Un an de VSI à Madagascar : réaliser un rêve et vivre le « Fihavanana »

Après une formation de journaliste et 5 ans d’expérience en communication dans le secteur privé, Elodie a poursuivi sa carrière comme VSI pour l’association Cœur et Conscience au Nord de Madagascar et réalisé un vieux rêve d’expatriation.

Un article de Lucille Caron, chargée de mission communication et VSI


A un an presque jour pour jour du début de sa mission, Elodie revient sur son expérience guidée par le « Fihavanana », «  la solidarité », qui infuse dans la société malgache et qui en est pour elle la plus grande richesse.

 

Peux-tu nous présenter les activités de Cœur et Conscience et ce qui t’a amené à y travailler en tant que VSI ?

Pendant plus de cinq ans j’ai travaillé en tant que chargée de communication en France dans le monde du vin et de la gastronomie. Même si j’adorais mon travail, fin 2017, j’ai ressenti le besoin d’un changement et l’envie d’inclure mon activité professionnelle dans un contexte qui lui donnerait plus de sens. J’avais besoin de faire quelque chose de concret, de m’engager pour une cause, de mener des projets pour faire bouger les lignes. A l’époque, je songeais surtout à l’environnement, mais sans idée fixe. J’ai donc tout quitté et j’ai très vite eu l’opportunité de partir pour une première mission de 6 mois à Madagascar pour l’ONG Coeur et Conscience, que j’ai eu la chance de pouvoir transformer en VSI d’un an.

Coeur et Conscience est une association de solidarité internationale qui a pour mission de donner accès à l’éducation aux enfants les plus démunis de Diego-Suarez, une ville du Nord de Madagascar.

Atelier d’écriture 2019 © Elodie Hery

A l’heure actuelle, nous permettons à plus de 950 enfants d’aller à l’école et de bénéficier d’un suivi médical, dentaire et nutritif régulier. Toutefois, au fil des années l’association a étendu ses domaines d’interventions à la protection de l’enfance avec plusieurs champs d’action comme la lutte contre la maltraitance, contre l’exploitation sexuelle des mineurs, contre le travail des enfants… Quand je pense à tout ce que nous accomplissons, cela me rend fière de pouvoir apporter ma toute petite pierre à l’édifice.

 

Quelles sont justement tes attributions dans le cadre de ta mission ?

Je suis chargée de la communication de l’association. Cela passe notamment par l’administration du site internet, l’animation des réseaux sociaux, l’envoi des emailings aux parrains, la création de divers supports de communication…

Je suis régulièrement amenée à sortir de mon bureau et à aller sur le terrain pour réaliser de petits reportages pour le blog de notre site internet. Il m’arrive ponctuellement de donner des coups de main aux autres services lors des distributions de colis alimentaires, des ateliers d’écriture… C’est d’ailleurs ce que j’aime dans les structures à taille humaine : le fait de devoir être polyvalent et de ne jamais pouvoir s’ennuyer.

 

Tu es VSI depuis presqu’un an, quel bilan fais-tu de ton intégration dans un cadre de travail 100% malgache ?

Mon intégration se passe très bien. L’équipe est sympathique, souriante et très coopérative. Je crois que l’aspect interculturel qui m’interpelle le plus est la différence de rythme de travail (et même de vie !). Tout est plus lent à Madagascar. C’est le pays du « mora-mora ». On n’hésite pas à prendre son temps, pour tout ! Et même si cela peut parfois agacer, je me dis que mes collègues ont sûrement raison et que c’est à moi de ralentir un peu la cadence. Ils profitent pleinement de l’instant présent tandis que nous ne pouvons nous empêcher de penser à ce qui se passera demain.

 

L’expatriation est une expérience qui relève souvent du fantasme pour les salariés : peurs, envies, idées préconçues,… Quelle est la situation que tu as vécue ?

Noël sous le soleil © Elodie Hery

Pour ma part, même si j’en ai longtemps rêvé, je n’ai jamais idéalisé la vie à l’étranger. Toutefois, le moment approchant j’étais tellement stressée avant de partir que j’avais même imaginé les scénarios les plus noirs possibles, comme pour me préparer à toutes les situations…

Il n’en fut rien ! J’ai été chaleureusement accueillie par mes collègues, je me suis rapidement fait des amis sur place et pas seulement au sein de la communauté d’expatriés.

Depuis mon premier jour à Diego-Suarez, je ne me suis jamais sentie seule une seule minute. Il existe bien sûr toujours une phase de doute où l’on se confronte au choc culturel, où notre famille et nos amis nous manquent, mais lorsque l’on est bien entouré on arrive à surmonter cette période.

 

Et d’un point de vue personnel ?

Ce qui m’a aidé c’est que je n’ai pas choisi Madagascar. Ce pays ne faisait même pas partie des destinations que je rêvais de découvrir. Je suis donc arrivée à Madagascar sans a priori, sans préjugés. J’avais bien entendu commencé à me renseigner sur des forums de voyage mais tout ce que j’y lisais était particulièrement anxiogène. J’ai donc préféré tout arrêter et je suis partie en me disant « on verra bien ».

Depuis que je suis sur place, je n’ai cessé d’explorer le pays au gré des conseils de mes amis et à chaque fois je prends de plus en plus la mesure de la chance que j’ai d’être ici. Ce pays possède énormément d’atouts, des sites d’une beauté à couper le souffle.

J’y ai également rencontré des personnes à la gentillesse rare. La solidarité est selon moi le principe de base de la société malgache. C’est ce qu’ils appellent le « Fihavanana » et c’est pour la moi la plus grande richesse de ce pays.

Shooting fin année 2018 © Elodie Hery

Tu t’es engagée pour une mission d’une année. Alors que ton VSI se termine, quel bilan en fais-tu ?

Pour moi, faire l’expérience de l’interculturalité est une chance incroyable. En venant à Madagascar, j’ai réalisé plusieurs envies que je nourrissais depuis des années : vivre à l’étranger, travailler pour une ONG et donner du sens à mon travail au jour le jour. Sur le plan personnel, l’expatriation permet d’en apprendre beaucoup sur soi-même. Cela m’a fait prendre conscience d’une qualité que j’ai et que je ne pensais jamais à mettre en avant : l’adaptabilité.

Et maintenant, quels sont tes projets ?

Aujourd’hui, après plus d’un an à Madagascar, j’ai encore du mal à envisager mon retour en France… Il y a tant à faire ici ! Et puis j’aime la vie que je mène, la simplicité de mon mode de vie. Il faut dire aussi que la région Nord de Madagascar offre un cadre de vie assez idyllique que beaucoup peuvent nous envier.

Mais une chose est sûre désormais, je continuerai à travailler dans un domaine social et/ou associatif. Si le VSI m’a appris une chose, c’est que je n’en ai pas encore fini avec les expériences interculturelles !

Un mot de la fin ?

J’ai moi-même trop longtemps hésité à partir alors je n’ai qu’une seule chose à dire à ceux qui se posent la question : Lancez-vous ! Vous ne le regretterez pas ! Peu importe le bilan que vous ferez de votre mission, elle vous fera grandir et développer de nouvelles aptitudes.

 

© Elodie Hery

 

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