Marie-Caroline, volontaire épanouie professionnellement et humainement

VSI de La Guilde auprès du GIP « Yvelines coopération internationale et développement », au Togo et au Bénin

Un article de Laure Machon, chargée de mission VSI


Marie-Caroline POURCHET est VSI de La Guilde auprès du GIP « Yvelines coopération internationale et développement », au Togo et au Bénin. Après plusieurs années sur le terrain, elle revient pour nous sur sa mission.

Peux-tu nous présenter ton parcours avant ta mission de VSI ?  

Diplômée d’une école de commerce et d’un master en gestion de projet de développement, je suis partie au Togo la première fois en 2009 pour un camp chantier auprès d’une association togolaise. En 2012, j’y suis retournée pour conceptualiser un projet de développement pour mon association française ORA – Organisons des Récoltes pour l’Afrique. Après quoi, j’ai trouvé un emploi de gérante d’hôtel à Lomé de 2013 à 2014, qui me permettait de rester au Togo et rechercher les financements pour mon projet, que j’ai obtenus en 2016. C’est en mai 2014 que j’ai été contactée par France Volontaires pour une mission de VSI pour le Département des Yvelines.

Pourquoi as-tu choisi de t’engager en tant que VSI ?

Le statut de VSI est un tremplin professionnel pour un début de carrière, notamment dans les métiers du développement qui nécessitent des expériences terrain, très difficiles à acquérir en sortie de diplôme.

Peux-tu présenter le projet de coopération décentralisée entre le département des Yvelines et la mairie d’Aného et la préfecture de Blitta ?

Le département des Yvelines est très actif dans la solidarité internationale, notamment via un projet de coopération décentralisée historique entre le département des Yvelines et la mairie d’Aného.

Un premier projet de coopération décentralisée a vu le jour en 2007 avec la mairie d’Aného et la préfecture de Blitta.

Mission terrain de l’ambassadrice de l’Union Européenne; visite officielle chez le Roi d’Aného © M-C. Pourchet

De nombreuses études de faisabilité et d’études de terrain ont été menées de 2011 à 2012. A la suite de cette période d’identification des besoins, les premières activités concrètes ont commencé en 2011 et 2012, notamment un projet d’assainissement non collectif (déchets liquides) à Aného. Il consistait à mettre en place un service public de gestion des déchets liquides de la population, et un projet de développement agricole dans la Préfecture de Blitta. Par ailleurs, en 2011, les travaux du lycée d’enseignement technique et professionnel d’Aného ont débuté. Le lycée d’Aného accueille cette année sa 4ème promotion.

L’objectif de la présence du Département au Togo et dans les autres pays africains, à travers la coopération décentralisée, est avant tout d’accompagner les communes partenaires vers la décentralisation en renforçant leurs capacités institutionnelles et leur maitrise d’ouvrage de service publics.

Quelles sont tes missions ? Les points positifs, les points négatifs ?

J’ai commencé avec les Yvelines avec 5 projets à suivre, je suis la représentante des Yvelines au Togo et au Bénin.

Les points positifs de ma mission sont avant tout la richesse et la diversité des projets dont j’ai la charge. Par ailleurs, la liberté confiée par le Département des Yvelines quant à la réalisation de ma mission m’a permis de travailler en totale autonomie sur le terrain, tout en ayant un accompagnement très professionnel et pédagogue par le responsable de la coopération du Département des Yvelines. J’ai énormément appris professionnellement et humainement grâce à lui.

Je pourrai citer un seul point négatif de ma mission, bien que le terme négatif ne soit pas totalement approprié. Je parlerai alors de difficultés, en évoquant la collaboration avec les politiciens locaux, qui n’est pas toujours évidente en raison de l’importance de la hiérarchie localement. Etre l’intermédiaire entre le Département des Yvelines et ses partenaires, pour faire le suivi des projets, mais aussi pour faire passer des messages et faire accepter des changements, n’a pas toujours été une tâche facile. Cependant, cela m’a permis d’améliorer ma diplomatie principalement ainsi que ma patience, mise parfois à rude épreuve.

Comment s’est passée ton intégration sur place ?

Déjà sur place avant ma mission de VSI, j’avais une certaine connaissance de la culture locale, ce qui a été un avantage considérable pour débuter ma mission et me présenter aux partenaires en respectant les codes culturels. Les salutations sont des rituels très importants, ainsi que le respect de la hiérarchie : on ne parle qu’une fois qu’on nous a donné la parole !

Tu vis depuis plusieurs années au Togo, quelle vision en as-tu?

Le Togo est un pays extrêmement chaleureux et accueillant. J’y ai passé 9 ans de ma vie et j’y ai construit ma famille. Je quitte le Togo en ce mois de juillet avec un pincement au cœur énorme, tout en sachant bien que j’y reviendrai très rapidement.

C’est un pays paisible, en bord de mer, qui offre un cadre de vie on ne peut plus agréable. Sans parler de la gentillesse des Togolais, qui est sûrement le premier facteur de beauté de ce pays.

Cependant, c’est un pays qui a encore un grand retard en terme de développement notamment en raison de la faiblesse de son administration, peu équipée, peu formée et trop prisonnière d’un gouvernement qui tient les reines et limite parfois certaines avancées.

Journée mondiale de l’environnement (Marie-Caroline plante un arbre dans le Mono au Bénin) © M-C. Pourchet

Quel bilan personnel et professionnel tires-tu de cette mission ?

Mon bilan professionnel est très riche car j’ai acquis énormément de connaissances en termes de gestion de projet, de gestion administrative et financière. J’ai eu beaucoup de responsabilités en tant que contact direct avec l’Union Européenne, les ministères, et les différents partenaires que mon poste de représentante impliquait. J’ai eu l’occasion de gérer des budgets de plus d’un million d’euros, ce qui n’est pas négligeable pour une première expérience professionnelle.

Quant à mon bilan personnel, il ne peut être que positif. Neuf années au Togo, des expériences en tout genre, des rencontres inoubliables, des déceptions, des bonheurs, la construction d’une vie de famille. Je finis ma mission en tant que femme épanouie personnellement et professionnellement. En espérant que ce soit le commencement d’un avenir aussi riche que ces neuf dernières années.

Des conseils pour les futurs volontaires ? 

Foncez ! N’ayez peur de rien, car vous êtes trop jeunes pour cela. Saisissez toute opportunité de voyage et de découverte ! La vie serait trop triste sans cela…

Un mot pour ceux qui se préparent à partir : BRAVO !

Retrouvez ce témoignage et de nombreux autres sur notre carte interactive ! http://la-guilde.org/volontariat/volontariat-solidarite-internationale/parole-volontaire/