Le volontariat : au-delà d’une mission, un mode de vie !

Le volontariat m'a fait énormément grandir et a véritablement donné du sens à ma vie. Je me sens impliquée et je pense mon expérience, non comme une mission, mais comme un mode de vie.

Un article de Annabel WIEST, Service Civique auprès de l'association Clara Luna (EQUATEUR)


Je suis Annabel et j’ai 25 ans. J’ai passé ces cinq dernières années à l’université et, aujourd’hui, je suis diplômée d’un Master en études cinématographiques. Je suis tombée amoureuse de l’Amérique Latine d’abord à travers de nombreux films qui m’avaient profondément marqués. Et c’est à la suite d’un voyage en Colombie, puis au Costa Rica, que je me découvris une véritable passion et un souhait de passer une partie de ma vie dans cette partie du monde, et y faire quelque chose de bien.

Mais faire quelque chose de bien, c’est d’abord savoir ce que l’on veut. L’opportunité du Service Civique et du volontariat s’est présentée comme une suite logique après la fin de mes études. J’avais gagné en maturité et souhaitais vivre une expérience inédite qui ferait sens et qui aiderait les gens.
Le volontariat, c’est se consacrer à cette expérience, être dévoué, c’est créer du sens et de la cohésion entre les personnes. J’ai eu la chance de pouvoir faire un volontariat en Equateur, une mission dont les objectifs m’ont immédiatement frappés, auprès d’une communauté qui m’a intégrée comme dans une grande famille.

C’est à Puerto Lopez (Manabi) que je travaille tous les jours. Ici, l’accès à la culture, à l’art, et aux livres, est difficile et trop coûteuse. L’association Clara Luna accueille chaque mercredi et chaque vendredi, un groupe d’enfants dans notre « club de niños ». Les enfants viennent lire, puis écouter un conte à voix-haute, pour finir sur une activité ludique artistique ou plus sportive, préparée à l’avance par le soin des volontaires.
Les enfants prennent goût à la lecture et nous lisons le conte de la manière la plus théâtrale et divertissante possible. Paola, la directrice, est une experte en la matière ! Le mardi, c’est le club des tous petits que nous accueillons avec le même système, version miniature. Toute la semaine, 3 groupes d’enfants viennent en cours d’anglais dans un mode de soutien scolaire. Nous avons également un groupe adulte qui vient pour des cours d’anglais et un échange interculturel : les hispanophones parlent anglais, pour le reste, ce sera en espagnol ! Nous travaillons également avec un groupe de personnes / enfants avec handicap physique ou mental. Avec eux, c’est activité artistique, culinaire, et surf ! J’ai aussi la chance de travailler avec un groupe d’ados très motivés à ouvrir une bibliothèque à Clara Luna, l’unique bibliothèque communautaire de la ville, qui offrira un accès gratuit aux livres, pour tous. Mes journées sont donc rythmées à la préparation de cours d’anglais et des différentes activités, entraînement à la lecture du conte (surtout pour mon accent encore trop français à mon goût…), préparation des espaces, et plage, évidemment !

L’Equateur regorge de lieux secrets, de légendes, de nourriture variée et délicieuse, et les équatoriens sont très accueillants. J’ai été agréablement surprise par leur patience et leur calme, et très amusée de l’ambiance musicale à chaque coin de rue. Je suis arrivée à la période « froide » de la région, mais la chaleur humaine prenait le pas sur le climat.
Puerto Lopez est une ville côtière, un paradis sur terre, que l’on reconnaît tout de suite par ses bateaux de pêcheurs bleus. Il y a une ambiance très tranquille, familiale, et où chaque samedi transforme la ville en fête, où la salsa est toujours au rendez-vous. C’est une ville où les gens vous connaissent, je suis très vite devenue « la niña de Clara Luna » et où vous prenez vite vos habitudes !

Mais au regard de la situation actuelle, je suis frustrée de ne pas pouvoir continuer à travailler quotidiennement auprès des enfants et je suis particulièrement inquiète pour certaines familles dont les parents ne peuvent plus exercer leur métier, et qui n’ont plus aucune source de revenus. Je ne peux pas rester les bras croisés, nous organisons donc des activités à distance, nous distribuons des livres aux enfants, nous avons fait nos premiers lives sur Facebook avec les enfants de la communauté, et je sauve une partie de mes indemnités pour acheter des vivres à certaines familles très vulnérables.

Faire un volontariat, c’est s’ouvrir aux autres et apprendre de ces personnes. Certains pensent que le volontariat devrait être fait à 18 ans, pour gagner en maturité et en responsabilité. À 25 ans, je découvre tant de choses et en apprends davantage chaque jour. Je me sentais déjà mature, et j’en ressors plus grande.
Il n’y a pas d’âge, seulement et surtout de la volonté !