon les régions et les pays. Cette expérience m’était donc apparue comme très enrichissante professionnellement et personnellement.

Comment est né ce projet ?

Le projet sur lequel je travaille est une initiative de cinq municipalités moldaves et de Savoie Déchets, par le biais de la coopération décentralisée.

Le secteur du déchet en Moldavie n’est pas très développé actuellement, et il y a beaucoup de travail en ce qui concerne le développement de l’infrastructure et de la « culture » de la gestion des déchets, à titre individuel et collectif. Ce n’est pas une thématique très adressée généralement.

Le programme d’action porté par la coopération Moldavie/France a pour objectif de soutenir l’implémentation de la stratégie nationale dédiée aux déchets. Nous organisons ces actions sur quatre piliers :

  • La communication et la sensibilisation (jeunes, élus locaux, communes).
  • Le développement des capacités des élus locaux à organiser les services de gestion de déchets.
  • La promotion du compostage : en comparaison avec d’autres pays de l’Ouest, ici la proportion du déchet organique est de plus de 50 %. Le compostage a donc un fort potentiel, et peut être individuel ou municipal.
  • Développer la capacité de coordination avec les autorités moldaves pour intégrer la gestion du déchet à l’échelle du pays en partant des régions et de leurs districts.

Après plus d’un an sur le terrain, quels sont les succès dont tu es le plus fier ?

Voir le résultat concret des efforts investis dans le projet. En effet, le projet n’est pas facile car le sens du collectif et l’importance du traitement des déchets n’est souvent pas présent dans les communes où nous intervenons. L’un des gros défis auquel j’ai été confronté a été de réussir à mobiliser les citoyens et les responsables communautaire à l’intérêt du traitement des déchets.

De plus, le travail que nous réalisons auprès des citoyens consiste essentiellement à des actions à petit échelle, là où certains s’attendaient à de grandes constructions, de grandes machines, … Or, il y a beaucoup de choses que la communauté, avec l’administration de sa commune, peut faire sans grande technologie. Cela suscitait peu d’enthousiasme au début.

Ainsi, quand les gens ont commencé à s’approprier nos composteurs, et à réaliser leur intérêt, ça a été très belle réalisation.

La transmission des recommandations et des plans d’actions du projet aux élus locaux et la communauté a aussi constitué une source de satisfaction pour moi, car nous avons pu fédérer et générer de l’enthousiasme autour du projet.

Evidemment, il y a des éléments plus techniques qui restent à achever, mais la conscience des habitants des collectivités a évolué, et cela constitue le principal pour moi.

Un dernier aspect qui m’a beaucoup marqué concerne les ateliers d’animation à la gestion des déchets, réalisés auprès des enfants dans des écoles. Nous avons été surpris de l’intérêt et la capacité de mobilisation de ces jeunes. Les problèmes écologiques, de santé, et les effets de la gestion inappropriée des déchets les concernent peut-être de plus près ! C’est pourquoi sur une nouvelle phase du projet nous souhaiterions les impliquer davantage.

A titre personnel, que retires-tu de cette année de volontariat ?

Je suis convaincu de pouvoir réutiliser les compétences développées durant cette mission dans la suite de mon parcours professionnel. En évoluant dans le cadre de ma mission au sein de la gouvernance locale et du travail avec les administrations et leur communauté, j’ai beaucoup appris.

Je travaille dans un secteur qui m’intéresse, et si le résultat est satisfaisant pour Savoie Déchets et pour les communautés, c’est le cadre parfait !

*Texte retranscrit d’un entretien vidéo


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