Mauritanie : soutien au rendement agricole


Un témoignage de N'diaye Kane
Président de Rivages N'diawane


Après la construction d’une nouvelle salle de classe et d’un mur de clôture pour l'école puis la construction d’une médiathèque, l’association Rivages N’Diawane a créé un parc locatif de matériel agricole.

L’association Rivages N’Diawane a été créée en février 2002 à Limoges par des ressortissants mauritaniens vivant en France (originaires du village de Tékane) et quelques amis du Limousin.
Le village d’agriculteurs, de 4 000 habitants, est situé au sud de la Mauritanie, dans la zone sahélienne, sur la rive d’un bras du fleuve Sénégal appelé N’Diawane, à 260 km de la capitale, Nouakchott.
L’association travaille avec des partenaires locaux du village, les parents d’élèves, la Mairie et les coopératives du village.

Le projet financé par l’AMP
Partant d’un besoin exprimé par la coopérative des femmes en équipement de matériel agricole, l’association Rivages N’Diawane a piloté un projet de mise à disposition d’un parc de matériel agricole locatif et évolutif à prix modérés. La gestion du parc est assurée sur place par la coopérative des femmes. Le coût du projet s’élève à 20 000 €.
Les objectifs poursuivis sont une augmentation du rendement de la production, une amélioration du niveau de vie des familles paysannes, une diminution de la pénibilité du travail agricole et un éveil à une organisation de type coopérative. Les modalités de mise en œuvre sont la construction d’un bâtiment sécurisé pour le stockage du matériel, l’achat d’un lot de matériel agricole et la mise en place du processus de gestion locative.

La mise en œuvre du parc locatif
L’association a bénéficié de dons de ses membres et sympathisants, d’une participation de la coopérative des femmes et d’une dotation déterminante de 10 000 € de La Guilde.
L’association Rivages NDiawane favorisant l’emploi de la main d’œuvre locale, le bâtiment de stockage a été construit par des maçons habitant Tékane. Le choix des équipements composant le parc locatif a été défini de façon à être adapté à chaque phase du cycle d’une campagne de culture de riz :
– 5 motopompes diesel de différentes puissances pour l’irrigation,
– 1 batteuse de riz assemblée par un fabricant local au Sénégal,
– 1 décortiqueuse de riz,
– 1 moulin à grains.
La mise en service du parc est effective depuis février 2015.

Un premier bilan positif
Les services du moulin à grains (25 UM*/kg) et de la décortiqueuse de riz (300 UM/kg) sont utilisés quotidiennement par les femmes. Les motopompes de grandes puissances ont été louées à des coopératives démarrant leurs campagnes de riziculture, les motopompes de petites puissances sont régulièrement louées à des maraîchères cultivant de petites exploitations.
La batteuse de riz est proposée en location aux paysans contre paiement en sacs de riz (1 sac de 50 kg pour 10 sacs de 50 kg récoltés). En effet, les moyens financiers limités des paysans ne leur permettent pas de payer en numéraire. La coopérative des femmes procédera ensuite à la revente du stock de riz ainsi acquis.
Le bilan financier, à ce stade, montre des recettes à hauteur de 3 785 000 UM pour 2 025 000 UM de charges.

À la fin de chaque année d’exercice, un bilan sera élaboré.  L’association Rivages N’Diawane veillera à l’application de la charte de fonctionnement du parc locatif qui stipule en particulier qu’une partie des bénéfices est réservée à l’achat de nouveaux matériels agricoles.

* UM = Ouguiyas, 1 € = 350 UM