Madagascar : un bateau-ambulance pour faciliter l’accès au soin

Baie d’Antongil - Nord-Est de l’île rouge

Un article de #microprojets


La Guilde s’est rendue à Madagascar en septembre 2017 à la rencontre de ses volontaires sur le terrain et des microprojets, portés par l’Agence des Micro Projets, programme de La Guilde qui soutient financièrement et accompagne l’association Kibouj.

Après une longue traversée en bateau pour rejoindre la ville de Maroantsetra, dans la baie d’Antongil, au Nord-Est de l’île rouge, nous y rencontrons Alexis Thorel, qui dirige l’association Antongil Conservation partenaire de l’association Kibouj.

Les villages de la baie d’Antongil à Madagascar sont isolés. L’accès à un hôpital est compliqué et demande parfois de longues heures de marche à travers la forêt primaire. A dos d’hommes, les malades étaient transportés sur des brancards traditionnels malgaches. Ce moyen précaire coutait parfois la vie aux malades. C’est face à ce constat que l’association Kibouj s’est équipée d’un bateau-ambulance qui effectue la traversée directe de Navana (le centre de santé de base II d’Anjahana) jusqu’à l’Hôpital de Maroansetra en trois-quart d’heures à une heure permettant aux malades une évacuation rapide et des soins dans l’hôpital de la ville.

Un bateau qui s’autofinance par le biais de l’écotourisme

En 2017, le bateau-ambulance a permis d’évacuer plus de 30 blessés graves. Il a également permis lors du cyclone Enawa qui a frappé la côte Est de Madagascar de sauver plus de 300 sinistrés dans les inondations qui s’ensuivirent.

En plus d’évacuer des villageois, le bateau est mis à contribution pour des missions de contrôle ou de transports. Il a été utilisé à deux reprises pour des missions conjointes entre les autorités et les gendarmes pour un contrôle d’embarquement illicite de bois de rose à Ampamolahambe. Egalement pour des contrôles forestier pour Antongil Conservation.

Lors des transferts en urgence, les frais de carburant étaient assumés soit par les familles à titre personnel, soit par la caisse de solidarité que gère le comité de gestion (Cogé) de Navana pour les plus démunis.

Aujourd’hui, le bateau s’autofinance par le biais de l’écotourisme. Il est mis à la location aux touristes pour les emmener vers la forêt primaire de Farankareina et le Parc National de Masoala. Cette activité, génératrice de revenus permet de financer le carburant lors des évacuations des malades.