Un ailleurs connu…


Un témoignage de Cyril et Alix CASTEL
Volontaires de Solidarité International en République Dominicaine


« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’ on ne sait pas où l’on va ».

Cette phrase de Christophe Colomb allait nous amener jusqu’à sa première découverte, pour en faire la nôtre.

Qu’est-ce qui pousse un jeune couple avec 4 enfants à partir pour une mission de solidarité à l’autre bout du monde ?

Après un an de mission pour l’Arche en République Dominicaine, on se pose encore parfois la question. C’est sûr, il y a la plage, le soleil et les cocotiers mais ce n’est pas cela qui nous a fait venir.

Depuis plus de 7 ans, nous travaillions à L’Arche en France, une association qui s’occupe de personnes en situation de handicap mental, fondée par Jean Vanier il y a plus de 50 ans. Bien installés dans notre petit coin de Charente, l’envie de vivre une expérience de mission en famille nous trottait dans la tête depuis quelques temps. La possibilité de partir en mission pour l’Arche internationale se présenta et grâce au soutien de la guide, notre envie devint réalité. Nous voilà donc partis, après un an de discernement, de préparation et de démarches administratives pour la République Dominicaine.

Le cœur de nos missions est l’aide à la formation et à l’accompagnement du personnel et la mise en place d’un atelier de production où les personnes en situation de handicap mental pourraient travailler. Au-delà de nos missions, nous venons nous plonger dans la réalité de cette communauté de l’Arche, de ce pays.

Ici, tout est différent mais il y a dans la communauté de Santo Domingo des choses qui nous rappellent notre chez nous, qui fait de ce lieu, pour nous, un ailleurs connu.

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Cette découverte du différent et du semblable, nous avons choisi de la partager avec nos 4 enfants âgés de 10, 9, 7 et 3 ans.

Comme nous, ils ont du s’habituer à la langue, au climat, à la nourriture (l’assiette de riz quotidienne à remplacer notre pain et notre fromage), aux bruits permanents de la ville (musique, klaxons, vendeurs ambulants..), à la culture, aux traditions, aux croyances ….autant de choses qui étonnent, émerveillent, interrogent et parfois agacent. Avec nous, ils apprennent aussi à ne pas regarder seulement ce qui leur manque, ce qui est moins bien, moins moderne ou moins propre. Ils découvrent à travers le quotidien qu’il y a d’autres manières de vivre, de se nourrir, de se divertir. Ils découvrent d’autres couleurs, d’autres saveurs et prennent aussi conscience que ce qui leur semble normal, évident : l’éducation, l’enseignement scolaire, l’électricité 24h/24, l’eau potable qui sort du robinet, la sécurité, l’accès aux soins…ne l’est pas pour l’ensemble du monde.

Ils goutent aussi à ce qui est universel, ce qui nous rassemble : la relation, l’entraide, le désir de s’en sortir, d’avoir une belle vie, de faire des projets ensemble, quel que soit l’endroit où l’on se trouve.

Cette aventure familiale n’est pas de tout repos mais le jeu en vaut la chandelle !

Alors, après un an dans cet ailleurs qui devient familier, il n’y a pas toujours la plage mais toujours un endroit pour partager, il n’y a pas toujours des palmiers mais souvent des noix de cocos que nous ponçons, découpons pour en faire des objets que nous vendons dans notre atelier. Il y a du soleil, ça c’est sûr, et plus encore si nous savons regarder dans les cœurs de chacun, celui-là ne nous fait peut-être pas bronzer mais la plupart du temps, il donne bonne mine !

Il y a dans chaque voyage, dans chaque mission, une part de découverte qui fait de nous des hommes plus riches de rencontres et d’émotions. Nous sommes allés chercher un bout de conversation au bout du monde !