Madagascar : installer 120 bio-digesteurs pour pallier la vulnérabilité énergétique des foyers

Maud Ferrer est VSI Guilde à Antananarivo, la capitale de Madagascar pour Etc Terra depuis 2015.

Un article de #Volontariat de Solidarité Internationale


La Guilde a effectué une mission à Madagascar en septembre 2017, à la rencontre de ses volontaires sur le terrain. Premier arrêt : Antananarivo pour y rencontrer Maud Ferrer, VSI Guilde. Depuis 2015, Maud travaille pour l’association Etc Terra sur un programme de développement des biogaz.

Le biogaz, une énergie renouvelable

Le projet vise à réduire les émissions de gaz à effets de serre et fournir une énergie alternative au bois de chauffe et aux piles salines (pour l’éclairage) par la production de biogaz.

Le biogaz est utilisé pour produire de l’électricité, de la chaleur et des biocarburants à partir de bouses de zébus et de lisier de porc. Il se substitue au bois pour la cuisson et l’éclairage. Cette technique présente de nombreux bienfaits : elle lutte contre le changement climatique grâce à l’utilisation d’une énergie renouvelable, réduit la pression sur les ressources en bois et lutte contre l’érosion. Elle permet également d’améliorer l’accès à l’énergie, est un gain de temps pour les bénéficiaires et crée une baisse de la pollution de l’air intérieure dans les maisons.

La forêt malgache perd 1 million d’hectares

A Madagascar, la surface forestière se réduit de 1,5 % par an. En 8 ans (de 2005 à 2013), la forêt a perdu 1 million d’hectares. Ce phénomène est directement lié à l’acquisition des terres par les paysans qui les transforment en cultures maraîchères et de manioc. La vente de bois en est la deuxième cause. Pour y faire face, l’association Etc Terra développe un programme d’agroforesterie en se spécialisant dans la cartographie et la mesure d’impact de la déforestation. Son action est renforcée par la sensibilisation et la formation des paysans, qui représentent 87% de la population active malgache.

Formation et sensibilisation des populations

Avec l’arrivée de Maud et face à la vulnérabilité énergétique des foyers malgaches, l’association a développé un nouveau programme de production de biogaz. Le projet est destiné aux ménages des classes les plus pauvres pour leur consommation personnelle et aux ménages plus aisés ayant des projets à visée économique. L’objectif : installer 120 bio-digesteurs dans le nord-ouest de Madagascar. Sa mise en œuvre : une importante activité de formation et de sensibilisation de la population et une région choisie pour son cheptel important de zébus.

Avec 85% de la production trouvée sur place, le biogaz est une solution efficace et écologique. Et en 5 ans, l’énergie est gratuite et autonome.

Maud Ferrer, VSI Guilde, a monté l’intégralité du projet biogaz. Après une formation ingénieur et gestion de projet, elle a renforcé ses compétences via des MOOC et s’est ensuite tournée vers la valorisation des déchets. Une fois sur place, elle a repéré un appel d’offre biogaz de la commission océan indien de l’UE. Etc Terra développait déjà un programme de biogaz au Mali, elle a donc contacté l’antenne à Madagascar pour proposer un projet biogaz malgache. La suite vous la connaissez.