Joëlle-Esther, une tisseuse de liens…

Une volontaire en perpétuelle évolution

Un article de Bélinda HUAU


Fin février, Bélinda HUAU, assistante sur le pôle Service Civique, est partie à la rencontre de Joëlle-Esther, volontaire en Service Civique au sein de l’association Afrika Tiss, basée aux Grands Voisins, à quelques pas de Denfert-Rochereau (Paris 14). Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son témoignage.

BH : Quelles ont été tes motivations pour faire un Service Civique ?

J-E : Je venais de finir ma Licence 3 de Langues Étrangères Appliquées, et je voulais faire un « break » sans pour autant perdre une année. J’avais une forte envie d’appliquer mes compétences notamment en communication, le domaine qui m’intéressait le plus. En plus de faire un pas vers le monde du travail, j’attendais un apprentissage des outils de communication.
Je voulais une expérience évidemment, mais surtout m’apporter la confiance en moi qui me manquait cruellement. Ce qui m’a tout de suite plu dans le Service Civique, c’est qu’il est ouvert à tous sans discrimination sur les diplômes, la motivation et c’est le plus important !

BH : Le Service Civique, c’est quoi pour toi ?

J-E : Au début, je voyais le Service Civique comme un service rendu à l’État, à la population civile, mais j’ai compris que c’était surtout se rendre service à soi-même. Donner du temps pour une cause permet de se construire. Je ne suis pas une employée, il y a donc moins de contraintes face à mon travail, je me sens comme en perpétuelle évolution, formée et accompagnée. Dans mon association, il y a une véritable bienveillance de la part de mes collègues et de ma responsable. Ils sont toutes et tous très engagés et ont la fibre sociale.

BH : Comment as-tu connu ce dispositif ?

J-E : J’ai connu ce dispositif quand je vivais à Rouen, via une radio locale à destination des jeunes de la ville.

BH : Comment décrirais-tu ton association Afrika Tiss ?

J-E : C’est une association franco-burkinabé qui a pour mission globale la réinsertion par le travail artisanal. Au Burkina Faso, il existe un programme destinée aux femmes qui souhaitent apprendre le tissage et d’autres cours tel que l’alphabétisation. Elles produisent des œuvres artisanales et peuvent devenir entrepreneuses. Les produits sont vendus en France et à l’international. Il y a également d’autres programmes comme « Design For Peace », avec des produits faits par des migrants Touaregs avec comme objectif de leur offrir un salaire pour sortir des camps.

BH : Pourquoi avoir choisi cette structure/ ce domaine ?

J-E : J’ai choisi cette mission pour la structure et le domaine, elle rassemblait tout ce que je voulais faire : à la fois une mission de communication dans une association qui valorise le travail des femmes en Afrique mais également une association dans le domaine des tissus africains, qui m’intéresse tellement que je pense aussi me lancer dans cette activité, via des tissus du Congo et du Gabon, mes pays d’origine.

BH : Et tes premiers jours dans l’association ?

J-E : J’ai tout de suite été mise « dans le bain », arrivant durant un événement organisé par l’association en partenariat avec le UNHCR (l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés). Sur le thème du voyage, l’événement se passait dans le hall de la Gare de Lyon, où les passants venaient produire ensemble un grand tissage. Je devais expliquer aux passants notre mission et nos actions. Puis, j’ai effectué une semaine de formation auprès du responsable de la communication.

BH : Présente nous ton action au quotidien.

J-E : J’ai de nombreuses missions : alimenter les réseaux sociaux, organiser les événements, organiser les pop-up store de ventes éphémères, appuyer la communication digitale interne. Je viens de finir la refonte du site Internet en français, je fais la version anglaise. J’ai eu la chance d’avoir bénéficier pendant ma mission de formations très intéressantes – formation de web designer, formation sur le référencement naturel etc.

BH : Que préfères tu dans ta mission ?

J-E : J’aime particulièrement participer aux événements, les salons ou les marchés, où des résidents des Grands Voisins peuvent vendre des produits artisanaux fabriqués dans un atelier de tissage ici-même. C’est l’occasion d’échanger avec des personnes d’horizons très différents, nous avons le même langage car nous sommes passionnés par le tissage et la solidarité.

BH : Qu’est-ce que le Service Civique t’a apporté ?

J-E : L’expérience et aussi l’esprit d’initiatives. Ici chacun gère son temps, parfois les événements se déroulent les week-end mais ça ne me dérange pas de donner de mon temps pour faire des choses que j’aime. On travaille beaucoup sur le terrain ce qui rend mon travail concret.

BH : Que penses-tu faire après ton Service Civique ?

J-E : Cette expérience m’a ouvert l’esprit pour mon futur professionnel. Aujourd’hui, je sais désormais que j’ai envie de faire un Master en alternance dans la communication digitale. Et sur le long terme, pourquoi pas devenir auto-entrepreneuse dans le domaine du tissage solidaire…

BH : Et pour conclure ?

J-E : Je voudrais dire aux jeunes qu’on a toujours l’impression qu’il faut finir ses études au plus vite, mais il faut prendre le temps d’avoir des expériences. C’est vraiment un plus pour le futur, il ne faut pas le négliger. Il y a aujourd’hui beaucoup de structures qui cherchent des Services Civiques et ça vaut vraiment le coup pour gagner confiance en soi. De plus, c’est bien plus accessible qu’un premier emploi. A Paris, en une semaine, j’ai trouvé ma mission chez Afrika Tiss. Finalement, le Service Civique permet de postuler pour être lauréat de l’Institut de l’Engagement qui aide les jeunes à mener un projet à bien (formation, emploi ou entreprenariat).

Pour plus d’infos, n’hésitez pas à découvrir leur site !