Assurer la sécurité des volontaires

Une priorité des organisations d’envoi et d’accueil de volontaires

Un article de #EU Aid Volunteers


La Guilde et huit de ses partenaires ont pu bénéficier d’une formation sur la sécurité des volontaires, dans le cadre de l’initiative EU Aid Volunteers. Trois organisations irlandaise, togolaise et péruvienne reviennent sur cette formation.

Quelle place occupe la sécurité dans votre organisation ?

– Suas, Irlande : « La sécurité est notre priorité numéro un, non seulement la sécurité de nos volontaires, mais également celle de nos partenaires et des enfants avec lesquels ils travaillent. Le principal enjeu est la tranche d’âge de nos volontaires (18-25 ans). Très peu d’entre eux ont déjà été confrontés à l’environnement parfois déstructuré d’un pays du Sud. Nous investissons donc beaucoup de temps dans la phase de préparation, pour les former à gérer les risques et potentiels incidents. »

– Mano a mano (MAM), Pérou : « La sécurité est pour nous un élément essentiel, car nous nous trouvons dans un quartier dangereux et pouvons être victimes de tremblements de terre. Former les salariés et les volontaires est donc de première importance. »

– Agence Nationale du Volontariat au Togo (ANVT), Togo : « Nous opérons dans un pays où le niveau sécuritaire est assez satisfaisant, cependant nous ne baissons pas la garde. Les défis restent la prévention et la mise en place de mesures sécuritaires à tous les niveaux et la sensibilisation de nos équipes à la discipline et à la prudence. »

Que retenez-vous de la formation ?

– Suas : « La formation nous a permis de déconstruire et questionner nos pratiques existantes. Il est essentiel que les organisations d’envoi et d’accueil alignent leur approche de la sécurité afin d’éviter les incohérences dans les messages, les procédures ou les protocoles.»

– MAM : « La sécurité englobe de nombreux aspects auxquels nous ne pensons pas nécessairement de prime abord, comme la phase de recrutement du volontaire. Il est également important de prendre conscience que la sécurité va de pair avec la dimension interculturelle de la mission : des comportements normaux en Europe peuvent être dangereux sur un autre continent et le volontaire doit en être conscient. Sur ce point, la communication entre les organisations d’envoi et d’accueil est très importante. Échanger sur nos sessions de préparation au départ ou d’accueil du volontaire et sur les débriefings en fin de mission permet de faire de nombreux ajustements. »

– ANVT : « Nous retenons qu’il est essentiel de responsabiliser chacun individuellement et avons appris l’importance d’un plan de sécurité et d’une chaîne de communication en cas d’urgence dans toute organisation. »

Avez-vous identifié des aspects sur lesquels votre organisation doit s’améliorer ?

– Suas : « Nous avons revu notre politique de protection des données, et avons renforcé notre préparation au départ grâce aux exercices de simulation de crise et de prise de décision. »

– MAM : « Les priorités que nous voyons sont la formation de notre équipe de salariés sur ces questions, la révision de notre règlement interne et la formalisation de plusieurs de nos procédures. Nous retenons avant tout l’importance de se former en permanence. »

– ANVT : « Nous devons mettre en place et actualiser des outils de sécurité et prévoyons l’organisation de simulations périodiques pour renforcer notre capacité de réaction. »

Renforcer les capacités des organisations est une priorité de l’UE

  • Dans le cadre de l’initiative EU Aid Volunteers, l’Union européenne donne l’opportunité à des organisations européennes et non-européennes de se renforcer en se formant et en partageant leurs bonnes pratiques. Après Volunteering in Humanitarian Aid (VolinHA) en 2015, La Guilde a lancé en 2017 deux nouveaux projets de ce type. Des formations sur la sécurité, la gestion de volontaires et la conduite de projets humanitaires sont effectuées dans ce cadre.