Premiers jours de mission en Colombie, point de vue franco-espagnol


Un témoignage de Victoria et Hélène
Volontaires en Service Civique pour 6 mois en Colombie.


Hélène et Victoria, binôme franco-espagnol, arrivées en Colombie il y a quelques jours, se sont engagées en Service Civique auprès de la Fondation Aurelio Llano Posada. Elles nous partagent leurs premières impressions :

« À peine débarquée après 30 heures de voyage, me voilà propulsée instantanément dans la vie colombienne et les activités de la Fundación : on m’emmène à l’université de Rionegro (Universidad Católica de Oriente) rencontrer les étudiants bénéficiants d’une bourse de la Fundación. Je suis frappée par la gentillesse, l’humour et le naturel des personnes que je rencontre. Très vite je vois la bienveillance et les sourires complices se dessiner sur les visages.

Les codes sont différents ici, les gens semblent vivre plus « simplement » les relations humaines, avec moins de retenue et beaucoup plus de chaleur. Tout le monde paraît souhaiter la bonne humeur de la personne qu’il a en face de lui… À se demander comment on peut fonctionner si différemment de l’autre côté de l’Atlantique…

La Fundación Aurelio Llano Posada présente deux principaux pôles d’intervention : le développement rural et l’éducation.

Elle accompagne et soutient financièrement de jeunes étudiants issus du monde rural qui suivent un programme spécialement adapté à leur éloignement géographique. Il s’agit de jeunes travaillant principalement dans le domaine de la petite enfance, dans leurs villages d’origine souvent à plusieurs heures de route de la ville.

Le passage à l’université était l’occasion de rencontrer ces étudiants, participants, à leur manière à maintenir un dynamisme rural, en dispensant des cours aux enfants, ou en maintenant de petits commerces.

 

 

Le deuxième jour nous arrivons à Tamésis. Nous visitons d’abord ce village au charme incontestable.

Village de Tamésis

Le lendemain matin, nous rencontrons ceux qui vont partager mon quotidien pour les 6 prochains mois : le groupement de producteurs de Tamésis. Ou plus précisément le groupement « OMCE » : Organisation Multisectorielle des Paysans Entrepreneurs. Dont le slogan sonne ainsi : « Unis pour un avenir meilleur ». On nous présente les actions réalisées depuis la formation de l’association ainsi que le plan de travail pour l’année en cours. Le groupement se divise en plusieurs comités de travail comme suit :

  • Sécurité alimentaire
  • Infrastructures
  • Santé
  • Environnement
  • Génération de revenus

Ce dernier a même permis la mise en place d’un système de micro-crédit qui semble fonctionner plutôt bien et permettant aux membres d’emprunter de l’argent au groupement à un taux d’intérêt mensuel de 1% .

La découverte du groupement de Jardín est encore différente… Il n’existe que depuis 3 mois, et compte déjà 180 familles … bien plus que dans les autres villages où les groupements ont été fondés il y a déjà quelques années. On rencontre un groupe constitué à plus de 90% de femmes, toutes de caractère et motivées à bloc. Il y aura donc un tas de projets à mettre en place avec eux, comme convertir tout le village à l’agriculture biologique ! » (Hélène)

« On est arrivées il y a 10 jours à peu près, et tout de suite on est allées faire une réunion avec les directeurs et coordinateurs de la Fundación Aurelio Llano Posada.

Le lendemain on est parties pour voir toutes les communautés de la Fundación. Du coup, on est allées à Fredonia, là où ils ont un terrain en expérimentation. Après on a visité Támesis, et les personnes de l’association des paysans « Organización multisectorial de campesinos emprendedores » ont fait une présentation.

On a continué la visite avec la commune de Jerico, là on ne sera pas tout le temps, mais les paysannes ont beaucoup aimé qu’il y ait des étrangers. Du coup, ils ont dit à la fin qu’on irait quelques petites semaines.

Pour finir la route, on est allée à Jardín, le village où je suis maintenant. On est allées à une réunion du comité directeur de l’association “Campesinos construyendo futuro”, ils ont commencé cela fait 4 mois et il y a beaucoup d’énergie chez les paysannes pour que ça continue.

En bref, toute le monde ici est très content qu’il y ait une française et une espagnole, pour plein de raisons différentes mais surtout cela fait grandir les horizons de la Fondation et ils pensent que c’est le début d’une longue histoire. Les paysans sont très sympathiques et accueillants.

La Colombie c’est une complète découverte très jolie pour moi, la culture est différente et c’est très intéressant de pouvoir vivre cette expérience. Hélène et moi on a encore à s’habituer à la nourriture, mais on y va petit à petit. » (Victoria, volontaire espagnole)