Indonésie : gestion durable des écosystèmes coralliens.


Un témoignage de Guillaume HOLZER
Vice Président de Coral Guardian


Régénérer un récif détruit c’est aussi assurer la durabilité d’une ressource alimentaire indispensable à un village indonésien.

De la transmission d’un savoir technique et scientifique au partage interculturel autour de la préservation de l’environnement marin : un projet source de biodiversité mais pas seulement !

Coral Guardian est une association française à but non lucratif fondée en 2010, qui a pour vocation la conservation des écosystèmes coralliens, la sensibilisation du grand public et la valorisation des écosystèmes marins. L’autonomisation des populations côtières à la gestion durable de leur stock de pêches par la restauration de récifs coralliens détruits a toujours été le cœur de son activité, en promouvant des approches innovantes de conservation marine et en encourageant des modèles de développement durable des écosystèmes marins.

Projet lauréat 2015

Ce projet consiste à développer un programme de conservation marine participative mené en partenariat avec les communautés locales de l’ouest de Flores en Indonésie. Faire revivre un récif, c’est faire revenir la vie et anticiper l’avenir, insuffler une dynamique économique dont la population locale pourra tirer parti, en proposant notamment aux touristes des sorties de sensibilisation sur les zones restaurées. De plus, pour les enfants de ces communautés de pêcheurs, un récif reconstitué à terme représente une pêche potentielle de 5 à 15 tonnes de poissons et fruits de mer par an et par kilomètre carré, ce qui leur permettra d’assurer la subsistance économique et culturelle de leur communauté.

En amont, ce projet repose sur la pédagogie et le transfert de compétences, ici aux villageois non sensibilisés à la fragilité du récif corallien et à la nécessité de bannir les pratiques telles que la pêche au cyanure ou à la dynamite.

Ce n’est qu’en impliquant la population locale qu’une bonne gestion des ressources marines est pérenne et autonome. Ce sont donc 4 villageois qui bénéficient d’une formation aux techniques de culture et de bouturage des coraux et participent à la mise en place de structures de restau- ration adaptées, ainsi qu’à la protection de la zone. L’aspect pratique et technique est concret, puisque pas moins de 3 000 coraux sont transplantés avec les villageois sur le récif restauré.

Ces 4 villageois formés pourront ensuite sensibiliser les autres pêcheurs à la préservation des ressources écosystémiques. Le développement de l’activité d’écotourisme pourra quant à lui générer une dizaine d’emplois supplémentaires sur le long terme.

Un projet environnemental

Les états insulaires sont les premières victimes du réchauffement climatique. La bonne santé des océans, la souveraineté alimentaire et la culture des communautés côtières dépendent d’une bonne gestion de leur environnement côtier. Véritables poumons des océans, ces derniers sont indispensables dans le processus d’absorption du CO2 par les océans et participent à la lutte contre le changement climatique.

Ce projet a obtenu la labellisation COP21 pour ses actions en faveur des écosystèmes marins et des populations qui en dépendent.

www.coralguardian.org

Relevé des données

Pulau Hatamin Coral Sanctuary- Seraya Besar, Komodo-Flores NTT 2015 Indonesia