Le sable de Pachacutec (Pérou) ou la rencontre d’étudiants en or…


Un témoignage de Celia de La CELLE - Service Civique


J’ai effectué un service civique de six mois à la Fondation Pachacútec. Située dans le district de Ventanilla, à 1h30 au nord de Lima, cette zone désertique est connue sous le nom de « pueblo joven » (jeune village) où les conditions de vie sont celles d’un bidonville. C’est grâce à l’appui de l’Eglise, de l’Etat et de différents partenariats stratégiques que la Fondation a vu le jour. Elle permet à plus de 1000 étudiants de suivre une éducation de qualité et des formations dans des domaines variés : administration, électrotechnique, call center, coiffure et cuisine (parrainée par le chef cuisinier Gaston Acurio).

La mission proposée par la Fondation m’a tout de suite plu. Et, c’est avec cette envie de transmettre mes compétences linguistiques à ces jeunes, que j’ai postulé.

Enthousiaste de partir, c’est au moment de préparer mes bagages que j’ai commencé à appréhender le départ et la peur de l’inconnu. Serai-je capable de vivre loin de tout, de mes amis, de ma famille ? Ai-je bien fait de démissionner de mon travail ?

Très rapidement, j’ai trouvé à ces questions une réponse positive. Dès mon arrivée, je me suis sentie respectée et appréciée par le personnel de la Fondation et par mes élèves, j’ai été touchée par leurs gestes (un fruit offert par une élève, un gâteau offert par un autre, soit l’équivalent de leur goûter).

Chaque jour, je donnais deux à trois cours d’anglais de deux heures à des étudiants allant de 16 à 50 ans. Ils étaient débutants mais j’ai constaté rapidement leurs progrès et je n’ai jamais cessé de les encourager en favorisant un apprentissage ludique à l’aide de vidéos, films, musiques et dialogues. J’ai même été étonnée un jour lorsqu’une de mes élèves de deuxième année m’a demandé : « May I go to the bathroom please ? », j’ai cru au début qu’elle me parlait en espagnol...

J’ai été également impressionnée par leur détermination à vouloir suivre mes cours coûte que coûte. Je me rappelle d’un élève qui travaillait le soir pour pouvoir payer le cours mensuel à 20 soles (soit cinq euros) ou bien d’une autre qui avait terminé ses études à l’institut et qui venait en externe, avec son bébé de trois mois !

En parallèle des cours, j’ai passé beaucoup de temps avec mes élèves : parties de foot endiablées, crêpe party, sorties culturelles sur Lima, goûters, déjeuners aux alentours de la Fondation.

Ces activités ont créé des liens très forts et le départ a donc été un moment très difficile. Je n’aurais jamais imaginé m’attacher autant. Cette aventure a été très intense, enrichissante, cela m’a fait du bien de déconnecter avec le « business » et de me consacrer pleinement à des personnes qui, avec peu de moyens, se battent pour réussir leur futur.

Aujourd’hui, je continue à communiquer régulièrement avec mes élèves et c’est un plaisir de les voir évoluer. Cette première expérience dans la solidarité internationale a été une vraie réussite et j’espère pouvoir travailler prochainement dans l’humanitaire.

La solidaridad es la ternura de los pueblos, Gioconda Belli