Cambodge : éduquer par le jeu


Un témoignage de Martine Roussel-Adam
Présidente de Chemins d'enfances


C'est avant six ans que le développement de la personne est le plus déterminant. D'où l'importance de la pratique du jeu qui est vecteur d'expériences pour les apprentissages à venir des enfants et leur insertion dans la société.

C’est avant six ans que le développement de la personne est le plus déterminant. Or, au Cambodge, et surtout dans les régions pauvres, les maternelles sont de très faible niveau. D’où l’importance de former des éducatrices à la pratique du jeu, vecteur d’expériences pour les apprentissages à venir des enfants et leur insertion dans la société.

Permettre à chaque enfant de réaliser son plein potentiel et d’être porteur de changement sociétal est la vision qui anime Chemins d’Enfances depuis sa création en 2007. Sa mission est de concevoir, mettre en place et maximiser l’impact de programmes innovants pour l’épanouissement des enfants. Toutes les actions sont élaborées en partenariat avec des organisations locales dans un esprit de transmission et s’appuient sur des activités ludiques, pédagogiques, artistiques et sportives. Chemins d’Enfances œuvre en Indonésie, en Inde, au Cambodge et en France.

Projet lauréat 2013

L’objectif général du projet est de soutenir le développement global des enfants dès le plus jeune âge et leur donner les moyens de s’épanouir et d’intégrer l’école primaire dans des conditions optimales. Il vise donc à renforcer les capacités globales des enfants, former les éducatrices des écoles maternelles aux activités ludiques, impliquer les parents et communautés, diffuser les bonnes pratiques  à travers des écrits et des formations de formateurs.

Une unité mobile, camionnette transportant une ludothèque complète, se rend dans des écoles communautaires de zones défavorisées et propose des séances de jeu libre aux enfants. En parallèle,  les éducatrices des écoles sont formées jusqu’à ce qu’elles soient capables de continuer seules avec un fonds de jeu dont une partie est réalisée avec des matériaux de récupération.
En un an, l’unité mobile a réalisé plus de 200 sorties dans 11 écoles maternelles situées dans la périphérie de Phnom Penh et en zones rurales. Dans ces 11 écoles, 25 classes, soit près de 900 enfants de 3 à 5 ans, dont 52 % de filles, ont bénéficié de ces séances. L’unité mobile propose 70 types de jeux et jouets différents testés et approuvés dans le cadre du projet. 60 % sont des jouets fabriqués en matériaux locaux, par Krousar Yoeung, le partenaire local, 10 % sont des jouets fabriqués par d’autres ONG au Cambodge et 30 % sont achetés dans des magasins de jouets à Phnom Penh. 23 groupes d’animation parentale ont été mis en place. Ces groupes réunissent les parents des villages pour des échanges et discussions sur des thématiques liées à l’enfance, comme l’hygiène, la santé, la nutrition et le développement de l’enfant. 27 éducatrices ayant en charge les enfants des 11 écoles ont bénéficié d’une formation continue par la pratique pendant les séances.

Un guide pratique a été rédigé pour capitaliser l’expérience de l’unité mobile. Cet outil pédagogique donne des clés de compréhension sur l’intérêt du jeu libre pour la petite enfance.

L’appui de l’AMP

L’appui de l’AMP a été fondamental car elle a été un de nos premiers partenaires financiers et nous a permis de nous lancer et de montrer l’intérêt du projet. Ce soutien a eu un effet de levier car d’autres partenaires nous ont financés par la suite. À ce jour, le projet s’étend à 10 nouvelles écoles gouvernementales et une nouvelle édition du guide va bientôt être éditée.