Bolivie, Pamir, Patagonie : Un défi solidaire contre le cancer


Un témoignage de Henry Bizot
Alpiniste


Henry Bizot a réalisé ces expéditions en haute montagne, suite à une intervention pour un cancer du poumon en 2012. Elles sont, en outre, un défi solitaire contre le cancer.


Des ascensions de sommets et d’itinéraires vierges (pas d’ascension préalable connue), dans des coins peu explorés de la planète, qui offrent des paysages absolument magnifiques, à couper le souffle, chacun ayant son visage qui lui est propre (Patagonie en 2015, Andes Boliviennes en 2013). 

Novembre 2015 : Explorations dans la chaîne Marconi des Andes de Patagonie. Nouvelle voie « André et Sophie » sur le Cerro Dumbo

La Patagonie, terre du bout du monde surnommée aussi « Grand Sud », région de steppes, la pampa, et de montagnes, soumise à des conditions climatiques réputées parmi les plus difficiles du monde et balayée par des vents particulièrement violents, m’attirait depuis de nombreuses années. J’avais appris à la connaître au travers de cartes, et de récits d’explorateurs et de romans, et aussi de rencontres et de contacts avec des férus de la région, notamment Français et Argentins.
Le 24 octobre 2015, je pars pour une expédition de trois semaines au sein de la partie sud de la cordillère des Andes, située en Patagonie Argentine.

Cette nouvelle expédition, avec Gabriel Fava (Argentine), nous l’avons dûment préparée durant les mois précédents. Avec Gabriel, nous nous connaissons bien, nous avons en effet déjà réalisé ensemble trois expéditions, avec ascensions de nouveaux itinéraires, dans les massifs argentins peu visités de La Ramada et de l’Ansilta, et aussi dans une vallée peu explorée, appelée Huallatani, de la cordillère Quimsa Cruz des Andes boliviennes.

Pour cette expédition en Patagonie, nous nous sommes focalisés sur la chaîne Marconi, relativement peu visitée et située dans la région d’El Chalten, au sein de laquelle nous avions repéré des possibilités de sommets et/ou d’itinéraires nouveaux. Cette expédition, tant dans sa préparation que son déroulement, n’a pas été dénuée d’incertitudes, concernant la météo, et aussi le choix et la faisabilité des ascensions, compte tenu du peu d’informations dont nous disposions. En final, ce fut une extraordinaire aventure humaine franco-argentine, sur tous les plans, tout d’abord les ascensions réussies, et aussi la découverte d’une région. […]

Lire la suite de cette expédition sur le site : www.dshb.fr

 

Pic « Вероник и Анна » Véronique et Anna, Voie « 6 братья ». Les 6 frères,
Chaîne du Trans Alaï, Pamir, Kirghizstan, 2014.

henrysommetpamir2014Dimanche 24 août 2014 à 3h55, après une escale de plusieurs heures dans le grouillement cosmopolite du gigantesque aéroport d’Istanbul, j’atterris à OCH, au sein de la très fertile vallée de la Fergana, à proximité de la frontière avec l’Ouzbékistan.

Le temps de poser mes sacs, le jour se lève, sous un ciel estival légèrement voilé. Sans attendre, je me rends en taxi sur la colline de Soliman, du nom de ce prophète musulman qui y aurait siégé. De ce point de vue, les vues sont spectaculaires sur la ville, qui apparait bien verdoyante. Je vais ensuite dans le bazar, un lieu qui immerge au cœur de la culture de l’Asie centrale, où règne une intense animation, avec des étalages de produits en provenance de toute l’Asie Centrale, notamment les épices aux couleurs vives et très diverses. Les Kirghizes portent leur traditionnel kalpak, une coiffure blanche et noire, dont la forme conique représente une montagne. Les habitants d’Och sont majoritairement kirghizes et ouzbèkes, deux groupes ethniques, dont la cohabitation a été la source de tensions dans la ville et sa région.

Lundi 25 août en matinée, au détour d’une rue, je suis invité à un repas de mariage dans une cour de maison. J’accepte quelque peu surpris, et y reste une petite demi-heure. Si je me réfère aux coiffures portées par les anciens, je suis chez des Ouzbèkes. L’hospitalité semble être une tradition bien ancrée sur cette mythique et ancienne route de la Soie.

Au cours de ces 9 derniers mois, dans ma recherche d’un compagnon alpiniste de la région, j’ai contacté des Kirghizes, et aussi des Russes, et finalement je pars avec Nikolaï, un alpiniste et guide russe de Saint Petersbourg.

Le mardi 26 août, en véhicule 4X4 conduit par Sacha, ou Aleksandr (il a deux prénoms), Trozshenko, un Kirghize de la capitale Bichkek, nous quittons OCH. Nous nous dirigeons vers le Trans Alaï, une chaîne de montagnes de 140 km de long, orientée Ouest–Est, située au Nord du Pamir, et qui se partage entre le Kirghizstan, le Tadjikistan et la Chine. Rappelons que le Pamir est ce massif montagneux centré sur l’Est du Tadjikistan, et qui déborde à son Nord au Kirghizstan. Le pic Lénine (7 134 m) est le sommet le plus élevé de cette chaîne du Trans Alaï ; j’avais atteint le sommet de cette montagne en 1994, sous des conditions météo dont je me rappelle qu’elles avaient été difficiles. La plaine, ou prairie, de l’Alaï borde, à son nord, cette chaîne du Trans Alaï. Les contacts, que j’ai pu avoir au Kirghizstan et en Russie, m’ont orienté vers une vallée, peu explorée, une dizaine de kilomètres de long orientée nord-sud, et qui se ferme à son Sud sur la frontière avec le Tadjikistan. Lors de la préparation, j’y avais repéré quelques sommets vierges (pas d’ascension préalable connue). […]

Lire la suite de cette expédition sur le site : www.dshb.fr


Juin 2013 : Explorations dans l’insolite cordillère Quimsa Cruz des Andes boliviennes. Nouvelles voies « Charles de Seze » et « René Flament » sur l’Huyana Cuno Collo et le Pic San Luis.

henrybizot2013Le 28 juin 2013, Gabriel Fava (Argentine), Carlitos Molina (Argentine) et moi-même, nous atteignons la vallée de l’Huallatani, située au sud-est de La Paz, au sein de la cordillère Quimsa Cruz, cordillère sauvage et relativement peu visitée des Andes boliviennes, après un périple de 6 heures de routes puis de pistes accidentées.

C’est ma deuxième expédition dans les Andes boliviennes. Lors de ma première expédition, en 2005, avec un Argentin, nous avions réalisé, au sein de la cordillère Real, l’ascension de l’Ala Izquierda du Condorriri par sa face sud en glace (TD-) directement depuis le camp de base, après nous être acclimatés sur les montagnes de la Pyramida Blanca et du Pequeno Alpamayo ; puis, nous avions changé de camp de base, pour gravir, toujours dans la cordillère Real, l’Huyana Potosi par la voie des Français.

Cette nouvelle expédition, avec Gabriel, nous l’avons dûment préparée durant les mois précédents. Avec Gabriel, nous nous connaissons bien. Nous avons en effet déjà réalisé ensemble deux expéditions, dans les massifs argentins peu visités de La Ramada et de l’Ansilta où nous avions fait les ascensions de nouveaux itinéraires, respectivement en 2009 sur La Mesa (6 130 m) par une voie que nous avions baptisée « Veronica u seis hijos », et en 2010 sur l’Ansilta 4 par une voie baptisée « Seis hemanos ». Une connaissance mutuelle qui est importante, compte tenu des aléas qui, me concernant, se sont enchaînés ces dernières années. Une chute en septembre 2011, qui m’avait gravement blessé le pied droit. Je me remettais, quand, totalement inattendu, on me découvre un cancer du poumon. Opération le 4 juillet 2012, puis trois mois de traitement pas évidents. Mais c’est avec le plein accord des médecins que, dès la fin des traitements, début novembre 2012, j’ai repris l’entraînement. Je redémarrais de bien bas, et surtout dans l’incertitude n’ayant trouvé, dans mes recherches, aucun retour d’expérience de personnes qui ait subi ce type de cancer au poumon et soit reparti dans des altitudes élevées, d’autant plus dans un laps de temps si court. […]

Lire la suite de cette expédition sur le site : www.dshb.fr