A la découverte de l’Inde


Un témoignage de Marion, engagée de Service Civique.
Marion, 25 ans, a passé 6 mois en Service Civique auprès de Credit At People; cette fondation soutient des projets auprès de populations en difficultés. Elle nous fait partager l'expérience inoubliable qu'elle a vécu auprès des femmes et des hommes de ce pays à la fois complexe et magnifique...


"Pour moi l'Inde ce n'est pas les castes, ce n'est pas la violence ni le danger. Pour moi l'Inde c'est un retour aux sources, une grande spiritualité, une grande richesse..."

C’est avec une grande tristesse et mélancolie que je m’apprête a partir. J’aurais beaucoup aimé continuer la mission. Six mois est en effet une durée très courte. C’est le moment ou l’on se sent bien dans le pays, ou l’on s’attache à ses collègues et aux autres volontaires. Mais je sais qu’il faut a présent savoir laisser ma place à d’autres volontaires, leur laisser cette opportunité de vivre ce que j’ai eu la chance de vivre.

Humainement j’ai beaucoup appris et grandi. Je n’ai jamais rencontré des gens aussi chaleureux et hospitaliers que mes collègues indiens/indiennes. J’ai beaucoup aimé la vie en Inde du Sud, l’extrême beauté des femmes, les contrastes permanents dans la vie de tous les jours. L’importance de la famille, de la religion. Pour moi l’Inde ce n’est pas les castes, ce n’est pas la violence ni le danger. Pour moi l’Inde c’est un retour aux sources, une grande spiritualité, une grande richesse. Également une tradition tamoule et une identité indienne dont les gens sont profondément fiers. La question qu’on pose en premier lieu aux gens que l’on rencontre c’est ‘quelle est ta religion?’ ‘Comment est ta famille’? Et non pas ‘que fais-tu dans la vie’? ‘Quelles études a tu fais’? Cela m’a beaucoup touchée. En Inde on se définit par sa spiritualité et par le groupe primaire qui nous définit et qui nous relie a le vie: la famille. Et il y a beaucoup de sagesse dans cette philosophie de vie je trouve.

La mission a CAP m’a enchantée. Tout d’abord parce qu’elle m’a permis de rencontrer et de côtoyer chaque jour mes collègues indiens qui sont des personnes incroyables qui ont beaucoup partagé avec moi.
Ensuite pour le contact, la rencontre avec les femmes des villages. Malgré la barrière de la langue, nous avons échangé des sourires, des rires des tentatives de discussions sur les bindis et sur la couleur de nos saris. Parfois il n’y a besoin de mots pour se comprendre. Les femmes des villages m’ont impressionnée par leur fierté, leur beauté,leur courage, leur dévouement pour leur famille.

J’ai compris qu’il n’y avait pas de schématisation et de vérité unique. La violence faite aux femmes existe certainement mais ce n’est pas ce que j’en ai ressenti durant mes 6 mois sur le terrain. Les maris étaient présents, participaient a l’entretien de la vache, aidaient pour la construction des plans d’azolla (une nourriture riche pour la vache). Tout est fait en collaboration, en entraide mutuelle  entre mari et femme. Les femmes me l’expliquaient « Je respecte mon mari donc il me respecte » J’ai aimé voir ces vérités, aller au delà de tout ce qu’on nous raconte, des schémas de pensée simplifiés et bien souvent raccourcis. Je me souviendrai de l’ambiance paisible régnant dans les villages. Personne n’est jamais seul, malgré la pauvreté. Il y a des liens humais qui réchauffent davantage des biens matériels.

Pour tout cela je souhaite encore vous remercier. Merci de nous accompagner nous les jeunes qui souhaitons partir vivre ces expériences humaines a l’étranger. Merci de vous engager avec nous.