Récit d’un bénévole parti en Mission Courte en Equateur avec La Guilde


Un témoignage de Clément GILLIOT
Bénévole Juin-Juillet 2015, Equateur


Le 1er juin 2015, j’ai mis les pieds pour la première fois en Équateur. Je me suis lancé dans une expérience de 6 semaines grâce aux Missions Courtes de La Guilde, en m’engageant dans une mission socio-éducative de promotion de la francophonie.

Non seulement partir dans ce type d’aventure était tout nouveau pour moi, mais j’étais aussi le premier à « inaugurer » cette mission, ce qui rendait l’environnement très inconnu. Et pourtant, j’ai beaucoup apprécié mon séjour, que je considère aujourd’hui comme une richesse personnelle. J’étais parti pour enseigner, mais finalement j’en ai moi-même tiré leçon. Le centre éducatif Semionovich Vygotsky (Sevy) est une école primaire située à Sangolqui, près de la capitale équatorienne, Quito. Elle accueille des enfants de 2 à 11 ans environ, et a la particularité de pratiquer la pédagogie alternative, aussi appelée « pédagogie conceptuelle ». L’école est unique en son genre puisque c’est la seule école d’Équateur à proposer ce type de pédagogie particulière. La pédagogie alternative « recentre l’éducation sur l’apprenant au lieu du contenu », favorisant l’autonomie, la créativité et la confiance en soi. Elle est épanouissante intellectuellement pour les enfants, qui sont très précoces, à la fois comparé au reste des écoles en Équateur, mais également comparé à des pays européens comme la France. Les plus petites classes apprennent déjà des notions de lecture et de prononciation, et les élèves de 4 ans arrivent déjà à lire des phrases, et même à faire des additions à deux chiffres.

La culture américaine est très présente en Équateur. L’idée de l’école était de proposer une approche différente aux enfants pour ouvrir leur esprit sur le monde qui les entoure, à travers l’apprentissage du français et de la francophonie. J’ai travaillé sur l’enseignement des chiffres, des couleurs et des animaux. Il était aussi important de faire comprendre aux enfants ce qu’est la francophonie : on parle français ailleurs qu’en France dans le monde. En ce qui concerne les connaissances sur la culture, elle prenait différentes formes : musique, cinéma, géographie, gastronomie, sport. J’ai initié quelques élèves au rugby, et ayant laissé deux ballons sur place, de futurs volontaires pourront continuer…

La partie de ma mission dont je suis sans doute le plus fier est la création d’un espace francophone. Il s’agissait de « marquer sa place » au sein de l’école, et surtout d’avoir un lieu où tout type d’animation pédagogique et/ou ludique francophone pourrait avoir lieu. J’y ai progressivement inséré des décorations en lien avec nos travaux, comme des cartes, mais aussi des maquettes comme les portraits d’Astérix et Obélix. La partie la plus importante est la mini-bibliothèque composée de livres pour enfants en français que j’ai ramené.

Je continue aujourd’hui mon parcours universitaire en étudiant à Sciences Po, et plus précisément sur le campus euro-latino-américain de Poitiers ce qui me permet de garder un lien avec ce continent et cette belle expérience.